Déclic féministe : les madmoiZelles racontent

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Sophie Riche, le 8 mars 2014.

  1. Sophie Riche

    Sophie Riche
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    Giddy goat
    Membre de l'équipe

  2. Dimy

    Dimy
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    Mélange instable

    Merci d'avoir regroupé tous ces témoignages, c'est super intéressant de voir comment un jour on se rend compte que le féminisme n'est pas un mouvement inutile et qu'on a tous et toutes besoin.

    Je me rends compte que mon propre déclic serait plutôt à classer dans la catégorie pédagogie. J'ai commencé à m'intéresser à tout ça lorsque l'année dernière il a fallu trouver un thème de recherche pour mon mémoire. Je voulais absolument analyser les contes de fées, donc j'ai voulu m'intéresser en particulier au sort réservé à le femme dans les adaptations cinématographies de nos chères histoires d'enfance. Et ça m'a vraiment ouvert les yeux sur pas mal de choses. J'ai pu découvrir les travaux de Mona Chollet, Caitlin Moran, Anita Sarkeesian (Feminist Frequency) ou Laci Green (donc encore une fois, merci Internet). Maintenant, j'ai réellement conscience de tous ces petits détails que les femmes doivent affronter chaque jour, comme le harcèlement de rue ou le mansplaining. Et j'espère que le fait d'avoir ouvert les yeux sur ces problèmes va me permettre de contribuer à faire bouger les choses.

    Après tout, tant qu'on découvrira sur Facebook des filles qui écrivent " La journée de la femme : Pour moi aujourd'hui c'est le cas de le dire : Ménage, Linge, Rangement... Bonne fête à toute les femmes!", on aura besoin du féminisme.
     
  3. Jéhanna

    Jéhanna
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    Boooyaaaah. (Anciennement Valisette.) 

    Bon, alors je vais faire ma fayotte, mais mon déclic à moi, ça a été Madmoizelle.
    Je suis tombée ici sur la rubrique beauté, et puis en lisant d'autres articles, j'ai fini par réaliser que "etmaisouaisc'estvraiquec'estpastrèsjustequandmême".
    Du coup j'ai ouvert les yeux sur pas mal de choses dans mon comportement à moi (notamment le slut shaming, à ma petit échelle de "han la la elle a pas froid aux yeux celle là"), et sur celui des médias, des mentalités.
    Et du coup maintenant je suis constamment en colère,j'ai l'impression d'avoir perdu mon innocence. Je ne vous dis pas merci :facepalm:

    (Mais si, un peu, quand même :fleur:)
     
    marinetiramisu a BigUpé ce message
  4. Lena.in.Wonderland

    Lena.in.Wonderland
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    A reconstruire.

    Petit moment "Me, myself and I" : j'ai été citée par SPP dans son article :free:

    Tout égocentrisme mis à part, merci pour cet article ! C'est très intéressant d'établir des regroupements et de voir les différentes origines de sensibilisation au féminisme :)
     
  5. Vavaliciious

    Vavaliciious
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    Musique Addict

    Mon déclic je l'ai eu via Madmoizelle et à cause de certains groupes féministes à savoir les femens et les antigones … Pour moi une féministe est une femme qui comprend qu'elle est libre de faire exactement ce qu'elle veut, et que les décisions lui concernant viendront d'elle, pas de son père, de son frère, de son oncle ou de son mari.
    Alors quand j'ai entendu une antigone dire "nous sommes avant tout les filles de nos pères et les femmes de nos maris" j'ai eu envie de vomir personnellement. Non ! T'es venue au monde avec une identité alors tu es toi et tu n'appartiens qu'à toi-même. C'est aussi simple que cela. Si tu veux être la femme de ton mari et que c'est TA décision, tant mieux. Mais si une autre femme veut exister par elle-même et que c'est SA décision, tu fermes ton cul et tu l'acceptes !

    Voilà pourquoi je suis devenue féministe et que je pense que toutes les femmes devraient l'être.
     
    Ilùvatar a BigUpé ce message
  6. Brifon

    Brifon
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    Energie à revendre

    "Et on peut aussi y découvrir et y approfondir notre féministe."

    Notre féminisMe non ? ;)
     
  7. eva-chette

    eva-chette
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    Je me rend compte que mon déclic était un peu malgré moi: toute les manifestations du sexisme m'ont toujours foutue en rogne, même alors que je réflechissais pas particulièrement au féminisme. Du coup c'est comme si je n'avais meme pas à me poser la question de savoir si j'étais féministe ou non.
    Ma grand mère me demandait de débarasser la table vers mes 7 ans, et rien à mes frères, et je me souviens que ca me rendait complètement dingue, et quand je lui disais mais pourquoi moi et eux ils restent assis, elle me répondait "c'est comme ça." Bref j'étais dans l'incompréhension la plus totale.
    Après toutes les statistiques de viols, agression ect sur les femmes, ca me révoltait.
    Mais le pire je crois que c'est mon dernier "déclic" féministe, celui sur la pop culture: à quel point les héros sont toujours des hommes dans les films, à quel point les femmes sont objectisées, là pour valoriser le héros, limite j'aurais préféré ne pas m'en rendre compte parce qu'après on ne voit que ça (comme c'était très bien expliqué dans un article de madmoizelle). Bref pour moi une femme qui n'est pas féministe, c'est comme un humain qui serait contre les droits de l'homme, je ne comprend pas du tout. Mais malheureusement le mot a acquis une sale connotation, soit lesbienne, soit emmerdeuse, il faudrait peut etre le renouveler, je ne sais pas.
     
