@Locke Justement, comment savoir quand c'est du second degré, quand tu ne connais pas l'individu personnellement ? Parce que du coup "second degré" ça devient un bouclier facile : tu fais une blague que tu penses, on te dit que t'as déconné, et tu réponds "nope ! C'tait du second degré !". Et on est sensé dire quoi ? "Ok amen je te crois sur parole" ?
C'est une vrai question. Si le second degré n'est pas clairement perceptible, c'est peut-être que ça n'en est pas...
Ah, et puis aussi : C'est quoi le second degré ? J'ai un peu de mal à comprendre. Si on fait une blague qui vise à blesser des gens (la plupart du temps des gens qui ne sont pas comme nous), pourquoi on la trouve drôle si on ne la pensait pas vraiment ?
![]()
Culturellement, on est supposés avoir intégré comment reconnaître du second degré de quelque chose de parfaitement premier degré. Surtout qu'on parle d'un sketch à la télévision, pas d'un discours d'un inconnu dans la rue, donc les probabilités que ce soit du second degré sont laaaargement plus importantes. Orelsan et Gringe sont là en tant qu'acteurs, dans leur propre rôle certes, mais en tant qu'acteurs quand même, avec des textes qui ne sont pas écrits par eux (raison de plus). Je veux bien que le second degré ne soit pas toujours perceptible, mais il y'a aussi parfois, je crois, des refus évidents à ne pas le voir.
"Une blague qui vise à blesser des gens" ? Bah non, justement, si c'est une BLAGUE, le but c'est justement de faire rire, pas de blesser qui que ce soit, ni même de faire rire au dépend de qui que ce soit en fait, ou bien nous n'avons pas la même définition de l'humour et c'est un gros problème. D'où le rapport au fait qu'on ne peut pas rire de tout avec tout le monde, ce qui est parfaitement logique (compliqué, mais logique). Je suis féministe, je suis une femme, et je ris parfois de moi-même, de ma condition de femme, avec d'autres femmes, avec des hommes, et je ne me sens pas blessée, je ne me sens pas agressée, parce que je sais que c'st de l'humour, et que ça me permet aussi, parfois de me remettre en question. Evidemment, je ne parlerai pas de ça avec des gens qui me sont inconnus, tout comme je ne parlerai pas de politique, de sexualité ou d'argent avec n'importe qui, tout simplement parce que certains sujets ne peuvent être approfondis qu'avec des gens qu'on connait un tant soit peu - suffisamment pour savoir ce qui peut être dit. De la même façon, quand je vois ce sketch, je préfère me dire que la vraie moquerie est à l'encontre des hommes qui pensent comme ça que des femmes "moches".
C'est étrange, quand je te lis, j'ai l'impression que plus ça va, plus l'aspect cathartique du rire s'évapore tout doucement au profit d'une forme de bien pensance où il vaut mieux se taire, ne rien dire de peur de froisser quelqu'un. C'est dommage je trouve, ou alors je suis un peu naïve et je considère trop que l'humour est quelque chose de positif. Je suis partagée, j'avoue.