cocomilie;4839349 a dit :
EDIT: Et si je ne m'abuse la théorie de l'Inconscient de Freud remonte à la même période que la théorie de Jung, donc j'ai un peu de mal avec l'argument "la Psychologie n'était pas encore empirique" puisque Freud a développé une des plus grandes théories de la Psychologie en ayant un protocole tout aussi douteux que celui de Jung.
Le pauvre Freud il serait ébahi de voir à quel point le mot "inconscient" est utilisé, lui qui l'avait remplacé par la notion de "Ça" et qui faisait tout pour ne plus parler d'inconscient ! :yawn:
En fait c'est justement ce qui est reproché à Freud souvent, à savoir le côté pas empirique de ses théories mais lui a trouvé la solution en disant que c'est parce que les sciences n'étaient pas assez avancés pour permettre de corroborer ses idées mais qu'il serait enchanté que la science puisse se mettre au service de ses idées un jour.
Pour revenir sur l'inconscient (pardon Freud !) son existence nous apparaît tout les jours et a pu plus ou moins être mis au jour via des méthodes plus expérimentale, c'est ce qui a sauvé cette théorie.

Concernant le test pour moi le problème c'est ceux qui l'utilisent pas ceux qui le passent ni ceux qui l'ont créé.
A mon avis pour juger d'une tendance de notre personnalité à un moment donné c'est bon si ça nous permet en plus d'aiguiller nos choix et autres tant mieux par contre si on veut s'en servir pour juger de comment est une personne dans son ensemble et ce de façon immuable c'est pas bon. Donc si des recruteurs se servent de ce test pour choisir quelqu'un avec l'idée de lui coller une étiquette définitive pour un boulot donné c'est eux qui causent problème.

L'humain est trop complexe pour qu'un test ne le mette définitivement dans une case, ça arrangerait certains peut être mais c'est à mon avis un vœu pieux.
 

Justine_

Équipe madmoiZelle
iris-silver-mist;4839643 a dit :
Avec un article pareil, je ne peux pas m'empêcher de ne pas laisser de commentaire (ayant créé le topic MBTI sur la section vie quotidienne).

J'ai lu un article de Slate avec exactement les mêmes informations, je sais désormais d'où provient la source. Comme pour celui de Slate donc, ce qui reste dommage, c'est qu'on a des critiques qui pourraient être légitimes si seulement la personne qui les avait formulées s'était bien renseignée sur le sujet. Malheureusement, les critiques qui auraient pu être correctement formulées et argumentées tombent totalement à côté de la plaque. C'est parti pour un démontage en bonne et due forme :cretin:.

"1er problème : un test aux théories non prouvées"

Ce que Jung a constaté en 1921 disons, et publié en 1927 comme ouvrage sous le nom "Types Psychologiques" qui fait référence aux fonctions cognitives n'a aucune raison d'être désuet du fait de sa datation... On enseigne toujours Platon, Kant en philosophie, et pourtant, leurs ouvrages remontent à plusieurs siècles. Cela enlève-t-il une quelconque justification quant à leur actualité ? Je ne crois pas. Maintenant, soyons clairs : Jung n'a pas "inventé" des types psychologiques. Il a nommé des choses qui existent en les classant sous différentes catégories. Vous ne lirez jamais des termes comme INFJ ou ISTP chez Jung tout simplement parce qu'ils n'existaient pas, et le but des travaux de Jung n'était absolument pas de servir à être utilisés plus tard dans un test. Il faut bien lire les deux pour se rendre compte de leur différence, aussi bien dans le langage formulé que dans leurs buts. Ce sont deux objets totalement différents, bien que liés.

Pour la question de la validité scientifique, certaines l'ont dit avant moi : Freud n'est pas plus valable que mon boulanger.

(Puis bon, l'argument des observations personnelles... Il me semble qu'avant de décréter quoi que ce soit, nous observons tous l'objet de nos considérations).

2ème souci : un test binaire

Quand vous passez le test et avez des lettres, le test vous indique des barres qui affirment que vous êtes, par exemple, sur l'axe Introversion/Extraversion : peu introverti, fortement introverti, et cetera. On parle bien d'axe, ce qui signifie que l'on tend vers l'un ou l'autre. Mathématiquement parlant, c'est comme l'infini : on peut tendre vers, on n'y est jamais égal. Si ensuite le test dit INFJ ou ENFJ, c'est tout simplement par souci de compréhension. Certains écrivent parfois iNFJ ou INfJ pour bien signifier qu'ils ont un "petit" I, ou F. Encore une fois, c'est une question de facilité de langage, bien sûr que ça ne veut pas dire que l'on est tout noir ou tout blanc :stare:.

