Culture du viol : un colloque regrette la suralcoolisation des filles

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Sophie Riche, le 17 mai 2013.

  1. Sophie Riche

    Sophie Riche
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    Giddy goat
    Membre de l'équipe

  2. greyA

    greyA
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    Attention, je mords

    Entre ça et les théories du complot dès qu'un homme riche est accusé de viol, il n'y a pas une journée qui passe sans que le monde nous rappelle que les victimes ont toujours tort.

    Ca me fait penser à cette image. 

     
  3. renny

    renny
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    Du balai.

    J'avoue ne pas comprendre votre indignation.
    Je ne vois pas dans ces conclusions une "culture du viol" où la victime serait totalement responsable de ce qui lui arrive, je vois une énumération des situations ou la personne étant plus vulnérable car pas en possession de tous ses moyens tels que le discernement, la force de rejeter l'autre par un propos cinglant, etc, les salauds de violeurs iront avec moins de réserve.

    Et j'aimerai dire un truc, qui n'a pas totalement à voir avec le sujet, mais notre culture qui veut que pour s'amuser faut avoir 4g dans le sang, c'est un vrai souci. On le cultive à la fois dans les films, dans les bouquins, sur certains sites, et je déplore ce phénomène.
    fin du HS
     
  4. greyA

    greyA
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    Attention, je mords

    Je suis d'accord avec le fait que l'alcool obligatoire pour s'amuser est un réel soucis (et ça ne date pas d'aujourd'hui), mais le fait est que ce sont toujours les femmes qui sont visées lorsqu'on fait de la prévention liée à l'alcool et le viol.

    En plus, la culture du viol, ça va plus loin que la question des prédateurs sexuels, c'est aussi ce que les gens sont près à accepter comme situation où "c'est pas vraiment un viol" ou "c'est un viol justifié".

    La prévention face aux problèmes liés à l'alcool, qui vont au-delà du viol, doit être faite pour tout le monde.

    Les victimes ne sont pas forcément des femmes, les victimes n'ont pas forcément choisi de boire et les coupables ne sont pas des salauds, ce sont aussi parfois des gens qui ont été éduqués dans la pensée que c'était pas si grave ou qu'elle l'avait cherché.

    Je pense que dans ce contexte, oui, ça peut agacer de voir qu'on s'appitoie encore sur les femmes qui boivent.
     
  5. renny

    renny
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    Du balai.

    C'est peut etre parce que statistiquement, les femmes sont plus souvent victimes de viols que les hommes(viols et assimilés).

    Et tel que j'ai saisi l'article, ils s'inquiétaient de la consommation croissante de l'alcool par les femmes, DONC s'interrogeaient sur les conséquences de cette consommation par ces dernieres.


    Je ne vois pas vraiment de victimisation la dedans, je vois plutot une constatation de l'ampleur que prend un phénomène donné, et le questionnement sur les conséquences que peut avoir ce phénomène.
     
  6. Azeban

    Azeban
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    En fait, le problème, c'est que souvent, on dit qu'une femme alcoolisée qui a été violée, c'est un peu de sa faute, et elle n'aurait pas du boire autant.
    Or, un violeur qui viole une personne ivre, c'est pas une circonstance atténuante pour lui, alors que bon, profiter de la vulnérabilité de quelqu'un c'est plutôt une circonstance aggravante.
    Et la victime n'est en rien la cause de l'agression.

    Je ne vois pas de problème à des messages de prévention disant qu'on est plus vulnérable quand on est alcoolisée. Mais il ne faut pas pour autant culpabiliser les personnes alcoolisées qui sont agressées quand elles sont ivres : ce n'est pas de leur faute, en aucun cas. ET il faut aussi des messages de prévention pour dire "une personne ivre n'est pas en état de consentir", ou "agresser une personne vulnérable, c'est très grave".
     
  7. greyA

    greyA
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    Attention, je mords

    Oui, globalement, c'est un peu là qu'est le problème.

    Le sujet, c'est toujours (ou presque) la victime et non le coupable.

    Le problème, ce n'est pas tant d'établir un fait que de donner l'impression de trouver une faute à la victime ou d'occulter le rôle du coupable.

     
  8. ielosubmarine

    ielosubmarine
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    GameuZ en puissance

    J'en profite pour parler d'une chose difficile, bien cachée derrière mon écran...

    Je ne me souviens pas de ma première fois et je n'ai jamais réussi à poser le mot "viol" dessus.

    J'avais 18 ans, c'était ma soirée d'anniversaire et j'étais ultra soul en effet. Je me souviens avoir dragouillé ce mec, je ne me souviens pas avoir dis oui ni non, j'étais trop soul pour me débattre mais je ne sais pas. viol? Pas viol? La douleur était juste due à la "première fois" ou pas?

    J'ai voulu en parler à une amie qui était sortie avec ce mec, elle m'en a juste voulu d'avoir "couché avec lui".

