Le burn-out étudiant fait parler de lui

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Mircea Austen, le 8 juillet 2014.

  1. Mircea Austen

    Mircea Austen
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    Il croyait savoir, il ne savait pas qu'il croyait.

  2. MookieA

    MookieA
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    HA-HA-HOLIDAY [I]yeee :headbang:[/I]

    Cela m'étonnerait presque que l'on n'en parle que maintenant, ce phénomène n'a rien de nouveau... Combien j'ai vu de personnes péter les plombs autour de moi, pas forcément en période d'examen d'ailleurs. Malheureusement, les universités/écoles ne prennent pas vraiment la souffrance psychologique en compte...

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  3. Pesellino

    Pesellino
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    Merci Madmoizelle de soulever cette question !

    Je me suis plusieurs fois demandée au cours de cette année si je ne frôlais pas le burn-out.
    Non que je vive dans des conditions matérielles hyper difficiles : j'ai mon appart, je mange assez, etc. Mais j'ai souvent besoin de combler une vie parisienne extrêmement chère par des petits boulots parfois pas si faciles (se lever à 5h45 pour aller surveiller des épreuves pendant 6h, pour ensuite aller travailler en bibli jusqu'à 22h : YEAH).
    De fait, cette année de préparation de concours j'ai plusieurs fois -dont une pendant un bon mois- eu des périodes de "à quoi bon", où je m'insurgeais contre cette culture de la performance continue -et multiforme, puisqu'on me demandait à la fois de faire de la recherche, de préparer un concours et de gagner ma vie- où on existe que si l'on accepte d'être Superman ou Wonderwoman et de cumuler 10 ou 12 projets en même temps.
    Résultat : j'avais totalement intériorisé cette pression et cru que tout ce que je m'imposais m'était nécessaire. D'autres résistent mieux, mais ce sont des gens qui ont fait une croix sur leur vie personnelle et compensent en fumant comme des pompiers et ne passeront pas les 60 ans (du moins, j'essaie de me rassurer comme ça !)
    Mais cette année, après avoir passé le mois de mars clouée au lit par 4 crèves successives, avoir envoyé des mails de détresse à mes meilleurs amis et  sangloté toute seule dans les toilettes de la BU, j'ai dit "stop".
    Oui, je prépare un concours, mais je vois mes amis -seulement les plus chers- et je dors le dimanche. Et quand je me mets trop la pression, je sors à la ménagerie du Jardin des Plantes ou au ciné. Et on parle entre nous de la pression qu'on subit ou s'inflige comme des grands.
     
  4. Lolatébas

    Lolatébas
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    Mélange instable

    Voilà un article qui me parle beaucoup.

    Lorsque j'étais en première (à 16 ans donc), j'ai souffert de surmenage. Ouais, du surmenage. A 16 ans. J'sais pas, mais j'trouve pas ça bien normal. J'ai été voir plus d'un médecin, j'ai fait des examens en tout genre et personne ne comprenait ce que j'avais. J'avais sans cesse la tête qui tournait, de violents vertiges. Et c'est lorsque, à bout de ressource, j'ai été envoyée aux urgences, que l'interne qui m'a examinée a compris ce dont je souffrais.
    Il m'a fallu 15 jours chez moi avant de pouvoir de nouveau retourner en cours, et jusqu'à la fin de l'année, je me suis sentie fragile, faible, pas bien du tout quoi.

    Sinon, cette année, alors que j'ai repris des études, le rythme que ça prenait (manque de sommeil, manque de nourriture, manque de thunes, ...) m'a fait devenir phobique scolaire & je n'ai pas pu faire mon année pour cela.

    Alors voilà du coup je ne sais plus où j'en suis ni même si je serai à nouveau capable de faire des études un jour, ni si je trouverai ma voie. Je suis perdue, je galère pour trouver un peu d'argent & je n'ai ni le temps ni les moyens de m'occuper de moi, de ma santé.
     
  5. Napoléon.

    Napoléon.
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    Où est le printemps?

