La maltraitance des jeunes et ses conséquences — Témoignages et éclairage

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Melissa, le 13 mars 2015.

  1. Melissa

    Melissa
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    dododor a BigUpé ce message
  2. KtyKonéko

    KtyKonéko
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    Même sans coups ni violences verbale, il peut y avoir maltraitance.
    Dans mon cas, ce sont des parents incapables de montrer leur affection :
    un père distant sauf quand on était malade,
    une mère dépressive dont le rôle principal consistait à nous remplir nos assiettes.
    Les câlins, les mots de réconfort, les encouragements, les histoires le soir avant de s'endormir, les vêtements propres je n'ai jamais su ce que c'était avant d'être en couple de d'avoir moi-même un enfant, là j'ai compris l'origine de ce manque affectif énorme
    Ajoutez à cela un manque total d'hygiène, une incapacité à lier des lien avec les autres, et vous obtenez un harcèlement scolaire qui achève de détruire le peu d'estime de soi qui reste...
    Et encore, j'ai eu de la "chance", je suis la moins dépressive de la fratrie...

    j'ai mis des années à comprendre, à faire la paix avec cette enfance, à pardonner à mes parents...
    J'ai entamé une thérapie qui m'a beaucoup aidée
    mais aujourd’hui encore, j'ai du mal en société, avec cette sensation d'être de trop...
     
    Manth_Bleue, Alycm et lyra-bee ont BigUpé ce message.
  3. Léona B.

    Léona B.
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    Prout prout ... me voilà ! :)

    Bordel, ce patchwork de témoignage m'a fait un bien fou. Merci beaucoup pour ton travail de lecture et de découpage @Melissa :fleur::fleur:

    Je me suis reconnue à plusieurs reprises, notamment là, parce que c'est la première fois que quelqu'un mentionne cet art de l'intellectualisation qui m'a fait tenir si longtemps :

    "Paradoxalement ça m’a permis de développer un mécanisme de défense pour compenser la situation : l’intellectualisation. Comprendre pourquoi les gens font telle ou telle chose est devenu un art de vivre pour moi, car à l’époque il m’a permis de survivre. »

    Même chose ici, j'aurai tout à fait pu écrire ce passage, surtout ces derniers mois pendant lesquels j'ai laisser mes sentiments paraître ... ce qui a été assez dur à contrôler :

    "Ce qui me gêne le plus en fait, ce sont ces aspects de mon caractère qui me semblent directement reliés à ces violences : je veux être une femme forte, sûre d’elle, mais j’ai beaucoup de mal à exprimer ce que j’ai sur le cœur. Comme je fuis le conflit, je suis souvent (trop) gentille avec tout le monde, ce qui me conduit très souvent à mettre ce que je désire au second plan."

    C'est peut-être un peu égoïste les filles, mais vous lire m'a vraiment remonté le moral, je me sens moins seule. J'espère que vous allez toutes bien :jv:

    PS: On est vraiment que 2 à avoir commenté ?!
     
    Miquette, Manth_Bleue, BouseuseRaffinée et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  4. Melissa

    Melissa
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  5. Williie

    Williie
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    Made in Ireland, the country of Clover and sheep <3

    Ca va venir les commentaires je pense.
    Perso j'ai eu la chance d'avoir une enfance et une adolescence sans maltraitance, si ce n'est le harcèlement scolaire qui a démarré en primaire.
    Mais j'ai eu une amie qui était maltraitée par son père au collège. J'ai tout fait pour essayer de l'aider mais elle ne voulait pas que les adultes le sachent. Il a fallut attendre la troisième et notre nouveau prof d'histoire-géo avec qui on s'entendait bien et avec qui on parlait beaucoup pour que les choses bougent un peu =/ Je n'ai jamais compris pourquoi personne ne remarquait rien autour de nous et pourquoi elle ne voulait pas en parler mais maintenant je sais. Je comprends grâce à cette article.
    Je suis désolée de tout ce qui vous est arrivé mais je vous remercie pour ces témoignages qui me bouleversent et m'éclairent tout à la fois :fleur:
     
