@Perlea. : Je ne sais pas quel est ton besoin exact en matière de sociabilité, mais pour ma part, voilà ce que je fais pour garder un semblant de vie sociale avec des adultes depuis que je suis mère au foyer.
Je pensais avoir gardé l'une ou l'autre amie proche "malgré" (putain quoi, "malgré" est le mot qui me vient c'est quand même grave) la maternité, mais cette année a clôturé une des dernières longues amitiés donc bon.. Je vois encore deux autres amies de loin en loin tous les 6 mois mais clairement, c'est un peu peu.. (ça ira mieux quand elles auront pondu aussi

)
1. Quand on a déménagé (proche de la ville, mais plutôt à la campagne, avec un esprit assez village dans le quartier) j'ai parlé à tout le monde dans le quartier. Je n'y ai pas (encore ?) d'amis à proprement parler, mais on est là depuis un an et je connais de mieux en mieux le voisinage proche, et je lie connaissance à 1 km à la ronde, ce qui me va plutôt bien, d'une ça donne un sentiment de sécurité quand mon mari est souvent absent, et de deux, ça remonte toujours le moral de se faire appeler par son prénom quand on se balade ^^
2. J'ai renoué avec d'anciennes amies/copines perdues de vue pour des raisons x ou y à la sortie du secondaire.. et qui ont elles aussi des enfants. J'ai renoué comme ça avec deux filles qui ont été très proches (une en primaire, l'autre en secondaire) et on se voit une à deux fois par mois, elles ont 2 et 3 enfants, nos enfants s'apprécient etc.. et ça fait du bien ! Est-ce que tu en as dans ton entourage ? Faut juste prendre son courage à deux mains, et souvent, elles sont un peu dans le même cas que nous (avec un an ou deux d'avance) et ça fait plaisir à tout le monde

3. J'ai pris un cours une journée semaine depuis octobre, et j'y ai rencontré plein de monde ! Des filles super sympathiques, de 25 à 89 ans, et ça aussi, ça remplit bien ma jauge sociale
Bref, je dirais qu'il n'y a pas de secrets, et qu'en fonction de ses besoins, faut se forcer à faire les premiers pas. Ca ne suffirait pas pour plein de monde (au fond, je n'ai que deux relations amicales profondes régulières) mais moi qui suis un peu sauvage et qui kiffe son temps seule.. ça me fait du bien. Et après une bonne année le nez plongé sur ma fille, j'en avais besoin. Courage !
Mais ça reste douloureux les amitiés qui se terminent. Mon amie (plus de 15 ans) qui m'a envoyé sur les roses ben.. ça fait quelques mois, je fais ce que je peux pour ne pas y penser, mais ça fait drôlement mal au cœur quand même..
Je me dis aussi que les autres finiront par avoir des enfants (et par comprendre que le centre du monde se modifie un poil) et que ça rééquilibrera un peu les choses, aussi.
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A mon cours de couture, une de mes copines a amené sa fille (afin de corriger un patron pour elle, bref) et elle m'avait déjà expliqué que sa fille a un lourd handicap, majoritairement mental et un peu physique, et qu'étant ado, celle-ci à l'âge mental d'une enfant de 2-3 ans, ne parle pas et est toujours dépendante d'elle (et le sera toujours)
Elle est venue, cette petite est adorable (déroutant de se rendre compte que le contact passe en adoptant l'attitude que j'adopte avec ma propre fille) mais ça m'a fait tellement mal pour ma copine. Elle m'a déjà dit à quel point cette situation est usante, a fait le vide autour de leur famille, à quel point c'est fatigant, et parfois angoissant, mais elle est aussi positive, sa vie a continué.. Ben.. Je me dis que ça doit être terrible de savoir que son enfant reste comme bloqué à un stade, qu'il aura toujours autant besoin de nous, qu'on sera.. toujours un peu prisonnier, aussi, et cette angoisse de quand on la laissera une fois morts.. Ca m'a filé le bourdon, et je suis admirative aussi, elle semble toujours si enjouée malgré tout. Je ne sais franchement pas comment j'aurais réagi face à une telle situation..
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J'ai pris note des adresses et contacts de différentes écoles.. Je crois que j'ai besoin de les appeler, de fixer des rendez-vous et d'aller voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs.
Restera à savoir si j'attends septembre prochain ou si je la change plus tôt... elle s'y plaît, mais moi, la confiance est comme brisée.. et les échos entendus par deux petites filles hier ne me rassurent pas du tout.
Après l'avoir récupérée, je repars avec la poussette. 2 filles de primaires viennent parler à ma fille, et l'une dit à l'autre : "c'est Jason qui lui a fait ça", je fais mine de m'y intéresser mais à peine (pas envie de les brusquer en plus elles ne me connaissent pas..) et je dis : "oui, il n'a pas fait exprès, apparemment, il est tombé sur elle"
L'une s'est renfrognée en disant que oui on avait dit que c'était un accident mais que ma fille avait l'air d'avoir été tabassée (mon petit coeur de maman à ce moment là) et que le Jason en question était un problème réccurent et qu'on parlait de l'exclure car il frappe tout le monde.
(à ce stade, moi qui était en mode Dalaï Lama, j'ai très envie de le jeter sous un train, merci)
Bref, c'est peut-être bien un accident. Mais on a mis une semaine à m'avouer que "grand" c'était "enfant de 10 ans", et personne n'a jugé bon de me dire que c'était le chiard à problème qui avait fait si mal à LA PLUS JEUNE DE L'ECOLE.
Une voix me dit que c'est peut-être pas totalement un accident..
Et je sais pas, alors que je n'y pensais pas, à chaque heure de récré, j'ai le bide serré.
Je sais que ça pourrait arriver ailleurs (sauf que ça sera avec des enfants du même âge uniquement) mais voilà.. j'ai de plus en plus de mal.. C'est dommage car les instit's sont chouettes.. Mais le milieu et ça, j'y pense non stop.
Je suis même prête à visiter le catholique du coin (et pour une fille qui était enfant terrifiée à l'idée d'attraper la foi, ça veut dire beaucoup

) et une école privée où on enseigne l'anglais aux enfants dès 20 mois (perso, ça me donne envie de me facepalmer mébon)
BREF.. j'ai acheté le bouquin du permis, je vais me sortir les doigts du cul, passer le code et prendre des heures de conduite ce qui me permettra éventuellement de la mettre + loin si les 3 écoles du coin ne me satisfont pas.
(on me dit à l'oreillette que l'option "mettre ma gamine dans une bulle à hamster à la maison n'est pas envisageable, dommage.)
Oh, question, ça m'a turlupiné qu'elle joue plus d'une heure toute seule hier : je sais que je devrais en profiter, bla bla, que ça veut dire qu'elle se construit bla bla, mais à même pas trois ans, c'est pas un signe d'un mal $être quelconque de vouloir jouer toute seule ? Sans sa maman ? Qui l'aime ? Et se retrouve comme une conne désœuvrée devant tant de solitude non prévue ?
