Mais du coup, quand on a une "commu" est-ce qu'on doit se censurer dans la critique ? C'est une vraie question, est-ce que Clemence Bodoc aurais du ne pas critiquer Remy Gaillard ? Est-ce qu'Alexandre Astier n'aurait pas dû répondre à cette nana sur twitter ?
Est-ce qu'on doit restreindre ses critiques pour ne pas risquer un cyber harcèlement ou ne pas corriger quelqu'un pour ne pas le blesser ?
Est-ce qu'il n'y a pas un schéma qui se répète ? Dans leur grande majorité les harcelés sont des femmes, des hommes trans ou des personnes non binaires ou des homms cis qu'on va juger "efféminé" (oui bonjour c'est moi l'homophobie).
Non, je ne dois pas me censurer dans la critique, et je ne dois pas non plus nier ma responsabilité. En fait, depuis Rémi Gaillard, je procède différemment. Quand je suis critique, je m'applique aussi à critiquer "le camp" susceptible de récupérer ma critique pour aller harceler la personne. En gros, je vais générer un harcèlement si je tiens un discours qui entre en résonance avec l'idéologie d'un groupe de gens, et que je désigne un ennemi.
Par exemple, quand j'écris cet article,
à propos d'un mec qui se revendique "musulman normal", qui "ne serre pas la main des femmes", j'écris aussi très distinctement dans l'article un paragraphe à l'attention de l'extrême droite : ça empêche ces gens là de reprendre mon article pour aller insulter ce mec, et plus largement, tous les musulmans...
Donc le premier point, c'est : ne pas laisser la brèche ouverte. Quand tu démontes l'argumentation de quelqu'un, ça coûte pas grand chose de rajouter "et n'en profitez pas pour raccourcir ma pensée en la réduisant à des insultes" (si c'est un risque). (On l'a même fait
sur certains articles de madmoiZelle, pourtant dieu sait que j'ai une haute estime pour les lectrices de mad)
Le 2ème point, c'est : à qui je m'attaque ? Je ne vais pas afficher sur Twitter un mec à 10 followers, prendre et démonter la vidéo d'un mec qui fait même pas 1000 vues, ou trasher un anonyme pour un commentaire laissé un peu vite. Depuis Pley et Gaillard, je déconstruis les discours tenus par des personnalités publiques, qui assument leur exposition médiatique. Qui assument que leurs opinions soient diffusées largement, et donc critiquées largement.
Ça n'empêche pas complètement les effets de masse, mais ça les limite considérablement. Jvous jure que j'ai beeeaaaucoup moins de RT sur Twitter lorsque je clashe Eugénie Bastié, mais que je précise dans le même tweet "n'en profitez pas pour l'insulter" ; j'ai plutôt quelques réponses qui m'expliquent que je devrais pas la traiter avec un tel respect, haha...
Pour l'exemple d'Alexandre Astier, "c'est pas lui qui a commencé", j'ai envie de dire. Je ne sais plus exactement de quoi il s'agissait, mais au bout d'un moment, t'as le droit de répondre quand on t'emmerde.
Quand Eugénie Bastié tweete que "madmoiZelle, c'est la lie des magazines féminins-féministes", déso pas déso je cite son tweete pour le tourner en dérision... Je ne suis pas responsable du comportement des autres, ET je ne peux pas nier toute responsabilité liée à mes actions ; je dirais que ma conscience fixe les limites de ma responsabilité ?
Clairement, j'ai déjà refusé un sujet, ou flouté des captures d'écran juste pour ne pas être responsable d'un cyberharcèlement.