Le MBTI ne signifie pas non plus que l'on fait que appel à notre intuition, ou à notre ressenti, mais que l'on réfléchit d'abord et de façon générale avec une composante ou une autre, et encore, cela dépend bien sûr de la "boucle" de fonctions que l'on utilise... En somme, rien n'est figé.

Exemple :

un INFJ a quatre fonctions : Ni fonction dominante, Fe fonction auxiliaire, Ti fonction tertiaire, Se fonction inférieure.

Il va de soi que si on est intuitif introverti, dans sa tête, par conséquent, on a un souci d'ancrage dans la réalité. Et inversement. Ce serait trop long à expliquer en détails, mais pour comprendre la chose il faut bien garder à l'esprit cet effet d'axe miroir.

En réalité, selon la situation, le contexte, le stress, etc, même si de façon primaire on réagira avec l'intuition introvertie dans ce cas-ci, il est évident par exemple qu'une situation sociale appelle plus une utilisation d'une fonction extravertie (puisque connectée au monde externe), comme le Fe. ça tombe bien, c'est l'auxiliaire :lol:.
Vous imaginez si un intuitif introverti interagissait avec le monde extérieur avec sa fonction introvertie ? Bien sûr que cela n'a aucun sens...

3ème point discutable : des résultats irréguliers et inexacts

Pourquoi voulez-vous que le MBTI puisse prédire quoi que ce soit ? Ce n'est pas du tout sa fonction :eh:. Comme je parlais de critique pertinente plus haut, en voilà une : le MBTI ne devrait pas servir dans des tests d'orientation pour déterminer quel métier une personne devrait faire plus tard. Bien souvent, les recommandations ne sont pas nécessairement adaptées.

Maintenant, pour le fait d'obtenir des résultats différents en passant plusieurs fois le test... Ne me souvenant pas des réponses que j'ai coché une première fois, j'en cocherai de facto d'autres. Et j'aurai peut-être un autre résultat oui. Et alors j'ai envie de dire ? Il suffit que je lise lequel des deux profits me convient le mieux pour me dire que c'est celui qui me correspond, pas de quoi crier à l'invalidation du test. Pour l'effet Barnum, c'est encore une autre histoire... Il est valable pour et seulement pour certains types aux caractéristiques hyper valorisées dans notre société. Ce qui fait que beaucoup de personnes étant plutôt sensitives qui valorisent l'intuition au sens du test (et non pas au sens général, mais en passant le test on peut facilement confondre les deux) répondront non pas dans le sens de ce qu'elles sont réellement, mais dans le sens de ce qu'elles valorisent. Et après, il y a bien sûr le cas des personnes qui ne se connaissent pas elles-mêmes, qui ont du mal à choisir entre les questions qu'il faut cocher, et là malheureusement je crois qu'aucun test ne peut y faire grand chose.

Enfin, je rajouterai que le modèle fait qu'on garde un type toute sa vie au sein du quel on évolue : il s'agit du processus d'individuation, je laisse le soin à celles qui s'y intéressent de faire des recherches là-dessus, mon message est déjà suffisamment long comme ça.

En fait, j'aurai réellement apprécié lire une critique constructive du test, à la fois par rapport à son fonctionnement et au regard des aspects théoriques qui sont censés lui servir de socle. Pas une resucée d'un article de "recherche" totalement bâclé au vu de la méconnaissance de son auteur, probablement écrit pour faire parler de lui-même puisque le MBTI est l'un des tests de personnalité (et de développement personnel je rajouterai) les plus utilisés au monde, malheureusement parfois à mauvais escient.
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Hello !

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ta conclusion : pour moi, la critique du MBTI proposée par Vox soulève des questions intéressantes.

