Je ne sais pas « prendre soin de moi », et j’en ai honte

Manon Portanier

Équipe madmoiZelle
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Reactions : MissWeird
Merci beaucoup pour cet article très intéressant :fleur:
À te lire, je n'ai pas l'impression que tu ne sais pas "prendre soin de toi". Au contraire, j'ai l'impression que tu sais assez bien qu'elles sont les activités qui te plaisent et celles qui ne t'attirent pas, ce qui pour moi est déjà une bonne base pour te faire du bien. Est-ce que le décalage ne vient pas du fait que les activités qui te plaisent ne sont pas celles qui sont valorisées en ce moment comme étant essentielles pour l'épanouissement personnel ? Tout le monde n'a pas la patience pour se mettre à la méditation, ou n'a pas l'attirance pour se mettre au yoga ou au coloriage. Au final si certaines activités sont plus mises aujourd'hui en avant que d'autres c'est tout simplement par effet de mode, qui en ce moment valorise les activités qui sont plus portées sur le minimalisme et l'introspection (même si je ne nie pas que certaines activités font réellement du bien à certaines personnes) (enfin pour les femmes en tout cas, parce que pour les hommes j'ai souvent l'impression que ça tourne plutôt autour des activités physiques).
Mais en soit, si tu préfères stopper ta séance de méditation qui te frustre plus qu'autre chose pour écouter un podcast où tu as l'impression d'apprendre des choses intéressantes, j'ai envie de te dire "you go girl, fais toi kiffer !". À chacun de trouver les manières qui lui conviennent pour se détendre et de trouver son équilibre.
Prendre soin de soi c'est aussi se questionner sur les activités qui nous font du bien, les personnes dont on veut s'entourer et les projets qui nous tiennent à cœur. Pas besoin pour ça de se faire une routine avec des activités qui finalement ne correspondent pas à notre personnalité :)
Honnêtement, on a déjà tellement d'injonction au quotidien dans notre vie de tous les jours, laissons au moins nos moments de détente correspondre à ce que l'on aime vraiment
 

Mymy Haegel

Rédac chef de madmoiZelle
Équipe madmoiZelle
Mais j'ai plus eu l'impression en lisant l'article que c'était plutôt une question d'accepter de se donner un peu plus valeur. Enfin ça m'a vraiment donné le sentiment d'un dévalorisement en général (ne pas arriver à cuisiner pour soit, ne pas avoir super envie de faire un truc pour soit...)
Oui c'est pour ça que je dis que ça a limite l'air d'un symptôme de période dépressive mais comme j'ai l'impression de m'accorder de la valeur, de me faire souvent passer en priorité et de m'écouter, ça me questionne :hesite: Il ne me semble pas que je me dévalorise, après ça peut être inconscient j'imagine :hesite:
 
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Reactions : MissWeird and Nienke
C'est intéressant de lire les activités que tu mets derrière "prendre soin de soi". :hesite: Pour moi, écouter des podcasts, regarder des séries, jouer à des jeux vidéos... ben si ça nous fait plaisir, c'est de la détente, et à partir de là, je trouve que ça fait partie de "prendre soin de soi". :shifty: Je trouve pas que lire des bouquins de développement personnel ou aller en salle de sport ça soit forcément "prendre soin de soi", parce que beaucoup de gens le font plus parce qu'ils se mettent la pression à réussir quelque chose que vraiment parce que ça leur fait plaisir.

En fait je ne peux pas m'empêcher de trouver cet article super intéressant, parce qu'il fait vraiment beaucoup écho à des réflexions que je me fais depuis le début du confinement sur ce que j’appellerai "l'injonction à la productivité" qui est, je trouve, horriblement répandue dans nos sociétés occidentales, et à laquelle j'ai beaucoup de mal à résister.

Et en fait, je trouve ça plutôt sain que tu n'y cèdes pas.

J'ai pas le temps de développer là tout de suite, mais y'aurait vraiment masse de trucs à dire sur le sujet.
 
