Cinq ans après le Mariage Pour Tous, je garde des cicatrices de l'homophobie

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par JulietteGee, le 17 mai 2018.

  1. JulietteGee

    JulietteGee
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    Membre de l'équipe

    #1 JulietteGee, 17 mai 2018
    Dernière édition par un modérateur: 17 mai 2018
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  2. Beubeulle

    Beubeulle
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    Témoignage très touchant, super motivant pour continuer à se battre pour faire changer les mentalités ! Gros câlins à cette Mad'z :hugs:
     
    Kaylie, Unicorns Lovers Club et Terpsichore. ont BigUpé ce message.
  3. Kaanyi

    Kaanyi
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    Alors, même si je trouve l'article très touchant et que c'est un beau témoignage de ce que l'on peut encore ressortir à notre époque dans un milieu bourgeois-tradi-bien pensant (malheureusement, ça existe encore), je dois dire que la fin du témoignage m'a un peu laissée perplexe.

    En fait, ce qui me gène, ce sont tous ces "coming-out" successifs de l'auteure : elle se pensait lesbienne, mais finalement, elle fait son coming-out comme pansexuelle, polyamoureuse puis non binaire...

    Pour moi c'est trop ! Toutes ces dénominations qu'on se donne, c'est trop, ce sont autant de petites cases dans lesquelles nous nous enfermons nous-mêmes, en pensant avoir "une sexualité hors-norme" et "ne pas entrer dans les cases de la société". Je ne pense pas qu'il soit bon de se compartimenter de la sorte, on remplace une case par une autre, on veut à tout prix mettre des mots sur tous les aspects de notre vie sexuelle et amoureuse...

    Je sais que c'est un grand débat qui mérite plusieurs articles à part entière et non juste quelques commentaire, mais je pense qu'il est bon d'en parler et de s'interroger sur le bienfondé de toutes ces appellations.

    Pour moi, ça devient stupide, on intègre tellement de gens dans l'appellation LGBTQ+ qu'au final, on perd de vue le véritable combat contre l'homophobie et la transphobie. Pour info, l'appellation complète, à ce jour : LGBTTTQQIAA+P+A+GQ+B+GV+P. Il n'y a que moi que ça dérange ?

    En fait la majorité des gens entre dans ce spectre qui est bien trop global et ne veut plus rien dire. A titre personnel, je pense rentrer dans au moins trois ou quatre de ces catégories alors que j'ai quand même l'impression d'avoir un mode de vie "habituel" ( = je suis en couple à long terme avec une personne du sexe opposé, dans une relation d'exclusivité et je ne suis pas dérangée par le fait qu'on me considère comme une fille ). Je ne subis aucune persécution et je n'ai jamais fait de "coming-out", parce que je ne me considère pas comme hors-norme.

    Je pense que nous aurons fait du progrès quand nous nous rendrons compte que le fantasme de l'hétéro 100% girly girl (ou manly man, c'est toi qui chois') "uni-amoureux", exclusif qui ne se pose jamais de question sur son genre, sa sexualité etc... n'existe pas : personne n'est comme ça (même pas le vieux facho du coin de la rue, simplement il n'admettra jamais s'être déjà posé des questions au cours de sa vie), même si la plupart des gens ne mettent pas de mots là-dessus ou n'en parlent jamais !

    Voilà, c'était un long cri du coeur :')
     
    candyclown, Emel-, Sayress et 20 autres ont BigUpé ce message.
  4. LittleWolf

    LittleWolf
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    "À l’époque, j'étais ouvertement lesbienne au collège. Ma vie était un enfer vu que c’était un établissement privé catholique."
    Je pense que ça aurait la même chose dans un établissement public pour ce que j'ai entendu des témoignages de potes de fac, lesbiennes ou homosexuels. Des établissement privé catholique, il y a des bons et des mauvais, avec des expériences et des gens différents. Dans celui que j'ai été, mes camarades n'ont pas eu de souci : peut-être parce qu'on a insisté sur la tolérance ? ou que les gens n'en avaient rien à foutre avec qui leurs camarades sortaient/aimaient.
    Ils n'ont vraiment eu aucun scrupule là-haut et c'est assez honteux, ça diffère des messages de la plupart de ces établissements.
     
