Commentaires sur Un collégien interpellé et placé en garde à vue après avoir harcelé une lycéenne transgenre

29 Août 2019
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Je ne sais quoi penser des débats sur cet article. "Ce n'est pas la solution " " ca n'arrêtera pas le harcèlement" etc mais est ce que jusque là la prévention a arrêté le harcèlement ?
Ils sont venus l'arrêter à l'école et ça choque des gens. ok.
Mais des adultes sont arrêtés sur leur lieu de travail aussi non ?
Pourquoi ce serait différent?
Le harcèlement est illégal et tue des gens. A 14 ans, si on est déjà suffisamment bête et méchant pour harceler, je suis convaincue que les flyers et les numéros verts et une petite tape sur le dos ne changeront rien.
La menace oui.
Le gamin sait clairement que s'il recommence il y aura des conséquences.
Après peut être que même ça ça ne suffira pas, mais on ne peut pas passer son temps à reprocher aux pouvoirs publics de ne rien faire et les conspuer quand ils font quelque chose de concrêt.
 
28 Avril 2015
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@blobette

L’arrêter dans l’établissement, je suis même pas sure que ça fonctionne… À cet âge, c’est justement un truc qui permet de faire encore plus le malin, en mode petit caïd « ouais vous avez vu j’ai été arrêté par les keufs ». :lunette:

En vrai je pense qu’en terme de dissuasion, c’est vraiment la « sanction / peine » qui doit faire peur.

Pour la prévention, ça fonctionne peut être si tu en fais en primaire mais effectivement ça m’étonnerait qu’un mec qui est prêt à pousser au suicide un autre sera touché par de la prévention. Faut quand même pas se leurrer, ce sont pas des petits enfants gentils, à 14 ans tu sais très bien ce que tu fais et si tu te délectes du malheur de ta victime, ça va être ultra compliqué à donner de l’empathie à qqn comme ça :lunette:
 
1 Avril 2022
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Si ils l'avaient convoqué directement au commissariat, ça n'aurait pas envoyé le même message aux autres harceleurs potentiels, puisqu'ils n'en auraient jamais entendu parler.
Là j'imagine que c'est un petit évènement pour le collège en question et que tout le monde en parle, et même dans toute la France puisque l'affaire a été médiatisée.
Et c'est quand même dissuasif pour la majorité des collégiens de savoir qu'ils risquent de finir devant la police donc ça aura une utilité.
Mon frère avait fait des canulars téléphoniques façon skyrock (de manière bien lourde, puisqu'il a appelé plusieurs fois la même personne) quand il était au lycée, et avant d'être convoqué par la gendarmerie il ne pensait même pas que ce qu'il avait fait été répréhensible. Donc c'est très bien de rendre cette arrestation visible.
 

ShardsofaFox

I'm now becoming my own self-fulfilled prophecy
21 Juillet 2022
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@Ronces Mais justement, arrêter quelqu'un et le mettre face à ses actes ce n'est pas l'humilier ou le punir bêtement, c'est le mettre face à ses actes et envoyer un message clair : le harcèlement est un délit (ou crime je sais plus en terme de jargon) même chez les mineurs :dunno:
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Je rappelle qu'être soi-même victime explique certes pourquoi on perpétue certains gestes, certaines paroles, mais ne protège pas ou ne déculpabilise pas. Il y a des personnes qui comprennent quand on leur explique, ou qui voient ce que ça fait aux victimes et arrêtent, et d'autres ne comprennent pas parce que chez eux (ou dans leur groupe) iels voient une impunité et donc dans leur tête, ce n'est pas grave parce que pas réellement puni. Si on passe son temps à voir son père, sa mère ou n'importe quel agresseur passer entre les mailles du filet, et que nous-même on y échappe, à quel moment on peut comprendre, si on est trop loin pour être sensibilisé.e par les campagnes, que c'est dangereux ce qu'on fait ?
Et pour l'histoire de l'arrestation publique, après on s'étonne que les gens ne croient pas les victimes s'ils n'ont jamais la version objectives des faits et ont uniquement celle des agresseurs ? On s'étonne encore d'entendre "mais non il aurait jamais fait ça il était gentil avec nous", mais c'est logique en fait !

