Le harcèlement sexuel au travail est bel et bien l’affaire de tous

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 12 octobre 2017.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

    #1 Clemence Bodoc, 12 octobre 2017
    Dernière édition par un modérateur: 23 octobre 2017
  2. Aska

    Aska
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    “Vous voulez du courage ? Ayez déjà de la volonté.”

    Mon chef a vu le reportage hier soir, et tout ce qu'il a sorti de mieux, c'est de dire "ouinouinouin, on ne plus rien dire, plus rien faire, même un regard c'est harcèlement...*rire gras tout en me regardant*"
    C'est ce même genre de gars qui me propose de poser nue, si j'aime bien me faire mettre les menottes au lit, mater les femmes à la cantine en faisant des commentaires sur leurs corps, propos machistes en tout genre... et mes collègues ne disent rien lorsqu'ils voient que moi, la seule fille de l'équipe, prend ça dans la gueule quotidiennement...
     
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  3. Naria

    Naria
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    Tu peux essayer de rendre coup pour coup. J'avais un responsable qui me faisait la remarque lorsque je portais une "jupette", un jour j'ai décidé de m'exclamer à chaque fois qu'il portait un pantalon. Ridicule. Presque autant que de me dire que je portais une jupe, comme si je ne l'avais pas remarqué en m'habillant. Il a fini par comprendre que le fait de me mater n'était pas un compliment.
    Après, c'est aussi une question de caractère, de place dans l'entreprise et de situation. Ton chef voit bien que tu es la seule femme de l'équipe, c'est plus facile pour lui mais si ça arrivait à sa femme, sa fille ou sa mère, il en penserait quoi ?
     
    narvali14, Cornélie, BastetAmidala et 3 autres ont BigUpé ce message.
  4. Aska

    Aska
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    “Vous voulez du courage ? Ayez déjà de la volonté.”

    @Naria Le souci étant que je suis en prestation dans sa boîte, c'est lui qui "m'achète" (il adore dire ça comme ça, genre je suis un objet), et que mon patron de ma boîte me met la pression pour pas donner une mauvaise image de la boîte en répondant...
     
  5. Naria

    Naria
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    @Aska Ton patron a aussi une obligation légale et morale pour te préserver (c'est le cas de figure du 3ème témoignage du reportage) mais je peux comprendre que pour lui aussi c'est compliqué. J'avais répondu par l'absurde à mon responsable parce que j'étais en cours de titularisation et que je ne voulais pas perdre mon emploi...
    En tout cas prends soin de toi :fleur:
     
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  6. zazouyeah

    zazouyeah
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    @Naria : j'aime beaucoup ta solution de répondre "coup pour coup", mais je ne pense pas que pourra avoir un effet sur n'importe quel patron.

    Le problème c'est que cette oppression n'est pas symétrique vis à vis des genres : un homme comprendra le ridicule du fait de s'exclamer tous les jours sur ce qu'il porte, il n'en saisira pas pour autant la dimension oppressive et douloureuse du fait d'être objectifié, puisqu'il a toujours vécu en situation de privilégié (surtout s'il est blanc, cis, valide, aisé financièrement etc). Typiquement le même problème que celui qui vous répond que lui ça lui ferait bien plaisir qu'on le complimente parfois dans la rue : il n'a pas compris le contexte qui rend le harcèlement de rue si problématique.

    De même, ceux qui sont incapables de voir cette oppression ne peuvent pas se rendre compte de la différence entre séduction et harcèlement, pour eux séduire équivaut au fait d'être en position de pouvoir, de chasseur. Ils sont tellement imprégnés de culture du viol qu'ils ne comprennent pas que la séduction est un échange entre personnes consentantes, et ont donc peur d'être à présent pointés du doigt pour ce qu'ils ont toujours considéré comme de la séduction (p.ex. dire 3 fois par jour à une collègue qu'elle est jolie :facepalm:)

    Du coup c'est chouette aussi que les choses bougent du côté des média/des lois contre le harcèlement : il faut bombarder ces gens d'exemples pour que les mentalités changent enfin !

    @Aska : désolée pour ce que tu traverses, j'espère que tu pourras trouver le soutien de quelques collègues ou une stratégie qui te correspond pour supporter le reste de ta prestation là bas... :erf:
     
    Cornélie, BastetAmidala, Apalache et 3 autres ont BigUpé ce message.
  7. Gazpacho

    Gazpacho
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    Hum.

    Franchement, c'est très compliqué d'avoir le bon comportement face à un mec comme ça. Quand on voit la chose de loin, on s'imagine que si ça nous arrivait, on l'enverrait chier tout-de-go, on serait ferme, on ne se laisserait pas faire.
    Sauf que la réalité n'est jamais telle que l'on se l'imagine. Dans mon ancien taf, il y avait un "relou". Jamais d'avances sexuelles, rarement de blagues graveleuses mais des regards insistants, des commentaires quotidiens sur la tenue ou le maquillage, un comportement tactile (frotter la tête, pincer une épaule, des bises appuyées..) bref, il agissait comme ça avec TOUTES les femmes de la boîte.
    Quand on débarque et qu'on voit qu'aucune fille ne dit rien, et qu'elles n'en parlent même pas entre elles, on se dit qu'on ne veut pas faire de vagues. Qu'il n'y a rien de grave, c'est juste pénible au même titre qu'avoir un collègue qui sent pas bon.
    Et puis on pèse le pour et le contre : protester, pour ça, ce serait mettre une sale ambiance, et potentiellement se faire taxer d'emmerdeuse. Parce que ce n'est pas "assez", que le mot harcèlement est trop fort.
    Sauf qu'on n'a pas affaire à un dragueur invétéré - un vrai dragueur, il arrête quand il voit que ça ne marche pas. Ce type avait un problème, parce que l'indifférence - le comportement le plus pacifiste et éloquent que l'on pouvait avoir - ne fonctionnait pas avec lui. Un "arrête avec ça", même dit de façon calme, était récompensé par un "boaaaah quelle rabat-joie", et il rempilait.
    Certaines de mes collègues prenaient la chose à la rigolade : elles n'étaient pas plus épargnées que les autres, mais visiblement, elles s'en fichaient. D'autres comme moi, trouvaient ça lourd. Mais prises par la force de l'inertie du groupe, nous ne disions rien.
    Il n'était pas menaçant, il n'inspirait qu'un mépris teinté de pitié. Il devait être frustré sexuellement ou légèrement malade, je n'en sais rien et je m'en fous, mais il avait un problème mal contenu qui le rendait ridicule et pitoyable.
    Un comportement lourd mais pas assez éloquent pour le qualifier d'harcèlement, un pauvre type pas - encore - dangereux, et une volonté de ne pas créer de tensions de la part des femmes : vous avez le cocktail parfait d'une mauvaise situation qui peut durer très très longtemps.
     
    zazouyeah, Laoragwen, Apalache et 3 autres ont BigUpé ce message.
  8. littlerudy

    littlerudy
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    En (re)construction !

    Vous savez si un lien pour les gens à l'étranger est dispo ? :fleur:
     
    zazouyeah a BigUpé ce message
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