    Je résumerais assez bien mon expérience en prépa avec les premières paroles de mon prof de philo: "Si vous ne déprimez pas, c'est que vous ne travaillez pas assez".

    :top:
     
    Lélélé a BigUpé ce message
  6. clemessi

    clemessi
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    Ce serait bien que cette étude permette aux pouvoirs publiques et à pas mal de gens de sortit du cliché de l'etudiant grosse feignasse qui se lève à 11h et qui traine en amphi 1h30 avant d'aller se mettre une mine en boite. Je supporte plus d'entendre les gens faire des commentaires genre "oulala trop la pression t'es etudiant t'as 20h de cours par semaine et zéro soucis, attends un peu de voir ce que c'est la vraie vie".
    Et c'est valable à tous les ages, quand je vois ma soeur de 17 ans qui enchaîne les stages en restaurations, ses cours, et des petits boulots pour payer son loyer par ce que ses stages sont rémunérés au lance pierre et qui débarque chez moi le week end lessivée, mange vite fait et se lance dans la rédaction de son rapport de stage ou la préparation de ses examens, alors qu'elle est passe """""""juste""""" un brevet professionnel je me demande vraiment dans quelle société malade on vit...
     
  7. Idunn

    Idunn
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    Mais c'est un chien qui parle !

    ça fait plaisir un article qui parle de ça. Merci Madmoizelle !

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    Ce serait une grande avancée que le burn-out soit reconnu comme une vraie maladie et qu'on apprenne aux étudiants à le sentir venir afin de s'arrêter avant.
     
    #7 Idunn, 8 juillet 2014
    Dernière édition: 8 juillet 2014
    Loulam a BigUpé ce message
  8. blue-is-the-warmest-colour

    blue-is-the-warmest-colour
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    Etat larvaire Guest

    Le problème avec ce burn-out étudiant, c'est qu'il arrive (Forcément) pendant l'adolescence, période difficile et très rarement prise au sérieux par les adultes. Alors forcément quand on en est victime, on se voit dire que "On est en crise, c'est une phase", et on doit se démerder tout seul. En plus pour les femmes, "c'est les hormones", alors vous êtes une fille, ado, en burn-out: C'est une phase. Vous êtes un garçon, ado, en burn-out : Ben t'es une tapette, prend sur toi. Je l'ai fait ce burn-out, et je l'ai vu chez d'autre, mais j'ai rarement vu des réactions venant de l'extérieur. Pour être exacte, j'en ai vue 1 seule. Venant d'une seule prof, venant d'une personne qui a demandé de l'aide. Quand je dis qu'on est pas pris au sérieux, c'est pas une blague. Rares sont les personnes qui vont réagir face à un élève en burn-out, parce que ça fait peur, et que "chacun ses problèmes". Pas étonnant qu'on continue dans notre lancée si personne ne nous arrête, ne nous écoute.
     
  9. MookieA

    MookieA
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    HA-HA-HOLIDAY [I]yeee :headbang:[/I]

    J'ai une connaissance qui avait arrêté la fac de langues en catastrophe, et a passé ensuite un diplôme par correspondance avec le CNED. Travailler depuis chez elle, avec son propre emploi du temps et un mi-temps "alimentaire" à côté l'a beaucoup aidé. Aujourd'hui elle bosse et mène la vie qui lui plait... J'espère que cela peut te donner des idées ! En tous cas, prends le temps de réfléchir à ce qui te convient, et courage :bouquet:
     
  10. Lolatébas

    Lolatébas
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    Mélange instable

    Merci @MookieA mais j'ai déjà fait un an part le CNED, et ça n'a pas marché (enfin surtout dû à un souci durant mon stage). Et surtout chaque années coûte cher & je n'ai, pour le moment, absolument pas les moyens de me permettre cette alternative.
    Mais je garde ton conseil sous le coude ;)
     
  11. AirSheep

    AirSheep
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    Comme vous je ne compte pas le nombre de fois que j'ai fait des burn out lors de mes formations. Et comme tu le dis harey, dès que je prenais un peu de temps pour moi je ne pouvais absolument pas le savourer car je culpabilisais de ne pas travailler à la place...

