Les déçues d'Erasmus — Témoignages

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Melissa, le 27 octobre 2014.

  1. Melissa

    Melissa
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  2. kiwiie

    kiwiie
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    I'm waiting for my man

    Après 3 ans à l'attendre me voilà également en Erasmus. Tous mes amis sont partis l'année passée (aah les joies de rater une année) et j'imaginais l'Erasmus comme une nouvelle naissance, comme elles deux. 3 semaines après mon arrivée, j'ai commencé à déprimé un petit peu. Tout en me rappellant de ne pas baisser les bras. (Parce qu'en fait mes amis m'ont ensuite avoué que ça n'avait pas non plus été aussi incroyable que décris dans d'autres récits.) Et j'ai eu raison. J'en suis à presque 2 mois et mes relations se créees, ce ne sont pas mes meilleurs amis mais nous nous entendons très bien et pour l'instant ça me suffit. De plus, il me faut une grande quantité d'alcool dans le sang pour apprécier les boîtes de nuit, ce qui veut dire que je n'y vais pas souvent mais j'ai trouvé des alternatives. Etant musicienne, j'ai découvert un groupe facebook qui rassemblent les musiciens erasmus, il y en a certainement pour tous les domaines, les cuisiniers, les scientifiques en herbes, les lecteurs (et si pas, créez-le vous même, ça marchera à coup sûr). Il ne faut pas stygmatiser tous les Erasmus, certains n'ont pas besoin de se nourrir de pizza, hamburgers et de shots de vodka. Concernant l'approche avec les locaux, j'ai eu un peu plus de chance car venant de Belgique et étant étudiante en traduction néerlandais/anglais vers français j'ai pu faire mon Erasmus en Flandres, toujours en Belgique. Je peux donc inviter mes amis de Bruxelles/Wallonie, voir ma famille et me lier d'amitié avec les locaux qui sont, selon moi, d'ailleurs les personnes les plus stables et intéressantes. Enfin bref, mon avis diverge encore sur l'Erasmus, j'y vois du positif et du négatif mais j'ai le pressentiment que je verserai quelques larmes lors de mon départ. Un conseil : n'idéalisez pas l'Erasmus, n'essayez pas d'être gentil(le), adorable/lèche-botte avec tous les Erasmus à porté de main et les soirées au chaud devant un petit film sont un bon moyen de passer des moments seul(e).
     
    Ahvana, Shiera S, Anellissi et 2 autres ont BigUpé ce message.
  3. Jijabou

    Jijabou
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    Je suis actuellement en Erasmus en Angleterre, et ce témoignage me parle complètement.
    J'adore mes cours, mais je suis dans une résidence, et j'ai beaucoup de mal avec la colocation (même si nous ne sommes que 4), moi qui ai toujours vécu seule. Et c'est vrai que c'est compliqué de se faire des amis, même entre Erasmus, parce que tout le monde sort tous les soirs et que je n'aime pas vraiment les boîtes de nuit. Mais se lier avec des natifs c'est presque impossible. Etablir un contact dans une langue qui n'est pas votre langue maternelle (alors que pourtant, je me débrouille plutôt bien en anglais), c'est vraiment compliqué. Ils ont tous déjà leurs amis et leurs habitudes, donc n'ont pas grand intérêt pour les étrangers. J'ai deux potes, mais ce sont deux Français, alors même si c'est cool, je sais que ça ne m'aide pas à améliorer mon anglais. Mais je ne suis pas toute seule.
    Et ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule dans ce cas-là, parce que moi je partais avec beaucoup d'espoirs, j'attendais ça depuis des années, et je suis tombée de haut, je me remets beaucoup en question etc. Avec en plus ce sentiment "d'obligation" de s'amuser. Je redoute mon retour à Noël où tous mes amis me diront "Alooooors? Tu fais la fête tous les soirs j'parie ? T'as pécho ?" et ce genre de choses, et je serai genre "beeen... c'est la vie normale en fait, c'est bien, mais rien de foufou". J'ai peur que les gens se disent que c'est de ma faute, que je fais pas ce qu'il faut etc. Parce que oui, dans l'inconscient collectif, tu pars en Erasmus, DONC t'es bourré tous les soirs et tout ça. Moi j'aime faire la fête mais d'une autre façon, ici, les gens commencent à picoler à 19h, et les pubs ferment à 23h-00h. Donc je profite au maximum des voyages proposés par mon université à travers le pays, et je n'oublie pas que je suis surtout là pour les cours, et pour le moment, ça me plaît carrément. C'est juste l'aspect social qui n'est pas comme je l'imaginais.
     
