Le sexisme à l’hôpital ne maltraite pas que les patientes : 85% des femmes médecins se sont déjà senties discriminées

M

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Guest
Je suis aide soignante dans un hôpital un jour pendant ma pause je discuté avec un médecin qui travaille dans l hôpital , on parler de beaucoup choses quand soudain il me dit que je ne peux pas être médecin , je lui pourquoi tu dit ça alors que je suis très fière d être aide soignante

Il me dit que comme t es une femme ta peut de chance d être médecin , je lui dit que c est n importe quoi ce qu'il dit , il me dit je suis honnête une fille n'a quasiment aucune chance d être médecin
J avait envie de péter les plombs , en plus il me dit que les femmes manque de patiences , j était tellement choqué
 
21 Avril 2015
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Genève
Je suis aide soignante dans un hôpital un jour pendant ma pause je discuté avec un médecin qui travaille dans l hôpital , on parler de beaucoup choses quand soudain il me dit que je ne peux pas être médecin , je lui pourquoi tu dit ça alors que je suis très fière d être aide soignante

Il me dit que comme t es une femme ta peut de chance d être médecin , je lui dit que c est n importe quoi ce qu'il dit , il me dit je suis honnête une fille n'a quasiment aucune chance d être médecin
J avait envie de péter les plombs , en plus il me dit que les femmes manque de patiences , j était tellement choqué
N'importe quoi ce médecin...

Je suis moi-même médecin et femme huhu. Je parle pour la Suisse, où je travaille, ne connaissant pas les conditions de la France.
Durant mon parcours, il y a toujours eu + de femmes que d'hommes médecins, que ce soit durant les études puis à l'hôpital. La majorité des services où j'ai travaillé avaient des équipes faites principalement de femmes. (D'ailleurs également plus de femmes chez les infirmiers et les aides-soignants. Idem chez les nettoyeurs, les secrétaires, mais aussi les diététiciens, les assistants sociaux, ... à croire que les hôpitaux sont finalement gérés par les femmes !)
Par contre, bien évidemment, dès qu'on monte dans les hiérarchies, il y en a de moins en moins. Peu de femmes sont à la tête d'un service malheureusement. Y en a mais moins que les hommes. Plafond de verre, bien évidemment.

Après, de nouveau de mon expérience, il y a toujours des remarques sexistes dans le métier. Dans beaucoup de spécialités, j'ai envie de dire que c'est "comme partout", donc des remarques sexistes de temps en temps (quelle horreur de dire ça...). Par contre, certaines spécialités sont très "dominées" par les hommes. Notamment toute la chirurgie ou presque. Les remarques sexistes y sont beaucoup plus présentes et les femmes fuient souvent ces spécialités ou ne sont tout simplement pas embauchées.
J'ai moi-même refusé de faire de la chirurgie pour cette raison précise, ainsi que pour les conditions de vie.
 
M

Membre supprimé 361255

Guest
N'importe quoi ce médecin...

Je suis moi-même médecin et femme huhu. Je parle pour la Suisse, où je travaille, ne connaissant pas les conditions de la France.
Durant mon parcours, il y a toujours eu + de femmes que d'hommes médecins, que ce soit durant les études puis à l'hôpital. La majorité des services où j'ai travaillé avaient des équipes faites principalement de femmes. (D'ailleurs également plus de femmes chez les infirmiers et les aides-soignants. Idem chez les nettoyeurs, les secrétaires, mais aussi les diététiciens, les assistants sociaux, ... à croire que les hôpitaux sont finalement gérés par les femmes !)
Par contre, bien évidemment, dès qu'on monte dans les hiérarchies, il y en a de moins en moins. Peu de femmes sont à la tête d'un service malheureusement. Y en a mais moins que les hommes. Plafond de verre, bien évidemment.