    Je ne suis pas passée par la fac et j'avoue avoir déjà sorti à certains de mes amis que je les enviais, notamment lors de leur première voir deuxième année de fac, où leurs emplois du temps me semblaient très léger. Car, dans mes formations, en plus de travailler de 8h à 17-18h avec les 3 pauses habituelles (matin, midi, aprem), générallement, passée ces horaires, tu continuais de taffer jusqu'à facilement 22h si tu ne voulais pas prendre de retard. En plus je ne suis pas le genre de personne à supporter les nuits blanches (non les "tu vas t'y faire" je peux vous assurer que ca marche pas avec moi face au démon du sommeil). Du coup, je prenais toujours plus de retard que les autres et culpabilisais encore plus. Je travaille dans un domaine créatif donc rajouter la dimension du "Je sais pas trop quand l'idée du siècle va popper" et vous avez un cocktail bien sympa. De part tous ces éléments, impossible de prendre un petit boulot à côté si tu veux réussir ton année.

    L'autre élément qui doit être similaire à beaucoup d'étudiants, c'est que globalement nos études sont très théorique, autrement dit on se casse la tête et les neuronnes qui vont avec. On obtient ainsi une fatigue purement psychologique alors que notre corps voudrait bien aller se dépenser un peu. Et comme on travaille, on a pas forcément le temps (ou plutot on pense ne pas l'avoir) pour combler ce besoin.

    Comme on le voit souvent dans ces commentaires, on ne prend plus soin de nous et de notre propre santé et ca craint vraiment. Après les raisons changent parfois (auto culpabilité, argent, ...) mais sont souvent renforcés par les administrations qui vous traitent de gros feignants jusqu'au moment où vous finissez à l'hosto ou avec des prescriptions chelous de votre médecin. Là, bizaremment, leur vision change...

    Du coup, le mieux c'est dans prendre conscience et de savoir "lacher prise". C'est parfois plus facile à dire qu'à faire mais une fois qu'on arrive à s'écouter un peu, on arrive à se créer ses petits (et des fois gros) moments de plaisirs persos en disant crotte au reste, moi d'abord pour une fois ;p
     
    honeyspoon_ a BigUpé ce message
  12. Galaadina

    Galaadina
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    Ce serait effectivement bien, comme dit plus haut, que l'on arrête de présenter les étudiants comme des glandeurs insouciants (même s'il y en a, bien sûr). Car ce phénomène de burn out estudiantin, il ne date pas d'hier.

    Lorsque j'étais étudiante, je n'avais pas un radis, pas même la queue. Certains jours, je devais choisir entre bouffer et payer le transport pour aller en classe. Il fallait payer le loyer, les charges, la nourriture, le transport, etc, bien sûr, mais pas que. Il faut ajouter le prix des manuels et autres bouquins. Également, dans pas mal de mes cours, il arrivait qu'on doive rendre des dossiers, imprimés couleur, reliés etc, en autant d'exemplaires que d'élèves dans le cours. Cela coûtait bien évidemment une blinde. A certains moments, je ne savais plus quoi faire, je séchais certains cours, j'inventais des excuses bidons... Puis je n'osais pas y retourner car j'avais honte... Fatigue morale et physique m'ont épuisée, mais j'ai eu la chance de m'en sortir bien.

    D'autres ont été moins chanceux. Une fille de ma promo n'a pas supporté la pression, elle a commencé à avoir des bouffées délirantes et a fini par passer plusieurs mois en HP.

    Je me souviens aussi d'un pote à moi, en période d'exams, qui oubliait de manger. Littéralement. Il pouvait perdre 10kgs sur une période de deux-trois semaines (il n'était pas épais à la base), c'était impressionnant. Quelqu'un adopterait le même comportement dans une entreprise, on l'enverrait à la médecine du travail. Là, on scandait en coeur "Oui... Il supporte peut-être un peu mal la pression...". Comme si c'était "normal". Comme si ce n'était rien...

    Et ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres...
     
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