« Ni Bonnes, ni Nonnes, ni Pigeonnes » : les infirmières en ont assez — Le Petit Reportage

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Emilie Laystary, le 21 mai 2013.

  1. Emilie Laystary

    Emilie Laystary
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    Journaliste indépendante (VICE magazine, madmoiZelle, RTL, 90bpm, Slate, les Inrocks, Technikart)

  2. Pinceau_

    Pinceau_
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    Cherche le divin en toi plutôt que le diable chez les autres.

    Intéressant cet article :)

    Je ne suis pas infirmière mais 2 de mes meilleures amies le sont. Quand je vois ce qu'elles ont du apprendre pendant leurs études (des pages et des pages de par coeur...), quand elles me disent en quoi consistent leur travail (nettoyer, changer les patients qui se font dessus, des tas de tâches pénibles et peu ragoutantes..), vraiment leurs conditions de travail me font bondir. Elles sont essentielles au bon fonctionnement d'un hôpital, cela me semble évident, et pourtant leur profession est dévalorisée... C'est vraiment scandaleux !

    Ce sont elles (et eux) qui s'occupent le + des patients, qui devraient pouvoir leur parler pendant leurs baisses de moral, qui devraient pouvoir s'entretenir avec les familles (car les familles aussi souffrent et ont besoin de soutien), mais elles ne le peuvent pas car sont en sous-effectif.

    Enfin pour moi, ça fait vraiment partie des métiers essentiels à la société qui doivent être reconnus comme tel.
     
  3. littlerudy

    littlerudy
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    En (re)construction !

    Malheureusement, on vit tellement dans une société où il n'y a que l'argent, le business, la rentabilité (ouais ouais on entend ça dans un hôpital -_-) qui ont leur place qu'on en oublie l'essentiel...
    Forcément, la bonne santé physique et psychologique d'un patient ne remplit pas les caisses hein...
     
  4. katnissvsw

    katnissvsw
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    Guest

    Merci beaucoup pour cet article.
    J'ai moi aussi une amie en école d'infirmière et d'autres personnes que je connais qui exercent aussi cette profession.
    Mais bon comme disent les autres, on fait tout pour que les services publics se dégradent dont les hôpitaux.
     
  5. Mad_Summers

    Mad_Summers
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    Super article!
    De manière générale, le secteur sanitaire et social manque de reconnaissance. Beaucoup de professions demandent une revalorisation de leurs salaires et plus de reconnaissance.

    Après dire qu'on a dû mal à recruter les infirmières, c'est pas tout à fait exact. Le concours d'entrée est extrêmement sélectif et difficile à avoir, c'est plutôt ça qui fait qu'on manque d'infirmière. Y a pas assez de classes, parce que des gens qui passent les concours dans le sanitaire et le social y en a quand même pas mal!
     
  6. Leech

    Leech
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    Have less. Do more. Be more.

    Je ne peux que plussoyer cet article ! Ayant une mère infirmière, j'ai eu quand même des échos sur les conditions désastreuses dans le milieu infirmier...

    Le travail en sous-effectif, la rentabilité, les cadres mettant de plus en plus la pression, etc. En fait, l'hôpital est en train de se transformer en vraie industrie. Il s'agit là des mêmes méthodes qui sont adoptées dans toutes les entreprises, usines. Et j'ajoute à cela aussi le harcèlement moral. Pousser vers la sortie les plus anciens afin de n'avoir que des "jeunes" sortant des écoles, à l'esprit bien malléables. Les plus anciens ayant connus "l'ancien système" sont par conséquent ceux qui sont les plus touchés par ces changement (je sais pas si je suis très claire).

    Ma mère, plutôt grande gueule et pas du genre à se laisser marcher dessus, en a subit les conséquences. Harcèlement moral permanent avec sa cadre. Ca n'a pas loupé, dépression et arrêt maladie pendant plus de 6 mois. Et elle est loin d'être la seule. Notre voisine, infirmière aussi, a failli se foutre en l'air. Et des suicides dans le milieu hospitalier, il y en a ! Ce n'est pas qu'à France Télécom que le travail tue. C'est partout.

    La situation est tellement catastrophiste, à tous les niveaux, dans tous les secteurs d'activité ! Quand la seule chose qui compte c'est le profit, c'est l'humain qui en paie les frais.

    Je vous conseille la série de documentaire La mise à mort du travail :

    Avec trois thèmes majeurs qui sont "La destruction", "L'aliénation" et "La dépossession", cette série exceptionnelle met à nu les nouvelles organisations du travail, les relations de manipulation et de pouvoir et les souffrances qui en découlent. Un résultat inédit et édifiant.

    Ca fait froid dans le dos... :erf:
     
  7. DestyNova_

    DestyNova_
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    Monde de Merde.

    Je trouve qu'il y a deux types de professions qui sont complètement dévalorisées (en grande partie par l'état) c'est les professions de soin (aides à domicile, infirmières et médecins) et l'enseignement (avec 5 ans d'études - même avant la réforme 3 ans pour la licence + 2 ans d'IUFM - ils ont beaucoup de mal aussi à avoir un salaire et une retraite décente).  Pourtant ce sont deux professions très importantes dans notre société (ce sont nos vieux et nos enfants). Je trouve ça assez grave qu'on ait si peu de respect pour eux.
     
  8. Emilie Laystary

    Emilie Laystary
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    Journaliste indépendante (VICE magazine, madmoiZelle, RTL, 90bpm, Slate, les Inrocks, Technikart)

    Oui ! Je te plussoie complètement pour cette série de documentaires. Jean-Robert Viallet a d'ailleurs reçu le prix Albert Londres 2010 pour cette fantastique trilogie. Pour l'anecdote, le réalisateur avait également travaillé sur Dancer in the Dark de Lars von Trier.

