Pourquoi a-t-on peur des mathématiques et comment y remédier ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Justine_, le 16 mai 2017.

  1. Justine_

    Justine_
    Expand Collapse
    En hibernation
    Membre de l'équipe

    aureolavie a BigUpé ce message
  2. Dame de lotus

    Dame de lotus
    Expand Collapse
    La pensée ne doit jamais se soumettre

    Très chouette article !

    Je me suis souvent posé pas mal de questions sur cette attitude récurrente, émanant de ceux et celles qui ne sont plus amenées à faire des maths (ou de la chimie, ou de la physique, qui emploient les maths comme "langue usuelle" à divers degrés), qui consiste à dire un truc comme "oh c'est pas mon domaine, c'est pas pour moi" quand un sujet "scientifique" est abordé. Ca passe toujours bien, alors que s'il me prend l'envie de me dédouaner de la même façon pour, disons, de la politique, on me regardera en se disant "mais enfin, qu'est-ce qu'il y a de compliqué, tout le monde peut comprendre" (je ne fais pas ça, mais on a l'idée).

    J'ai l'impression que c'est une façon de balayer l'anxiété perçue quand on était obligés de faire des maths. Se dire "je ne suis plus obligée d'en faire, et quand bien même, j'ai le droit de rien comprendre, c'est pas mon truc, donc j'arrête d'écouter et personne ne peut me le reprocher parce que tout le monde admet que les maths, c'est que pour les matheux". Je trouve ça un peu dommage, mais mis en lien avec cette anxiété, ça a du sens...
     
    TrustMe I'm a (al)chemist, Justine_ et Bloomen ont BigUpé ce message.
  3. skippy01

    skippy01
    Expand Collapse
    Kangourou de secte.

    Mais est-ce que cette anxiété ne touche que les maths ou est-ce que d'autres matières ont ce problème ? Si c'est le cas, pourquoi l'article s'est-il focalisé sur les maths ?
     
  4. narvali14

    narvali14
    Expand Collapse

    en quoi la peur des math est elle différente de celle des autres matières?
     
  5. Morpheme

    Morpheme
    Expand Collapse

    @skippy01 Ca peut clairement toucher d'autres "matières", l'orthographe entre autres. Mais ce qui est spécifique aux maths, je pense, c'est qu'il y a une dimension genrée. Il existe un stéréotype qui veut que les filles soient moins bonnes en maths que les garcons. Des études ont même démontré que les profs peuvent le renforcer. Les maths c'est aussi un peu la matière scientifique par laquelle on va déterminer ta compétence dans toutes les autres: tu veux être physicien, médecin, ingénieur ? Il faut "être bon en maths". Ensuite y'a aussi le fait que les matières et filières scientifiques sont en général plus valorisée socialement. Donc cette anxiété des maths, elle a des conséquences sociales aussi.
     
    Endless, Babitty Lapina, Nastja et 3 autres ont BigUpé ce message.
  6. Bloomen

    Bloomen
    Expand Collapse
    Plop.

    Mon père est ingénieur. Quand il est stressé, il résout des équations imaginaires dans sa tête... Les maths lui font le même effet que la musique ou la danse sur moi !
    Quand au collège, il m'expliquait les maths, il m'engueulait (je pleurais quasi-systématiquement) parce que je comprenais pas assez vite (et en plus, pour expliquer une notion apprise en cours, comme il ne se souvenait pas des règles, il les déduisait donc je comprenais encore plus rien parce que j'étais/peux encore me montrer d'ailleurs très scolaire et puis v'la, j'étais en 4è quoi). Le truc marrant, c'est que tous mes copains ont toujours été des matheux, des bac S, des ingénieurs *Oedipe, my love* alors que je suis un stéréotype de bac L avec ma sensibilité artistique et mon 5 au bac de maths..
    Faut dire aussi qu'en CE1, je me souviens qu'on avait deux instit's : une pour le français et une pour les maths. J'adorais ma prof de français et c'était facile pour moi. J'étais/me sentais déjà nulle en maths et me souviens d'une feuille d'exercices annotée de 3 zéro sous mes yeux en rouge. L'enfer. Après, ça s'est jamais arrêté : je me suis faite humiliée au tableau jusqu'aux larmes parce que je comprenais rien, je me suis faite déchirée avec un 4 en maths au lycée avec vous savez, ce type de prof qui enfonce bien le clou devant toute la classe sur son incompréhension face à ta supposée totale nullité (une fois j'ai réussi à avoir un 18, je sais pas pourquoi, ni comment, à croire que c'est réellement un blocage).