Après, de nouveau de mon expérience, il y a toujours des remarques sexistes dans le métier. Dans beaucoup de spécialités, j'ai envie de dire que c'est "comme partout", donc des remarques sexistes de temps en temps (quelle horreur de dire ça...). Par contre, certaines spécialités sont très "dominées" par les hommes. Notamment toute la chirurgie ou presque. Les remarques sexistes y sont beaucoup plus présentes et les femmes fuient souvent ces spécialités ou ne sont tout simplement pas embauchées.
J'ai moi-même refusé de faire de la chirurgie pour cette raison précise, ainsi que pour les conditions de vie.
Même si la France et la Suisse sont pas le même pays , ont retrouve les mêmes préjugés sexistes
 
20 Février 2016
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Je suis aide soignante dans un hôpital un jour pendant ma pause je discuté avec un médecin qui travaille dans l hôpital , on parler de beaucoup choses quand soudain il me dit que je ne peux pas être médecin , je lui pourquoi tu dit ça alors que je suis très fière d être aide soignante

Il me dit que comme t es une femme ta peut de chance d être médecin , je lui dit que c est n importe quoi ce qu'il dit , il me dit je suis honnête une fille n'a quasiment aucune chance d être médecin
J avait envie de péter les plombs , en plus il me dit que les femmes manque de patiences , j était tellement choqué
Bah c'est juste objectivement faux, 70% des étudiants en médecine sont aujourd'hui des femmes.

Mais pour le sexisme en médecine, et à l'hôpital en général, oui c'est une longue histoire.

1) Les proches
Dès avant le début des études : toutes mes amies et moi même avons au moins entendu une fois qu'il fallait réfléchir avant de faire ce choix de carrière parce que c'était difficile à allier avec une vie de famille. Aucun de mes amis hommes n'a eu ce genre de remarque au moment de son choix d'étude.

2) Les collègues et supérieurs

Au moment de mes premiers stages, en deuxième ou troisième année, j'ai eu droit à mes premières remarques graveleuses, qui se répéteront toutes les années à suivre, toujours accompagnées des même formules "On est comme ça ici, j'espère que t'es pas choquée", "c'est bon enfant", avec le double effet de t'infantiliser et de t'ôter tout droit de réponse au risque de passer pour une chieuse. De toute façon, qu'est ce qu'on espère d'un hôpital qui maintient en poste des harceleurs et violeurs notoires, sous prétexte que ce sont "de bons chirurgiens" ou que la pénurie de médecin fait que c'est ça ou fermer le service ? La seule chose qu'on peut faire, c'est se chuchoter les noms des chefs "à éviter" si on ne veut pas se retrouver dans des situations pénibles.
Un de ces charmants personnages, avait demandé expressément 2 étudiantes (en insistant bien sur le fait qu'il voulait des filles) pour aider sur son bloc. Spoiler : ce travail ne demandait absolument d'être assuré par des filles, et on n'avait même pas besoin d'être deux. Ce même chirurgien, qui n'a jamais fait l'effort de m'appeler par mon prénom ("l'externe, passe moi ça"), s'est subitement intéressé à ce paramètre en me voyant hors du bloc, sans cagoule, casaque et masque, et, toujours sans s'adresser à moi, avait demandé à l'interne (homme) qui m'accompagnait "s'il avait changé d'externe" et "c'était quoi mon petit nom".
Je mangeais une autre fois avec un chef de service qui nous avait expliqué être admiratif des femmes qui choisissait cette voix, parce que c'était quand même plus difficile pour elles de gérer ça et leur vie de famille (il avait deux filles), et qui avait commenté le comportement d'une de ses internes en sous-entendant qu'on sentait dans son travail que c'était une femme car "elle était plus stressée" et avait du mal à s'adapter dans l'équipe (sans jamais se demander si partir du pré-requis qu'étant une femme elle devait faire ses preuves pour trouver sa place, contrairement à ses co-internes masculins, ne jouait pas dans ce constat). Ce même chef m'avait demandé avant de me quitter de "ne pas mettre une robe noire au gala" pour pouvoir me retrouver plus facilement. On l'a d'ailleurs vu à plusieurs reprises dans ces même galas danser de manière plus que déplacée avec des étudiantes ivres mortes. C'est aussi lui, qui dans les cours qu'il nous donnait, nous avait commenté à de nombreuses reprises l'épilation intime d'une patiente qu'il avait eu ("une truie n'y retrouverait pas ses petits"), et illustrant la possibilité de dilatation d'un anus : "plus d'excuses mesdames". Ce ne sont que les exemples les plus choquants dont je me rappelle mais si on se penchait sur la question, ils sont bien plus nombreux.
Je passe sur les histoires d'agressions sexuelles, d'attouchements et de viols dont je n'ai pas été la victime directe mais dont j'ai entendu parler à de nombreuses reprises, pour m'intéresser à la manière dont on traite les patientes.
Je n'en peux plus de voir des femmes s'excuser de ne pas être épilées quand je leur demande si je peux regarder leur jambes, mais je comprends pourquoi elles le font quand j'entends les remarques de mes collègues et supérieurs. Pour ne citer qu'un exemple, en stage en réanimation, toute l'équipe avait passé une dizaine de minutes à commenter l'absence d'épilation des jambes d'une patiente qu'on venait d'admettre, patiente qui était en état critique, intubée-ventilée depuis une semaine. Et l'équipe comprenait autant de femmes que d'hommes, et ce n'étaient pas les plus tendres.
Je ne parle pas de la gynécologie, que je n'ai jamais expérimenté par moi même mais les histoires de mes amies m'ont suffi, et je pense que les violences gynécologiques ne sont un secret pour personne ici.

