Pour 55% des Français, parler des règles en public serait « inapproprié » : le tabou a la peau dure

10 Juillet 2019
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Mais euh, vous avez déjà connu des personnes qui parlaient de leurs règles à tout va ? Moi non :lunette:
J'ai déjà connu des personnes qui me balançaient de but en blanc dans la conversation qu'elles avaient leurs règles et à chaque fois, je ne savais pas quoi dire..

Pour reprendre ce que disait une madz, oui c'est préférable de ne pas tourner au pot quand il faut le dire, je trouve même beaucoup plus gênant de chercher à dire "ses trucs de filles" et autres termes mystérieux que juste "les règles". Mais informer les autres qu'on les a, je ne vois que deux situations où ça peut passer : soit parce qu'on a besoin de protections hygiénique en dépannage, soit parce que les avoir nous rends très malade ou mal, au point que ça ne peut pas être ignoré.
 

Mindala Jinka

Ne pas me citer svp !
4 Février 2008
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J’ai pas spécialement envie de parler de mes règles en général mais j’aimerais bien que ça soit un sujet banal parfois, et aussi j’aimerais pouvoir dire le plus naturellement du monde que c’est mon premier jour de règles et que je me sens extrêmement mal, au lieu de dire que je me sens pas bien du tout et inventer un truc grippal. Je trouve ça absurde.
 
9 Juillet 2018
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@Griffith oui :yawn:

De mon côté j'en parle pour des raisons "informatives" et de solidarité. Quand je trouve un truc qui marche mieux pour mon SPM ou que je m'interroge sur les effets de telle contraception sur les règles, j'en parle volontiers !

En revanche, je n'aime pas tellement les descriptions explicites que plusieurs amies me font ! J'en ai une qui me tient sans cesse informée du moment où elle en est dans son cycle et bon, ça ne me gêne pas mais je ne comprends vraiment pas l'intérêt :yawn: Autant ça m'arrive d'en parler rapidement à mes proches quand je vis avec eux parce que ça explique deux trois trucs, autant je ne passe pas des coups de fil à tout le monde pour dire que mes règles sont arrivées ou que j'ovule :lol:

Pour moi l'analogie des toilettes est la bonne : on peut en parler si besoin mais ce n'est pas utile d'entrer dans les détails. Et sincèrement, avec tout le battage médiatique qui entoure les règles en ce moment (c'est une bonne chose évidemment) je ne pense pas qu'on puisse encore parler de tabou ! Je crois que la seule gêne qui demeure véritablement reste celle d'ordre physique et liée au fait que ce soit un fluide corporel. Les étudiantes que je vois se demandent des tampons à voix haute dans les toilettes et les hommes cis de mon entourage ne font vraiment plus la moindre remarque déplacée à ce sujet. C'est peut-être lié au fait que je vis à Paris mais je crois sincèrement qu'on peut espérer que les vannes lourdes ne dureront plus bien longtemps !
 
16 Mai 2017
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Je suis assez d'accord avec ce que vous avez déjà dit! Surtout sur l'idée que c'est important de pouvoir en parler quand elles ont des conséquences sur notre quotidien.

Par contre, je pensais m'être débarrassée de ce tabou parce que j'en parle beaucoup plus facilement qu'il y a quelques années, maiiis je me suis rendue compte récemment qu'en fait... j'en parle qu'avec des femmes :sweatdrop: Quand il y a un homme autour mon "je me sens pas très bien, j'ai mes règles" devient "j'ai mal au ventre" systématiquement. Et j'ai beau avoir déjà réfléchi au pourquoi j'en ai aucune idée et j'ai pas encore réussi à dépasser ça :erf:
 
23 Juillet 2020
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@doudouillitsa Pour le coup vu le nombre de personnes concernées par l'intolérance au lactose et le syndrome du côlon irritable et les problèmes intestinaux que ça engendre, et la fatigue et les autres maux liés à avoir la diarrhée ou à la constipation, si je trouve qu'on peut faire ce parallèle.

Là où je trouve que c'est super important qu'on puisse parler des règles librement c'est que ça touche une énorme partie de la population mondiale et que pourtant c'est très peu connu. Je pense que savoir qu'on est pas seules concernées par ça mais que ses copines aussi ont des changements d'humeur avant ou pendant leurs règles, c'est important. Savoir qu'une fois dans le mois ses employées auront peut-être une humeur changeante ou des douleurs, ça peut être intéressant pour manager. Savoir que ses amies ou sa copine vit ça quand on est pas concerné aussi.

