Faut-il se forcer à sortir de son espace safe ?

Sujet dans 'Blabla Général' lancé par CamilleBeluPink, le 23 juillet 2017.

  1. CamilleBeluPink

    CamilleBeluPink
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    Salut je voudrais avoir des avis sur ce sujet (voir titre !)

    Je suis assez atypique sur divers points (pas envie de tout étaler sur le fofo) et trés engagée dans pas mal de luttes contre les discriminations (surtout dans le féminisme). Pendant toute mon adolescence j'ai cotoyer toutes sortes de personnes, qui parfois je le faisait pas du bien... Mais depuis maintenant presque 2 ans et j'étudie la philosophie à l'Université (l'ULB qui est particuliérement ouverte comme unif) et j'ai rencontré pleins de personnes safes et je me suis encore plus déconstruite. Ce qu'il y a c'est que du coup j'ai l'impression d'être encore plus sensible. J'adore sortir mais je ne supporte plus du tout de sortir en dehors de soit les soirées étudiantes (je suis trés impliquée dans le folklore étudiant belge) soit avec ma meilleure amie qui est trés safe soit dans les milieux militants (lgbt+ ou autre). J'ai récemment refusé d´aller à une soirée chez une pote de l'internat car les deux fois où j'avais été chez elle un de ses amis m'a fait des avances déplacés toute la soirée, je n'ose plus aller dans certains bars, aller en boite, consulter certains forums ou même voir certains films. Je ne supporte plus ni le sexisme, ni la lgbt+phobie, ni le racisme. J'ai assez d'endroit safes pour sociabiliser pour le moment mais je m'inquiéte pour quand j'aurais fini mes études. Parfois j'ai l'impression de ne pas être adaptée au monde.
     
    finch et AprilMayJune ont BigUpé.
  2. AprilMayJune

    AprilMayJune
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    C'est assez, dit la baleine

    (Tout d'abord, disclaimer: ce n'est pas pour te vexer, mais en ce moment on a un peu une recrudescence de trolls et de gens qui s'invitent ici pour raconter des énormités; du coup je sais pas si tu es sérieuse avec ton sujet ou non. La question étant intéressante en soi, je pars du principe que oui :happy: )

    Je ne sais pas si la question se pose vraiment en terme d'espace "safe" ou non - et je ne pense pas qu'il y a une seule réponse à donner pour tout le monde.

    Tout d'abord, je pense qu'il est bon de noter qu'il n'y a pas de "devoir" ou d'obligation à aller voir certains gens ou aller dans certains milieux. Moi perso, je vis dans une sorte de bulle sociale très "safe" (dont l'écrasante majorité est composée de gens trans, en fait - en-dehors du travail et de la famille, je parle à très peu de gens cis, pas par volonté, juste parce que ça s'est fait comme ça) et franchement, ça me convient, je n'ai pas l'impression d'y perdre, au contraire, ça m'aide à sortir, et ça me donne des conversations plus agréables. (Pour l'exemple inverse, mea meilleur-e ami-e qui peine à devoir ressasser les mêmes points basiques sur le véganisme ou sur le féminisme et les luttes lgbt parfois, iel se sent isolé-e parfois et c'est pénible pour iel, et je me rends compte que dans mon cercle social tout ça c'est des points bien compris et bien acceptés). Vis ta vie de manière confortable, ne te fais pas du mal ou de la peine pour rien, parce que "il faudrait".

    Mais à l'inverse il ne faut pas non plus se limiter, par peur ou par appréhension. Si tu n'oses plus aller dans des endroits, des rencontres, des événements culturels, parce que tu as peur, alors là c'est dommage et je dirais qu'il faut essayer de trouver un moyen de pouvoir y aller, en demandant à un-e ami-e de prêter main-forte par exemple. Ca peut aider aussi de se rendre compte (pour les films par exemple) que rien n'est parfait, et qu'on a le droit d'aimer quelque chose tout en restant critique sur les éléments problématiques qu'il contient. Il ne faut pas se limiter. Le but des luttes c'est aussi de pouvoir vivre tranquille, en un sens, après tout.

    Bref voilà où en est ma réflexion pour le moment. :hesite:
     
    Mindala Jinka, Adybou, Sinistre Lombric et 17 autres ont BigUpé ce message.
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