  8. InstantCrush

    InstantCrush
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    Vous etes cool les madz quand même , quand je serais grande je voudrais être comme vous !!!

    Pour ma part, j'ai été elevé dans une famille où les valeurs sont la plus part du temps en contradiction avec les valeurs féministes rependuent en occident . Je vous dresse le tableau : Dans le foyer la femme doit faire le ménage, la cuisine et doit apprendre à ces fille à le faire aussi bien (autant dire que ma mère n'a pas été gâté avec moi) et quant à l'homme il met ces pieds sous la table.La femme ne doit pas sortir le soir, "perdre" ça virginité et l'homme c'est pas grave  ext ext...

     Un schéma tres patriarcale qu'on retrouve souvent dans la culture d'origine de mes parents et donc dans celle qu'ils essaient de m'insuffler (en vain).

    Et ce qui m'a le plus frapper dans tout ça c'est que cette façon de penser la place des femmes dans la société est encrée, adopté,accepté et perpétué par les femmes elles même.
    Je fais un clin d'oeuil à l'article sur Lily Allen d'hier, qui se dit non féministe car les femmes sont l'ennemie des femmes . Et bien sur ce point de vue je la rejoins mais pour autant je me proclame féministe et adhère à cette idéologie complètement .

    Donc je dirais que mon declic c'est la façon dans la quelle j'ai été élevé en général et l'injustice homme femme que j'ai vis depuis que je suis petite  dans ma propre famille qui à conduis à me questionner sur le pourquoi du comment de celle-ci et a pensé que non, je ne suis pas inférieure à un homme parceque je suis doté d'un appareil génital féminin et des boobies , j'ai le droit de demandé le même respect et les même "privilège" ,qui n'en saurais d'ailleurs pas, si il étaient partagé .
    :attaque::rockon:
     
  9. cecelight

    cecelight
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    PILOU PILOU

    En ce qui me concerne le féminisme est une affaire de famille, mais encore plus étonnant....

    La personne la plus féministe de ma famille n'est autre que...mon père !


    Et ouais, il m'a appris très jeune à être indépendante, débrouillarde, et forte pour faire face à l'adversité. Malgré mon caractère fragile, mon père m'a toujours poussée à entreprendre, et à réaliser mon potentiel.
    Ce n'est pas parce que j'avais un vagin que mon père ne me parlais pas et me surprotégeait, au contraire, c'est ma mère qui m'a surprotégée car je suis une fille. Et oui ma mère est plus macho que mon père.

    Plusieurs choses peut-être.. Ma mère est une martiniquaise pur jus et on dira ce qu'on voudra le patriarcat, et le coté macho est très fort là-bas. Alors que la contradiction est que les femmes ont pas mal de voix là bas... sauf qu'elles ne l'utlisent aps pour les choses qui comptent.

    Je n'ai qu'un seul et unique petit frère, et celui-ci malgré son caractère protecteur, m'a appris à pousser des gueulantes pour me faire entendre.

    Je me rappelle de soirées ou mon père et moi on cuisinait ensemble et qu'il me disait " ma chérie, tu vas en chier parce que tu es une fille. Alors ne fais aucun compromis."

    Je me souviens des étés dans ma famille maternelle, ou le cho générationnel mon montrait comme la " fille", quand j'ai refusé de porter du rose, j'ai casé mes poupées, et j'i craché sur le maquillage. Quand j'ai voulu à tout prix montrer que les femmes n'était pas un cadre, et qu'on pouvait allerau delà et être ce qu'on voulait outre les clichés sexistes.

    Je me souviens quand je mettais les fringues de mon frère au lycée, en protestation, car oui je suis une femme, et oui j'ai le droit de porter ce que je souhaite.

    Je me souviens d'une enfance passée à me rouler dnas la boue avec mon frère à jouer aux commandos, à la carte au trésor, à construire des cabanes dans le jardin de ma grandmère...

    Je me souviens des gueulantes anti barbie, et de " pourquoi ma barbie est blonde et a un sèche -cheveux maman ?"

