Les enfants de divorcés en ont gros !

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Denis, le 3 février 2011.

  1. Denis

    Denis
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    En pleine digestion.
    Membre de l'équipe

    "Comment vit-on vraiment le divorce de ses parents ?" C'est la question posée par l' Union des Familles en Europe dans le cadre d'une étude réalisée auprès de 1137 personnes âgées de 18 ans à 56 ans qui ont connu une rupture parentale.

    "Si les parents vont bien, les enfants vont bien" aime-t-on à penser. Conséquence : la souffrance des enfants du divorce est aujourd'hui un sujet quasi tabou que cette enquête a le mérite de révéler au grand jour.

    88% des sondés nous disent que la séparation de leurs parents a eu des effets à long terme sur leur personnalité. Certains avouent avoir peur d'être abandonné, manquer de confiance en eux, souffrir de dépression. «J'ai un sentiment de culpabilité étouffant», se plaint un sondé. «J'ai peur que tout s'écroule du jour au lendemain», ajoute un autre. «Je ne fais pas confiance aux hommes», constate une troisième.

    Le divorce des parents impacte également la réussite scolaire des enfants. 56 % des personnes interrogées évoquent des études écourtées, des conditions matérielles peu propices à la course aux diplômes ou encore des difficultés de concentration.

    Pour 41 % d'entre elles, l'onde de choc se répercute jusque dans leur vie professionnelle. Les plus pressés de s'extraire de la vie familiale ont pris le premier travail venu. Les plus affectés disent qu'ils traînent encore leur manque de confiance en eux au bureau. Quelques-uns ont fait le choix d'un métier de «réparation», comme la médiation, pour panser leurs propres blessures.

    Tout n'est pas noir. "Certains s'en sortent très bien" nous dit le pédopsychiatre Stéphane Clerget dans le Figaro. "Pour cela, il faut avant tout qu'ils gardent le lien avec leurs deux parents et que ces derniers arrêtent de les impliquer dans leurs disputes".

    Et toi madmoiZelle, comment t'es-tu sortie du divorce de tes parents ? Pour toi, ce sujet a-t-il été, est-il encore tabou ?
    Quelles conséquences a cette "expérience" sur ta vision du couple et de la famille ?

    N'hésitez pas à accéder aux résultats complets de cette étude fouillée, en cliquant sur ce lien puis en cliquant sur : "le dossier de presse complet".
     
  2. Ymotana

    Ymotana
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    Bouffe du bokoblin au petit dej'

    (Waaa, c'est la première fois que j'inaugure un topic !)


    Mes parents se sont séparés il y a quelques années (ils n'étaient pas mariés), j'étais "grande" (14 ans) et j'attendais ça depuis longtemps parce que je sentais bien que ça n'allait plus.
    Seulement, c'est pas tant le divorce en lui même qui m'a fait du mal, mais les conneries qui sont arrivées après, ces espèces de lynchages entre l'un et l'autre. J'ai 19 ans aujourd'hui, et je le vis toujours mal. J'ai constamment l'impression qu'en période de procès, pour leurs conneries financières, je me retrouve comme un pion à devoir choisir un camp au risque d'être détestée par l'autre. C'est plus que difficile à vivre .. Mon père m'aime quand il a besoin de mon témoignage face au juge, alors que j'ai toujours le soutien de ma mère, seulement quand je défends mon père je me sens mal pour elle, et quand c'est l'inverse j'ai le droit à une tonne de reproche.

    Aujourd'hui j'essaye de me détacher de tout ça mais c'est compliqué, ça reste ancré parce que rien n'est vraiment fini et j'ai l'impression que ça a influencé ma vision des choses, mon caractère. Je suis devenue de plus en plus pessimiste, et je n'ai confiance en rien, même plus en moi.


    J'espère sincèrement ne pas déclencher ça chez mes enfants si je dois un jour me séparer de mon compagnon.
     
  3. Wolowizzard

    Wolowizzard
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    Et mon cul, c'est du Flamby?

    Le problème est là. Je crois que les adultes sont INCAPABLES de nous mettre de côté, de se séparer proprement. Je n'ai pas vraiment souffert du divorce de mes parents (j'avais 4 ans) mais ce côté "bataille" m'exaspère. La réaction de l'un et de l'autre est éc?urante: tout se joue dans des petits détails, j'ai l'impression d'être un objet.
     