  6. Lysabunny

    Lysabunny
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    GameuZ en puissance

    Je voudrais dire un grand merci à l'équipe de Madmoizelle pour cet article (et les autres dans le même esprit d'ailleurs). A bientôt 30 ans, j'ai fait mon propre chemin mais il m'aurait beaucoup aidé à l'adolescence et j'espère qu'il sera utile à certains :)
    Le principal problème des maltraitances, c'est qu'on a l'impression que c'est normal et même si on souffre, on subit souvent sans rien dire/faire. Il m'a fallu un petit ami plus curieux que les autres sur ce qu'il se passait chez moi et beaucoup de discussions avec lui pour réaliser que non, ce n'était pas normal et que oui, je devais partir le plus vite possible.
     
    Manth_Bleue, BouseuseRaffinée et _Lou.Ann_ ont BigUpé ce message.
  7. Demezia

    Demezia
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    To infinity and beyond

    J'ai eu de la chance de ne jamais avoir à subir ça. Même si, selon moi, ma mère était à la limite de la maltraitance pendant son enfance, du coup elle n'est pas très affectueuse et ça a entraîné qqs problèmes de confiance en nous chez mes soeurs et moi (mais rien à voir avec les situations de l'article).

    J'aimerais vous faire à toutes un gros câlin:calin: et vous envoyer beaucoup d'amour <3
     
  8. Charlie-Culotte

    Charlie-Culotte
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    Get your LOVE ME-on

    C'est tout à fait ça, j'y travaille encore aujourd'hui. Le pire c'est que j'ai toujours eu tendance à refouler les mauvais souvenirs pour garder les bons et c'est à chaque fois un crève-coeur que de me dire que ces bons souvenirs ne peuvent pas contrebalancer la réalité de la personnalité de ce parent… Qu'il est inutile d'attendre qu'un jour cette personne se réveille et vienne demander pardon à toutes celles et ceux qui ont souffert par sa faute et qui ont encore des séquelles plus de 8 ans après, et que cette personne devienne un vrai parent… Et qu'il faut éviter aussi de garder de la haine dans son coeur même si la colère et le mépris pour cette personne sont justifiés, car c'est toxique pour soi-même…

    Et après il reste à comprendre quelles réactions on a "héritées" de cette expérience, et il faut travailler dur pour apprendre comment désamorcer ces mauvais réflexes, alors même que c'est encore confus dans notre tête… Qu'est-ce qui est une réaction "normale" ? Quand est-ce qu'on dépasse les bornes ? C'est difficile de s'en rendre compte quand on vit encore entouré de personnes qui ont autant et même plus souffert que soi-même…
    Le "pendant" est difficile, mais au final on ne se rend pas vraiment compte… Le plus dur, c'est l'après, quand il faut compter ses anomalies de comportement, vivre avec les souffrances qu'il nous reste, mais quand même se pousser à aller de l'avant…
     
    PousseMoussue, Manth_Bleue, BouseuseRaffinée et 2 autres ont BigUpé ce message.
  9. Charlie Lapin