    Kaylie, txup, Ahvana et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  4. MookieA

    MookieA
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    HA-HA-HOLIDAY [I]yeee :headbang:[/I]

    C'est l'histoire de ma vie, cet article !
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    Cela reste une expérience enrichissante sur moi-même et sur les autres. Je la conseille à chacun, mais avec ces commandements :
    1. Bien choisir la destination et l'université. Il faut au moins pouvoir être motivé par une occupation en dehors de chez soi, qui nous fait sortir.
    2. Ne jamais faire quelque chose "pour suivre le groupe" : Erasmus ne va pas transformer tout le monde en fêtard extroverti. Il faut rester honnête envers soi-même.
    3. Bien choisir sa colocation. L'idéal, serait d'être en colocation avec des étudiants du pays, pour rencontrer des gens sur place (sinon c'est très dur) et sortir un peu de la "bulle Erasmus".
    4. Savoir appeler à l'aide quand cela ne va pas. Être isolé.e dans un pays que l'on ne connait pas, c'est dur, surtout quand le mental ne suit pas. Les potes Erasmus ne vont pas naturellement venir vers celui qui disparaît/ne va pas bien. Si c'est le cas, il faut le dire, même si c'est dur. Avec l'expérience, cela m'aurait bien aidé d'être capable de dire "help, I'm not okay."

    Le plus étrange est qu'une fois rentrée en France et capable de discuter de mon expérience, avec ses bons et ses mauvais moments, beaucoup de personnes s'ouvraient et changeaient de discours. "Tu as raison, ce n'était pas toujours rose, j'ai eu une période très difficile" ou "Je n'ose pas dire autour de moi que je me suis ennuyé.e/ai déprimé/etc".
     
    khaya, Ahvana, Songi songi et 2 autres ont BigUpé ce message.
  5. Choucki

    Choucki
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    take life by the balls :cretin:

    Ca me fait beaucoup du bien de lire ça aujourd'hui (j'en ai meme les larmes aux yeux) et j'hésitais à poster un message sur le forum à ce sujet. Erasmus c'était mon rêve depuis mes 15 ans et aujourd'hui, ça fait 5 semaines que j'y suis et je ne sais plus trop quoi en penser. je suis dans une petite ville en italie où l'ESN n'est pas présent ce qui est à double tranchant car au moins je ne suis en contact qu'avec les locaux mais en même temps, il n'y a rien d'organiser pour rencontrer des gens. A coté de ça, je suis en coloc avec une italienne ultramaniac et je fais limite des coups de stress en ayant peur qu'elle me fasse encore une réflexion sur le ménage.
    Heureusement, il y a des points positifs auxquels je me raccroche : au début j'étais quand même partie pour m'améliorer en langue et profiter des cours proposés et sur c'est deux points là c'est nickel je n'ai jamais eu autant envie d'étudier et mes progrès en langue sont impressionnants.
    Ce témoignage changera peut-être d'ici la fin de l'année mais pour celles qui envisagent l'Erasmus, choisissez bien votre destination et vérifiez que vous n'y allez pas seulement pour passer la même année que Romain Duris dans l'auberge espagnole (c'était mon cas )
     
    Mlle C. a BigUpé ce message
  6. Jijabou

    Jijabou
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    Des amis m'ont suggéré de revenir en France, mais je trouvais ça dommage (et trop compliqué administrativement parlant). D'autant plus que je me connais, je m'adapte très lentement au changement, je sais que ça va prendre du temps avant d'avoir une bande de potes et tout. C'est donc bien que je sois ici pour un an, et pas un semestre. Du coup, tu regrettes pas de pas avoir plus persévéré, pour avoir une meilleure image de ton séjour ?
     
  7. Jijabou

    Jijabou
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    Je comprends tout à fait, c'était pareil pour moi, un truc que je voulais depuis des années... et après la grosse déception. Et c'est compliqué, parce que j'ai pas envie de donner une image négative au futurs Erasmus (parce que bon, j'ai pas vraiment de cercle sociale, mais tout le reste ça va), et en même temps j'ai envie de casser cette image édulcorée qu'on nous sert à toutes les sauces. Parce que du coup, y a aussi la culpabilité de dire que ça se passe pas aussi bien que ce qu'on croyait et tout ça. C'est super rassurant de voir qu'on est pas seules dans cette situation en tout cas!
     
    Choucki a BigUpé ce message
  8. Jijabou

    Jijabou
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    Ah oui, en effet, je comprends mieux, là c'est différent !
     