Pouvoir en discuter entre femmes est super important aussi. Sans ça j'aurais pas sû que c'était courant et normal d'avoir la diarrhée quand on a ses règles. Personne ne nous le dit, même pas les gynécos. Je suis sûre que plein de femmes ont ignoré leur endométriose parce qu'elles savaient vaguement que les règles faisaient mal, mais que par manque de discussions à ce sujet elles ne savaient pas jusqu'à quel degré c'était normal.

Perso j'ai à coeur de pouvoir discuter de ça avec mes amies, et d'en parler devant des hommes pour qu'ils sachent de quoi il s'agit. Bien sûr je ne leur met pas ma protection menstruelle sous le nez ; mais je parle avec des amies devant eux ou directement avec eux de SPM, des contractions utérines, effectivement des symptômes associés. Et bien à force ils en savent plus et ils sont plus compréhensifs à ce sujet. Ca se répercute après sur comment ils traitent les femmes.

Car oui ça fait la diff de savoir tout ça dans la manière dont tu perçois la collègue qui une fois par mois a "des synptômes grippaux", quelque soit la saison, ou l'élève qui te dit qu'elle a trop mal au ventre pour faire le cours d'EPS etc.

Aussi il y a trop de honte associée aux règles. Dans certaines cultures on est carrément considérées sales quand on a nos règles, on est interdites de faire des choses durant cette période etc. Trop de femmes sont opprimées à cause de cela. On a récemment vu aussi l'impact de cela dans le quotidien de certaines femmes, avec la publication de l'article sur le prix tellement élevé des protections menstruelles au Liban.

Le tabou des règles est bien plus grave que ne pas oser dire qu'on n'a pas envie de déféquer. Il a d'énormes conséquences sur la vie des femmes.

Un dernier point : tout le monde est concerné par le besoin de déféquer ; les règles sont un truc de femmes ou d'hommes trans pour une partie de leur vie.

On a pu le voir pour plein de choses dans notre vie, en médecine avec les études sur les crises cardiaques et les effets secondaires médicaments ; dans l'industrie avec les normes pour les ceintures de sécurité etc ; en médecine encore avec le peu de recherches et de médicaments pour traiter les problèmes féminins comme l'endométriose --> notre monde est fait pour les hommes (cis), l'universel, le par défaut est masculin.

Du coup si on ne se saisit pas des sujets féminins et si on ne les met pas sur le devant de la scène ils ne seront jamais étudiés, cette recherche ne sera jamais financée et jamais solutionnée.

Exemples de la vie courante : le besoin de déféquer concerne tout le monde ; il y a des toilettes quasi partout, même si c'est peu correct socialement de parler de notre envie de faire caca. Ils sont où par contre les distributeurs publics à tampons et à serviettes ?
 
Dernière édition :
24 Janvier 2013
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Pour avoir travailler dans un milieu à très fort pourcentage de femmes, j'ai l'impression que c'est un tabou seulement quand il y a beaucoup d'hommes dans la pièce :hesite: avec mes collegues le sujet revenait souvent notamment pour parler de protections, genre les culottes menstruelles. Et c'était pas un problème même si mes collègues hommes étaient présents. Par contre dans un groupe plutôt mixte, il me semble que le sujet n'est pas tellement abordé :hesite:
 
4 Juillet 2018
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@Esturgeon Dans certains lycées où j'ai travaillé, il y avait des boîtes dans les toilettes des filles où elles pouvaient déposer ou prendre, en fonction de leurs moyens et de leurs besoins, des tampons ou des serviettes. C'était un système de solidarité (les protections étaient donc apportées et partagées par les élèves et non financées par le lycée), et cela excluait les garçons trans s'ils utilisaient les toilettes des garçons, mais cela avait le mérite d'exister. Je trouvais que c'était plutôt chouette, en plus c'était une initiative d'élèves donc cela montre que le tabou des règles n'était pas si fort que ça.
Mais on pourrait imaginer qu'il y ait des protections jetables à volonté dans toutes les toilettes publiques, comme il y a (en théorie du moins) du papier toilette et du savon.
 
