L’homosexualité à l’adolescence — Témoignages

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Melissa, le 18 février 2016.

  1. Melissa

    Melissa
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  2. 3

    3
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    Life sucks

    C'est en lisant ces témoignages que m'est venue une question à l'esprit. Pardon à celles/ceux que je pourrais choquer, j'espère m'exprimer correctement mais je ne suis pas parfaite.:fleur: Je me demande si le terme homosexuel-lle n'est pas d'une certaine manière un frein au fait d'assumer des sentiments, pendant l'adolescence. Je m'explique. Au collège, je pense qu'on est gêné par ce qui touche à la sexualité, les termes utilisés, les images que ça transmet. Je trouve que le mot homosexuel-lle donne tout de suite un côté charnel, et non sentimental. Si il existait un mot pour dire "j'ai des sentiments pour une personne de même sexe" et non "j'ai des relations sexuelles avec une personne de même sexe", est ce que les ados seraient moins enclins à être gêné par le fait de déclarer vouloir/avoir des relations sexuelles avec quelqu'un? Faire passer les sentiments avant tout? Parce que pour moi, même si on peut avoir une vie sexuelle assez tôt, au collège on en est plutôt aux baisers, calins et tenages de mains :hugs:. Du coup je me demande si ce ne serait pas plus facile à accepter et à exprimer si comme pour une relation hétéro, les sentiments étaient la première chose qui viennent à l'esprit.
    Bien sûr je ne veux pas dire qu'il faut nier quoi que ce soit et renier les termes homosexuel-lle, bisexuel-lle et pansexuel-lle. Je pense juste qu'après tout, moi je ne suis jamais allée annnoncer à mes parents que j'étais hétérosexuelle. Juste que j'avais un copain. Donc pas de dimension sexuelle, juste sentimentale. Le reste ne regardait que nous.
    Encore pardon à celles/ceux que mes propos peuvent choquer ou vexer, je n'ai pas écrit ça dans le but de faire du mal mais de partager une interrogation. Merci à celles/ceux qui voudront bien partager leurs réponses avec moi.:v:
     
    Enimo et Lis ont BigUpé.
  3. Kymi

    Kymi
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    .

    @3 ça existe, remplace juste -sexuel.le par -romantique :)
    Mais je sais pas si ça changerait quelque chose vis-à-vis des adolescents. Ceux qui rejettent la non-hétérosexualité rejettent "tout" ce qui n'est pas normal selon eux j'imagine... Alors je ne sais pas si le fait que ce soit romantique et/ou sexuel change vraiment quelque chose. :/

    Pour moi, j'ai un peu l'impression d'être à côté de la plaque par rapport à tout ça.
    Jusqu'à peu, je me considérais comme bisexuelle, maintenant je flotte un peu plus dans tout ça, essayant de m'y retrouver, de me "mettre dans une case". Mais t'as une partie de moi qui s'en fout.
    C'est ça mon truc : je m'en fous. Je suis ce que je suis, je m'en fous de ce que les gens extérieurs peuvent penser de moi-même, je me bats pour les autres.
    J'me suis jamais vraiment questionnée pendant mon adolescence en fait, c'est arrivé après, y'a deux ans ptet. Avant, j'étais tombée amoureuse d'une fille et puis j'l'avais juste dit à mes proches, y'avait pas eu plus de réactions que ça, donc j'avais pas réfléchi sur le fait que ça pouvait être bizarre pour d'autres personnes.
    Maintenant, tous mes amis le savent, ma famille aussi, et rien n'a changé. J'ai d'la chance ptet. Même si à la manière de la mère de @Mlle C. ma mère a bugué quand je lui ai redit très clairement, et que ça m'a fait peur, maintenant (et même 30 minutes après), hop, on s'en fichait.
    Et puis, depuis les études sup, j'ai bien plus de personnes non-hétéros dans mon cercle d'amis et forcément, on n'a aucun problème par rapport à ça.

    Après, par rapport aux problèmes d'homophobie, etc, c'est de même depuis deux ans (à côté de la plaque je suis) que je m'en rends vraiment compte. Malgré le fait que j'ai rencontré des personnes géniales, j'ai aussi rencontré des gens qui le sont moins... Vive le campus.

    Mais j'ai quand même l'impression d'avoir flotté au-dessus de tous les problèmes que peuvent engendrer une non-hétérosexualité à l'adolescence, et heureusement. Je sais pas si c'est parce que j'y prêtais pas du tout attention, si ma "gangue de glace" comme je l'appelle a viré tout ce que je n'avais pas envie d'entendre... Je remercie le collège de m'avoir toujours considéré comme la "fille cheloue" pendant quatre ans, ça m'a forgé à tout ce que les idiots gens peu sympathiques pouvaient dire de stupide... :rolleyes:

    Wah, j'ai jamais autant écrit.
     