    Toujours du même auteur, je vous conseille également Le Temps de Cerveau Disponible, diffusé en 2010. Très bon, également.
     
    #8 Emilie Laystary, 21 mai 2013
    Dernière édition: 21 mai 2013
  9. Titpuce

    Titpuce
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    Dans mon service, on a pas de médecin jusque minimum août (et encore on ne sait pas si elle va revenir). C'est une roumaine qui a été embauchée au mois de mars suite au départ de notre médecin. Ce nouveau médecin est très sympathique mais elle n'était présente que 2 semaines tous les 15 jours car travaille toujours en Roumanie en même temps En plus, son fils lui manque et du coup elle a demandé à ne pas revenir pendant 3 mois. Du coup, pour l’administration de mon établissement c'est tout bénéf : sur le papier on a un médecin mais dans la réalité ils ne paient pas ce médecin pendant 3 mois ! Super hein. Sans parler de la prise en charge qui fût plus que légère par ce nouveau médecin avec des changements de traitements le jour de son départ, et cela sans prévenir le patient (c'est pas drôle sinon), et ça en psychiatrie ça passe moyen surtout qu'on a une patiente qui l'a très mal pris mais nous a dit que c'est pas de notre faute. C'était ça ou un passage à l'acte qui aurait pu être violent sur ma collègue (heureusement la patiente été un peu stabilisée).

    On a aussi un médecin généraliste mais qui vient qu'une seule fois par semaine (et encore quand on l'appelle chais pas combien de fois parce que des fois elle ne veut pas venir) et s’occupe de certains patients et pas d'autres. Genre là on a une patiente diabétique qui a des glycémies pourries depuis plusieurs mois, on arrête pas de mamailler avec les doses d'insulines et en disant qu'il lui faut une consultation en diabéto mais non notre médecin généraliste ne veut pas !

    Voilà juste un petit exemple de la situation, super hein. On a juste l'impression de ne pas trop être pris en compte, heureusement que notre cadre nous soutient !

    Malgré tout ça, j'aime quand même mon boulot. Par rapport à l'effectif, j'ai beaucoup de chance car dans mon service, on est au complet, personne n'est jamais en arrêt maladie et il y a une très bonne ambiance entre nous (choses rares tout ça et j'ai conscience de ma chance de ce côté là). Mais je trouve qu'on est bien trop laissé sur le carreau par le gouvernement au détriment du patient. Et je dois avouer que c'est pas du tout ce que j'imaginais en faisant l'école d'inf !
     
    #9 Titpuce, 21 mai 2013
    Dernière édition: 21 mai 2013
  10. Jane Smith

    Jane Smith
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    J'aime pas les gens qui ont tort quand ils disent qu'ils ont tord.

    J'ai raccroche definitivement ma blouse il y a 2 ans et honnetement ca ne me manque pas du tout... C'est un metier usant aussi bien physiquement que mentalement avec tellement peu de reconnaissance... "oui mais c'est une vocation..." La bonne blague.

    Big up a toutes mes copines de promo qui continuent (je sais que certaines lisent Madmoizelle) et big up a toutes celles qui ont arrete (soit en route, soit apres un an d'exercice...) et bon courage a tous les IDE.
     
  11. ephemere-2

    ephemere-2
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    Lost Guest

    Déjà merci pour cet article ! Plus on en parle mieux c'est !
    Je suis étudiante infirmière et je ne peux qu'être d'accord. Rien qu'être étudiante infirmière ce n'est pas toujours facile (exploitation, indemnités de stage ridicules)..
    Le problème c'est que peu d'IDE et d'étudiants sont vraiment prêts à se battre pour améliorer nos conditions de travail..
    C'est un métier fatiguant physiquement et moralement et sous payé. Mais ça reste mon futur métier.. Parce que je veux soigner tout en étant au plus près du patient.. En espérant que d'ici que je sois diplômée les choses aient changé.

    Ah et un petit mot pour les aides soignantes qui font un travail formidable et si peu reconnu.. Ce sont elles qui sont au plus près du patient, sans elles aucun soin n'est possible.
     
  12. Ashraa

    Ashraa
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    BIG UP à Titipuce : je bosse en psy aussi .
    SAMU qui refuse de se déplacer si le patient respire encore ( si , si ! ) alors que notre annexe est à 20min de l’hôpital sans AUCUN généraliste, 1 ECG pour 5 services ( à se partager) etc...
    Nous travaillons constamment en effectif minimum. En cas d'HO à aller chercher on peut travailler comme SEULE IDE pour 36 patients ! Ça dérange personne.

    Je viens de démissionner de l’hôpital public, démission accordée 3 mois après la date demandée car ils n'arrivent plus à recruter ( tu m’étonnes ! ) .
    Je tente un DERNIER poste de nuit dans le privé avant une reconversion totale. J'exerce depuis 5 ans seulement.
    Je suis dégoûtée à jamais du métier car le salaire est ridicule face aux responsabilités, heures suplementaires ( non payées, impossible à récupérer , absence de vie  familiale et sociale, accident de travail ( blessures du dos et articulations, coups reçus de patients) etc...

    L’État s'en fout, on est pas rentable, on est pas médiatiques lors des élections.... Bientôt   il sera IMPOSSIBLE d'avoir des soins corrects ( la qualité n'y est déjà plus) dans le public.

    Ps : J'ai du déménager car impossible de trouver un poste dans le privé à moins de 80km de là où j'exerçais avant. Les postes dans le privé en province se font rares tellement les IDE fuient le public !
     
    #12 Ashraa, 21 mai 2013
    Dernière édition: 21 mai 2013
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