21 Février 2014
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@Griffith je fais aussi partie des gens qui parlent de leurs règles sans problème et à n'importe qui. Pas dans le sens je vais les annoncer à tous les gens qui passent sans raison, mais je n'ai aucun souci à les mentionner si ça fait sens pour une raison x ou y. Genre si je suis du coup un peu irritable/à fleur de peau et que mon coloc est là "ça va?", ben je vais lui dire "ouais ouais, j'ai juste mes règles" (ou "nope, j'ai mes règles"). Et je donne l'exemple de mon coloc, mais ça pourrait être plus ou moins n'importe qui. Et pareil si j'ai mal et que ça impacte ce que je suis capable de faire ou comment je me sens, je vais le dire pour expliquer (par exemple quand je suis en stage, si je vois que je suis en galère à cause d'elles, ben je vais dire à la sage-femme avec qui je bosse "déso aujourd'hui je suis pas au top, j'ai mes règles").
J'ai commencé à en avoir plus rien à faire d'en parler il y a quelques années et c'est franchement un soulagement, parce que généralement les femmes sont compatissantes parce qu'elles savent que ça peut être l'enfer, et les hommes sont soit compatissants parce qu'ils savent aussi que ça peut être difficile, soit ceux qui seraient du genre à faire des réflexions à la con en mode "t'as tes règles hahaha" d'habitude sont hyper pris de court parce qu'en dehors de la blague ils sont pas trop à l'aise avec le sujet, ne savent pas comment réagir et souvent m'évitent un peu pour le reste de la journée, ce qui est généralement un soulagement :cretin:

Après y a aussi certaines personnes avec qui on va plus dans les détails de flux & co, mais c'est limité à un cercle plus intime (et aux sage-femmes et autres étudiantes, mais parce que les règles et autres fluides corporels c'est vraiment très très banal pour nous)
 
23 Juillet 2020
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@Alzire c'est super comme initiative mais justement c'est solidaire, financé par des élèves mineures, ce n'est pas normal. On ne ramène pas son propre PQ au lycée, on trouve des distributeurs de capotes (payantes certes) au lycée, et partout dans les lieux publics même ; pourquoi on ne dispose pas des distributeurs de protections menstruelles (même payantes) partout aussi.

Si les mecs cis perdaient du sang une semaine par mois pendant 40 ans à partir de leurs 12 ans, je suis intimement convaincue qu'on trouverait des distributeurs pour leurs protections absolument partout.
 
23 Décembre 2012
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20anspasses.wordpress.com
Alors je suis d'accord qu'on ne dit pas couramment "je vais faire caca" mais pour moi c'est pas la même chose, parce que les règles c'est pas juste du sang qui coule. Parfois, j'aimerais bien dire à mes colocs "j'ai mes règles, je suis crevée", et je pense pas du tout au sang, mais je sais que beaucoup de mecs seraient très mal à l'aise alors qu'encore une fois, c'est pas au sang que je me réfère mais à tout ce qui va avec les règles et n'est pas "dégueulasse". Parce que par contre, pour dire "ahaha j'ai la gueule de bois, j'avais envie de vomir toutes les cinq minutes ce matin", bah en général, les gens ont pas l'air dégoûté, ça les fait rire souvent même.
Et pour ce qui est des problèmes gastro-intestinaux, je trouve aussi qu'on devrait normaliser un peu ça. Pas pour parler de son caca (parce que des gens qui aiment parler de ça yen a, donc je sais que moi, au bout d'un moment ça me gêne, certaines de mes copines sont très descriptives à ce sujet :lunette: mais en même temps, j'ai appris des trucs pendant ces discussions!), mais plus pour pas avoir honte quand notre ventre fait du bruit en public parce qu'on n'y peut rien, on n'impose aucun fluide ou mauvaise odeurs aux gens, ou pouvoir dire franchement "j'ai pas le moral parce que j'ai une crise d'hémorroïdes". Les crises d'hémorroïdes, c'est pas sale, ce sont juste des veines gonflées.

Mais bref, les règles, je trouve ça bien que ça se normalise quand même d'en parler de manière routinière en public sans rentrer dans les détails ou partager des trucs vraiment de l'ordre de l'intime parce que perso, je suis d'accord qu'on attache des trucs sales et hontes à des caractéristiques des règles qui ne le sont pas!