3) Les équipes paramédicales...

... pourtant majoritairement composées de femmes, c'est souvent dans ces équipes que je me suis trouvé la plus mal à l'aise. Compétition ouverte pour l'attention des hommes du service, remarques sexistes et déplacées, traitement de leurs étudiantes femmes extrêmement différent de leurs étudiants hommes. Ce sont des métiers d'une difficulté inouie, mal payés, mal valorisés, mal reconnus par les médecins, les patients, et ça a certainement avoir avec le fait qu'ils soient majoritairement exercés par des femmes, et je pense que toutes ces conditions sont propices au développement de la violence interpersonnelle que j'ai souvent constaté dans ces équipes et que je suis la première à regretter. (Pas pour faire d'amalgame, je parle de sensation globale, mais il y a bien sûr des professionnelles d'une humanité et d'une bienveillance incroyable auprès desquelles j'ai beaucoup appris et qui sont un modèle pour ce que je voudrais devenir, et je leur en suis d'autant plus reconnaissante au vu du milieu souvent malsain dans lequel elles évoluent).

4) Les patients

Les patients qui te parlent comme si tu étais leur boniche, qui te désignent d'un air méprisant : "laissez, l'infirmière va le faire", alors que tu t'es présenté (bonus avec le mépris du travail des équipes paramédicales, tu vas les enlever tout seul tes chaussettes mon grand), ceux qui refusent de te parler parce qu'ils veulent être soigné par un homme, qui t'engueulent quand tu leur demandes pourquoi ils ne mangent pas ("je fais pas la cuisine, je suis pas une femme moi"). Un de mes ami, étudiant en stage, s'est retrouvé avec un patient qui acceptait de ne parler qu'à lui, alors qu'il était accompagné par une médecin sénior.
Les grands enfants qui se tournent vers leur femme dès que tu leur poses une question qui les concerne, qui se reposent sur elles pour absolument tout et sont incapable de répondre à une seule de tes questions concernant LEUR santé, là où leur femme peut te dérouler tous leurs antécédants depuis leur enfance. Les très rares pères que l'on croise aux urgences pédiatriques qui sont incapables de te dire ce qu'a mangé leur enfant ni même parfois leur date de naissance.

Bref ce n'est qu'un petit extrait, mais bien sûr que l'hôpital est un monde sexiste. J'adore ce que je fais, je pense que c'est un métier magnifique, je me sens épanouie et à ma place mais "ça aurait été plus simple si j'avais été un homme". Alors oui, il faudrait que l'hôpital respecte les lois d'égalité homme-femme, mais avant même ça, il faudrait déjà que l'hôpital respecte le droit du travail et c'est déjà loin d'être gagné...
 