    Shann a BigUpé ce message
  9. Leslinette

    Leslinette
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    Amoureuse

    De mon côté, je suis partie deux fois une année universitaire, en Espagne puis en Angleterre, et ça a été parmi les meilleures expériences de ma vie. Je dis meilleures, en ce sens que ce sont les années qui m'ont le plus appris sur moi-même, en bien comme en mal (en même temps, j'ai fêté mes 18 ans le jour de mon arrivée en Espagne).
    C'était avant l'Auberge Espagnole (sorti au cinéma l'année après mon retour, la DE-PRIME).

    Je pense qu'il y a des "critères" incontournables pour que ça se passe au mieux :
    • Avant le départ, savoir pourquoi on part, ce qu'on en attend, et essayer d'être réaliste dans ses attentes (genre, on va pas forcément se taper Romain Duris ou Cécile de France)
    • Avoir vécu en coloc/cité U/ ailleurs que chez ses parents : je sais bien qu'on n'a souvent pas le choix, mais faire l'apprentissage de la vie en communauté ET de cultures différentes, c'est beaucoup en même temps
    • Idéalement, mais on ne choisit pas, ne pas être en couple en France, ça pourrit en général l'année Erasmus ET la relation à différents dégrés (vécu)
    • Vivre avec des locaux (ne pas hésiter à déménager en cours d'année comme la Madz de l'article), et se garder des amis ou groupes d'amis "différents" et cloisonnés pour souffler un peu
    • Participer aux activités proposées par les facs, en UK par exemple les Student Unions proposent en général pas mal de trucs
    • Bien se dire que la plupart des gens qu'on va rencontrer, on ne les reverra jamais jamais. En revanche, il y en a certains, un ou deux, qui seront des piliers.
    • Je confirme aussi pour le retour, il faut être vraiment prêt(e) à la claque du retour au bercail, le décalage est difficile à vivre. Prévoyez des activités sympas et qui prennent du temps en revenant...
     
    Ahvana, iableauco, lyra-bee et 3 autres ont BigUpé ce message.
  10. Neverland90

    Neverland90
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    J'hésite entre être étudiant free mover et ERASMUS, pour rassurer ma famille, je vais prendre probablement Erasmus et ensuite je me réinscrirais en free mover. Il y a un truc qui me choque, j'ai l'impression que si tu ne vas aucune fête, tu ne te fais pas d'amis et tu passes une année pourrie. Pour ma part je suis assez solitaire mais j'aimerais quand même avoir quelques contacts avec les locaux. En dehors des boîtes de nuit, il y a des associations de sport, de musiques, de danse... faut en profiter je pense. Je fais partie de celle qui vont peut être faire le grand "saut": j'ai toujours vécu au domicile familial donc ça me dépaysera d'être en collocation mais je connais pas mal de monde qui ont fait ainsi et qui s'en sont bien sortit.
    Par contre, je suis étonnée que personne ne signale que les universités françaises ont tendances à revoir les notes à la baisse obtenue en ERASMUS. Du moins cest une pratique courante en droit, visé minimum 13 de moyenne.
     
    Shann a BigUpé ce message
  11. Leslinette

    Leslinette
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    Amoureuse

    Effectivement, tu peux rencontrer des gens ailleurs que dans des fêtes, et en général, il y a plein plein d'activités proposées. Moi je me souviens que le club "rando" m'avait permis de rencontrer du monde avec qui faire des petites soirées tranquilous à la maison. Ou sinon, un petit boulot, selon l'emploi du temps, ça peut aussi permettre de rencontrer du monde.

    Pour la coloc, du coup, choisis bien bien bien, pas à 15 personnes, pas à 2, et si possible pas avec des personnes qui se connaissent déjà (ça déséquilibre). Et pas avec des français(es).

    Pour les notes, ça dépend beaucoup de ta fac d'origine, ta fac d'accueil et ton année, de manière générale c'est un peu revu à la baisse, mais en même temps on est souvent noté large à l'étranger, et les méthodes de travail entre la fac en France et dans le reste de l'Europe sont TRES différentes, moi perso ça m'a permis d'avoir vraiment des meilleures notes parce que je bossais plus et mieux.
     
  12. Leslinette

    Leslinette
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    Amoureuse

    J'ajoute sur l'aspect de rencontrer des locaux, il faut être conscient que ce n'est pas du tout du tout évident (ça varie selon les pays), parce que souvent, ce sont des gens qui ont déjà un groupe d'amis, une dynamique différente, et qui ne trouvent pas autant "d'intérêt" à se forger des amitiés courte durée.

    Genre, faites l'exercice inverse : vous fréquentez beaucoup d'Erasmus étrangers en France ?" ;)
     
    Tamiat, lalaya, Ahvana et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
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