    Bref j'ai occulté ce souvenir mais vos articles me forcent à me poser des questions
     
  9. lysalice

    lysalice
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    Avaleuse de livres

    Je suis globalement d'accord avec l'article (j'aime particulièrement le passage à la fin avec toutes les phrases du style "si les noirs étaient ils ne subiraient pas de racisme" etc... c'est une bonne méthode pour montrer à quel point la culture du viol est présente et néfaste).

    MAIS une chose qui me frappe toujours c'est que :ok la faute est toujours à 100% la faute du violeur qui est un malade et bien sûr on a la droit de s'habiller comme on veut, aller où on veut, boire ce qu'on veut, etc. Et c'est affreux de toujours se demander ce qui pourrait arriver à cause de l'existence de ces gars! Mais malheureusement on ne vivra pas (ou en tout cas pas avant longtemps) dans une société dans laquelle le viol n'existe plus/très peu. Donc pourquoi ce serait mal de rappeler aux filles que, même si le risque sera toujours là, on peut le diminuer en ne buvant pas jusqu'au point de ne plus savoir marcher, ne rentrant pas seule à pied à 4h du mat' etc...

    En résumé: il faut toujours blâmer le violeur et pas la victime, quelque soient les circonstances, mais il faut aussi être consciente des facteurs influant sur le risque (qui reste toujours présent mais peut-être minimisé).
     
  10. Lady Von Duck

    Lady Von Duck
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    Blame It On The Boogie

    Cet article me fait penser à un truc très drôle (enfin très drôle ...)

    L'autre jour je matais "touche pas à mon poste" et une nana de plus belle la vie était invitée pour la sortie de son livre qui parle entre autre du viol
    Apparemment une amie à elle s’est faite violer et elle essaye de faire de la sensibilisation auprès du grand publique.

    Et puis elle a eu le malheur de dire qu'en France une femme se faisait violer toutes les 8 minutes. Presque tous les chroniqueurs se sont précipité pour lui dire que ok, le viol c'est grave, mais fallait pas exagérer non plus pour faire peur ! C'est un viol dans le MONDE toutes les 8 minutes.

    Il a fallut attendre la pause pub pour qu'ils rectifient que si en fait c'était bien un viol toutes les 8 minutes en France

    Bref tout ça pour dire qu'il y a du chemin à faire en matière d'éducation
     
  11. Rita 92

    Rita 92
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    @Euki oui, voilà, j'ai eu la même réaction que toi et donc le même réflexe d'aller voir la dépêche en entier.

    C'est pas tant le fait d'affirmer que plus les filles sont alcoolisées, plus elles sont vulnérables à des viols ou des relations sexuelles non désirées, que le reste de la dépêche qui assume plus ouvertement un sexisme affirmé vis-à-vis de la consommation d'alcool.

    Pour moi, c'est tout à fait logique de dire que quand on boit trop, on n'est bien moins capable de se défendre. Donc je pense qu'avant de rendre totalement efficace le travail d'éducation sur la gente masculine, qui risque de prendre plusieurs générations, c'est important de prévenir les potentielles victimes (statistiquement, comme disait @renny , les filles sont quand même plus souvent violée que les garçons) et de leur donner les moyens d'éviter de se retrouver dans des situations dangereuses. C'est comme dire aux gens de bien checker leurs affaires quand ils prennent le métro parisien: ce sont les voleurs qui sont entièrement responsables et coupables mais mieux vaut prévenir que guérir. Ca ne me semble pas anti-féministe. 

    Ce qui me choque, c'est le reste de la dépêche qui interprète l'hyper-alcoolisation des filles comme un moyen processus de séduction, un moyen de se désinhiber. J'ai pas du tout aimé le fait que le gérant dise que l'alcoolisation des filles les rend plus violentes et agressives. Pardonnez-moi mais il ne me semble pas que ce comportement soit l'apanage des filles. Dans l'article, j'ai vraiment l'impression qu'on veut nous dire que les filles devraient arrêter d'essayer de se conduire comme des mecs parce qu'elles ne peuvent pas supporter l'alcool trop fort trop vite et ses conséquences. 

    Je suis profondément contre cette culture de l'hyper-alcoolisation des jeunes, c'est vraiment pas sain comme comportement, mais je ne peut pas supporter qu'on accentue la prévention chez les filles. Ca n'a aucun fondement et ça, c'est résolument sexiste. 
     
  12. ielosubmarine

    ielosubmarine
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    GameuZ en puissance

    Pour être franche, au départ non. Enfin, je n'arrivais pas à comprendre ce qui me faisait me sentir mal... J'ai eu des problèmes dans ma vie sexuelle pendant 2 ou 3 ans après ça, je n'y arrivais pas, la douleur l'angoisse...

    Maintenant ça va et c'est la que je m'aperçois que ce n'était pas "normal"... et que je me pose des questions

    Je voulais me débattre, oui, maintenant je ne l'ai pas fais. Comment il aurait pu savoir que je ne voulais pas?
     
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