Edit : Et pour ce qui est de protéger les enfants des violences intrafamiliales, on en est encore très, mais alors très loin. Y'a du progrès, mais enfant PERSONNE n'a rien vu, et pourtant je pense qu'il devait y avoir des signes. Le déni des proches, la délicatesse des situations, le droit juridique des parents, l'omerta et la pression familiales, le fait que les enfants n'ont pas encore le recul pour comprendre que ce qui leur arrive n'est pas normal et soient parfois très attachés aux parents, au point de ne rien dire parfois, tout ça rend ces cas extrêmement difficiles à régler, surtout quand les violences sont psychologiques où qu'on prend soin d'expliquer/soigner les blessures occasionnées.

Edit bis : Ah et pour ce qui est de mon expérience, quand j'en avais parlé à mes enseignants en primaire, iels m'avaient tranquillement répondu de "régler ça entre nous" avant de se remettre à papoter entre eux. Ce jour-là, je me suis dit que même si je demandais de l'aide (chose jamais faite avant) je ne l'aurai pas. Je ne cautionne pas souvent ce que fait la police parce qu'on connait les dérives, mais on connait aussi les dérives du harcèlement (à l'école, extra-scolaire ou cyber) et tout comme je trouve qu'on doit condamner un policier quand il déconne/ne devrait pas avoir ce pouvoir/ et je passe les plus violents, il faut aussi montrer que les crimes sont punis, même quand on est mineur. C'est ignorer la réalité, le taux de su*cides et de traumas liés à ce genre de comportement que de dire qu'il faudrait y aller plus doucement avec eux.
 
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GrumpyPrincess

(Ex-GrosHibou) Avatar by @sackofpotatis
16 Avril 2020
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Je suis particulièrement vindicative en matière de harcèlement scolaire. Je pense que les sanctions ne seront jamais à la hauteur. Beaucoup de gens s'émeuvent d'un collégien arrêté en cours, et combien ont parlé du suicide de Nicolas ? Du torrent de merde du recteur qui demande à ses parents d'arrêter leurs accusations "diffamatoires" ? Quelles mesures ont été prises contre ce recteur ?

Combien faudrait-il encore de Marion, Matteo, Lucas, Nicolas, Evaëlle, Lindsay, Maëlle, Jonathan, et tou.tes les autres qui ont décidé de se donner la mort à cause de sacs à merde qui les harcelaient ?

On aurait pu rajouter "Laura" en 2006 à cette liste. Parce que Laura a été harcelée pendant trois ans au collège. Frappée. Insultée. Humiliée. Rejetée. Crachats. Gifles. Casse des affaires scolaires. Colle forte dans le cartable. Poussée dans les escaliers. Exclue en groupes de sport. Appels anonymes à la maison. Menaces sur MSN. "À la rentrée, tu vas prendre cher". "On t'attendra derrière le portail". "On va te crever". Un soir, Laura a appelé sa meilleure amie pour lui dire adieu. Sa meilleure amie est restée en ligne et a en même temps appelé la mère de Laura, qui est rentrée plus tôt. Les réunions avec les profs ne donnaient rien. "C'est des histoires d'enfants". "Des conneries". "Ça leur passera". Les pions voyaient. Les profs voyaient. Le principal a vu. Les CPE ont vu. Qui a bougé ? Une prof de maths. Et à part elle ? Personne. Est-ce que ça a donné quelque chose ? Non. Laura pleurait quand même tous les soirs. Elle se levait pour aller vomir. Aujourd'hui, Laura a toujours l'impression qu'elle est débile, laide, qu'elle "sert à rien", que tout ce qu'elle fait est mauvais, elle essaye de gagner en confiance, mais le regard des autres est toujours une souffrance, une crainte. Anxiété sociale. Isolement pendant cinq ans. Dépression.

Laura, c'est moi. C'est ma vie tout ça. Mes séquelles de ces "histoires d'enfants", de ces "conneries". Moi, au moins, je suis toujours là pour en parler. Pour me faire la voix de celles et ceux qui ne sont plus là.

Le harcèlement scolaire revient souvent dans l'information comme un marronnier. On parle de la rentrée, du harcèlement, de la "journée de lutte", "semaine de sensibilisation". Ok cool. Je me souviens très bien avoir eu deux personnes d'une asso qui sont venues nous dire un jour "le harcèlement c'est mal". Et je me souviens très bien de mes harceleuses qui se sont regardées et qui ont répondu à voix basse dans mon dos "ouais mais elle, elle l'a cherché".