L'article explique en effet que le MBTI repose sur des bases théoriques ne correspondent pas aux standards d'aujourd'hui : depuis Jung, la psychologie est devenue une discipline scientifique (une science molle, diront certains), qui s'appuie sur des bases empiriques. Les travaux de Jung ont été très importants pour la psychologie, et certaines recherches s'en inspirent, mais il n'empêche qu'aujourd'hui, telles quelles, elles ne sont plus valables.
La plupart des théories partent probablement d'une observation personnelle, mais pour qu'elles soient "validées" par la communauté scientifique, il faut qu'elles dépassent ce stade :)

Pour être considérés comme "valides", les tests psychologiques doivent respecter un certain nombre de critères : il faut par exemple que le test mesure bien ce qu'il est censé mesurer, qu'il soit "sensible" (c'est-à-dire qu'il permette de classer les individus qu'il teste de façon nuancée), qu'il soit "fidèle" (c'est-à-dire que si un sujet passe plusieurs fois le test, il obtienne les mêmes résultats - autrement dit, que les résultats ne soient pas dus au hasard), ... et qu'il ait une "validité prédictive", c'est-à-dire que le test soit capable de prédire les résultats d'une population donnée à une ou plusieurs tâches dont la relation avec le trait est mesurée.
Si l'on utilise le MBTI pour conseiller les personnes vers tel ou tel métier, ou vers tel ou tel type de management, il faut bien que les résultats du MBTI puissent "prédire" les résultats de tel type de personnalité à tel type de tâche (or... ce n'est pas le cas).

En fin de compte, ce que dit l'article de Vox, c'est que le MBTI est un test - mais pas un test psychologique. Qu'il peut être utilisé pour réfléchir sur soi, sur sa relation aux autres, bien sûr... en gardant à l'esprit qu'il n'est pas validé scientifiquement.
Qu'en penses-tu ?



binjoo;4839388 a dit :
Instant chieuse : Le MBTI n'est pas un test mais un questionnaire, parce que la série de questions n'est pas là pour imposer un type à la personne, mais une piste de réflexion, laquelle amènera celle-ci à définir elle-même son type. Du coup la conclusion en elle-même est bancale, puisqu'elle dit de ne pas utiliser le MBTI pour se définir, mais pour réfléchir à nous même (sous-entendu : pas le but premier)... Sauf que le MBTI a pour but une meilleure connaissance de soi et des autres, pas de se définir bêtement en disant "Oh ben moi je suis INFP, lololol c'est trop drôle".

Pour ce qui est de la dichotomie, il n'y a qu'à aller voir les documents d'OPP ou de CPP pour voir qu'il y a des nuances dans les différents axes (surtout avec le niveau 2).

Et le problème du MBTI n'est pas le MBTI lui même, mais ce qu'on en fait. Quand je lis "VOX revient sur les propos d’Adam Grant, psychologue des organisations : pour celui-ci, les diverses analyses du MBTI montrent que les caractéristiques mesurées par le test n’ont quasiment aucun pouvoir prédictif… C’est-à-dire qu’ils ne permettront pas de « prédire » notre performance à tel ou tel boulot, notre épanouissement conjugal, notre bonheur au quotidien.", j'ai envie de dire encore heureux, et ce n'est même pas le but de l'outil :facepalm:
C'est trop simple de râler dessus si c'est pour débiter des bêtises pareilles. Le MBTI est là pour indiquer des préférences, qui vont ressortir en cas de grosse période de stress par exemple, et non des compétences ou pour prédire l'avenir :facepalm:
En fait, questionner la "validité prédictive" d'un test n'est pas une bêtise : c'est l'un des critères utilisés pour valider les tests psychologiques.
Si l'on l'on dit que les tests de personnalité peuvent nous aiguiller dans nos orientations personnelles, alors il est nécessaire que ces tests puissent "prédire" notre réussite dans tel ou tel job.
Disons par exemple que si un test de personnalité me dit que j'ai une personnalité de type XXXX et que je serai une drôlement bonne juriste - alors il faut que statistiquement, les résultats du test puisse prédire la réussite de telle personnalité dans tel métier.
Je schématise, mais est-ce que tu vois ce que je veux dire ?
 

