flotsam;4625762 a dit:
Sincèrement je ne crois pas que ça soit une question de force, on n'est pas dans une hiérarchie de puissance ou de résistance, chaque personne se reconstruit à son rythme, selon le soutien qu'elle peut trouver. Vraiment, ne te sens pas faible :fleur:

Pour aller dans le plus concret, je pense qu'il existe des associations de victimes d'inceste ou des groupes de parole où tu pourrais rencontrer des personnes qui comprendront ce que tu as vécu, et sans doute aussi des gens qui ont réussi à s'épanouir dans leur vie malgré cette douleur et qui sauront te redonner espoir, ou même des forums sur Internet si tu ne te sens pas de te confronter à des personnes en chair et en os pour l'instant. Je ne serais malheureusement pas surprise que des Madz ici l'aient vécu aussi et se reconnaissent dans tes paroles.

Bref, je me mêle de ce qui me regarde pas, mais ton message m'a fait mal au cœur. Ne perds pas espoir <3
L'espoir je ne l'ai plus depuis un moment. Je suis un cas énigmatique pour mes psy et médecins, j'ai des réactions opposées à celles que je devrais avoir. Par exemple la révélation devait me soulager or moi je culpabilise d'avantage.

J'ai cherché des asso dans ma région, il n'y en a qu'une pour la lutte du droits des femmes et de la famille.
Demain je demande à ma Psy si elle a des idées, qui je dois contacter.

En faite la seule solution pour faire avancer les choses c'est de confronter mon agresseur, mais un jour je veux et le lendemain absolument pas.
 
lupka;4625642 a dit:
Je trouve ça moche bien sûr, mais étant bébé juriste en devenir, je peux comprendre la démarche. Tu t'en doutes, aucun avocat n'approuve les meurtres, les viols, les violences etc.. de ses clients. Son boulot c'est d'appliquer le droit de sorte à ce que son client prenne le moins possible, en usant de certaines magouilles juridiques, de certains arguments révoltants. On ne se penche pas sur la morale, on use d'arguments juridiques, c'est tout.
(et voilà pourquoi je ne serai pas avocate, je ne peux pas agir en étant contraire à ma morale)

Pas plus tard que ce soir, j'ai étudié l'arrêt du 11 juin 1992 de la Cour de Cassation.

" Que le magistrat instructeur a rendu une ordonnance de refus d'informer aux motifs que les époux X... vivant tous deux au domicile commun sans qu'aucune procédure judiciaire de séparation ait été engagée par l'un d'eux, les actes sexuels accomplis contre le gré de l'épouse qui n'aurait fait état d'aucune violence caractérisée autre que la pénétration sexuelle, " entraient dans le cadre du mariage tel qu'il est traditionnellement admis ", de sorte que les éléments constitutifs du crime de viol n'étaient pas réunis et que les faits, tels que dénoncés, ne pouvaient recevoir aucune autre qualification pénale "

" la chambre d'accusation énonce " qu'à juste titre, le juge d'instruction a estimé que le mariage a pour effet de légitimer les rapports sexuels et que l'épouse ne peut invoquer son absence de consentement ou l'agressivité qui a accompagné des actes sexuels normaux pour soutenir avoir été victime de viols "

Ambiance...
(j'ai vomi sur ma feuille)
Oui, parce qu'avant 1994 le viol entre époux n'était pas reconnu comme tel. Quel drame pour les victimes qui entendaient que c'était normal d'être violées !

J'ai fait 6 ans de droit et justement, je trouve que son argument ayant trait à la drogue n'a rien de juridique puisque les circonstances aggravantes n'existent pas pour les victimes. A mon sens, il use vraiment de "morale" puisqu'il verse dans la culture du viol ! Ça n'a rien à faire dans un procès (mais évidemment, les avocats tentent tous les arguments, même les pires).
 