Les profs m'ont demandé si je voulais changer de collège. Normal. On change toujours la victime. Histoire qu'elle se retrouve en milieu d'année dans un collège inconnu, peuplé de gens qui se connaissent tous depuis X années, et qui vont la persécuter parce que c'est "la nouvelle". Je n'ai pas changé de collège. J'ai vécu trois ans d'enfer quotidien. Même pendant les vacances. Et une seule chance : les réseaux dits "sociaux" n'existaient pas.

Bastien, Véronique, Elodie, Marine, Jordan, Emilie, Romy, Gérôme, Harmonie, Loris ; vous m'avez peut-être oubliée, moi non. Et je ne vous oublierai jamais. Pas même quand vous essayez de vous racheter une conscience en devenant "psychologue spécialisé dans l'aide aux victimes", "professeure d'EPS", ou que vous avez des avis sur Google mettant en valeur votre "immense gentillesse". Je ris. Le karma vous attend. Si c'est pas déjà fait, vous allez le prendre le retour de bâton. Dommage, c'est pas moi qui aurait la satisfaction de vous le mettre où je pense. Vous ne m'avez jamais demandé pardon. Vous ne demanderez jamais pardon. Mais vous avez détruit ma vie.

J'en ai fait des thérapies, vous m'avez coûté cher. Hypnose, psychologue, EMDR, tout juste si j'ai pas consulté un chaman pour me désenvoûter. Je devrais vous envoyer des demandes de remboursements. Cinq ans de thérapie à 50€ la séance, à raison d'une seance par semaine pendant trois ans, et deux séances par mois depuis deux ans, j'aurais pu m'en payer des choses. J'aurais pu l'économiser cet argent. Mais je l'ai dépensé pour essayer de vivre avec le calvaire de mes souvenirs. Parce qu'en plus, malheureusement, vous avez harcelée une hypersensible hypermnésique. Je travaille pour oublier. Mon cerveau ne sait pas oublier.

Depuis un moment je réfléchissais à intervenir, à faire de la prévention contre le harcèlement. Mais je savais que j'allais avoir des potentiels harceleurs/leuses en face de moi. Et c'était trop dur. Trop dur de contenir ma rage, de ne pas exploser et tout casser comme j'aurais dû le faire quand j'étais collégienne. Je sais que je devrais écrire un livre sur le sujet. Mais combien de livres ont été écrits déjà. Ceux d'Emmanuelle Piquet, entre autres, une grande dame dont on parle si peu. J'avais même pensé à aller la voir, mais elle est si loin et si occupée.

Y a des nuits où je rêve que je retourne au collège. Des nuits où j'entends encore ce que vous m'avez dit. Où je ressens encore la douleur, la souffrance. J'étais heureuse avant. Pourquoi vous m'avez fait ça ?
 