    Awdrey, Peace&Love&It;3, Mlle C. et 2 autres ont BigUpé ce message.
  4. 3

    3
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    Life sucks

    J'ignorais totalement le mot homo-romantique! Merci d'avoir étendu mes connaissances en vocabulaire :taquin:
    Je vous trouve très courageuses d'avoir reussi votre vie sentimentale envers et contre tout. Il faut un sacré mental pour dépasser la connerie ambiante.
    J'ai grandi dans une famille tolérante et ouverte, mais lorsque je constate la méchanceté et l'intolérance des autres, je me demande comment j'aurais réagi dans ce cas précis.
    Je crois que la société a encore beaucoup de boulot au niveau acceptation des autres...
     
    Melissa, Mlle C. et Kymi ont BigUpé ce message.
  5. Bananou

    Bananou
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    Un peu à la manière de @Kymi, je suis plutôt du genre je-m'en-foutiste vis à vis de ma sexualité.
    Mais ça n'a pas toujours été le cas. Un jour, alors que je devais avoir 13-14 ans, je me suis réveillée avec un véritable flash, j'aimais les filles. Vraiment. Et peut-être beaucoup plus que les garçons.
    Dans ma tête, j'étais donc bisexuelle, même si j'étais incapable d'avoir des sentiments pour une fille (probablement par mépris, allez savoir pourquoi).
    Et puis avec les années, j'ai réappris à aimer les hommes. Aujourd'hui, je ne me mets aucune étiquette (même si j'aime beaucoup la pansexualité - cependant, ça me semble tellement être logique que m'attribuer ce terme m'est impossible); je n'ai pas eu de relation avec une fille depuis des années, tout simplement parce que je n'ai pas rencontré de personne qui me donnerait envie d'aller plus loin.

    Mes ami.es l'ont toujours su, je ne me suis jamais cachée, mais niveau famille, ça a toujours été plus compliqué. Les opinions y étaient très tranchées, et les paroles parfois très blessantes, je n'ai donc jamais rien dit, pas même à mes parents (seule ma sœur est au courant). Malgré tout, je pense que ma mère est au courant. Elle le vivait assez mal quand j'étais ado, et je pense qu'avec les années, elle a presque admis la possibilité que je pourrais finir avec une fille. Quant à mon père, je n'arrive pas à savoir ce qu'il pense vraiment. C'est un vrai papa câlin, mi-ours mi-chaton, mais j'ai l'impression que pour lui, c'est une véritable inquiétude que je puisse finir avec une fille. Il ne me rejetterait jamais, mais je sais qu'il en souffrirait beaucoup.
    C'est dommage vu que je ne pense pas que ce sera le cas; j'ai beau aimer les filles, c'est plus un "loisir" qu'une "activité à temps plein". :yawn:
     
    Mlle C. a BigUpé ce message
  6. Lafastod

    Lafastod
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    Procrastination en cours.

    Merci beaucoup beaucoup beaucoup à toutes les personnes qui ont témoigné, et à Mélissa :hugs:

    C'est carrément ouf parce que j'ai relu mon adolescence racontée par d'autres.
    Alors au final, ce que j'en garde, c'est qu'il faut que je tente au maximum d'être la pote que j'aurai aimé avoir à cette période là, et d'être la référente qui me manquait tant à l'époque.
    C'est ouf en fait, parce que dans les histoires, presque tout le monde a manqué de ce ou cette référent.e pour s'identifier et surtout se rassurer. Alors je me dis qu'il faut que je sois ça.

    On a toutes à peu près dans les mêmes âges, et je me demande vraiment si ça a changé maintenant, ou c'est c'est pire.
    Après, avoir 13 ans au moment des actions de la manif pour tous, j'ose même pas imaginer ce que ça peut faire.

    Comme dans l'article, moi j'étais team "Je sais pas trop que ça existe", donc persuadée que la seule alternative était bonne soeur. Et que donc n'étant pas intéressée par les garçons, j'allais être envoyée au couvent, d'où mon acharnement à faire "comme si" les garçons me plaisaient. Je me forçais pas, j'aimais bien les garçons, et ouais, Tom Welling, il est beau. C'est juste que quand mes potes ont commencé à parler de sentiments, je me suis dit "ah oui, alors non, du coup. Là, je ne comprends plus trop, je vous suis pas, déso", tout en continuant de jouer le jeu. (LA PEUR DU COUVENT)
    Et quand j'ai découvert grâce à l'internet que les lesbiennes, ça existait. BOOOOOOOOOUM. Feu d'artifice, tout semblait BEAUCOUP plus logique.
    Après, il restait "juste" à s'avouer tout ça :cretin:


    Et @3, en fait, le mot est pas gênant. Les mots qui le sont, ce sont tous ces trucs banalisés qu'on entend justement aux récrés des collèges "sale PD", "tapette", "on diré t gouine lol" etc etc etc.

    Pour "homosexuel" le vrai problème au collège bien au delà du mot, c'est que tu ne te reconnais pas dans la norme. Tu restes en marge, peu importe l'étiquette que tu/qu'on te colle. Que tu dises homosexuel ou homoromantique, y'aura toujours un moi VS eux.