    Mon copain d'aujourd'hui est ingénieur donc et il est bien logique et terre-à-terre (l'inverse de moi quoi) (ceci dit, mon père est matheux et pas forcément logique et terre-à-terre au quotidien donc y a pas de lien en fait..). Il m'a un peu réconciliée avec les maths et il m'a montrée, vraiment, comment je pouvais avoir besoin de quoi dans des situations pratiques. Je le savais déjà bien sûr (souvenez-vous de la part de gâteau) mais c'est juste que là, il me disait "bon, allez, ça tu peux le calculer de tête/si tu fais preuve d'un peu de logique, comment tu peux faire, etc." Je lui en suis très reconnaissante et je comprends qu'on puisse trouver ça fun voire même poétique au final..!

    Je pense que les maths = LA SCIIIIIIIIENCE. Alors que les cours d'arts plastiques ou d'éducation civique, j'imagine que ça n'a jamais fait peur à personne vu le pauvre temps qu'on y passe. Pour les arts plastiques, les gens peuvent dire "bon, ben je suis nul" et ils passent à autre chose. Personne va jamais dire à quelqu'un d'autre "Quoi, tu sais pas dessiner ?!" sauf au Pictionnary. C'est pas valorisé socialement, dans le sens où ça rapporte pas de flouz, ça "sert à rien" (on me l'a déjà dit) (ça produit rien l'art, tu peux pas construire une chaise avec un marteau et des clous avec l'art) en plus, c'est souvent ramené au "génie", à "l'inspiration", à un truc impénétrable donc si tu sais pas faire, c'est que t'es pas touché par la grace, pas que t'as pas assez bossé. Quant à l'éducation civique, tout le monde s'en fout, les profs (que j'ai eu) les premiers. Bref, je pense que ça tient au statut de la science. Et en général, au regard qu'une société pose sur toute chose et à l'importance qu'elle lui donne socialement, économiquement, toussa, ce qui se manifeste en temps passé dessus par exemple.

    Quand tu veux démontrer qqch aujourd'hui et te faire prendre au sérieux, t'invoques pas l'expérience de Tonton Jacques ni te réfère à la Bible, t'invoques... "La Science" (parfois correctement, parfois n'importe comment). Par ailleurs, les filières scientifiques sont celles vers lesquelles les parents veulent diriger leurs enfants parce qu'elles laissent (soi-disant ?) plus de portes ouvertes et offrent plus de passerelles --> ça ouvrirait vers des fonctions de type cadre --> plus de thunes --> réussite sociale comme dit @Morpheme --> JACKPOT, t'as réussi ta vie ! --> grosse pression. De mon côté, c'est clairement ça je pense. Mon père a quitté un pays pauvre en faisant des études d'ingénieur et il a réussi (selon la définition donnée avant). Il est la fierté de la famille. Ses coups de pression a posteriori, ne m'étonnent donc pas.
     
    #6 Bloomen, 16 mai 2017
    Dernière édition: 16 mai 2017
  7. Justine_

    Justine_
    Expand Collapse
    En hibernation
    Membre de l'équipe

    @narvali14 @skippy01 Selon les chercheurs-es mentionné-e-s dans l'étude, il existerait une anxiété spécifique liée aux mathématiques, que nous n'éprouverions pas pour les autres matières. Les chercheurs-es proposent plusieurs explications pour cela (c'est une discipline avec une forte image, une forte réputation de "difficulté", l'anxiété peut également être transmise par notre entourage,...).
    Et c'est sans compter, comme le dit @Morpheme, la "menace du stéréotype" : on sait qu'il existe un stéréotype, dans la société, selon lequel les hommes pourraient être plus doués en sciences que les femmes. Ce stéréotype peut être menaçant pour les femmes : il peut interférer avec leurs performances ! En tant que femme, je peux craindre de confirmer le stéréotype - et cette peur peut impacter ma performance à un exercice, par ex...
     
  8. narvali14

    narvali14
    Expand Collapse

    @Justine_ , je ne comprends justement pas pourquoi cette anxiété serait spécifiquement liée au mathématique et pourquoi les explications proposées ne pourraient pas s'appliquer aux autres matières, si tu es nul en anglais/français/philo tu vas stresser, le stress va faire que tu vas moins bien réussir et ainsi de suite ce n'est pas vrai que pour les math. Pareil pour l'entourage qui influerait sur la perception de la difficulté, je ne connais pas les chiffres mais au lycée, il y a plus de personnes qui choisissent la filière S que ES que L (il est vrai que je ne prend pas en compte les filières professionnelles, mais je ne m'y connais pas assez) qui n'ont à priori pas de phobi des maths (sans forcément être excellent dans ses matières) mais qui en ont pour d'autres matières.
     