Justine_

Équipe madmoiZelle
binjoo;4839823 a dit :
@Justine_ J'insiste, mais le MBTI n'est pas un test, ce que te diront tous les praticiens MBTI (tu remarqueras d'ailleurs si tu vas faire un tour chez OPP qu'en aucun cas ils ne parlent de test). Quitte à faire un article sur le sujet, autant être précis sur le vocabulaire utilisé puisqu'il influe beaucoup sur la fonction du MBTI.
Du coup, étant donné que tu parles de "test de personnalité" et que ce n'est pas l’appellation du MBTI, je vois ce que tu veux dire mais je ne suis pas d'accord, puisqu'en conséquence tu lui donnes des fonctions qu'il n'a pas. Et je retourne sur ce que j'ai dit précédemment : c'est un outil qui permet d'identifier des préférences. Partant de là, je ne vois pas en quoi il pourrait prédire la réussite d'une personne dans un emploi lui correspondant potentiellement (en terme de mécanismes de travail, de réflexion). Si la personne ne développe pas ses compétences dans le domaine, si elle n'est pas motivée, ..., il n'y a pas de raison qu'elle réussisse. De même qu'une personne va peut être ultra bien réussir dans un métier qui ne correspondrait peut être pas à ses préférences.
D'ailleurs le questionnaire en aucun cas ne va dire que tu vas performer dans un métier en particulier. Il n'y a que sur internet sur des sites non officiels que tu vas voir ça, et je ne vois pas en quoi c'est une nécessité que l'instrument te dise "Fais ça !". Et éthiquement parlant, c'est quelque chose qui n'est pas permis aux praticiens MBTI (ou autres outils basés sur Jung, comme Insight par exemple).
 Même si l'on part du principe que le MBTI est un outil, et non pas un test, les questionnements restent : peut-on utiliser à ce point (et vendre) un outil, censé étudier nos personnalités, qui n'est pas validé scientifiquement ?
C'est bien un questionnement, pas forcément une réponse de ma part.
 
  • Big up !
Reactions : Black Phillip

Justine_

Équipe madmoiZelle
binjoo;4840002 a dit :
justine_-2;4839876 a dit :
binjoo;4839823 a dit :
@Justine_ J'insiste, mais le MBTI n'est pas un test, ce que te diront tous les praticiens MBTI (tu remarqueras d'ailleurs si tu vas faire un tour chez OPP qu'en aucun cas ils ne parlent de test). Quitte à faire un article sur le sujet, autant être précis sur le vocabulaire utilisé puisqu'il influe beaucoup sur la fonction du MBTI.
Du coup, étant donné que tu parles de "test de personnalité" et que ce n'est pas l’appellation du MBTI, je vois ce que tu veux dire mais je ne suis pas d'accord, puisqu'en conséquence tu lui donnes des fonctions qu'il n'a pas. Et je retourne sur ce que j'ai dit précédemment : c'est un outil qui permet d'identifier des préférences. Partant de là, je ne vois pas en quoi il pourrait prédire la réussite d'une personne dans un emploi lui correspondant potentiellement (en terme de mécanismes de travail, de réflexion). Si la personne ne développe pas ses compétences dans le domaine, si elle n'est pas motivée, ..., il n'y a pas de raison qu'elle réussisse. De même qu'une personne va peut être ultra bien réussir dans un métier qui ne correspondrait peut être pas à ses préférences.
D'ailleurs le questionnaire en aucun cas ne va dire que tu vas performer dans un métier en particulier. Il n'y a que sur internet sur des sites non officiels que tu vas voir ça, et je ne vois pas en quoi c'est une nécessité que l'instrument te dise "Fais ça !". Et éthiquement parlant, c'est quelque chose qui n'est pas permis aux praticiens MBTI (ou autres outils basés sur Jung, comme Insight par exemple).
 Même si l'on part du principe que le MBTI est un outil, et non pas un test, les questionnements restent : peut-on utiliser à ce point (et vendre) un outil, censé étudier nos personnalités, qui n'est pas validé scientifiquement ?
C'est bien un questionnement, pas forcément une réponse de ma part.
Ce n'est pas l'outil qui est supposé étudier nos personnalités, mais le praticien MBTI qui l'utilise :shifty:
Je suis désolée de jouer sur les mots, mais à lire l'article et tes réponses, on dirait que le MBTI est supposé donner réponse à tout, alors qu'il sert juste d'outil utilisé par des professionnels dans le cadre de management d'équipe ou de coaching. Le MBTI seul "n'est rien", et ses distributeurs ne le vendent pas en étude de personnalité mais en aide à la résolution de conflit ou management d'équipe. Le MBTI n'est pas supposé être utilisé pour rentrer dans nos cerveaux (on ne peut pas en dire autant d'autres outils).

