C'est intéressant, parce que ça pose la question de comment réagir face à un discours sexiste, raciste, homophobe en général. Par où commencer? Est il possible de les faire changer d'avis, ou est ce un combat perdu d'avance? Je pense avoir déjà fait bouger des mentalités, mais de personnes qui n'avaient pas conscience des problèmes (de sexisme), sans être foncièrement sexistes, masculinistes etc... et qui confrontées à un discours argumenté, pouvaient en accepter la teneur...
Je crois que malheureusement, il n'y a que des cas particuliers, du coup il n'y a pas UNE façon miracle (dommage, d'ailleurs). On n'a pas d'autre choix que d'adapter l'angle d'attaque en fonction de la personne qu'on a en face de soi. Après, il y a des types de profils, on pourrait peut être en faire une typologie et rassembler des expériences là dessus pour conquérir le monde, qui sait
Moi ce qui m'aide c'est d'être pointue et de maîtriser certains sujets ( je suis allée faire un diplôme d'études sur le genre, ça aide, mais lire beaucoup d'histoire des femmes et de socio en plus des théoriciennes du féminisme et des blogs/, articles, etc, ça m'aide à me sentir plus pertinente et plus sûre de moi. Connaître des chiffres, savoir comment ils ont été mesurés, etc ) .
Une de mes profs nous a dit que le plus efficace pour combattre des stéréotypes, c'était de produire des contre stéréotypes, c'est à dire de donner à voir des représentations différentes, encore et encore, jusqu'à ce que ça devienne admis. ça passe par lire /regarder / écouter des trucs faits par et/ou avec des femmes/ personnes de couleur / personnes LGBT++, en parler, montrer et promouvoir la diversité des représentations dès que possible. Parfois emmener quelqu'un voir un film qui déconstruit des stéréotypes, c'est déjà un tout petit pas. Offrir des bouquins. Souligner que la série trop bien que machin kiffe, c'est une femme qui l'écrit, etc. Ça imprime petit à petit dans la tête des gens que c'est normal, qu'il n'y a pas de raison que tel ou tel domaine/ caractéristique soit réservé aux hommes ou aux femmes. Ça fait bouger. C'est lent, c'est difficile, mais ça modifie la vision des choses en profondeur. (on parlait de ça sur l'orientation au collège et au lycée, des périodes où on montre des images de métiers très genrées, surtout dans les filières pro, mais aussi dans les autres, et elle nous montrait des outils qui fonctionnaient comme ça, qui montraient à voir d'autres images. C'est hyper intéressant.) .
J'aime bien donner des anecdotes historiques, aussi , pour remettre en perspective et montrer qu'on est plein d'idées reçues (parfois ça détend le débat, aussi, parce qu'il y a des trucs drôles). Ça et les sociétés où les choses fonctionnent différemment, et des résultats de travaux en neurosciences. Enfin, j'ai l'impression que ça m'aide de savoir que je suis beaucoup plus calée sur ces sujets que la personne que j'ai en face, dans ces cas là. Mais c'est toujours difficile. parfois on tombe sur des gens qui ont des vraies questions, et c'est cool, mais c'est pas assez souvent

Après, pour les franchement mascu etc, j'ai envie de dire, on ne peut pas non plus convaincre tout le monde, et parfois il faut éviter de se faire du mal (pas en acceptant d'entendre des horreurs, mais justement en refusant la communication lorsqu'on sent que l'issue est impossible et qu'on va juste se retrouver en situation de se faire mépriser/ se heurter à un mur/ se retrouver dans un contexte franchement détestable). Je pense qu'il faut aussi se protéger de ça, on n'a pas à subir le sexisme des autres et on n'est pas obligées d'être des éducatrices à temps plein non plus (même si ça démange/ frustre souvent).
Je me rends compte que je vous ai beaucoup mis de / / /, j'espère que je ne suis pas trop impossible à lire

) . Enfin, je fais vite, mais il y a beaucoup de truc intéressants en psycho sociale là dessus (sur les phénomènes d'influence et les minorités qui impulsent le changement). Je rechercherai, j'avais eu quelques articles vraiment cools là dessus en cours.


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