    Charlie Lapin
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    Merci de tout coeur pour cet article. Je n'ai pas vraiment pour habitude de venir m'exprimer ici mais toutes vos histoires m'ont touché. Mmmmh c'est seulement depuis 2 ou 3 ans que je me suis rendue compte que ma relation avec ma mère n'a jamais été "saine". D'apparence, j'ai eu une mère "poule", très protectrice, et en fait….carrément nocive. Ma mère ne m'a jamais laissé être mon vrai "moi". Sans rentrer dans les détails, je me faisais manipuler, et quand, horreur, je la décevais j'étais "une mauvaise fille" "une salope" . Dans ses colères elle me disait qu'elle voulait me voir crever, puis se mettait à pleurer et m'achetait des cadeaux. D'apparence je devais être la petite fille modèle, bien gentille, qui ne devait pas crier, courir, seulement ramener des bonnes notes et être affectueuse. Elle me disait toujours que les "autres" étaient méchants, que seulement elle m'aimait vraiment (dans l'histoire, mon père était absent, froid, distant. J'ai compris à l'aide d'autres proches de ma famille, que non, contrairement à ce que je pensais, mon père m'aimait, mais que ma mère l'avait tout simplement écarté de toute relation avec moi). Résultat, j'étais très seule. Elle m'humiliait régulièrement, se moquait de moi, et moi ça me rendait tellement triste. Je me souviens de mes premières auto mutilations à 8 ans. A l'adolescence, j'étais dépressive, j'ai fait plusieurs tentatives de suicide. Sans jamais vraiment comprendre d'où venait mon mal être, ma peur de vivre, mon manque de confiance. J'ai vécu des années pour les autres, à toujours dire oui, à faire passer les envies d'autrui avant les miennes (pour le coup la figure d'Amélie Poulain n'a vraiment rien de chouette) = aujourd'hui je ne sais pas qui je suis vraiment, ce que je veux. J'ai pris conscience de tout ça en partant de chez mes parents, en discutant de tout ça avec ma psy, mon copain. Aujourd'hui, je vois clair dans le "jeu" de ma mère, de me faire culpabiliser sans arrêt, je me défends contrairement à quand j'étais petite, mais c'est parfois encore très dur, ça fait des années que je m'arrange pour ne pas me retrouver toute seule dans une pièce avec moi...

    J'espère me sortir de tout ce mal être pour enfin "vivre", et je le souhaite de tout coeur à toutes celles qui ont vécus des maltraitances. Et à celles qui souhaiteraient en discuter par message privé, n'hésitez pas!

    Encore merci pour cet article
     
    UneCactus, Manth_Bleue, BouseuseRaffinée et 5 autres ont BigUpé ce message.
  10. Biscottine

    Biscottine
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    ET HOP !

    Bravo les filles pour vos témoignages :fleur:.
    Vous m'avez ouvert les yeux, j'avoue que j'avais de gros préjugés en pensant que seules les familles comportant des membres peu éduqué/ avec peu de moyen maltraitaient leurs enfants, on voit bien de par vos témoignage que chaque cas à différent. Merci pour ça, merci de casser les préjugées.
     
    Manth_Bleue a BigUpé ce message
  11. Charlie-Culotte

    Charlie-Culotte
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    Get your LOVE ME-on

  12. Nightfall

    Nightfall
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    Frappez moi si vous voulez mais je trouve que ça ne parle pas beaucoup de suicides.

    Ca ne parle pas beaucoup des personnes qui contrairement à celles du témoignage qui disent :
    J'ai souffert mais aujourd'hui je suis PDG et je gagne 100.000 euros chaque mois, j'ai 100.000 amis très proches et je suis super épanouie, avec mari, enfants et chiens.

    J'ai l'impression que lorsque qu'on dit : j'ai eu un (des) très gros problèmes, qui m'a/ont fait souffrir dans le passé et encore aujourd'hui, j'ai l'impression que si on ne va PAS mieux aujourd'hui voir si a vie est PIRE, avec mal être, dépression et envies suicidaires et avec ZERO amis, ZERO relations et ZERO but dans la vie.

    Ben on a un malaise gêné, une envie de dire : ça va arrêté d'être une victime, arrête de te plaindre après tout, il y a pire !!!!!!!

    Il y a toujours pire.

    Quand est ce qu'on à le droit de dire : ben non je suis faible, j'arrive pas aussi bien que vous, malheurs ou non ?
     
    *Gabrielle*, velma et BouseuseRaffinée ont BigUpé ce message.
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