    Et étrangement, maintenant, je suis plutôt contente d'entendre des gens dire "lesbienne" ou "homosexuel.le". Parce que je sais à quel point c'est simple de laisser filer un terme offensif, même sans faire gaffe, et à quelle vitesse tes potes peuvent dire "elle est gouine" sans penser à mal. Donc aujourd'hui, quand j'entends "elle est lesbienne/homo", je me dis HELL YEAH.
     
    Growing Entish, Awdrey, Kymi et 3 autres ont BigUpé ce message.
  7. Melissa

    Melissa
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    Encore un grand merci pour ton témoignage, et tous ceux que j'ai reçus ! <3 J'avais de quoi faire dix articles effectivement :d
     
    Thedreaming, Kymi, Mlle C. et 3 autres ont BigUpé ce message.
  8. Lafastod

    Lafastod
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    Procrastination en cours.

    *attend les 9 autres*
     
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  9. Zamonie

    Zamonie
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    #Entière

    Trop cool cet article ^^

    Je suis un peu dans le même cas, pour l'instant je me définis comme "non-hétéro" (je reprends le mot, j'en ai enfin trouvé un qui me définisse sans virer aux explications sans fin, merci !).
    Je pense que ça fait très longtemps que j'ai des doutes sur ma sexualité, sans que ça me perturbe plus que ça. J'ai eu un petit ami, des relations temporaires avec des gars etc Mais l'idée a fait son chemin dans mon esprit, et surtout ces derniers mois, avec la fréquentation de ce merveilleux magazine et de toute la culture autour, et de façon générale d'internet. J'ai réalisé que j'aimais bien regarder les filles aussi, que l'aspect physique des garçons me passait généralement totalement au-dessus de la tête (oui j'ai passé la moitié de ma vie à mentir à mes copines sans m'en rendre compte, quand elles demandent si je trouve untel beau. Cette question m'avait toujours beaucoup embêtée, je comprends mieux pourquoi maintenant ^^) Et que clairement je suis littéralement fascinée par certaines filles, au point de vouloir les coller à vie et d'inventer des stratagèmes idiots pour rester avec elles voir obtenir un contact physique, même le plus banal.
    Je n'ai pas encore eu l'occasion (ou le courage) d'en parler à mes amies d'enfance. Je n'ai rien dis non plus à mes parents, je préfère attendre que tout cela s'éclaircisse ou se concrétise. Mais je sais que ça ne leur posera très certainement aucun problème, la compagne de ma tante a été naturellement "adoptée" par tout le monde, sans que ça fasse le moindre remous (bon après à l'époque où elles l'ont annoncé, j'étais assez jeune, je n'ai peut-être pas tout su ; mais ce qui est sûr c'est qu'elle fait partie de la famille au même titre que n'importe quel autre conjoint)
     
    Growing Entish, Lafastod et Peace&amp;Love&It;3 ont BigUpé ce message.
  10. Melydo

    Melydo
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    J'utilise le pronom il (ou iel) + masculin

    C'est fou de constater à quel point les personnes ayant découvert leur homosexualité/bisexualité/pansexualité à l'adolescence (voir en tant que jeune ado, 13 14 ans) sont nombreux.ses !
    Personnellement, je ne me suis rendu.e compte que j'étais pan qu'à l'âge bien avancé de 20 ans :cretin: Et avant, bon, je ne me disais pas hétéro (un pressentiment que le mot ne collait pas du tout tout à fait ?) mais je supposais plus ou moins par défaut que même si le genre des gens n'influait pas trop de mon point de vue, j'allais quand même être intéressé.e uniquement par des garçons (oui alors j'explique, je suis afab donc ça découlait de la présomption d'hétérosexualité).
    Je sais qu'il y a aussi beauuucoup de gens qui se sont découverts plus tard hein, mais du coup c'était perturbant de voir tous ces témoignages, j'ai l'impression qu'ils parlent d'une période que j'aurais dû connaitre mais que j'ai évité (ou plutôt devrais-je dire qui m'a été épargnée car ce n'est pas toujours facile loin de là).

    A quand un article sur le fait que même quand on se découvre homo/bi/pan après l'adolescence, on est quand même légitimes ? :taquin:
     
    Growing Entish, Kymi, Mlle C. et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  11. Bouledenerfs

    Bouledenerfs
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    Big up et grosses bises à toutes celles et tous ceux qui ont témoigner et aux autres. Je ne m'étais jamais rendu compte combien l'adolescence pouvait être difficile pour les gens pas hétéros donc vraiment tout mon soutien :fleur:

    Par contre c'est quoi être pansexuel?
     
  12. Bananou

    Bananou
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    @Bouledenerfs C'est une personne qui ne fait pas de différence en fonction du sexe "anatomique" et du genre de l'autre. Donc ça inclut les personnes transgenres, notamment :)
     
    Bouledenerfs et TheMadTink ont BigUpé.
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