    Mes parents nous ont élevés moi et mon frère dans l'égalité. La galanterie, mon frère en a rien à foutre, et je lui rend bien. :)

    Mes parents m'ont apprise à refuser la violence, à oser donner un coup de poinge à celui qui m'aura frapper, mentalement ou physiquement. A ne pas accepter la pression sociale, a ne pas accepter les insultes.

    Je suis petite, en surpois, black, je porte des lunettes et je suis une femme.

    J'ai de la chance d'avoir une famille pareille :)
     
    #9 cecelight, 8 mars 2014
    Dernière édition: 8 mars 2014
  10. eneri

    eneri
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    Mélange instable

    Je détestais les filles. Je changeais de station quand j'en entendais une à la radio, pareil à la télé, et j'essayais tant bien que mal de m'entourer de garçons (ils avaient rien contre moi mais j'étais plutôt timide). Je les trouvais plus drôles, plus intelligents, plus légers, je rêvais d'en devenir un, d'avoir leur assurance, d'être drôle comme eux, de pouvoir porter des vêtements sobres sans être mal regardée. Mais j'ai pas vraiment eu de déclic particulier. Petit à petit j'ai fini par m'accepter, par accepter les autres filles, par tomber amoureuse de l'une d'entre elles, j'ai compris que ma famille paternelle était très, très macho, et j'ai pas voulu devenir comme ça.
     
  11. Zout

    Zout
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    mmmh?

    Allez pohpohpoh, my two cents:
    Je sais pas si on peut vraiment parler de "déclic" en ce qui me concerne mais j'identifie en tout cas 3 "phases"dans mon éveil progressif aux questions du féminisme. Je passe volontairement sur la question du début de l'adolescence. Période bizarre ou tout à coup, TOUT LE MONDE à un avis sur mon cul mes jambes ma façon de parler etc. Au début je suis persuadée d'être un OVNI et que toutes les filles qui réagissent en minimisant ces propos sont plus matures que moi.

    La phase 1: je bosse dans le milieu théâtral et plus j'essaie de décrocher des boulots rémunérés plus on me fait comprendre que si je suis coopérative j'aurais des facilités. Au bout d'un moment et malgré le fait d'avoir reçu des échos très positifs par mes profs, j'abandonne le théâtre. Milieu macho, trop concerné par l'apparence et le physique selon moi. Je ne suis pas assez forte pour faire face

    Phase 2 Pour ne pas compter que sur mon physique (ce qui me semble être la seule voie et qui me semble trop insupportable)( je vous ai dit que j’étais un peu une extrémiste quand je m'y mets?) je reprends les études, décroche un poste pour un doctorat. J'arrête de compter les fois où on m'appelle "Miss" ou "la petite" ou les fameux " vous êtes bien mignonne mais ...". Trop jeune, trop fille, trop belle , trop casée, trop bosseuse trop trop trop suspect...

    Phase 3 : je commence à entendre autour de moi (sur internet, avec des collègues jeunes comme moi) que en fait plein de filles ont affaire à ce type de harcèlement ( ca je m'en doutais) mais surtout qu'elles en SOUFFRENT, beaucoup, parfois jusqu'au traumatisme voire plus grave. Et ce n'est qu'à ce moment là que je  me dis " ça va pas...ça va plus c'est pas normal". Déjà je déculpabilise complètement, et je commence à lire, à parler autour de moi.

    Pour le moment j'en suis là. Je lis je cause et je vais voir où ça m'emmène. Je ne suis plus prête à ce qu'on me juge en fonction de mon décolleté, j'en ai marre qu'on me dise que je suis drôle "pour une fille" et toutes ces petites maladresses qui font que tu réfléchis 2 fois avant de prendre la parole. Non je ne vais pas me transformer folle furieuse vindicative, maintenant je vais juste me permettre de m'exprimer comme je le souhaite...enfin!
     
    #11 Zout, 8 mars 2014
    Dernière édition: 8 mars 2014
  12. Rebecco

    Rebecco
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    I'm a lemon.

    Je vais dire que j'ai découvert les petites discriminations du quotidien grâce à  Madmoizelle mais honnêtement, je crois que je suis encore une féministe "débutante" parce que parfois, je ne peux pas m'empêcher d'adopter un comportement sexiste envers les autres femmes ainsi que moi-même.

    Par exemple, y a pas très longtemps, je me suis faite insultée en rue. Ces charmantes personnes m'ont dit, en gros, que j'étais une salope parce que j'avais osé sortir de chez moi après la tombée de la nuit. Et moi, comme une imbécile que je suis, je me suis tournée vers mes amies en disant "ben pourtant, je suis pas habillée comme une p*te !" Non mais franchement WTF ? J'veux dire, je sais bien que le slut-shaming c'est pas bien alors pourquoi je ressors ce vieil argument ?!

    Enfin bref, il me reste encore un long chemin à parcourir avant d'être réellement féministe h24 ( c'est-à-dire même devant mes amis masculins parce que pour le moment, je me contente de me taire pour ne pas les faire fuir ).
     
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