@seapunk
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Mais j'ai l'impression que "prendre soin de soi", enfin c'est une expression ultra galvaudée, et qui ne veut pas dire grand chose, à part s'attacher à /prendre le temps de faire des choses qui sont bonnes pour soi - encore faudrait-il savoir ce qui l'est ! Et savoir ce qui est important pour nous. Se détruire (activement ou par négligence) sur un rapport qui nous est constituant, ce n'est pas pareil que se détruire sur un rapport qui nous est secondaire. Et ça, ce n'est pas l'opinion publique ou médiatique qui peut le déterminer pour nous (même si ça y contribue, mais dieu merci l'emprise n'est pas non plus totale !). Si un après-midi spa ne fait pas plaisir à quelqu'un, s'y forcer ne reviendra pas à prendre soin d'elle, ce sera stressant et désagréable, elle en gardera un mauvais souvenir, bref elle n'aura rien gagné :erf:.

J'ai l'impression que l'expression prend plus de sens dans un contexte où une personne est très sollicitée par son environnement - familial, professionnel, associatif. Un cas typique souvent représenté, c'est la mère de plusieurs enfants qui s'est tellement consacrée à leur éducation qu'elle n'a plus du tout pensé à ce qui était important pour elle - prendre soin d'elle, ça voudrait dire prendre du temps pour écouter ses souhaits et ses besoins, qu'il s'agisse d'aller au salon de massage ou de tirer sur des cannettes à la carabine. D'ailleurs, il y a quelques temps je parlais avec une femme qui tombe en plein dans ce cas de figure, et pour elle aller chez l'esthéticienne ne revenait pas à prendre soin d'elle, c'était une activité presque incontournable, qui faisait partie de sa routine depuis l'adolescence, ancrée dans un tissu de lien social complexe (communauté russe en France, tu vas littéralement chez l'esthéticienne genre chez elle, du coup c'est pas exactement ta pote mais il y a quand même un rapport particulier), elle y emmenait ses enfants qui continuaient à jouer et faire du boucan, ce n'était pas vraiment du temps pour elle. Elle rêvait juste de prendre une après-midi pour faire les magasins et aller au cinéma, deux activités qui ne rentrent pas franchement dans le schéma du développement personnel (dieu ce que je peux haïr ce terme) mais qui, dans son cas, auraient été grandement utiles à son équilibre !

Cette injonction constante au bien être est lassante. Déjà, bien être et bonheur, ce n'est pas la même chose, et c'est entièrement normal de ne pas être heureux tout le temps. Alors oui, le sport fait sécréter des endorphines, ça aide à l'équilibre mental, mais il me semble que ce n'est pas la seule activité qui ait cet effet - on peut aussi rire beaucoup, par exemple - et puis la dépendance psychologique peut aussi devenir un problème. Ensuite, c'est très bien de s'inspirer d'autres cultures, mais quand je vois la manière dont la méditation est vendue (parce que c'est bien de ça qu'il s'agit), c'est tellement déformé que ça n'en retient plus grand chose. La pratique méditative n'est pas censée aider à se sentir bien, mais à atteindre l'éveil spirituel, à tuer le soi, un petit peu à 180° de l'accomplissement personnel quand même. Le peu que j'ai pratiqué pour les arts martiaux, c'était ingrat et douloureux, alors ça aidait bien à reconfigurer mon rapport au monde et à l'existence corporelle, mais je n'aurais certainement pas conseillé ça pour "se sentir bien dans sa vie" ou "réduire son stress". (Bien sûr, tant mieux si certaines pratiques peuvent aider des gens à être moins anxieux ou à moins souffrir, mais ce n'est pas étonnant que ça ne convienne pas à tout le monde, il n'y a rien d'universel là-dedans !) D'ailleurs, ces injonctions marketées partent du postulat que le monde dans lequel nous vivons et le niveau de stress qu'il induit sont des fatalités, puisqu'il faut recourir à ces pratiques personnelles pour le tempérer. C'est une fois de plus rejeter la responsabilité d'une souffrance systémique sur l'individu, sale tour de plus du néolibéralisme.
 
