- Quand vous avez fait tomber la culotte et pourquoi.
J'ai eu ma première fois à 24 ans. Je ne regrette pas, bien que j'ai rêvé l'avoir fait avant. Avec le recul, je sais que je n'étais pas prête jeune, ni à 14, ni à 16, même à 18 ans... Je vivais une pression sociale énorme, le sexe était partout, je me sentais comme étant la seule à ne pas en avoir, mais à un niveau personnel, ça ne me dérangeait pas du tout. J'étais loin d'avoir les hormones dans le plafond. Mais ce n'était pas pour autant un choix : je n'arrivais pas à m'approcher des garçons, je me trouvais moche et inintéressante... J'en ai souffert, car bien avant de rêver au sexe, je rêvais de romance. La vriae envie de sexe est arrivée dans la vingtaine. C'est vers l'âge de 22 ans que la combinaison du manque affectif et sexuel s'est manifestée : j'étais très déprimée. Ça m'a quand même pris 2 ans pour me décider à faire un pas en avant avec les hommes. J'ai rencontré mon copain. On est tombé amoureux, et j'ai su tout de suite que ça se passerait avec lui, que je ne m'enfuirais pas cette fois avant qu'il ne se soit assé quoi que ce soit.
- Comment ça s’est passé, comment vous l’avez vécu.
Ça s'est passé 2 semaines après l'officialisation de notre relation. C'était chez lui. Malgré mon âge, je ne lui ai pas dit que j'étais vierge. Je n'avais pas peur qu'il me laisse tomber, je considérais seulement que ma virginité m'appartenait et que je «l'offrais» aussi amoureuse pouvais-je être (je lui ai dit quelques semaines plus tard, il ne s'était même douté de rien). J'ai eu mal au début, mais je me suis détendue et la douleur s'est dissipée très vite. Je n'ai pas senti grand chose sinon, comme bien des fille je me suis dit «c'est rien que ça?!». J'ai tout de même retiré du paisir de tendresse et de la proximité de mon amoureux qui me disait qu'il m'aimait et que j'étais belle.
- L’évolution de votre rapport au sexe au fur et à mesure de vos premiers rapports.
Après ma première fois, je me suis demandée si je n'avais pas rêvé. Mon amoureux et moi vivions une relation à distance, alors quand nous nous sommes revus la fin de semaine suivante, j'avais envie de recommencer pour m'assurer que c'était vrai. Je nai pas compté, mais je dirais que ça aurait pris une dizaine de fois avant que je ne ressente un réel plaisir. On se contentait alors de la position du missionnaire et de quelques déclinaisons, mais toujours l'homme au-dessus et la femme en-dessous. J'ai passé un cap quand j'ai voulu me mettre au-dessus, et un autre quand j'ai voulu lui faire une fellation, alors que l'idée de faire cela m'avait toujours rebuté, mais c'était une méconnaissance de l'appareil masculin qui me faisait peur. Je suis toujours en couple avec cet homme plus d'un an plus tard, et bien qu'il n'était pas vierge avant moi, nous avons fait des découvertes ensembles et nous avons appris ce qui convenait pour nous. Ça a pris quelques mois avant que je n'ai un premier orgasme, mais seulement par masturbation de sa part à lui. En faisant l'amour, ça a pris environ 1 an, et seulement dans une position en particulier.
- La place qu’a pris ce plaisir dans votre vie.
Au début, j'en voulais plus que lui, peut-être à cause de la nouveauté lol. J'aimais beaucoup ça, et la distance ne faisait qu'attiser mon désir. Quand nous nous sommes rapprochés et que nous pouvions nous voir tous les soirs, nous ne l'avons pas fait tous les jours comme j'aurais imaginé au début. Mais nos envies ont toujours concordé à 90% je dirais, ce qui est quand même pas mal. Aujourd'hui, nous partageons un appartement, nous sommes un vrai petit couple, et nous avons nos périodes plus intenses et d'autres ou l'envie est moins présente. Nous aimons le sexe tous les deux, mais nous convenons tous les deux que ce n'est pas le plus important au sein de notre couple. Quand l'envie de sexe n'est pas là, nous aimons simplement nous coller.
- Le regard éventuel des autres, de votre entourage, et la façon dont vous l’avez vécu.
Évidemment, je me faisais discrète sur ma virginité à 24 ans. Ma mère était au courant, elle ne m'a jamais fait de pression pour que je me trouve un copain. Elle était à l'écoute si j'avais envie d'en parler, ce qui n'est pas arrivé souvent. Alors c'est de mon point de vue que ça a réellement changé quelque chose. Quand on traîne sa virginité jusqu'à la mi-vingtaine, l'après se caractérise comme un fardeau en moins sur nos épaules : plus besoin d'esquiver les questions indiscrètes le rouge au joues en se disant que «ça y est, tout le monde s'en doute», alors que la plupart du temps, tout le monde s'en fout.
- Que vous conseilleriez-vous à posteriori ? Aimeriez-vous commencer différemment ?
Ma première fois s'est très bien passée. Sur ce moment particulier, je ne changerais rien. La seule chose que je dirais à une version plus jeune de moi-même serait de ne pas avoir aussi peur, et surtout de ne pas avoir honte. Je ne saurais quoi dire de plus.