    JulietteGee, Anandryne et CaraNougat ont BigUpé ce message.
  5. Exulans

    Exulans
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    Oiseau de passage

    @Kaanyi : et à titre personnel je me sens plus en accord avec moi-même depuis que j'ai trouvé les dénominations dans lesquelles je me reconnais. Tu ne penses pas que "ça soit bon" mais tu ne te sens pas discriminée, t'es ok avec la façon dont on te perçoit : chouette, tant mieux pour toi, on ne te jugera pas là-dessus.
    Je me sens mieux depuis que je me reconnais et m'accepte comme pan et agenre. Hyper bien pour moi, et je ne cours pas après les autres pour les faire adhérer à ces cases non plus. Non je ne suis pas ok avec le fait qu'on me pense cis ou hétéro. Dans le cas de l'hétéro, c'est m'enlever une partie importante de moi que de m'appeler comme ça. Dans le cas du cis, ça me provoque un malaise profond voir un rejet de mon apparence. Le fait d'avoir des mots pour me définir permet de renvoyer mes proches à des ressources et des témoignages pour qu'iels comprennent mieux, sans forcément avoir à l'expliquer moi-même ce qui peut être compliqué.
    Et voilà. Où est le mal à ça ?
     
    GroundControl, Nymphetameen, Mellana et 26 autres ont BigUpé ce message.
  6. Lady Stardust

    Lady Stardust
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    Ah wham bam thank you ma'am!

    Je ne suis pas d'accord en partie avec @Kaanyi mais je comprends certaines craintes de la "dilution" des luttes à force de "rajouts": quand ça concerne une orientation non-hétéro, oui, une identité de genre non-cis, oui, mais quand je vois que certains veulent inclure les polyamoureux (c'est quoi le rapport avec l'orientation sexuelle et/ou l'identité de genre?), les gens qui pratiquent le BDSM, etc (sans compter que dans "
    LGBTTTQQIAA" le dernier A est pour... "allié" :eh:) je peux comprendre quelques certaines rétivences... (j'ai aussi lu des gens hétéros cis qui s'incluaient dans les LGBT++ car "on ne sait jamais, peut-être qu'on se découvrira non-hétéro et/ou non-cis plus tard", ok donc incluons alors les 7 milliards d'êtres humains et des poussières vu que virtuellement tout le monde peut correspondre à cette définition :lunette:).

    J'avais l'impression que c'était surtout à ça que @Kaanyi faisait référence en parlant de
    "une sexualité hors-norme" et "ne pas entrer dans les cases de la société" :hesite:
     
    Maia Chawwah, Solstice, Dhuoda et 22 autres ont BigUpé ce message.
  7. Unicorns Lovers Club

    Unicorns Lovers Club
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    @Kaanyi Je pense que c'est important au contraire d'avoir des cases et de mettre des noms sur ce qu'on est, ce qu'on ressent. Je suis en couple avec un homme cis et ça me fait mal quand on me dit que je suis hétéro, alors que nous sommes tous les deux pan.
    Nier l'existence de ces cases c'est nier les différences et je ne pense pas que ça soit une bonne chose. Nos différences nous définissent nous-même et par rapport aux autres. Si on nie ces différences, on est livré.e entièrement à nous-même et c'est le début du rejet de celleux qui ne sont pas comme nous, de la haine (attention je ne dit pas que tu es comme ça, juste fait gaffe au "on es tous.tes pareil.les") Si dans plusieurs années il y a une centaine de lettres à l'acronyme complet de LGBTQ+, et bien tant mieux ! Nous vivrons dans un joli monde tout bariolé :unicorn:
     
    JulietteGee, Lumiciole, Trémazane et 6 autres ont BigUpé ce message.
  8. Raven K. Barbicane

    Raven K. Barbicane
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    Petite plume asexuelle