Cette injonction constante au bien être est lassante. Déjà, bien être et bonheur, ce n'est pas la même chose, et c'est entièrement normal de ne pas être heureux tout le temps. Alors oui, le sport fait sécréter des endorphines, ça aide à l'équilibre mental, mais il me semble que ce n'est pas la seule activité qui ait cet effet - on peut aussi rire beaucoup, par exemple - et puis la dépendance psychologique peut aussi devenir un problème. Ensuite, c'est très bien de s'inspirer d'autres cultures, mais quand je vois la manière dont la méditation est vendue (parce que c'est bien de ça qu'il s'agit), c'est tellement déformé que ça n'en retient plus grand chose. La pratique méditative n'est pas censée aider à se sentir bien, mais à atteindre l'éveil spirituel, à tuer le soi, un petit peu à 180° de l'accomplissement personnel quand même. Le peu que j'ai pratiqué pour les arts martiaux, c'était ingrat et douloureux, alors ça aidait bien à reconfigurer mon rapport au monde et à l'existence corporelle, mais je n'aurais certainement pas conseillé ça pour "se sentir bien dans sa vie" ou "réduire son stress". (Bien sûr, tant mieux si certaines pratiques peuvent aider des gens à être moins anxieux ou à moins souffrir, mais ce n'est pas étonnant que ça ne convienne pas à tout le monde, il n'y a rien d'universel là-dedans !) D'ailleurs, ces injonctions marketées partent du postulat que le monde dans lequel nous vivons et le niveau de stress qu'il induit sont des fatalités, puisqu'il faut recourir à ces pratiques personnelles pour le tempérer. C'est une fois de plus rejeter la responsabilité d'une souffrance systémique sur l'individu, sale tour de plus du néolibéralisme.

Juste pour tout ce paragraphe et surtout la phrase en gras :

tenor.gif
 

Victoria Grace

Capitaine Greluche
Attention, post décousu !:cretin:

Je rejoins beaucoup les avis des posts précédents : le terme "soin de soi" est passé de "ce qui vous fait du bien à vous, personnellement" à "telle, telle et telle activité".
Alors que si vous, ça vous fait du bien, faites-le ! Même si ça ne rentre pas dans les définitions habituelles.

J'en profite pour rebondir sur les paroles de @KittyKiller et conseiller la lecture de Happycratie, par Eva Illouz, sur l'injonction au bonheur, son sens restrictif et normé, son piège de béatitude permanente et le déplacement des problèmes systémiques sur l'individu.

Je rebondis aussi sur les propos de @Rocksteady en parlant de regard un peu extérieur à soi. Je me demande aussi dans quelle mesure, notre éducation qui centrée sur le soin aux autres, l'attention aux autres, l'altruisme, l'abnégation, etc n'oblige pas à porter ce regard extérieur. Dans un contexte où j'ai toujours appris à me faire passer après les autres et à ne pas "m"écouter", me considérer comme un autre me permet de contourner cette prescription implicite sans trop secouer mon système de pensée. Il faut déjà avoir bien avancé sa réflexion pour se clamer haut et fort : oui, parfois, je suis égoïste et je me fais passer avant le reste. (NB: je crois que c'est aussi comme ça qu'on se permettre des moments de pur altruisme mais c'est un autres sujet).

Je crois également que notre système de pensée général, qui a gardé un certain dédain pour le corps et les choses matérielles et qui continue à valoriser des formes d'ascèse ne nous pousse pas à considérer notre corps et notre esprit sous un autre angle que celui des besoins basiques et fais donc du soin à soi-même une notion difficile d'accès et encore plus d'application.

Maintenant, j'avoue que l'injonction au bonheur et au développement personnel constant me tend les nerfs comme des cordes de violon. J'y vois une injonction et une charge supplémentaire, une chose en plus à faire et envisager parmi la longue liste de tâches quotidienne, une pression de plus vers de la productivité.
(Je renvoie encore vers Happycratie, qui explique tout ça bien mieux que moi).
Mea culpa, je suis tellement imprégnée de ce discours de productivité et d'occupation permanente que je culpabilise d'être sur le forum, de regarder une vidéo sans faire autre chose (tricot, dessin, vaisselle, etc) et que j'ai listé dans mes défis personnel "boire une tasse de thé. (et juste boire ma tasse de thé)". Là je me dis que le soin de moi, ce n'est pas un Bullet Journal avec trackers de bonnes habitudes, du développement personnel, un Miracle Morning mais juste de me laisser un peu en paix.