Cet article m'a bouleversée… J'ai vécu quelque chose de plus ou moins semblable… Et je ressens aujourd'hui le besoin d'en parler mais c'est difficile et compliqué… Surtout que j'ai plus ou moins refoulé ce mauvais souvenir…En fait pour être exact je l'ai dépersonnalisé, je sais que c'est un concept difficile à comprendre. En fait j'ai pu en parler mais tout en me persuadant que ce n'était pas arrivé ou en tout cas pas à moi…bref le sujet n'est pas là.
En fait j'ai subi une opération au mois de mai dernier rien de bien grave mais depuis j'ai commencé à avoir des crises d'angoisses que je ne comprenais pas, j'ai alors débuté un thérapie pour comprendre et aller mieux, j'ai alors compris que tout ça était dû à ce mauvais souvenir qui n'a pas été digéré parce que je ne m'en suis pas laissé l'occasion.
Il y a une dizaine d'année, je n'arrive pas à dater de manière exact cet évènement… Alors que je passais comme toujours l'été chez mes grands-parents, cette année-là il n'y avait que ma sœur, moi et mon cousin (et nos parents et grands-parents évidemment) aucun autres cousins n'avait pu venir…
Nous dormions donc tous les 3 dans la même chambre matelas au sol dans une petite dépendance… Une nuit mon cousin, oui mon cousin m'a touché alors que je dormais évidemment ça m'a reveillé, j'aurai aimé réagir comme Mad mais non j'ai eu peur, honte je me suis simplement éloigné en faisant mine de dormir. Je n'ai pas vécu un viol à proprement parlé mais je parle plutôt d'abus sexuel… Je ne me souviens pas bien si c'était dès le lendemain et le surlendemain ou même la jour suivant que je suis parti, j'ai demandé à mes parents de me prendre un billet de train pour rentrer ils l'ont fait sans se douter de rien… Oui je n'ai rien dit à ma famille et je suis rentrée chez mes parents sans eux. J'ai retrouvé mes amis et j'ai fait la fête comme si de rien était. J'ai décidé que ce n'était pas mon histoire pas mon souvenir probablement dans le train, je n'ai aucun souvenir de ce voyage en train… Enfin bref voilà mon histoire. Jusqu'à il y a peu je ne pensais pas avoir été victime d'un abus sexuel mais c'est pourtant le cas… Aujourd'hui alors que ce souvenir date de plus de 10 ans je dois l'accepter, l'assumer et accepter la souffrance qui va avec et que j'ai ignorée… Le problème c'est que j'ai peur, j'ai peur de ce qui m'attend, je ne sais pas à quoi m'attendre et du coup je n'arrive pas à me "lancer"… C'est pour ça que je vous écris aujourd'hui, j'ai vu que plusieurs lectrice ont vécu un viol, un abus sexuel et j'aimerai savoir ce qu'elles ont traversé après pour savoir à peu près à quoi m'attendre… Merci d'avance de votre aide.
 
bi-bine;4625749 a dit:
Ayant été victime, durant  2 ans, avec cet article je me sens si faible.
A l'époque j'avais 12 ans, aujourd'hui j'en ai 26. J'ai fait un refoulement de 14 ans et depuis quelque temps tout me revient, je le vis une seconde fois au travers de mes cauchemars, des séances de psy, de la révélation choquante faite à mes parents. Je me suis opposée deux fois à l'hospitalisation. Pour moi la seule chose qui me soulagera c'est le repos éternelle. Que ces scènes, présentent dès que je ferme les yeux, disparaissent, s'effacent.

J'aimerai tellement rencontrer une victime d'inceste qui aujourd'hui a réussi à se construire. A bloquer ces images dans un coin de la tête et qu'elles ne resurgissent qu’occasionnellement.

Et j'aimerai vraiment faire bouger les choses, lever le tabou, trouver des victimes apeurées et pouvoir les rassurer.

Moi, c'est un fait, je ne m'en sortirai pas alors ma motivation est aider les autres du mieux que je peux.

Demain rendez-vous chez la psy et je vais demander comment je peux contribuer.

Je suis quand même heureuse que d'autres soient plus fortes et je les envies grandement.
J'ai aussi ressenti cette impression de faiblesse en lisant l'article, parce que je n'ai rien pu faire pour empêcher les choses.

