Comme l'a déjà dit @
Chapilou , chacun vit les choses différemment du coup c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment de débat mais je trouve quand même l'échange de témoignages très intéressant

. C'est toujours enrichissant de s'ouvrir à d'autres vécus que le sien. Du coup je vais me lancer moi aussi dans un petit blabla.
J'ai vécu en coloc (enfin, un peu plus que de la simple coloc vu qu'on dormait ensemble toussa. On était comme un couple mais sans en être un

) pendant 6 mois avec un très très gros consommateur. Je dirais, pas moins de 4 joints par jour et étant donné qu'il y avait des grosses soirées presque tous les soirs, le taux montait vite. Son cercle d'amis très proches fument également tout autant mais ceux qui ne fument pas sont pour autant très bien intégrés et je m'entends très bien avec eux

.
A l'époque je ne touchais pas à ça et jamais jamais on ne m'a incité. Mon ami (ancien coloc donc) m'a même dit que c'est moi qui a raison et que y'a pas être fier de ce qu'ils font (passer leur temps à fumer). Lui il sait qu'il a un problème avec ça. Sa consommation le gène depuis un bon bout de temps. Il a augmenté sa consommation quand ça commençait à ne plus aller avec son ex, quand il a été embauché pour un travail de merde. Et depuis ça ne s'est pas arrangé. Son ex l'a quitté (pour d'autres raisons hein), il est toujours à son boulot qui l'emmerde. Il a essayé d'arrêter suite à la rupture. Gros fail forcément. Il n'était pas du tout en mesure de gérer ça. Il a tenu 3 jours je dirais. Quelques mois plus tard en allant mieux, il a retenté. Ca n'a pas duré longtemps non plus

. Pourtant il semblait bien parti mais il avait commencé en étant en week-end dans un endroit au calme, il faisait beau. Forcément après ça, le retour à la réalité fait que c'est plus dur de tenir la route...
Là il est en coloc avec 2 de ses amis proches qui consomment autant que lui. J'ai bien peur que cet environnement ne l'aide pas du tout à décrocher. De mon point de vue, je pense qu'il aura la force de réduire quand il trouvera un boulot qui lui plait, quand il sera heureux avec une fille, bref, quand il n'aura plus besoin de ça pour mettre en sourdine des problèmes. Mais est-ce que pour tout ça (du moins trouver un nouveau boulot) ne faudrait-il pas qu'il arrête avant ? C'est le chat qui se mord la queue. Parce que le fait de fumer l'aide à supporter son boulot mais ce n'est pas ça qui le motive à en chercher un...
Moi sa consommation ne me gêne pas. Au début ça me gênais mais plus parce que je n'étais pas familière à tout ça, que je ne comprenais pas pourquoi il en prenait et parce que ça me dérangeait de ne pas avoir affaire à sa vraie personnalité. Maintenant, étant donné que je ne le trouve pas tant que ça différent entre les moments où il ne fume pas et les moments où il fume (avec l’accoutumance les effets sont moins flagrants), que je sais qu'il aimerait réduire, que personne ne me force à consommer, etc, bah je vois pas ce que j'ai à dire ou faire face à ses choix. Il est grand (et ses amis aussi), il assume. Si il a besoin d'aide, de soutien je serais ravie de l'aider mais jamais je ne pourrai le forcer à réduire, il faut que ça vienne de lui. Arrêter, ça je sais qu'il n'en est pas question. C'est quelque chose qu'il apprécie trop pour arrêter totalement. C'est comme lui demander d'arrêter de boire des bières ou de faire l'amour, no way.
En tout cas, fumette ou pas fumette, je l'accepte tel qu'il est et il est et restera une très belle personne. C'est pas la consommation d'une quelconque drogue qui fait que les gens sont à mettre dans une case "cas social / personne pas fréquentable", c'est en tout cas ce que m'a appris le fait de le connaître et fréquenter ses amis

.
Edit : bon, comme le sujet est très vaste j'ai évidemment oublié pleins de choses

. J'y repense parce que dans l'article la Mmz évoque d'autres drogues que le cannabis. Je me souviens qu'au début, déjà rien que le cannabis me mettait assez mal à l'aise mais alors quand mon ami et ses amis commençait à parler de prendre d'autres choses (principalement des drogues psychédéliques) pfiouu ça allait bien au-delà de ce que je pouvais accepter. Ca me laissait dans un abîme d'incompréhension et de panique.
Pour moi tout ce qui était drogue c'était forcément le mal. Bonjour, j'ai été traumatisé par "Moi, Christiane F, 13 ans, droguée, prostituée"

. Du coup ça me faisait très peur de les voir s'intéresser à autre chose que le cannabis.
Déjà, grâce aux Mmz j'ai commencé à vraiment bien me documenter sur le cannabis (j'peux vous dire que maintenant je suis incollable sur l'histoire de la prohibition

. Et plus globalement j'ai appris des tas de choses à des gros consommateurs

). Ca peut sembler simpliste à dire mais se renseigner, "connaître son ennemi" aide tellement plus à comprendre les choses et à les accepter. Il y a des tas de mythes qui tournent autours du cannabis et d'autres drogues et de pouvoir déconstruire nos représentations construites sur ces mythes, ces croyances, ça fait du bien car au final on se fait notre propre jugement, en toute connaissance.
Au delà du cannabis je me suis aussi renseigné sur d'autres drogues (psychédéliques principalement). Et c'est là aussi que je me suis rendue compte que sous le terme "les drogues" il y a au final 1000 et 1 nuances. Que tout n'est pas noir ou blanc, que chaque drogue a des effets bien spécifique, un taux d'addiction physique et/ou psychique totalement différent, etc. Encore une fois, le savoir c'est le pouvoir. Pouvoir de ne pas céder à des peurs irrationnelles, pouvoir de faire ensuite ses propres choix.
Je ne suis pas là pour banaliser les choses mais juste pour dire que quand on est face à quelque chose qu'on ne comprend pas ou qui nous fait peur le plus simple et le mieux à faire selon moi est de se renseigner, de discuter, etc.