Je me souviens encore quand j'étais jeune adulte, j'avais acheté un paquet de protection hygiénique et je l'avais laissé traîner sur la table. Ma mère était venue me trouver pour me dire que c'était sale et que je ne devais pas imposer ça à mon frère et mon père. C'était jamais arrivée avant car j'étais trop gênée, et c'était seulement vers 20 ans que je commençais à assumer avoir des règles et ne plus trouver que je devais cacher cet aspect normal de ma vie de femme. Franchement, ça m'avait beaucoup surpris de la part de ma mère, car le paquet n'était pas ouvert, et à côté j'avais laissé une bouteille de shampooing et un truc du style un dissolvant pour ongles, mais c'était seulement le paquet de serviettes hygiéniques qu'elle trouvait "sale". Après ça, j'avais remarqué que chaque fois que je laissais mon paquet de serviettes en évidence dans les toilettes à côté du PQ ou autre, elle repassait derrière moi et le cachait dans un placard alors qu'à la limite, je me disais qu'il y avait un tabou avec la table du salon, mais dans les toilettes, pourquoi les cacher!
Alors que franchement, moi je trouvais ça important que mon frère et mon père s'habituent à l'idée que je pouvais avoir mes règles! Je me souviens encore de la fois où mon frère avait jeté la petite poubelle des toilettes/salle de bains qu'on partageait parce qu'il trouvait qu'elle prenait de la place et qu'elle ne servait à rien. J'étais en mode vraiment outrée par son égoïsme "mais tu te rends compte qu'à MOI elle me sert???" et il avait pas du tout compris à quoi je faisais référence alors qu'il était déjà adulte! Il croyait que je parlais de mes cotons pour le maquillage ou un truc dans le genre et persistait à n'y voir aucune utilité et me dire que je pouvais m'en passer. Et quand je lui avais dit que si c'est comme ça, je balancerai mes déchets dans la poubelle de la cuisine et qu'il les verrait quand il ferait à manger, il m'avait dit "bah ok pas de souci", et je pense vraiment qu'il ne comprenait pas du tout à quels déchets je faisais référence!
En fait, ma mère a même prôné à un moment (et elle le fait encore chez elle, ya pas de poubelles dans les toilettes de chez mes parents) le fait de ne plus avoir de poubelles dans les toilettes de la maison car comme ça, ça évite qu'on laisse trainer longtemps des déchets indésirables. Elle parlait de différents trucs, mais notamment de mes serviettes et tampons, et pour elle ça permettait d'éviter de prendre le risque que des personnes non réglées les voient. Du coup, je me retrouve souvent à cacher ma serviette dans ma poche ou sous mon T-shirt pour aller l'enfouir tout au fond de la poubelle de la cuisine quand je suis chez mes parents.
En plus, je pense qu'en vrai, mon père n'était pas spécialement dégoûté par le concept des règles. Je pense qu'il s'est toujours dit que c'était un truc qui lui échappait un peu, mais c'est comme ça pour les femmes, donc il va pas avoir d'avis particulier dessus. Par exemple, c'est souvent lui qui vidait ma poubelle à protection hygiénique quand il faisait son tour des poubelles. Parfois, ça me gênait horriblement et je lui disais "oh tu as vidé ma poubelle... mais j'allais le faire!", et il n'avait pas l'air de voir le soucis, donc ça a fini par me détendre.
Depuis, je continue à laisser mes paquets de protection hygiénique trainer dans la salle de bains et les toilettes quand je vais chez mes parents, et ma mère ne les cache plus, et je pense qu'elle ne serait plus choquée comme avant de me voir me balader avec des protections à la main. Je reste cependant toujours très étonnée de sa part par rapport à ce désir d'invisibilité des règles face aux hommes, et surtout de détails pratiques et techniquement propres plutôt que du fait de parler de mon sang qui coule.
Mais n'empêche que je pense que beaucoup de femmes cachent leurs protections hygiéniques quand elles doivent se déplacer jusqu'aux toilettes, on a honte si quelqu'un nous voit avec une protection neuve et fermée alors que ça n'a rien de sale. Alors que si je monte le paquet de papier toilettes neuf dans les toilettes, je n'aurais pas honte, ce serait juste un geste pratique que je fais. Et j'ai moins honte d'aller dire à un de mes colocs, "j'ai plus de PQ, tu me passes un rouleau?" devant tout le monde que de dire ça pour un tampon, alors que dans les deux cas ça sous-entend que je vais avoir des fluides corporels.
 

Endless

Hot like Mexico
27 Août 2009
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Pour bosser avec des hommes, ils peuvent être étonnamment ouverts sur le sujet (surtout ceux de 40-50 ans, bof pour les plus jeunes je trouve). Il m'est déjà arrivé que certains collègues me parlent naturellement de ça quand j'avais visiblement mal au ventre au boulot, me demandent si c'était à cause de règles douloureuses ou d'une cystite, de façon compatissante et non intrusive, sans que je n'ai jamais mentionné le sujet avec eux auparavant. La plupart sont mariés à des femmes, ou ont des filles, donc ils sont confrontés à ça via leur entourage, et quand ils voient une femme grimacer en se tenant le ventre, ils y pensent ! Et pourtant je ne viens pas du tout d'un milieu ouvert au féminisme à la base.

De la même façon, si mon collègue me dit qu'il a des soucis gastriques, et bien ça me choque pas le moins du monde. Pas plus que s'il avait une angine ou un mal de dos. Moi aussi j'ai déjà eu la diarrhée plein de fois dans ma vie (colopathie, j'écris ton nom), c'est pas glam mais tant pis. Je préfère savoir ça, que de voir la personne souffrir dans un coin sans savoir si c'est grave ou si je peux faire quelque chose pour l'aider.