J'avais 13 ans et j'ai également fait un refoulement. A mes 17 ans, j'ai entendu un témoignage à la radio d'une fille ayant vécu un inceste et tout m'est revenu.

Je n'ai jamais voulu en parler, j'ai fait comme si rien ne s'était passé. Seulement quelques personnes sont au courant dont mon compagnon. Il ne comprenait pas pourquoi par moment j'étais terrifiée par les hommes, alors qu'à d'autres moments tout allait bien. Je n'ai jamais été voir un psy, j'avais trop peur des conséquences (même si aujourd'hui je réalise aujourd'hui que parler à une personne compréhensive m'aurait peut-être permis de me reconstruire plus tôt). J'ai passé pas mal d'années à fuir les gens, je ne voulais pas expliquer pourquoi les garçons ne m'intéressaient pas, ni pourquoi je ne voulais pas rentrer le soir par certains quartiers que je considérais - à tord ou à raison - comme à "risque" pour une fille de mon âge ou pourquoi je ne voulais pas prendre les transports en commun de nuit alors que ça ne gênait pas mes amies.

Aujourd'hui j'ai 25 ans, je suis en couple et m'ouvrir à ma meilleure amie, mon meilleur ami et mon compagnon m'ont permis de comprendre que, de un, je n'étais pas toute seule dans ce cas et, de deux, de pouvoir compter sur leur soutien dès que des scènes refont surface. J'ai de moins en moins de "souvenirs" qui me reviennent, et quand c'est le cas, j'arrive à ne pas y penser trop longtemps (même si ça peut durer encore quelques jours, alors qu'avant j'y pensais constamment). J'arrive presque à faire totalement abstraction maintenant.

Je ne veux pas parler au nom de toutes les victimes d'inceste, ni dire ce qui est le mieux à faire ou non car je n'en sais rien, mais comme tu voulais rencontrer d'autres personnes dans ton cas, j'ai voulu te répondre. J'espère donc que mon post pourra t'aider, ou au mieux ne pas te mettre mal. C'est possible de s'en sortir, et de ne presque plus y penser
 
ladymaa;4626005 a dit:
bi-bine;4625749 a dit:
Ayant été victime, durant  2 ans, avec cet article je me sens si faible.
A l'époque j'avais 12 ans, aujourd'hui j'en ai 26. J'ai fait un refoulement de 14 ans et depuis quelque temps tout me revient, je le vis une seconde fois au travers de mes cauchemars, des séances de psy, de la révélation choquante faite à mes parents. Je me suis opposée deux fois à l'hospitalisation. Pour moi la seule chose qui me soulagera c'est le repos éternelle. Que ces scènes, présentent dès que je ferme les yeux, disparaissent, s'effacent.

J'aimerai tellement rencontrer une victime d'inceste qui aujourd'hui a réussi à se construire. A bloquer ces images dans un coin de la tête et qu'elles ne resurgissent qu’occasionnellement.

Et j'aimerai vraiment faire bouger les choses, lever le tabou, trouver des victimes apeurées et pouvoir les rassurer.

Moi, c'est un fait, je ne m'en sortirai pas alors ma motivation est aider les autres du mieux que je peux.

Demain rendez-vous chez la psy et je vais demander comment je peux contribuer.

Je suis quand même heureuse que d'autres soient plus fortes et je les envies grandement.
J'ai aussi ressenti cette impression de faiblesse en lisant l'article, parce que je n'ai rien pu faire pour empêcher les choses.

J'avais 13 ans et j'ai également fait un refoulement. A mes 17 ans, j'ai entendu un témoignage à la radio d'une fille ayant vécu un inceste et tout m'est revenu.