Et je reviens dessus, le MBTI donne la possibilité à la personne de se typer "elle-même". En gros le processus c'est questionnaire, discussion avec le praticien en tête à tête pour définir le type dans lequel la personne se retrouve, comparaison avec le résultat du questionnaire, temps de réflexion (1 à 2 semaines) si les deux types ne sont pas les mêmes, puis choix du type "validé". A aucun moment on ne met un couteau sous la gorge de la personne pour qu'elle s'impose un type, donc à partir de ce moment là c'est à elle de voir si elle accepte un outil non validé scientifiquement ou non.

L'outil n'est qu'un outil, la question est de savoir si oui ou non on veut l'utiliser, et ce qu'on compte en faire.
J'ai l'impression que c'est justement le point central de la critique : comment travailler/utiliser un outil questionnable qui ne serait pas
valide ? Est-ce souhaitable ?

(Hors sujet - je trouve cette discussion hyper chouette, et les réactions pleines de qualité, je suis drôlement contente)(voilà, c'est tout)
 
Je ne savais pas vraiment en quoi consistait le test mais c'est intéressant d'avoir les différents points de vue (autant sur soi après un résultats que sur le test en lui même, vu les contestations :cretin: )
Bien sûr que ce n'est pas à prendre comme un horoscope, sinon autant acheter un magasine ou des phrases toutes faites sans avoir répondu à la moindre question ! Ça peut permettre de mieux comprendre certaines parties de notre "inconscient" sans forcement essayer de s'y attacher tout le reste de notre vie ;)

Instant rien à voir : @Justine_ j'ai vu une toute petite faute :cretin:
"ou encore l’ISFJ (intuition-sensation-sentiment-jugement)"
Il manque la première des 4 dimensions, je pense que le I c'est introversion non ? (vu que les lettres sont faites par rapport à l'anglais ?)
Donc ce serait plutôt introversion (I) sensation (S) sentiment (F) et jugement (J)
:fleur:
 
S

Shield

Guest
@Binjoo   j'ai l'impression qu'il y a quand même deux approches très différentes du MBTI :
- l'approche "management"/ressources humaines/coaching (que tu présentes!)
- l'approche "développement personnel"/psy- ("connais-toi toi-même" - et puis apprends à comprendre les autres)

Je m'y connais trop peu en management pour pouvoir en dire quoique ce soit (en fait j'y connais rien du tout hein), mais je me suis intéressé au MBTI pour l'aspect "personnalité"/"identité", du coup je vais parler de ça.

Ce que je trouvais intéressant dans le MBTI, c'est le coté "système synthétique". C'est pas seulement un modèle binaire, mais aussi un modèle basé sur des "tensions" ce qui est assez intéressant quand on parle de personnalité - avec l'idée que derrière la conscience, il y a aussi du refoulé; avec les pulsions viennent des contre-pulsions, etc., personnellement je trouve qu'on voit bien la connexion entre Jung et Freud, et même si la psychanalyse est à prendre avec des pincettes, elle a le mérite de prendre en compte des aspects de la conscience humaine difficiles à appréhender avec une démarche complètement rationnelle et empiriste.
Du coup, j'ai vraiment été séduite par la forme du modèle du MBTI, avec son double axe introversion/extraversion et perception/jugement, et l'idée qu'à tout aspect de la personnalité vient son aspect contraire en miroir inversé, l'idée de complémentarité en fait. C'est propre, c'est bien rangé :P

Et puis après, j'ai fait d'autres lectures, j'ai un peu réfléchi, discuté avec d'autres personnes, et puis j'ai fini par me dire que le MBTI n'était pas une bonne manière de cerner une personnalité.
D'abord, l'aspect synthétique, qui est très sexy comme ça, qui a l'air "logique" (enfin ça suit sa logique interne en tout cas), entre en conflit avec l'absence d'exhaustivité et de synthèse même du test. Après avoir lu un article sur un autre modèle de conception des personnalités (le big 5), je me suis dit qu'il manquait quand même une grosse case : la névrose. J'en ai discuté d'ailleurs avec d'autres filles (dont certaines qui ont posté ici, hein, elles se reconnaîtront :P.), et je sais que certains considèrent que les types MBTI tendent chacun vers une névrose en raison de la personnalité justement. Mais ce qui me dérange, c'est qu'on considère alors qu'on sait déjà tout ce qu'on a à savoir sur la personnalité, c'est un système clos qui se veut autosuffisant. Vu que c'est un système "qualitatif" et basé sur une logique intuitive, on en vient à forcer les individus qui résistent à ce modèle dans certains types en cherchant les explications a posteriori. Mais on peut toujours trouver des explications a posteriori! C'est le principe du biais (si je ne m'abuse?).
En conséquence, on peut mettre sous le même "type", des personnes qui ont des personnalités très très différentes, en s'attachant à mettre en valeur certains aspects de la personnalité et en minimisant le reste. Mais si un modèle d'intellectualisation des personnalités ne permet pas de différencier les différentes personnalités (/différents types) en question, peut-on vraiment dire qu'il est judicieux ou très éclairant?