  4. Flo

    Flo
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    Reine Paillettes

    J?ai tellement l?impression d?être à côté de la plaque avec le divorce de mes parents.

    Ces andouilles là n?ont rien trouvé de mieux que de se séparer quatre jours avant mes 18 ans (outre le fait que je n?ai pas eu d?anniv?, encore moins de cadeaux -non je ne suis pas vénale- ça n?a eu aucune répercussion sur moi), quand ils se croisent en ville ils se font la discussion pendant des plombes, quand j?ai ma mère au téléphone elle me demande des nouvelles de mon père, et quand j?ai mon père au téléphone il s?inquiète de savoir si ma mère à besoin d?aide pour s?occuper de sa voiture.

    Alors les guerres de clans je connais pas, l?animosité je connais pas et les «*t?as qu?à aller chez ta mèèèèère si t?es pas contente*» encore moins. Cette séparation n?est pas tabou, on en parle en rigolant même parfois, tout comme on parle souvent de nos souvenirs quand on était à trois sous le même toit ; ça amuse ma mère de reparler des idioties de mon père en étant morte de rire mais je sais que son copain (à ma mère donc) ne parle JAMAIS de son ex-femme, alors je me dis que c?est sûrement pas ?normal? mais bref, j?adore ce divorce :d :shifty:
     
  5. Ymotana

    Ymotana
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    Bouffe du bokoblin au petit dej'

    C'est pareil de mon côté, mais je ne pense pas que ce soit dû à une rancoeur envers ma mère mais plus par énervément - dégout de moi.
    (j'arrête de raconter ma vie :shifty:)
     
  6. DolceVita

    DolceVita
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    home sweet home

    J'avais 6 ans quand mes parents ont divorcés et j'ai répondu "j'en ai souffert mais ça m'a rendue plus forte". Même a 6 ans j'ai compris que c'était plus possible, parce que mon père trompait clairement ma mère sans se cacher, et qu'ils se tapaient même dessus certain soir "bad"... Mon père a failli faire de la tôle pour ça ... Bref no comment.

    J'pense qu'un divorce c'est forcément plus ou moins déstabilisant pour un enfant, même à l'age où il ne peux pas le comprendre. Par la suite il se pose des questions sur le pourquoi de la séparation de ses parents, obligatoirement, et ça peu être super traumatisant de les voir se déchirer, les deux qui t'ont créée.

    Ça m'a chamboulée parce que j'ai été trimbalée d'un coté et de l'autre pendant pas mal d'années, mais j'ai eu l'avantage de vivre avec mes deux parents séparés. Psychologiquement, j'suis une névrosé de l'abandon, de la trahison. Allez comprendre ...

    Bref c'est un sujet super difficile, les divorces sont à mon avis les affaires sociales les plus compliquées à gérer, humainement et juridiquement.
     
  7. Cory

    Cory
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    Femme sage.

    Tiens, je devrais faire lire ça à mon mec avec qui je me suis violemment engueulée hier à ce sujet, je pense que c'est très difficile de cerner ce que peut vivre un enfant de parents divorcés quand ces derniers sont en conflit et que ça submerge toute la famille.
    Mon père est parti quand j'avais 8 ans, depuis tout était un peu chaotique mais on arrivait quand même à entretenir un semblant de relation père-fille (ainsi qu'avec mes frère et soeur). Seulement il a déclaré une ultime fois la guerre (à ma mère ET à mon frère, cette fois) et il n'a pas hésité à sacrifier la relation qu'il avait avec ses filles au passage... Erreur. Résultat, je n'ai pas parlé à mon père depuis septembre dernier, je n'ai pas fait la connaissance de mon petit frère né en décembre, il a été odieux au téléphone avec ma soeur après son concours, mon frère a définitivement coupé les ponts avec lui et ma mère est convoquée devant le juge en mars prochain pour qu'il récupère trois cacahuètes sur la pension. Le bonheur.
     