Je n'ai jamais voulu en parler, j'ai fait comme si rien ne s'était passé. Seulement quelques personnes sont au courant dont mon compagnon. Il ne comprenait pas pourquoi par moment j'étais terrifiée par les hommes, alors qu'à d'autres moments tout allait bien. Je n'ai jamais été voir un psy, j'avais trop peur des conséquences (même si aujourd'hui je réalise aujourd'hui que parler à une personne compréhensive m'aurait peut-être permis de me reconstruire plus tôt). J'ai passé pas mal d'années à fuir les gens, je ne voulais pas expliquer pourquoi les garçons ne m'intéressaient pas, ni pourquoi je ne voulais pas rentrer le soir par certains quartiers que je considérais - à tord ou à raison - comme à "risque" pour une fille de mon âge ou pourquoi je ne voulais pas prendre les transports en commun de nuit alors que ça ne gênait pas mes amies.

Aujourd'hui j'ai 25 ans, je suis en couple et m'ouvrir à ma meilleure amie, mon meilleur ami et mon compagnon m'ont permis de comprendre que, de un, je n'étais pas toute seule dans ce cas et, de deux, de pouvoir compter sur leur soutien dès que des scènes refont surface. J'ai de moins en moins de "souvenirs" qui me reviennent, et quand c'est le cas, j'arrive à ne pas y penser trop longtemps (même si ça peut durer encore quelques jours, alors qu'avant j'y pensais constamment). J'arrive presque à faire totalement abstraction maintenant.

Je ne veux pas parler au nom de toutes les victimes d'inceste, ni dire ce qui est le mieux à faire ou non car je n'en sais rien, mais comme tu voulais rencontrer d'autres personnes dans ton cas, j'ai voulu te répondre. J'espère donc que mon post pourra t'aider, ou au mieux ne pas te mettre mal. C'est possible de s'en sortir, et de ne presque plus y penser
Merci de ton témoignage il est très rassurant, comme je l'explique dans mon post précédent j'ai vécu une expérience plus ou moins similaire et de voir que tu t'en es sorti est très encourageant.
Encore une fois merci!
 
jack-parker;4625649 a dit:
funkyguane;4623075 a dit:
nasty-wasp;4623047 a dit:
funkyguane;4621362 a dit:
9chapillon;4620713 a dit:
Sinon, je vais me faire lyncher mais je ne comprends pas l'utilisation de mot "violeur", puisqu'il n'y a pas eu de viol, non? Je ne dis pas ça pour minimiser l'agression vécue - ce serait franchement stupide, ou dédouaner le jeune homme qui est peut-être un violeur (en tout cas avec certitude un agresseur). Bref, c'est une vraie question que je pose.
Je suis assez d'accord, moi aussi ça m'a fait un peu tiquer. C'est comme si quelqu'un qui s'était fait agresser écrivait "lettre ouverte à mon assassin".

Même si en soi, c'est vrai, c'est un peu maladroit, et ça peut limite être blessant pour les filles qui n'ont pas eu la chance de cette madmoizelle et qui ont vraiment subit cet acte immonde et inqualifiable jusqu'au bout...
J'ai pris l'option "figée par la trouille" et donc pas d’échappatoire quand ça m'est arrivé. C'était il y a longtemps. Alors je suis très d'accord avec l'auteur de l'article, pour le côté "j'ai survécu et ma vie continue, connard". Je trouve génial d'en parler, de briser les tabous, et de rappeler qu'on peut survivre à une agression sexuelle, que même si ça nous change, notre vie (et notre sexualité) peut quand même être chouette et épanouissante ensuite. :free:

L'utilisation du terme "violeur" ne m'a pas blessée, j'ai tendance à penser qu'un violeur en puissance est un violeur, mais ça n'engage que moi et je vois ce que vous voulez dire.
J'ai plus tiqué à tout le côté super-héroïne trop forte et courageuse qui a réussi à lui échapper, la Wonder Woman que tout le monde s'empresse d'admirer. Si c'est une héroïne, par comparaison je suis quoi moi ? Une victime ? Une lâche ? Trop faible pour avoir réussi à se sauver ? :sad:
C'est un peu culpabilisant et blessant (et en même temps, j'ai aussi envie de dire bravo à elle, et de lui faire plein de high five).
Je sais bien que ce n'est pas du tout ce qu'elle voulait dire (vu qu'on va me le répondre), mais ça me fait toujours bizarre de lire ce genre de témoignages et les commentaires admiratifs qui en découlent. Je suis heureuse pour elle qu'elle s'en soit sortie, ce jour-là et ensuite. Mais le côté forte et Wonder Woman me renvoie forcément à mon histoire (et à de nombreuses autres) et par opposition, à mon incapacité à avoir pu "me sauver". Et ça, je trouve ça un peu maladroit, pour toutes celles qui n'ont pas pu y échapper, pour quelques raisons que ce soit. :)
Personnellement, j'étais tombée il y a quelques jours sur un vieil article traitant sensiblement le même sujet écrit par Jack Parker, et je l'avais trouvé encore plus "culpabilisant", dans la veine de ce que tu disais (http://www.madmoizelle.com/agression-mais-ca-va-134439). Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, on a vraiment la sensation que, dans les deux cas, les auteures insinuent (malgré elles, sans aucun doute, je pense qu'il n'y aucune volonté de se placer en position supérieure) qu'il y a deux types de victimes lors des tentatives de viol: les warriors, et les autres. Et ça, ça fait mal, quand même.
nasty-wasp;4623173 a dit:
funkyguane;4623075 a dit:
nasty-wasp;4623047 a dit:
funkyguane;4621362 a dit:
9chapillon;4620713 a dit:
Sinon, je vais me faire lyncher mais je ne comprends pas l'utilisation de mot "violeur", puisqu'il n'y a pas eu de viol, non? Je ne dis pas ça pour minimiser l'agression vécue - ce serait franchement stupide, ou dédouaner le jeune homme qui est peut-être un violeur (en tout cas avec certitude un agresseur). Bref, c'est une vraie question que je pose.
Je suis assez d'accord, moi aussi ça m'a fait un peu tiquer. C'est comme si quelqu'un qui s'était fait agresser écrivait "lettre ouverte à mon assassin".

Même si en soi, c'est vrai, c'est un peu maladroit, et ça peut limite être blessant pour les filles qui n'ont pas eu la chance de cette madmoizelle et qui ont vraiment subit cet acte immonde et inqualifiable jusqu'au bout...
J'ai pris l'option "figée par la trouille" et donc pas d’échappatoire quand ça m'est arrivé. C'était il y a longtemps. Alors je suis très d'accord avec l'auteur de l'article, pour le côté "j'ai survécu et ma vie continue, connard". Je trouve génial d'en parler, de briser les tabous, et de rappeler qu'on peut survivre à une agression sexuelle, que même si ça nous change, notre vie (et notre sexualité) peut quand même être chouette et épanouissante ensuite. :free:

L'utilisation du terme "violeur" ne m'a pas blessée, j'ai tendance à penser qu'un violeur en puissance est un violeur, mais ça n'engage que moi et je vois ce que vous voulez dire.
J'ai plus tiqué à tout le côté super-héroïne trop forte et courageuse qui a réussi à lui échapper, la Wonder Woman que tout le monde s'empresse d'admirer. Si c'est une héroïne, par comparaison je suis quoi moi ? Une victime ? Une lâche ? Trop faible pour avoir réussi à se sauver ? :sad:
C'est un peu culpabilisant et blessant (et en même temps, j'ai aussi envie de dire bravo à elle, et de lui faire plein de high five).
Je sais bien que ce n'est pas du tout ce qu'elle voulait dire (vu qu'on va me le répondre), mais ça me fait toujours bizarre de lire ce genre de témoignages et les commentaires admiratifs qui en découlent. Je suis heureuse pour elle qu'elle s'en soit sortie, ce jour-là et ensuite. Mais le côté forte et Wonder Woman me renvoie forcément à mon histoire (et à de nombreuses autres) et par opposition, à mon incapacité à avoir pu "me sauver". Et ça, je trouve ça un peu maladroit, pour toutes celles qui n'ont pas pu y échapper, pour quelques raisons que ce soit. :)
Personnellement, j'étais tombée il y a quelques jours sur un vieil article traitant sensiblement le même sujet écrit par Jack Parker, et je l'avais trouvé encore plus "culpabilisant", dans la veine de ce que tu disais (http://www.madmoizelle.com/agression-mais-ca-va-134439). Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, on a vraiment la sensation que, dans les deux cas, les auteures insinuent (malgré elles, sans aucun doute, je pense qu'il n'y aucune volonté de se placer en position supérieure) qu'il y a deux types de victimes lors des tentatives de viol: les warriors, et les autres. Et ça, ça fait mal, quand même.
C'est exactement ça. Et ça rejoint d'ailleurs une des réactions typiques des gens, quand tu en parles : "mais tu ne t'es pas débattue ? Tu n'as pas essayé de te sauver ?"
Hé bien non, désolée, moi j'ai flippé ma race à presque m'en pisser dessus, et j'étais incapable de bouger ou de réagir. Me semble avoir murmuré non plusieurs fois, voilà pour mes faits d'arme. Et du coup ouais, en en reparlant là, je culpabilise à nouveau, alors que je pensais être enfin claire vis à vis de ça. -_-
Culpabiliser les personnes qui ne se sont pas défendues lors de leur agression n'était évidemment absolument pas mon but, je ne me place pas au-dessus de vous parce que j'ai mis une patate à mon agresseur, j'ai bien conscience que chaque cas est différent et qu'on ne réagit pas tous-tes pareil dans ce genre de situation, il y a un paquet de facteurs à prendre en compte (et c'est pour ça qu'on avait précisé en début d'article qu'il s'agissait d'une expérience personnelle et de mon compte-rendu à moi, sur la façon dont j'ai vécu les choses).
Je comprends très bien ton point de vue, et comme je l'avais d'ailleurs dit (et pas que moi), on sait bien que le but de ce type d'articles n'est absolument pas là, tu n'as pas à t'en vouloir ou à t'excuser. Je pense qu'on a d'ailleurs toutes ici très bien intégré ça. :)
Dans tous les cas, il faut en parler, et objectivement c'est bien de voir des témoignages de filles qui ont pu s'échapper.
Personnellement, ça me renvoie juste à certaines choses pas cool et ça me fait sentir un peu minable sur le coup. Mais ne nous trompons pas d'ennemis, le problème ne vient pas de celles qui ont subi jusqu'au bout ou de celles qui se sont défendus. Le problème vient des violeurs, et comme le rappelait une Mad, de la société qui n'arrive pas à empêcher ce type d'agressions.
 
papillon2nui;4626208 a dit:
Merci de ton témoignage il est très rassurant, comme je l'explique dans mon post précédent j'ai vécu une expérience plus ou moins similaire et de voir que tu t'en es sorti est très encourageant.
Encore une fois merci!
Je viens de lire ton post, j'espère sincèrement que tu t'en sortiras également (ainsi que l'autre madmoizelle).

Je pense que ce qui m'a aidé, c'est le fait de pouvoir me confier et de voir que je n'étais pas la seule à avoir vécu un inceste (c'est peut-être bête, mais je pensais être la seule et que tout était de ma faute). En lisant des témoignages j'ai déculpabilisé car j'ai compris que ce n'était pas moi la fautive. "jeconnaisunvioleur.com" m'a beaucoup aidé, même si les témoignages sont parfois très durs à lire et très émouvants.

Je vois souhaite en tout cas de trouver toutes les deux le moyen de vous reconstruire et d'arriver à ne plus y penser trop souvent !
 
flotsam;4626557 a dit:
papillon2nui;4625845 a dit:
[...] et j'aimerai savoir ce qu'elles ont traversé après pour savoir à peu près à quoi m'attendre… Merci d'avance de votre aide.
Même si je ne permettrais pas non plus de parler au nom de toutes les victimes de viol, je suis passée par plusieurs phases : le dégoût de moi-même, la honte, la frayeur, la haine même, une haine que j'ai ensuite dirigée sur d'autres personnes qui n'avaient rien à voir avec ce que j'ai vécu, ou sur moi-même, en m'auto-mutilant par exemple. Mon "erreur" a été de ne pas en parler, de ne pas me rendre compte que je n'étais pas seule, et surtout que ce n'était pas de ma faute. C'est pour ça, à mon sens, qu'il faut répéter encore et encore, qu'on doit briser le silence. C'est peut-être bateau mais le fait d'en parler, de pouvoir poser des mots dessus, ça a fait la moitié du travail de guérison dans mon cas. Ensuite c'est le temps qui arrange ça, l'amour que tu reçois, la confiance que tu accorderas à des personnes qui te redonneront foi en l'autre.

