Un peu de poésie

Sujet dans 'Forum Littérature / BD / Manga / Comics' lancé par Dame Verveine, le 25 mars 2016.

  1. Dame Verveine

    Dame Verveine
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    comme un posca dans les mains du Caravage

    Bonsoir !

    Je vous propose de partager ici vos poèmes, vos vers ou vos strophes favorites, afin de mettre un peu de poésie dans ce forum :)

    AInsi ces mots trouvés au hasard d'un bouquin ou d'internet ne tomberont pas dans l'oubli, et on pourra lire de la poésie entre deux articles de madz, entre facebook et vos révisions de partiels, comme ça en passant, sans avoir à s'y plonger vraiment (parce qu'avouons-le, les contemplations de Victor Hugo, faut quand même être motivé-e)

    :fleur:
     
    Anlodar, Speranza, Tante Clara et 3 autres ont BigUpé ce message.
  2. Dame Verveine

    Dame Verveine
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    comme un posca dans les mains du Caravage

    Du coup comme je lis du Aragon en ce moment, je lance quelques strophes issues des Yeux d'Elsa :

    Je tresserai mes vers de verre et de verveine,
    Je tisserai ma rime au métier de la fée
    Et trouvère du vent je verserai la vaine
    Avoine verte de mes veines
    Pour récolter la strophe et t'offrir ce trophée
    ___________________________

    Que ton poème soit pour les lieux sans amour
    Où l'on trime où l'on saigne où l'on crève de froid
    Comme un air murmuré qui rend les pieds moins lourds
    Un café noir au point du jour
    Un ami rencontré sur le chemin de croix
    ___________________________

    Je criais, je criais, ta lèvre est le vers où
    J'ai bu le long amour ainsi que du vin rouge

    Je reviens bientôt avec du Verlaine et du Prévert ;)
     
    Ypsilon, Maïline, Babitty Lapina et 2 autres ont BigUpé ce message.
  3. petitegazelle

    petitegazelle
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    Ecrire me rend heureuse et dingue à la fois.

    Quelle bonne idée de topic :top:
    J'aime beaucoup le premier extrait :puppyeyes: Je mets souvent des extraits de poèmes sur ma page facebook, je me permets de te le piquer ;)

    A mon tour:
    "Un jour tu sentiras peut-être
    Le prix d'un coeur qui nous comprend,
    Le bien qu'on trouve à le connaître,
    Et ce qu'on souffre en le perdant."
    (Musset)
     
    Sasha., sweetonic, Kox et 4 autres ont BigUpé ce message.
  4. Maïline

    Maïline
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    See you space cowboy.

    C'est une super bonne idée ça, ça me fait même ressortir de mon sous-marin

    Je préfère -ou plutôt je connais mieux- la poésie en prose, et mon recueil préféré est certainement les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs. C'est de la poésie érotique, mais j'en ai choisi un tout doux, pas trop sexuel, très tendre.

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    D'ailleurs, quand vous lisez de la poésie,est ce que vous la lisez à voix haute ? est-ce que vous picorez des poèmes, ou bien vous lisez un recueil comme vous liriez un roman ?
     
    Dame Verveine a BigUpé ce message
  5. Dame Verveine

    Dame Verveine
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    comme un posca dans les mains du Caravage

    @Maïline Je ne connaissais pas du tout, magifique texte ! :loveeyes:

    Ravie de t'avoir fait sortir de ton sous-marin, n'hésite pas à poster d'autres extraits, Je sens que je vais aimer :)
    J'adore la prose d'Apollinaire et d'André Breton mais à par eux je n'y connais pas grand-chose...

    Je reviens avec un texte assez connu, mais je l'adore
    Prévert :

    Un enfant sage comme une image regarde une image
    Qui représente un enfant sage comme une image qui
    Représente un enfant sage comme une image
    Qui représente…
    Mais l’enfant en a assez de cette unique représentation,
    Il veut que le décor change et toute la pièce avec.
    « Cette image que je regarde, j’en fais ce que je veux,
    Ça me regarde.»
    Il détache la page avec soin, la déchire, lance les morceaux
    En l’air et attend que ça retombe, en désordre.
    Et il ordonne ce désordre à sa guise, et bientôt découvre
    Une autre image qui représente un enfant turbulent, comme
    Il l’est lui-même souvent, secrètement et qui transforme, en
    Souriant, le langage des images, comme il réforme et reforme
    Les images du langage qu’on lui apprend habituellement,
    Quand elles lui semblent être, et c’est souvent,
    Les messages du mensonge.

    Pour répondre à ta question, En général à a première lecture je les lis dans l'ordre, et j'y reviens en picorant.
    J'adore lire à voix haute, je le fais chez moi, ou alors je lis en marchant das la rue et je chuchote :)
    Les très beaux passages de roman et de théâtre, je les relis à vois haute aussi :)
     
    Sasha., claire81 et Maïline ont BigUpé ce message.
  6. Ypsilon

    Ypsilon
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    Photographie non contractuelle

    Très beau sujet !
    Est ce qu'on peut mettre de la poésie en langue étrangère ?
    Il y a plusieurs auteurs anglophones/hispanophones que j'aime beaucoup, dont e.e cummings (d'ailleurs la citation de ma signature provient d'un de ses poèmes)

    since feeling is first

    since feeling is first
    who pays any attention
    to the syntax of things
    will never wholly kiss you;

    wholly to be a fool
    while Spring is in the world

    my blood approves,
    and kisses are better fate
    than wisdom
    lady i swear by all flowers. Don't cry
    —the best gesture of my brain is less than
    your eyelids' flutter which says

    we are for each other: then
    laugh, leaning back in my arms
    for life's not a paragraph

    And death i think is no parenthesis
     
    petitegazelle, Tante Clara et Dame Verveine ont BigUpé ce message.
  7. petitegazelle

    petitegazelle
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    Ecrire me rend heureuse et dingue à la fois.