Du coup, s'il s'agit de distinguer des grands traits de personnalités, une approche quantitative (empiriste) me semble beaucoup plus fine parce qu'on part de tous les traits de personnalités auxquels on peut penser, on n'omet rien (dans la limite de son échantillon), on catégorise a posteriori là où le MBTI catégorise a priori, et c'est donc l'expérience humaine qui moule les différentes catégories. D'ailleurs j'irais encore plus loin que ces modèles empiristes de la personnalité comme le big five (mais c'est facile pour moi de dire ça alors que je ne fais pas des études de psycho, bien sûr!), en considérant qu'on ne pourra pas concevoir de modèle incluant toutes les personnalités parce qu'il y a toujours une chance pour qu'il y ait un pourcentage d'imprévu qui défie les catégories conçues par tel ou tel modèle. Ce n'est pas à notre personnalité de se plier à des catégories, mais aux catégories de se mouvoir en fonction des tests - et ça recoupe d'ailleurs le gros problème du langage et de la communication : on emploie toujours des mots qui nous précèdent alors dans quelle mesure moulons-nous notre pensée dans un modèle qui limite son expressivité? Enfin, pardon, je digresse.

Malgré tout ça, j'ai l'impression qu'on retrouve souvent (dans différentes théories de la personnalité) quelques grandes variables de la personnalité, et en un sens, Jung (et le MBTI après lui) a perçu intuitivement une bonne partie de ce que d'autres spécialistes de la psychologie ont déduit empiriquement. Je trouve que la richesse du MBTI (concevoir une "complémentarité" de la psyché) est aussi son défaut (avec une pensée psycho-rigide de l'ordre des fonctions cognitives).
Mais ce que je trouve le plus intéressant dans le MBTI, c'est finalement que ça pousse au questionnement. Peu importe au fond que les catégories ou les fonctions du modèle soient arbitraires: ce qui est significatif, c'est le biais qui va nous pousser à faire plier le modèle pour mieux se comprendre, et dans ce cas-là, on est déjà dans un certain travail existentiel (surtout si on a la distance nécessaire pour analyser non pas ses traits de caractère mais la façon dont on va penser notre personnalité). Le MBTI rappelle aussi qu'on ne pense pas tous de la même manière, et parfois ça aide pour mieux appréhender la façon de penser des autres.
Une autre chose que je trouve intéressante, c'est de se demander pourquoi on voudrait appartenir à tel ou tel type. A mes yeux, la personnalité est quelque chose de fondamentalement dynamique (c'est mon coté bergsonien :cretin:.). : on n'est pas seulement la personne que l'on est, ni même seulement la personne qui se divise en pulsions et contre-pulsions, on est aussi une personne qui aspire à devenir telle ou telle personne. En un sens, la personnalité dans laquelle on se projette peut être à des lieues de ce qu'on a pu être jusqu'à présent dans nos actes, nos paroles et nos motivations (et même à des lieues de ce qu'on sera à l'avenir), mais dans la mesure où on tend vers cette personnalité, il me semble que ça peut être quelque chose de très important pour comprendre quelqu'un.

Bon, désolée, c'est un peu brouillon tout ça, mais en gros, je trouve que le MBTI a des qualités en tant que tremplin à la pensée auto-réflexive, au questionnement existentiel, et peut même avoir un intérêt social et affectif (on peut apprendre à résoudre quelques conflits en prenant conscience que l'autre ne pense pas forcément comme nous). Pourtant pour moi ce n'est pas un modèle très percutant s'il s'agit de synthétiser le spectre des traits de personnalité humains et il ne s'appuie pas sur une démarche scientifique (dans la mesure où la science progresse, se perfectionne et évolue avec ce qui lui résiste là où le MBTI est un modèle fermé).
 