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ShardsofaFox

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21 Juillet 2022
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@Ronces Je me permets de te poser une vraie question :
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Et je ne connais pas les procédures, mais s'il y a plainte et potentiellement preuve(s), je ne vois pas pourquoi on n'arrêterait pas quelqu'un à son travail aussi. J'entends bien ton inquiétude quant au fait que l'Etat ne fasse rien de concret pour protéger les enfants, (cela dit, beaucoup de gens oublient les enfants, ce n'est pas que l'Etat), mais quelle est ta solution en attendant ? Parce que oui, utopiquement parlant, on aurait des cellules psy dans les établissements scolaires, on serait bien plus au courant des signes à chercher chez les enfants, les profs n'auraient pas des classes blindées à gérer et pourraient être + formés et + dispos. Ok, c'est des trucs qui un jour pourront être potentiellement mis en place, qui sait ? Mais en attendant, on fait quoi ?
La police, à la base, est censée protéger les citoyens. Oui il y a énormément de dérives et une énorme partie ne devrait même pas avoir un dixième du pouvoir qu'ils ont. On le sait que dans la police, c'est pas loin de la moitié qui sont auteurs de violences conjugales, d'actes racistes (parfois extrême) et j'en passe. Mais quand iels défendent une personne trans, ado en plus, contre du harcèlement on dit non aussi ? Alors qu'on passe notre temps à leur demander de prendre en compte la souffrance des personnes LGBTQ+? Pour une fois qu'on croit la victime, qu'on essaie de faire une opération coup de poing pour dire que maintenant ça suffit, le harcèlement est un crime et non, on ne s'en tire pas parce qu'on est ado, ça ne va pas ? C'est super de penser aux solutions pour l'avenir, vraiment ! C'est très important parce que c'est aussi ça qui va faire avancer les choses et potentiellement faire qu'on en arrive plus là. Mais en attendant, il y a teeeeeellement de personne qui souffrent, seul.es, jusqu'à en arriver au su*cide qu'il FAUT faire quelque chose. C'est urgent. Des VIES en dépendent :/ . Au même titre que la lutte contre les féminicides et tant d'autres horreurs, oui, à un moment il faut faire un truc.
La dernière plainte dans un autre établissement avait été ignorée, donc ils ont dû se dire que cette fois-ci ils allaient faire ce qu'il fallait et là encore ils ont tort ? Ils font tellement de merde, pour une fois qu'il font quelque chose d'utile, on peut essayer de penser à la victime plutôt qu'au harceleur ? Parce que si on étire un peu, on arrive dans le récit de "Elle a porté plainte, ça va bousiller sa carrière, elle pouvait pas faire ça en privé ?". Après, le top serait d'avoir un.e psy pour les deux, lea premier.e pour la victime pour l'accompagner et lea deuxième pour voir si le harceleur peut changer et comprendre ce qu'il a fait mais là encore, les ressources ne sont pas là. Donc oui malheureusement, ça ne laisse que cette option-là.

Je trouve ça vraiment dommage qu'on pense toujours et encore à l'agresseur à ce point. Je suis sûrement biaisée parce que j'ai connu ça toute ma vie (mon père encore une fois a fait des choses grandement illégales et traumatiques et quand j'ai arrêté de lui parler, tout ce que j'ai entendu c'est "oui mais c'est ton père, tu dois lui manquer". Et moi ? Et ma souffrance ? Mes maladies mentales auxquelles le harcèlement scolaire a contribué ?) Donc je n'imagine même pas la souffrance de cet.te ado trans qui doit voir la moitié d'internet défendre la personne qui l'a harcelé.e (je n'ai pas vu le genre donc je mets neutre) et bacher des personnes qui, pour une fois, ont fait leur boulot et ont protégé la victime.

Edit : surtout quand on voit tout ce que fait le rectorat pour protéger les coupables. Ca me débecte et c'est pour ça que je n'ai plus jamais osé parler à des adultes de mes souffrances à l'école, même quand une de mes camarades a retourné d'un coup presque tout le lycée contre moi, ou quand mes camarades à l'école primaire m'attendaient devant le portail pour me frapper ou m'insulter encore, encore et encore jusqu'à ce qu'on rentre en classe. Où à chaque récré, leur "jeu" favori était de m'humilier de milles façons (Pensée à celle qui m'a fait croire pendant des jours que mes parents étaient en train de mourir parce qu'ils avaient chopé un virus et qu'elle avait inventé, avec l'aide d'autres, que sa mère était médecin donc elle savait). Depuis, j'ai appris des choses sur ces gens-là et oui ils avaient un environnement familial pas toujours cool, mais moi aussi et je ne les harcelaient pas. Arrêtons de protéger les agresseurs, b*rd*l.
 
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Clèves

Risque psycho-social
12 Mars 2018
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C'est vraiment un faux procès les messages, là... Pouvez-vous m'indiquer à quel moment qui que ce soit a dit qu'il ne fallait rien faire contre le harceleur ? Est-ce que quelqu'un, ici, a à quelque moment que ce soit tenté de disculper le harceleur, essayé de sous-entendre que ses actes n'avaient pas de gravité, pas de conséquences ? A quel moment les mots "ce n'est pas si grave", "ce ne sont que des jeux d'enfants" ont été écrits par qui que ce soit ici ?

Soutien à @Ronces qui s'en prend plein la tête et que vous essayez de rendre responsable de vos traumas (alors qu'à aucun moment elle n'a minimisé les fait) parce qu'elle soutient une opinion contraire à la vôtre. Je déteste cette manière de procéder, de se servir de ses souffrances pour faire taire autrui. Les personnes qui vont ont fait du mal, et celles qui ont fermé les yeux devant le mal qui vous a été fait, elles ne participent pas à ce débat, en fait.