    L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
    La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
    Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
    On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

    Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
    Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
    Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
    Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

    Victor Hugo, Les rayons et les ombres
     
    sweetonic, MartheS et Dame Verveine ont BigUpé ce message.
  8. Maïline

    Maïline
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    See you space cowboy.

    Un rubayat d'Omar Khayyam :

    Depuis que le rossignol dans le jardin répand son refrain,
    Je me mets à prendre comme tulipe le verre de vin ;
    Que je boive ou ne boive pas, ils diront tous : "Il boit !"
    Donc je bois pour leur épargner un mensonge vilain !

    Bon, je suis un peu frustrée de ne pouvoir lire qu'une traduction, pour la poésie j'ai toujours l'impression de passer à côté de quelque chose en ne lisant pas l'original. Mais Omar Khayyam est quelqu'un qui me fascine donc je voulais quand même vous partager un peu :happy:
     
    Dame Verveine a BigUpé ce message
  9. Ada or ardor

    Ada or ardor
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    forever dolphin love ah-ah-ah-ah-ah-ah

    J'ai toujours voulu poster sur ce topic sans l'avoir fait :happy:. Mais du coup je suis presque.. intimidée :ninja:.

    A Madame ***, parce qu'il est rigolo / méchant :shifty: (Verlaine)

    Vos narines qui vont en l'air,
    Non loin de deux beaux yeux quelconques,
    Sont mignonnes comme ces conques
    Du bord de mer des bains de mer;

    Un sourire moins franc qu'aimable
    Découvre de petites dents,
    Diminutifs outrecuidants
    De celles d'un loup de la fable;

    Bien en chair, lente avec du chien,
    On remarque votre personne,
    Et votre fine voix résonne
    Non sans des agréments très bien;

    De la grâce externe et légère
    Et qui me laissait plutôt coi
    Font de vous un morceau de roi,
    O constitutionnel, chère !
     
    Dame Verveine a BigUpé ce message
  10. Sylves

    Sylves
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    Coucou mon amour je suis tout près.

    Merveilleux ce topic ! Je voulais parler d'un de mes grands amours en poésie :jv:Stuart Merril !!

    Viens dans le parc nocturne où dorment les fontaines,
    Mon amour ! Ne crains pas ce qu’on voit dans la nuit,
    Et ne frissonne plus parce qu’un vent fortuit
    A troublé la forêt sous ses voûtes lointaines.

    Laisse-moi te mener. Dans les miennes tes mains
    Sont un fardeau plus doux que des fleurs ou des ailes.
    Ecoute, les taillis sont pleins de souffles frêles.
    On dirait que des dieux marchent par les chemins.


    Amour, c’en est fini des pleurs et des désastres !
    La vie au point du jour va chanter dans les nids.
    Attendons le soleil, et, l’un à l’autre unis,
    Recueillons dans nos cœurs la promesse des astres.

    Dans les bassins la lune est morte. Parle bas
    Pour entendre, en passant par le sentier des saules,
    Le bruissement obscur des feuilles que tu frôles.
    Puis retenons, pour un baiser furtif, nos pas.

    Pourquoi donc ai-je envie à la fois de sourire
    Comme si je baisais le cœur chaud d’une fleur,
    Et d’éclater en pleurs à cause d’un bonheur
    Si divin que je sais à peine te le dire ?

    Tes mains ! tes mains ! tes mains ! Qu’elles soient à jamais
    Miennes. Et quand enfin les clartés incertaines
    De l’aurore auront lui sur l’eau de ces fontaines
    Et ces bois où s’attarde encore un vent mauvais,

    Sueur, tu les dresseras triomphantes et fortes,
    Levant le lourd fardeau des miennes, vers le jour,
    Et nous saurons enfin le nom de notre amour,
    Le mot secret qui fait s’ouvrir toutes les portes !

    Une Voix dans la foule:bouquet:
     
    petitegazelle et Dame Verveine ont BigUpé.
  11. La Merveilleuse Madame Mim

    La Merveilleuse Madame Mim
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    merci pour ce topic! :puppyeyes:
    Je me demandais... est-ce que certaines d'entre vous tiennent un cahier de poésie? vous savez comme quand on est môme... j'ai envie de le faire et peut être que certaines d'entre vous en ont un....ça m’intéresserait de savoir!
     
    claire81 a BigUpé ce message
  12. Bruxa

    Bruxa
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    Drang nach Osten.

    Oh Barbara
    Quelle connerie la guerre
    Qu'es-tu devenue maintenant
    Sous cette pluie de fer
    De feu d'acier de sang
    Et celui qui te serrait dans ses bras
    Amoureusement
    Est-il mort disparu ou bien encore vivant
    Oh Barbara
    Il pleut sans cesse sur Brest
    Comme il pleuvait avant
    Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
    C'est une pluie de deuil terrible et désolée
    Ce n'est même plus l'orage
    De fer d'acier de sang
    Tout simplement des nuages
    Qui crèvent comme des chiens
    Des chiens qui disparaissent
    Au fil de l'eau sur Brest
    Et vont pourrir au loin
    Au loin très loin de Brest
    Dont il ne reste rien.

    Extrait de Barbara de Jacques Prévert, issu de "Paroles"
    Autant je n'ai jamais apprécié Eluard, autant j'apprécie réellement ce poète.
     
    Daily Mail et Sylves ont BigUpé.
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