Mais ce n'est que mon cas, certaines personnes ont besoin de beaucoup en parler, d'autres préfèreront oublier, et enfouir tout ça au fond de leur mémoire.

L'essentiel, à mes yeux, c'est de se souvenir qu'on n'a rien fait de mal, peu importe qu'on se soit défendue ou non, qu'on ait manqué de courage, qu'on ait cédé sous la menace, qu'on ait été habillée de manière "provocante" ... rien ne justifie un tel acte, rien du tout du tout du tout. La colère, la tristesse, la peur, c'est légitime de les ressentir, mais la culpabilité ne doit pas nous entraver. Même si c'est plus facile à dire qu'à faire.

Quoi qu'il en soit je te promets qu'on peut s'en remettre et être heureuse après ça <3
Merci merci beaucoup pour ton témoignage et ton aide!
 
ladymaa;4626005 a dit:
J'ai aussi ressenti cette impression de faiblesse en lisant l'article, parce que je n'ai rien pu faire pour empêcher les choses.

J'avais 13 ans et j'ai également fait un refoulement. A mes 17 ans, j'ai entendu un témoignage à la radio d'une fille ayant vécu un inceste et tout m'est revenu.

Je n'ai jamais voulu en parler, j'ai fait comme si rien ne s'était passé. Seulement quelques personnes sont au courant dont mon compagnon. Il ne comprenait pas pourquoi par moment j'étais terrifiée par les hommes, alors qu'à d'autres moments tout allait bien. Je n'ai jamais été voir un psy, j'avais trop peur des conséquences (même si aujourd'hui je réalise aujourd'hui que parler à une personne compréhensive m'aurait peut-être permis de me reconstruire plus tôt). J'ai passé pas mal d'années à fuir les gens, je ne voulais pas expliquer pourquoi les garçons ne m'intéressaient pas, ni pourquoi je ne voulais pas rentrer le soir par certains quartiers que je considérais - à tord ou à raison - comme à "risque" pour une fille de mon âge ou pourquoi je ne voulais pas prendre les transports en commun de nuit alors que ça ne gênait pas mes amies.

Aujourd'hui j'ai 25 ans, je suis en couple et m'ouvrir à ma meilleure amie, mon meilleur ami et mon compagnon m'ont permis de comprendre que, de un, je n'étais pas toute seule dans ce cas et, de deux, de pouvoir compter sur leur soutien dès que des scènes refont surface. J'ai de moins en moins de "souvenirs" qui me reviennent, et quand c'est le cas, j'arrive à ne pas y penser trop longtemps (même si ça peut durer encore quelques jours, alors qu'avant j'y pensais constamment). J'arrive presque à faire totalement abstraction maintenant.

Je ne veux pas parler au nom de toutes les victimes d'inceste, ni dire ce qui est le mieux à faire ou non car je n'en sais rien, mais comme tu voulais rencontrer d'autres personnes dans ton cas, j'ai voulu te répondre. J'espère donc que mon post pourra t'aider, ou au mieux ne pas te mettre mal. C'est possible de s'en sortir, et de ne presque plus y penser
Merci pour ton témoignage je me dis qu'un jour j'arriverai peut être à en voir l'issu. Faut que j'arrive à me relever mais en ce moment je veux juste oublier alors qu'il faut apprendre à vivre avec.
Mais un big up aux demoiZelles qui ont le courage de témoigner et celles qui s'en relèvent.
 
Toi et toutes les filles qui se relevent après un viol, qui baisent, boivent, mangent, font la fête, je vous admire tellement!
Bravo pour votre courage et tous les efforts que ça vous a pris!
 

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