Idem, je n'hésite pas à dire à mes amis ou ma famille si j'ai mes règles et que ça me pose souci (si je me sens mal, fatiguée, ou que j'ai absolument besoin là tout de suite maintenant de trouver des toilettes). Ado j'étais ultra complexée à ce sujet, je me souviens que j'osais même pas prendre de serviettes périodiques quand j'allais faire des courses avec ma mère et que mon frère nous accompagnait :yawn: ! Du coup maintenant j'ai pris le parti de dédramatiser ça, c'est déjà assez chiant d'avoir ses règles, si en plus on doit le cacher et souffrir en silence, non merci ! Je trouve que ça soulage de pouvoir en parler.

Egalement j'en parle BEAUCOUP en couple, mais vraiment. Mon premier copain était horrible à ce sujet : il niait mes douleurs (pour lui c'était impossible), trouvait ça abominable, honteux, bref. Du coup, j'ai pris le parti d'éduquer tous les mecs qui ont suivi à ce sujet :yawn: . La plupart étaient vraiment très curieux d'ailleurs, et avaient pleiiiin de questions ! Si ça peut leur permettre de mieux accompagner leurs partenaires actuels pendant leurs menstruations et d'être plus à l'aise à ce sujet, alors banco.


@MorganeGirly : la petite poubelle de salle de bains / toilettes, c'est un truc que ma mère m'a directement offert quand j'ai emménagé seule. Pas uniquement pour moi, mais aussi pour mes invité•es. Car effectivement c'est assez désagréable, en soirée par exemple, de devoir traverser tout l'appart avec une protection usagée à la main, et de devoir demander à son hôte où la jeter.
Du coup je milite chez mes proches pour qu'ils investissent là dedans aussi ! J'en parlais encore à mon copain ce matin, ça manque chez lui (et il faut traverser un couloir + la cuisine ouverte pour accéder à une poubelle...).


J'ai encore un petit réflexe de honte devant mon père cela dit. Il y a quelques temps, j'ai demandé à ma mère discrètement de me dépanner une protection, elle a directement capté ma gêne et s'est mise à claironner "alors, j'ai tel type de protège slip, ça te suffira ? Si tu veux changer de culotte tu peux aussi, attends je vais te chercher un drap de bain pour prendre une douche !". J'étais mi-honteuse, mi-hilare, en tout cas je la remercie pour cette décontraction ! Sa génération a vraiment beaucoup souffert de ce tabou, c'est vraiment bien que la notre s'ouvre à ce sujet, même s'il y a encore un peu de boulot.
 
16 Février 2009
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En fait ce qui me saoule le plus avec ce tabou des règles, c'est pas tant l'auto-censure, que la logistique à la con que ça impose. Moi aussi on m'a bien fait comprendre que c'était "une affaire de femmes" et j'ai toujours éprouvé une gêne immense à évoquer le sujet devant mon père et mon frère. Donc chez moi le tabou est bien interiorisé. Pour diverses raisons j'utilise des protections jetables, mais le jour où j'aurai le budget je pense que je testerai les culottes menstruelles, parce que j'en ai ma claque de la gymnastique qui consiste à cacher les protections, aller aux toilettes en dissimulant le tampon ou la serviette puis se démerder pour jeter discrètement les déchets. Selon les endroits c'est plus ou moins facile, ça demande plus ou moins d'anticipation et c'est des préoccupations qui viennent se greffer sur la charge mentale représentée par le fait même d'avoir ses règles (penser à acheter des protections, penser à les changer régulièrement, penser à en avoir suffisamment sur soi quand on se déplace...). Des fois je me dis que non seulement c'est contraignant d'avoir mes règles, mais en plus je suis sensée les avoir en toute discrétion et ne gener personne avec ça. Comme un paquet d'autres injonctions, j'ai l'impression que le but ultime de ce tabou des règles, c'est juste de voler un peu plus d'énergie, de temps et d'espace mental aux femmes et de les contraindre dans des préoccupations étriquées et bassement matérielles qui les tiennent éloignées des sphères du pouvoir.
Peut-être que c'est moi qui me met une pression parfaitement inutile aussi ! C'est même sûr d'ailleurs. Je pense que l'immense majorité des gens que je fréquente s'en foutraient de me voir aller aux toilettes avec une serviette à la main. Cela étant je sens bien que la censure que je m'impose elle ne vient pas de moi, c'est quelque chose d'extérieur que j'ai assimilé inconsciemment et qui est inculqué de façon subtile aux filles.
 

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