    Comme plusieurs l'ont déjà dit, même si l'acronyme complet est long et comporte énormément de "cases" (dont les alliés), je trouve important que chacun ait les mots pour se définir et surtout qu'il ne s'agisse pas de sortir d'une case pour s'enfermer dans une autre. J'entre dans les "catégories" asexuelle, biromantique, voire homoromantique et sapioromantique, et cela me va très bien comme cela ; d'ailleurs cela m'énerve intérieurement quand mes connaissances me réduisent à "asexuelle" ou "bisexuelle". Je peux comprendre que tout le monde ne connaisse pas les distinctions et/ou n'ait pas envie d'énumérer toutes ces dénominations, cela dit, mais lorsque cela vient d'un réel désir (donc volontaire) de réduire mon orientation ou de m'enfermer dans une catégorie précise, cela devient blessant.
    Du coup, les coming-outs successifs ne me paraissent pas très surprenants : j'ai fait un premier coming-out bisexuel il y a quelques années, parce que je ne connaissais pas d'autre catégories dans lesquelles je me reconnais au final. Et, au vu de la réaction de ma famille, je me vois mal tout leur balancer d'un coup. Je comprends donc que l'auteure ait pu se chercher dans un premier temps, puis y aller doucement dans les révélations.
     
    Lumiciole et MidoriNoHikari ont BigUpé.
  9. Cépamoi

    Cépamoi
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    Jus de citrouille et chocolat chaud

    Je suis tout à fait d'accord avec @Exulans et dans le même temps, je partage la position de @Lady Stardust, le pompon étant sur le "A" d'allié.es. Si les allié.es ont besoin d'être présent dans l'acronyme LGBTQ*, c'est que ce sont des allié.es en carton.
    Rien n'empêche par ailleurs de créer une alliance de force mais être LGBTQ* a un coût. Ce serait pas mal de ne pas s'aproprier le truc si on ne le vit pas :dunno:
     
    Maia Chawwah, Juda Bricot, L-unita et 14 autres ont BigUpé ce message.
  10. shigurette

    shigurette
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    On gagnera notre combat non pas en détruisant l’ennemi mais en sauvant ceux qu'on aime

    Mais le A n'a jamais été pour allié.e mais pour asexuel.le, aromantique et agenre :annoyed:
    Et puis sur le risque de dilution de la lutte, c'est aussi prendre en compte la diversité de l'humanité. :fleur:
     
    titeannc, JulietteGee, Lumiciole et 13 autres ont BigUpé ce message.
  11. Cépamoi

    Cépamoi
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    Jus de citrouille et chocolat chaud

    Etre agenré.e, c'est être trans en général. NB pour être plus précis mais trans quand même. En tout cas, c'est le plus souvent ainsi que je l'ai entendu irl. Après, chacun.e choisit bien sûr mais je crois qu'il faut quand même que le sigle reste clair. Je n'ai rien du tout contre cette modification tant qu'on ne force pas touxtes les agenré.es à devoir se définir du coup comme non-trans.
    Prendre en compte la diversité de l'humanité n'empêche aucunement qu'il y a des axes communs et des axes plus spécifiques dans ce que vivent les uns et les autres.
    Je me rends bien compte qu'être aromantique ou asexuel.le présente des problématiques au niveau du vécu quotidien ou sociétal mais globalement, à moins d'attirance romantique envers des personnes du même genre (sans exclusion d'autres genres) ou d'être transgenre ou de quelconque """combinaison"""" avec l'un des termes du sigle, je ne vois pas le point commun avec les luttes LGBTQ* :dunno:
    Tout comme avoir une sexualité BDSM n'a rien à voir avec le schmilblick (à moins d'être lesbienne, gay, bi et/ou pan, et/ou trans et c'est ça et non une sexualité non vanille qui justifie la convergence de lutte ici).
    Je suis tout prête à entendre les arguments, si tu le veux bien.
     
    Aqua, babooz92i, DarkVador-au-sauna et 1 autre membre ont BigUpé ce message.