Dernière édition par un modérateur :
Déjà à la base l'utilisation de tests de personnalité en recrutement m'exaspère, mais d'autant plus quand c'est un test qui n'a pas de validité. Et puis là euh... pas de modèles théorique pertinent, pas de validité prédictive, pas de validité test-retest... Effectivement on ne peut pas appeler ça un test, mais pour moi ça n'a même pas lieu d'être un outil.

Quand on voit la validité et la fidélité médiocres des tests psychologiques, même super utilisés et reconnus dans le monde de la psychologie, j'ai peur d'imaginer que certains font autant confiance à ce genre de choses...
 

Justine_

Équipe madmoiZelle
impromptue;4844839 a dit :
Je veux pas dire de bêtises mais concernant l'argument qui avance que ce qu'a fait Jung pour bâtir les types psychologiques c'est "pas scientifiquement rigoureux" parce qu'il s'appuie sur des observations personnelles, hum... c'est pas exactement ce qu'à fait Freud dans Cinq Leçons sur la psychanalyses (et dans un peu toute son oeuvre) ?

Sachant qu'on continue a étudier Freud pendant au moins 2 ans dans toutes les études publiques de psychologie en France, je trouve l'argument discutable...

(D'ailleurs pareil pour l'argument du "ça date de 1921"... certes, mais Freud ça date encore d'une décennie plus tôt, pour ce qui est du plus étudié).

Donc ok : ça se base sur des expériences ou des observations personnelles mais c'est à partir de ça que sont bâties énormément de théorie de science "dites molles" (et humaines / psychologique en priorité), et je ne vois pas où est le mal dans la mesure où la somme de ce qui est conceptualisé autour de ça est quand même considérable... Et concernant le fait que "c'est vieux", certes, mais est-ce qu'on doit forcément penser que la structure de la personnalité a autant changé en un siècle ?
Je ne connais pas la position de l'auteur de l'article sur le sujet, mais pour ma part... C'est effectivement similaire pour Freud - la différence, c'est que certaines de ses théories ont été démontrées de façon empirique plus tard. Ce qui n'est pas le cas pour les types psychologiques jungiens :) (même si ça ne signifie pas que ses théories n'ont pas inspiré d'autres chercheurs, qui ont élaboré d'autres théories, elles-mêmes démontrées de façon empirique).

Ceci dit, il y a un truc qui me tient à coeur : dans les études de psychologie, en tout cas dans l'université où j'ai fait mes études, Freud est enseigné (et questionné en même temps), mais honnêtement, ça n'a dû représenter qu'un dixième de l'enseignement donné (et encore...) !
La psychologie a énormément de facettes différentes - psychologie cognitive, psychogérontologie, psychologie sociale, psychologie du travail, psychologie environnementale... des facettes qui n'ont pas forcément de liens avec les théories freudiennes :)
 

Lullabye

Ambassadrice de Ville
Je retombe sur ça x mois après, mais hum "Les sciences sociales actuelles s’accordent plutôt à parler « d’états » de personnalité que de « traits »", c'est assez faux en fait :erf:. On parle des deux, de trait et d'état, et ils n'ont pas la même signification. Par exemple on va parler d' "anxiété-état", c'est lié à un état sur le moment ou sur une courte période de temps (la personne est plus anxieuse qu'habituellement), alors que l' "anxiété-trait" fait référence à un trait de personnalité (la personne a toujours une anxiété un peu plus élevée que la moyenne).

Ensuite je comprends pas du tout le débat "c'est pas un questionnaire, mais un test mais non un outil". En psychologie, un questionnaire est un test, et un test est un outil.

Pour revenir aussi sur ce qui a été dit sur Freud, que son "inconscient" (Ca) n'est pas empirique, donc on ne peut pas se baser dessus, bah oui en fait, la psychanalyse n'est pas empirique. Mais ce n'est qu'une branche de la psychologie. Et toutes les autres branches sont biens scientifiques, empiriques, et à part les tests projectifs qui sont surtout basés sur de la psychanalyse, tous les autres tests psychologiques sont sensés être scientifiques.