  8. Embers

    Embers
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    Je t'aime moi non plus

    Mes parents se sont séparés il y a 5 ans, après 16 ans de mariage. C'est ma mère qui a pris la décision d'entamer une procédure de divorce, après son hospitalisation, parce que ça n'allait plus du tout à la maison. Mon père est, d'après les psys que ma mère a vu, un pervers narcissique. Quand ils étaient encore ensemble, ma mère faisait "tampon", elle se prenait tout dans la tronche, ma s?ur et moi pas grand chose. Après qu'ils se soient séparés, j'ai pris son rôle. A peine arrivée chez lui, des reproches, et ce jusqu'à ce que je reparte le dimanche soir. Je ne suis pas allée chez lui depuis l'année dernière, et il me le rend bien. Des tonnes de messages d'insultes pour ma mère, et le reste de ma famille de son coté. Au bout de 5 ans, il n'arrive toujours pas à se maitriser devant nous, et à arrêter de parler sans cesse d'elle et de son nouveau copain. Et donc maintenant, il me fait savoir par le biais de ma s?ur, qu'il ne me considère plus comme sa fille, que je l'ai trahie (en aidant ma mère pour notre déménagement, ce qui est plutôt normal ...). Je ne cherche plus à avoir de relations avec lui, dès que j'essaye de lui dire que j'en souffre, il change totalement de comportement, et une semaine après, c'est de nouveau la même chose.
    En gros, je souffre pas mal du divorce de mes parents, qui a encore plus dégradé mes relations avec mon père qui étaient déjà avant, quasi inexistante, mais "soulagée" parce que ça ne pouvait plus continuer comme ça.
     
  9. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Mes parents ont divorcé quand j'étais bébé. Je n'ai donc aucun souvenir de vie "de famille" avec mes deux parents réunis. D'après ce que j'en sais, le divorce s'est mal passé, et a été mal géré par mes familles maternelles et paternelles.
     
  10. Sasha.

    Sasha.
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    C'est flou

    Voilà, le problème est là. Je suis d'accord avec Wolowizzard, je pense qu'ils en sont simplement incapables.
    Les enfants sont et restent le principal lien entre les 2 parents alors ils n'arrivent pas à ne pas nous impliquer dans leurs histoires; en tout cas c'est comme ça que ça s'est passé chez moi.

    Mais je pense qu'il y a aussi un autre problème assez important par rapport au post-divorce. Lorsque chacun refait sa vie de son côté, souvent ça implique nouveau partenaire, changement du groupe d'amis, ... en gros changement de vie sociale.
    Et là, quelque part sur le chemin, ils oublient qu'ils ont pondu des mômes ! "Donc ce soir, vous êtes tous seuls, on sort hein", "Non on peut pas, on va à l'anniversaire de Machin", "Haha, on est allé s'acheter une nouvelle voituuuure".
    Oui bon, et sinon quand est-ce qu'on se fait une sortie juste entre nous hmm ?
    C'est ce que je suis en train de vivre en ce moment en fait, avec ma mère particulièrement. Alors moi, ça me dérange pas plus que ça, j'ai toujours été très indépendante et autonome. Mais mon frère et ma soeur qui sont plus petits que moi en souffrent pas mal ...
    ( Ajouté au fait qu'ils se mettent sur la gueule à longueur de journée, il y a plus aucune cohésion dans la famille en ce moment, v'là l'ambiance )

    Sinon, je pense être une flippée de l'abandon aussi, mais je sais pas si ça a un rapport avec le divorce.
     
  11. duduche

    duduche
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    J'avais 21 ans quand mes parents se sont séparés. Et j'étais déjà quasi indépendante. Donc je ne penses pas avoir été trop touchée.
    Par contre ils ont fait de sacrés dégâts sur ma petite soeur qui avait 6 ans à l'époque. Ils l'ont pas mal utilisé pour faire du mal à l'autre. Elle était toute petite au milieu de tout ça. Aujourd'hui, mes parents se parlent à nouveau, après 10 ans de guerre c'est cool. Mais ils continuent à faire du mal à ma soeur. Ils la gattent, ne lui refusent rien. C'est une ado très angoissée, qui se rabaisse tout le temps, longtemps en échec scolaire (aujourd'hui ça va mieux) et en même temps sans volonté, très feignasse, qui ne fait rien à la maison. Depuis ses 12 ans elle a énormément de boutons et elle ne fait rien pour arranger ça, comme si elle voulait être laide.

    Et pourtant elle est bourrée de talent, et très intelligente. C'est une artiste dans l'âme. Quand elle se met à fond dans un truc (qui est plutôt rare) c'est génialissime.