Enfin je sais pas, entre la "stratégie" habituelle de l'éduc nat (le fameux "pas de vagues", le fait de ne pas faire remonter les incidents au rectorat pour ne pas entacher l'image de l'établissement, la silenciation des victimes) et ce qui est décrit là (envoyer des policiers arrêter le harceleur en plein cours), il y a un monde, non ? On peut être un peu nuancé ou toute tentative d'apporter un autre son de cloche que "super les forces de l'ordre, je suis à 100% favorable, c'est bien connu, leur intervention n'apporte que du bien" va être reçue par de la culpabilisation et des accusations de défendre le harceleur ?

@FragmentedPurple Si ta question en spoilers était réellement de bonne foi, dans ce cas je répondrais que non, même dans cette situation, je ne pense pas que la solution serait d'aller arrêter le suspect en plein cours (là je pense qu'on va me répondre que je défends les violeurs et je me tiens préparée). Et il ne s'agit pas de "prendre des pincettes", encore une fois, d'ailleurs crois le ou non je pense autant à la victime qu'au suspect dans ce scénario.
 

ShardsofaFox

I'm now becoming my own self-fulfilled prophecy
21 Juillet 2022
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@Ronces Pardon mais techniquement tu parles de mon commentaire entre autres donc je me permets de répondre une dernière fois et ensuite je ne te mentionne plus.

A aucun moment on ne dit que celleux qui ne sont pas d'accord n'ont rien vécu, chacun.e sa réalité. PAR CONTRE, oui certain.e.s d'entre nous ont aussi été victimes de ça et on a le droit de parler, tout comme toi. Tu trouve ultra violent qu'on explique nos traumas et ce qu'a engendré le harcèlement ? Personnellement, je trouve ultra violent de voir qu'on parle en premier de l'agresseur et de la façon dont il a été puni. Ton commentaire sous-entend que les personnes qui parlent se positionnent comme victimes qui savent mieux que les autres, or (dans mon cas et dans ce que j'ai compris de ce que j'ai lu) ce n'est pas du tout le cas, on relate nos souffrances pour rappeler à quel point le harcèlement est grave, dangereux et surtout un crime. Tu as le droit d'avoir vécu ton harcèlement autrement, mais ce n'est pas pour ça que les personnes qui en souffrent encore devraient se taire ou être d'accord avec ta position.
Tu sais, des personnes qui m'ont dit tw "j'ai été tabassé à coup de ceinture toute mon enfance et ça va hein, faut pas condamner les parents qui frappent leur enfant à coup de ceinture ou leur retirer la garde c'est trop violent !" C'est pas pour autant que c'est pas un crime.
Bref, j'arrête aussi parce que c'est en train de faire remonter plein de traumas et j'ai pas besoin de ça. Force à la victime, et même si c'était peut-être maladroitement fait, merci à ceux qui ont réagi et protégé la personne harcelé tout en envoyant enfin un message ferme aux harceleurs.
(ça me fait penser à des personnes en ligne qui harcelaient une femme et avaient été retrouvés et condamnés, y'avait encore des gens pour dire que c'était trop sévère, que la femme avait qu'à fermer ses réseaux ou son téléphone etc. On tombe quand même souvent dans les mêmes rhétoriques, mais bref.)
 

ShardsofaFox

I'm now becoming my own self-fulfilled prophecy
21 Juillet 2022
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Dp pour la mention :
@Clèves Oui, ma question était entièrement de bonne foi, sincèrement je voulais son avis parce qu'on a le droit de ne pas être d'accord. Je ne suis pas d'accord avec ton avis, je le respecte, mais je ne suis pas d'accord du tout. Mais comme je l'ai dit, chacun.e ses perceptions.
Edit : ouais bon bref, je suis aussi écoeurée par les commentaires, je suis la première à crier ACAB et à le faire depuis le début (même quand on me disait "mais quand même c'est un peu fort, 'ya des policiers qui sont bien), mais là ça me déprime vraiment. J'ai pas hâte de voir un article sur le prochain su*cide d'un.e ado à cause du harcèlement parce que personne n'a rien fait et que les coupables sont resté.e.s impuni.e.s. C'est bien le moment de se soucier des dérives de la polices, quand ils arrête les coupables. Perso je laisse mes commentaires, j'assume, mais merci de ne plus me citer ou me mentionner, j'en ai eu assez et merci à @GrosHibou pour son témoignage, je partage ton ressenti)
 
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Membre supprimé 372447

Guest
j'entends l'importance d'un message fort néanmoins ouvrir ses portes aux forces de l'ordre pour arrêter des mineurs ça crée un dangereux précédent.
Ca ouvre la porte à d'autres choses, un gamin sans papier est également dans une position d'illégalité au regard de la loi, du coup on vient les chercher dans les couloirs aussi?