Bref, je m'égare. Pour finir sur une note plus légère, une belle illustration du paradoxe du soin de soi.
Une année, une amie m'a offert un massage pour mon anniversaire. Problème : je déteste les contacts physiques avec les gens qui ne sont pas des proches (très proches) et je suis pudique. Donc quand la masseuse m'a dit que, comme c'était ma première fois, je pouvais garder ma culotte et qu'elle m'a massé tout le corps, je cherchais surtout un moyen de m'enfuir discrètement. Avec le recul, c'est vraiment dommage parce que mon amie a voulu me faire plaisir, me donner un moment à moi, de détente et j'en suis ressortie complètement dégoûtée.

Sinon, excellent article !
 

Rocksteady

Ne pas citer, merci
Je rebondis aussi sur les propos de @Rocksteady en parlant de regard un peu extérieur à soi. Je me demande aussi dans quelle mesure, notre éducation qui centrée sur le soin aux autres, l'attention aux autres, l'altruisme, l'abnégation, etc n'oblige pas à porter ce regard extérieur. Dans un contexte où j'ai toujours appris à me faire passer après les autres et à ne pas "m"écouter", me considérer comme un autre me permet de contourner cette prescription implicite sans trop secouer mon système de pensée.
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@Mymy
Quand je lis ton article je n'ai pas l'impression que tu ne sais pas prendre soin de toi.
Après prendre soin de quelqu'un (dont soi-même) c'est avant tout s'assurer que ces besoin primaires sont remplis : la nourriture, le sommeil, la distraction, les intéractions sociales, ... (parce qu'en vrai les masques, la méditation, le yoga, ... si tu dois te forcer à le faire, tu ne prends pas soin de toi !) Le seul besoin que tu ne remplis peut-être pas c'est de te donner de l'amour et de l'attention. Mais je n'en suis pas si sûre vu que tu te dis que tu te fais souvent passer en premier :hesite:
J'ai l'impression que tu te dis que comme tu n'as pas une intention et une bienveillance quand tu prends soin de toi, ça ne compte pas. Que si ça ne t'apporte pas du bonheur de t'occuper de toi, tu ne t'aimes pas ? (je spécule complètement, c'est une vraie question).
C'est un peu comme si t'étais un daron old school qui s'occupe de ses enfants mais ne leur dit jamais qu'il les aime. S'il fait tant de choses pour eux (même si ça ne lui apporte pas de bonheur de leur faire à manger, faire la lessive, ...), et d'autant plus s'il les fait bien, c'est qu'il les aime ses enfants ? Est-ce que l'intention est plus importante que l'action ?

Après, il y a peut-être aussi un truc d'introversion/extraversion, j'ai une amie qui est dans l'extrême de l'introversion est ça l'épuise d'être avec des groupes/des gens et qui se ressource seule. Alors je me dis que les personnes contraires, extravertie à l'extrême, peut-être s'épuise quand elles sont seules et se ressourcent au contact des autres.

Par contre, je trouve que l'injonction au "care" chez la femme est, de base, plus centré sur les autres que sur soi-même (même si la tendance change depuis ces dernières années), une bonne épouse s'occupe bien de son mari, une bonne fille de ses parents, ... Donc c'est très féminin (d'un point de vue sociétal toujours) de ne pas s'occuper de soi et de s'occuper des autres, de n'avancer qu'avec et pour les autres. C'est Liv Strömquist qui dit dans une de ses BD (celle sur le couple je crois) que la femme est éduqué dans le paradigme qu'elle est faible et qu'elle n'a de pouvoir, et qu'elle veut trouver dans l'homme le pouvoir d'agir. Donc dans ce paradigme-là, ça voudrait dire que tu recherches dans l'autre (j'élargis parce que l'homme ne me paraît pas approprier) le pouvoir sur ta vie que tu ne t'octroies pas seule. :hesite: C'est marrant mais dans les faits ça m'a l'air totalement faux pour toi.

Bref, j'ai trouvé que l'article à plein de pistes de réflexion intéressantes !
 

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