C'est un peu le genre d'article qui se veut scientifique, mais en fait qui est un peu erroné, et je sais pas, ça me pose problème du coup :erf:.
Parce que dire que Vox démonte ce test, c'est pas une source fiable, le MBTI même s'il est utilisé pour des fins de management etc., à la base c'est un test psychologique de personnalité, et oui, ce test est remis en question, mais depuis un moment, et les scientifiques en psychologie n'ont pas attendu Vox pour le faire... Parce qu'en fait, plein de tests sont remis en question, notamment ceux qui mesurent/évaluent la personnalité.
Donc l'argument du "test binaire", c'est un argument qui vaut pour tout un tas de test. La théorie fait que le test est dichotomique, beaucoup de théories reposent sur des dichotomies, dernièrement (enfin depuis quelques temps), les scientifiques s'accordent sur le fait que la personnalité s'exprime plus sur un continuum qu'une simple dichotomie. Mais ça ne veut pas dire que c'est pas non plus intéressant de donner les résultats de façon plus dichotomique.
On dirait que wow, c'est révolutionnaire ce qu'à dit Vox alors que pas du tout...
Et bon, l'argument de la "prédiction" est vite, je vois pas en quoi un test de personnalité est censé prédire quoique ce soit. C'est un peu bizarre de dire "ah donc comme toi tu as telle personnalité, tu vas réussir ça dans ta vie" :dunno:. Le problème c'est sûrement que ce test est utilisé à des fins qui ne sont pas initialement prévues pour. Je doute que les auteurs ont indiqué que telle personnalité correspondait à tel critère de réussite. Si c'est le cas, meaculpa, mais j'en doute. Il est vrai que les dernières théories de personnalité disent qu'avoir un haut niveau dans certains aspects de personnalité peut permettre une réussite scolaire et professionnelle, mais ça reste pas une prédiction strico-sensus, c'est pas parce que t'as tel trait que tu vas réussir à coup sur. Et de toute façon, ces tests là, initialement ne sont pas prévus pour ça. C'est pour ça que je ne sais pas qui parlait de "validité prédictive" comme une des qualités psychométriques qui définit un test, en fait la "validité prédictive" n'est pas là pour tous les tests en psychologie. Tous tests psychologique n'est pas là pour prédire quelque chose.

Après, oui, il y a un soucis si les qualités psychométriques du tests n'ont pas été mesuré, ça veut dire que le test n'est tout simplement pas valide. Et c'est intéressant aussi de savoir qu'il n'est pas "fiable" dans le temps, ça remet en cause ça fiabilité, où ça veut simplement dire que ça ne mesure pas quelque chose qui perdure dans le temps, donc que ça mesure plus des états, que des traits.
 
Alors je tombe sur l'article un peu tard et j'ai pas tout lu sur les commentaires mais les tests MBTI sont complètement bidon. En effet, ils se servent de clichés par rapport aux lettres pour typer la personne alors que dans la réalité il faut s'intéresser aux fonctions cognitives de Jung qui déterminent donc le fonctionnement cognitif de quelqu'un. Pour moi ça va au delà de la psychologie parce qu'il s'agit des mécanismes du process d'information d'une personne.
Un test MBTI surtout du genre de 16personnalities ne sert à rien c'est pour ça que je suis tombé sur INFP parfois parce qu'avant j'étais bordélique et que boom ça voulait dire P (bah non ~). Cette théorie bien que pas prouvée est très importante pour moi car ça permet se savoir comment fonctionne les autres et comment communiquer et faire appel à un raisonnement.
Je vais pas m'exprimer de la même façon pour convaincre avec quelqu'un qui est ENTP puisqu'elle aura Te-Ni (thinking extraverted / intuition introverted) en premier et voudra avoir de l'efficacité avec une vision nouvelle, généralement en premier lieu, que pour convaincre quelqu'un qui est ISFJ et donc qui fait appel à Si-Fe (sensation introverted / feeling extraverted) qui aura beaucoup plus un lien avec ce qui se fait déjà et qui satisfait tout le monde. (En gros)

Pour moi-même c'est aussi très important pour me comprendre et reconnaître les signaux d'alarme (ce qu'on appelle grip et loop) afin de reconsidérer ce qu'on me dit dans certaines discussions et prendre soin de moi. C'est aussi utile pour grandir en tant que personne et essayer d'être plus équilibrer tout en étant en accord avec soi-même. Bref, pour moi c'est important mais c'est une discipline qui requiert bien plus de réflexion qu'un simple test qu'on trouve sur internet !
 

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