    J'aimerais bien l'aider, mais comment? Et puis surtout des fois, elle m'eneeeeeeeeeeeeeerve à être aussi momolle!!
     
  12. Elsa

    Elsa
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    Je me rappelle quand mes parents m'ont annoncé qu'ils divorçaient. J'avais 6 ans, j'étais en vacances chez ma grand-mère, ils m'ont téléphonés chacun à tour de rôle pour me dire qu'ils se séparaient, mais nous aimaient fort moi et mon frère (de 2 ans à l'époque). Au fond de moi je le savais déjà parce que ma mère pleurait tout le temps. Mais je crois que je suis allée vomir tout de suite après.
    En fait je crois que le souci, c'est déjà que mon père est marié à son boulot, qui est sa passion. Et qu'il n'est pas fait pour être père. Il y a des gens oui, lui non, c'est pas son truc. ça se confirme avec son fils, qu'il vient d'avoir un peu par accident avec sa femme (avec qui il est depuis limite que mes parents se sont séparés), qui a donc un an et quelques mois. Bon bah, tant que sa femme l'allaitait et ne bossait pas, tout allait bien. Mais là elle a repris une formation et lui a décidé de changer de boulot et en a trouvé un....à l'autre bout de la France. On en a rit (jaune, pour mon mini frangin), avec mon frangin, parce que ça prouve que, même pour le troisième, c'est toujours pas pour lui.
    Comme plusieurs autres, c'est surtout l'après divorce qui m'a fait énormément de mal (et m'a rendu plus forte). Ma mère a sombré dans la dépression (et l'alcoolisme, disons les choses comme elles sont). Je l'admire parce qu'elle a réussi à nous élever quand même (mais un immense merci à mon beau-père, arrivé quand j'avais 11 ans, qui est une vraie perle rare, et qui aime ma mère d'un amour tellement fort, alors qu'elle n'ira sans doute jamais vraiment mieux). Mon père, lui, a juste été nul. Sa femme ne nous aimait pas, il ne lui l'a jamais reproché. Elle a exigé qu'il ne paye plus la pension alimentaire, ce qu'il a fait. résultat 15 ans de procès entre mes parents, nous qui vivions dans une situation merdique (mes parents se sont rencontrés pendant les études de ma mère, qui a tout arrêté pour venir bosser avec lui. et vu qu'ils sont dans le milieu artistique, et qu'il est assez influent, elle a été blacklistée partout dès leur séparation), et leurs petits règlements de compte merdique, avec moi au milieu (j'ai toujours fait le tampon pour protéger mon frère). Et apprendre que tu as sans doute un demi-frère non reconnu quelque part, que ton père tapait ta mère, et tous ces trucs, pendant leurs engueulades téléphoniques, merci mais je ne voulais pas.
    J'ai du grandir vite, pour me gérer, parce que ce sont deux gamins. Vu que ma belle-mère ne nous aimait pas, et était malade à l'idée de nous voir, je n'ai jamais eu (même aujourd'hui, où ça va pourtant mieux) leur numéro de fixe, pour ne pas qu'elle entende ma voix en décrochant (et à l'époque, il m'engueulait parce que je ne l'appelais pas, alors que ça coûtait cher d'appeler un portable d'un fixe, et que lui n'appelait jamais), et on ne venait en vacances que quand elle se barrait voir ses copines. Donc une semaine par an.
    Aujourd'hui ça va mieux parce que c'est moi qui leur dit merde. Mais ma mère est dans une relation avec moi où c'est plutôt elle l'enfant, et je souffre quand même du manque de reconnaissance de mon père (qui en gros, n'a été présent que pour dire qu'il n'aimait pas mon mec, ahah). Là par exemple un détail con. il s'est créé un genre de blaze. Ce blaze est construit avec les initiales de son nom, de son prénom, de celui de sa femme, et de son dernier fils. Mon frère et moi ? rien. Des fois je n'ai pas l'impression d'exister pour lui. je ne crois même pas qu'il y ait une photo de moi dans son appart...
    Aujourd'hui j'ai ma fille, et, au risque de trop la couver, je passerais toujours SON bonheur en priorité. Parce que les parents égoïstes, je sais trop ce que c'est...
     
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