C'est à la justice de décider, pas à la police d'infliger une sorte de punition préventive. Se servir des arrestations / menottes et GàV comme un instrument d'humiliation c'est une erreur énorme qui nous retombera dessus tôt ou tard.

Quand on viendra te chercher à ton travail avec les menottes car on t'accuse "d'écoterrorisme" car tu milites durement ça sera tout de suite moins drôle.

Merci. pour. ça.
Se méfier des dérives d'un état policier, ce n'est pas avoir de la sympathie pour les agresseurs et/ou de l'indifférence pour les victimes de harcèlement scolaire. (et moi aussi j'en ai été victime et j'en garde des traumas)
On peut aussi penser sincèrement que davantage de répression policière n'est pas la solution.
Je suis convaincue que le harcèlement se combat en luttant pour une société moins violente et plus empathique. Ce qui est à peu près l'inverse de ce que font les forces de l'ordre, surtout sous la forme de terreur policière, c'est-à-dire exactement ce qu'est mettre en scène une arrestation très publique, dans le but de faire un coup médiatique.
Que le ministre de l'éducation nationale dise dans les grands médias que le harcèlement transphobe est inacceptable c'est excellent, mais il n'y avait pas besoin de faire intervenir les forces de l'ordre dans un collège pour ça. Ce qu'il faut c'est un travail de fond, sur le long terme, avec davantage de personnel formé à prendre en charge le harcèlement, et désamorcer la violence par la non-violence, et non pas par des opérations coup de poing.

J'en profite pour relayer l'appel de nombreuses organisations à manifester demain (samedi 23 septembre) "contre les violences policières, le racisme systémique et pour les libertés publiques" :
à Paris, le rdv est à 14h30 à gare du nord, et j'y serai :)
 
4 Juillet 2018
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@FragmentedPurple Je me permets parce que j'ai l'impression qu'il y a une incompréhension : vraiment, personne n'a dit ici que le harcèlement n'était pas grave ou en a fait retomber la responsabilité sur la victime. Tout le monde ici est d'accord pour dire que le harcèlement est très grave et que la politique habituelle des chefs d'établissement encouragés à se taire et faire taire pour ne pas ternir la réputation de l'établissement est une stratégie dévastatrice et doit être changée.
Il y a un désaccord sur la manière dont il faut lutter contre le harcèlement, pas sur la gravité de celui-ci.

@Sealure Merci pour ton message.
J'ajoute en tant que prof que c'est assez fatiguant d'entendre le gouvernement prétendre que la lutte contre le harcèlement est la priorité numéro 1 alors qu'on supprime dans le même temps tous les moyens qui pourraient nous permettre le moindre espoir d'avoir une action efficace. Ce n'est pas envoyer des flics jouer aux shérifs dans un collège qui va nous aider à savoir qui parmi nos classes surchargées harcèle qui, à prendre en charge tel élève qui souffre de difficultés familiales ou psychologiques, à avoir le temps et l'énergie d'écouter les élèves qui viennent se confier, etc. Qui a quasi supprimé les assistantes sociales, les infirmières et les psychologues scolaires de l'éducation nationale ? Qui a réduit le nombre de profs mais aussi de personnels de vie scolaire, en faisant même de cette réduction du nombre de fonctionnaires une promesse de campagne ? Qui a supprimé les cours en petit groupe qui, au-delà de l'intérêt pédagogique évident, étaient aussi une vraie occasion de pouvoir mieux connaître les élèves ?
Donc à un moment, c'est bien beau de faire semblant d'agir avec une belle opération de com qui n'aura aucun impact à long terme ou large échelle, mais quand on supprime allégrement tout ce qui pourrait permettre de détecter et prendre en charge le mal-être des élèves, ben non, je n'ai pas envie d'applaudir.
 

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