    aureolavie a BigUpé ce message
  9. Hyperbole

    Hyperbole
    Expand Collapse
    Pas de Valse

    Je me sens tellement concernée. Je viens d'une famille de scientifique ( en fait soit tu es scientifiques/matheux soit ils sont illettrés #pasdepression). Au collège, j'étais plutôt bonne en math, je trainais dans les 15 de moyenne en math, ma prof était géniale, elle était ultra pédagogue. En arrivant au lycée, on m'a assigné dans une classe forte parce que j'avais des bonnes notes généralement. Et là ... j'ai me suis pris un mur en sciences. Je souffrais de dysménorrhée, autrement dit des douleurs liées au règles qui m'obligeaient à rater une semaine de cours par mois. La prof de math/prof principale était atroce malgré que ma mère/docteur lui envoie des lettres pour expliquer mon état, elle n'a rien voulu savoir. Alors quand j'ai fini l'année avec 3 de moyenne en math et autour des 8-9 en sciences et bah pour la bonne élève que j'étais ça a été rude. Mais ça ne m'a pas empêché de faire ce que je voulais, j'ai eu mon bac avec mention TB et j'ai réussi mes 5 années de supérieur sans avoir rédoublés un seule fois. Mais maintenant que je veux faire une école de commerce relativement prestigieuse ça me bloque psychologiquement. Je stresse énormément à l'idée que l'an prochain je doive préparer des tests liés au math (TAGE MAGE, pour celle qui connaissent). J'ai l'impression de ne plus savoir calculer, comme si j'avais perdu tout ce que j'avais appris auparavant.
     
    Blumeen a BigUpé ce message
  10. aureolavie

    aureolavie
    Expand Collapse
    Blogueuse lifestyle [URL]http://aureoand-co.blog4ever.net[/URL]


    Bonjour moi ça m'ennuie rien qu'à la vue des chiffres.
    je crois que j'ai du être traumatisé par un ancien prof.
    J'ai honte de le dire mais ma fille est plus forte que moi au calcul mental (cm2)...
     
  11. Nastja

    Nastja
    Expand Collapse
    What would Joan Holloway do?

    Moi ce qui m'a toujours fait peur dans les maths c'est le côté: soit c'est juste soit c'est faux, le côté science exacte.

    Il n'y a pas d'entre deux et tu peux avoir rapidement zéro si t'as rien pigé ou si t'as fait une erreur de raisonnement ou 20 si tout est juste.
    Pour les autres matières c'est plus libre, tu peux broder, sauver les meubles, mobiliser des connaissances persos ou de l'émotion, du ressenti, comparer... bref le champs des possibles m'a l'air plus vaste là où en maths c'est très binaire: soit c'est juste soit c'est faux.

    Le côté "abstrait" me tuait également. Toute la scolarité j'ai voulu donner une signification à "x" ou "y" (encore moins x2... wtf x2 sérieux???). J'essayais de remplacer x par l'équivalent du point d'interrogation, le chiffre mystère à trouver. Or il ne fallait pas trouver un nombre entier au fameux chiffre mystère mais une autre série de chiffres mystères :ko:
    Impossible de comprendre le principe d'une équation, d'une factorisation ou que sais-je.
    Bref j'avais besoin de concret et clairement je ne comprenais pas, ça dépassait mon intelligence. D'ailleurs je me sentais bête en cours de maths alors que je suis intelligente.
    En plus de ça, j'ai toujours eu des profs (femmes, comme quoi les maths c'est pas si genré que ça) un peu "pressées", un peu strictes. Du style "hop on passe à la suite même si t'as pas compris". Y'avait un côté "marche ou crève" que je ne voyais pas dans les autres matières (qu'est-ce qu'on a revu 1000 fois les bases en anglais, en allemand et en français et ça chaque année!).

    De plus, j'étais pratiquement incapable de faire du calcul mental (même aujourd'hui je compte plus ou moins sur mes doigts dès que ça dépasse les dizaines) et je dois toujours re-checker comment calculer un pourcentage (plus ou moins maintenant j'arrive à évaluer mais pas à donner un chiffre exact).
    En primaire, je peinais déjà avec les opérations pour additionner des heures et des minutes (et ne parlons pas de la soustraction vu que la base c'est 60 et non 10!)
     
    Blumeen, TrustMe I'm a (al)chemist et Babitty Lapina ont BigUpé ce message.
  12. narvali14

    narvali14
    Expand Collapse

    Il y en a que justement ça rassure, ils savent qu'il existe une solution et qu'il n'y a pas d'interprétation posiible contrairement aux français ou quand on analyse un texte on se retrouve à dire "par cette figure de style, l'auteur a voulu dire ça" alors que si ça se trouve pas du tout, c'est pas parce que nous on l'interprète d'une manière qu'un autre l'interprétera comme nous.
     
Chargement...