15 Mai 2013
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Paris
Je confirme , j'ai eu le même genre d'expériences que toi Celewiel, j'ai fait mes études de médecine à l'hôpital entre 2003 et 2011, et c est tout à fait ça, surtout en chirurgie. Il y a cette culture des blagues sexistes et sexuelles , et si tu ne participes pas ou que tu ne ries pas tu es cataloguée comme la frigide de service, et mise à part. Quand j'avais 19 ans, et que j'étais externe (et quasi aucune expérience je n'avais eu qu'un seul copain) j'ai eu droit à un cours en pleine opération chirurgicale pendant que j'assistais le chirurgien, un professeur renommé et reconnu comme brillant dans son domaine, un cours sur les pratiques sexuelles atypiques. "Tu sais ce que c'est que la douche dorée? Non? Tu veux que je t'explique? Et la scatophilie?" Sachant qu'en plus je n'y connaissais rien et était assez mal à l'aise sur le sujet de base. Devant toute l'équipe du bloc donc, qui ne disait rien.
Dans le même genre, la première fois que j'ai appris à poser une sonde urinaire chez un homme, endormi au bloc opératoire, tout le monde sest foutu de ma gueule car je ne "la tenais pas assez fermement" (le sexe du monsieur donc). "Bah allez fais comme à la maison, tiens là bien!!" ... alors qu'en vrai effectivement c'était la première fois que je touchais un sexe d'homme.
Et j'ai également failli me faire agresser sexuellement par un interne pendant une garde de nuit, encore pendant mon externat. Le gars m'avait appelée pour soit disant l'aider à faire ses comptes rendus dans le bureau, il a commencé à me faire une massage du dos, puis m'a demandé de venir avec lui au garage car il avait laissé son sac dans sa voiture. J'ai refusé, sentant le coup fourré. Je suis allée dans ma chambre de garde, au sous sol de l'hôpital dans un couloir bien glauque ou pas grand monde ne passe , et j'étais déjà déshabillée quand il a frappé à ma porte pour un prétexte . J'ai refusé s'ouvrir et me suis barricadée . Il insistait vraiment et essayait d'ouvrir la porte, du coup j'ai appelé mon chef de garde qui a très bien compris, et a envoyé l'interne voir un patient pour l'occuper, et prétexté qu'il avait besoin de moi pour l'aider donc qu'il ne devait plus me déranger.
Je ne remercierai jamais assez ce chef . Même si il n'a pas confronté cet interne frontalement et à usé d'un faux prétexte pour l'éloigner au final. A l'époque c'était classique que les internes essaient de "choper " les étudiantes, ils attendait même le changement de stage avec impatience pour voir les petites nouvelles. Et côté filles c'était la classe de sortir avec un interne. Le tout avec un consentement plutôt flou puisqu'il y a un lien hiérarchique entre les internes et les externes.
Je pense que ça se passerait différemment aujourd'hui .
 
20 Avril 2015
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"Les stéréotypes de genre demeurent toujours fortement ancrés chez la gent masculine dans le milieu hospitalier : 63% des hommes médecins pensent que l’on exagère les inégalités entre les sexes. Mais le phénomène est préoccupant… Ces stéréotypes sont même partagés par certaines femmes médecins."
Par contre "40% des sondées affirment qu’on leur a assuré qu’elles manquaient d’ambition pour prétendre à ces places, et 36% se sont entendu dire qu’elles avaient moins de capacités que les hommes."
Franchement, non seulement c'est contradictoire avec ce que j'ai cité plus haut mais c'est franchement aberrant de lire de telles choses en 2022, surtout de la part de gens éduqués faisant soi disant partie de l'élite. Les femmes ne sont pas près d'être soignées correctement! Ca me rappelle la remarque de Nisand alors président des gynécologues
Le Dr Nisand évoque néanmoins une autre raison du piétinement de la loi Kouchner sur le consentement et sur l’information aux patients : « On peut obtenir le consentement en 30 secondes. Mais parfois la femme ne s’en souvient plus parce qu’elle est un peu endormie ou parce qu’elle a perdu du sang. Beaucoup de femmes ne se souviennent plus qu’on leur a donné des informations parce qu’elles n’ont pas pu les intégrer à ce moment-là. »


C’est vrai que lors d’un accouchement, la femme n’a plus de cerveau. Le Dr Nisand l’a d’ailleurs expliqué dans une autre interview au Figaro : « Au moment de l’accouchement, tout le sang est drainé vers l’utérus, au détriment du cerveau. La manière dont on vit et décrit a posteriori son accouchement peut ne pas correspondre complètement à la réalité. "
Il est souvent question de paternalisme des médecins mais ce n'est pas ça, c'est du mépris. La vérité, c'est que les femmes sont toujours prises pour des connes à l'hopital, qu'elles soient soignantes ou soignées.
 

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