Margaret Atwood croit que le mot « femme » va disparaître (et on pense qu’elle se plante)

13 Juin 2014
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C'est "drôle" parce que les TERFs étaient justement désespérées quant Margaret Artwood avait soutenu la communauté trans il y a quelques années, elles doivent être aux anges.
Il y a quelques temps j'avais vu des TERFs relayer une vidéo d'une sage-femme qui avait été témoin de l'accouchement long et douloureux d'une femme dont le mari avait dit à la fin de l'accouchement "quelle femme !". Cette sage-femme expliquait que "quelle personne accouchant ! " aurait été ridicule face au courage de cette mère.
Les féministes transphobes ont une vision très binaire et figée du genre comme le sexe biologique immuable, pour elles le féminisme serait célébrer les femmes pour leurs fameuses capacités biologiques innées. Même si soutenir les mères est primordial ici ça reviendrait à réduire les femmes à leur utérus, en excluant au passage toutes celles qui n'en ont pas ou qui ne veulent pas être mères.
C'est aussi très triste ce manque d'empathie pour les personnes trans qui viennent forcément déranger cette vision d'une biologie figée à vie. En 2017 Freddy McConnel avait documenté sa grossesse en tant qu'homme trans et en a tiré le film Sea Horse. Il avait raconté que beaucoup de femmes transphobes lui avaient dit avoir été très touchées par le film et admirer son courage mais elles refusaient de changer leur position. Pourtant comme mentionné dans l'article le mot femme n'est bien sûr pas interdit mais comme les hommes trans et non binaires existent pour les inclure quand on parle de grossesse en général on dit personnes enceintes. Je comprends que ça soit vécu comme une invisibilisation mais individuellement cela n'empêchera pas toutes les femmes cis d'être désignées come femme tout en évitant aux hommes trans d'être ramenés avec violence au genre dont ils ont tout fait pour se détacher.
Je n'ai pas trop d'espoir mais j'espère qu'elles comprendront qu'elles se trompent de cible en attaquant une minorité déjà très marginalisée. Les hommes trans enceints font face au sexisme mais aussi à de la transphobie, ça devrait pourtant permettre une forme de solidarité.
 
9 Mars 2014
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lutinreveurblog.wordpress.com
Dans le milieu médical, je pense qu'il serait plus judicieux de toute de faire en sorte d'utiliser autant de termes neutres possibles pour éviter que des personnes n'aient pas accès à des soins.

C'est vrai qu'on parle beaucoup de la gynécologie et des femmes parce que tout ce qui était féminin a souvent été invisibilisé et c'est peut-être pour cette raison qu'il y a des crispations.

Cependant, c'est beaucoup plus problématique quand on se dit par exemple : cancer du sein = femme. Ce qui n'est pas tout à fait vrai et du coup on a plusieurs catégories de la population qui seront ignorées. C'est exactement la même chose pour: cancer de la prostate= homme.

Chaque maladie peut avoir un effet different selon le sexe de la personne, mais aussi selon les antécédents d'une personne indépendamment de son sexe et le fait que l'on mette les personnes dans cases n'aide pas beaucoup.

Tout comme il serait temps que les laboratoires qui font des médocs et des vaccins comprennent que l'homme cis blanc n'est pas le modèle par défaut de la population pour effectuer des tests.
 
12 Avril 2012
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Le titre est provocateur, mais la question du remaniement de ce mot n'est pas inintéressante. Ce qui est discuté ici ce n'est pas littéralement l'effacement du mot "femme", mais plutôt sa redéfinition comme identité de genre sans lien forcément avec la réalité matérielle. Bien sûr ça mène à des débats, particulièrement en anglais où les termes "gender" et "sex" sont interchangeables.

Cette tribune fait plutôt écho à des cas comme ce tweet de l'ACLU sur la citation de Ruth Bader Ginsburg qui avait fait grand bruit (ça se voit dans l'intro de l'article d'ailleurs).

Capture d’écran 2021-10-22 à 11.03.22.png

La question étant : si le mot "femme" n'est plus utilisé comme description d'une réalité matérielle biologique mais uniquement comme identité et expression de genre, comment définir qui est concerné·e par les questions de sexisme médical et de violence gynécologiques sans utiliser des termes génériques ("people") ou déshumanisant ("bodies with vaginas") ? Un groupe marginalisé a besoin de termes pour se revendiquer et se défendre, pour construire une conscience de classe. Utiliser des termes génériques ou déconnectés de l'humanité ne permet pas une conscience de classe.

Je suis personnellement pour l'utilisation distincte des termes sexués (mâle - femelle - inter) et genré·e (homme - femme - non-binaire) pour parler des différentes oppressions. Mais il faut trouver une façon de continuer à parler des oppressions sur le sexe, surtout dans une langue comme l'anglais où tout ces termes sont interchangeables.

Cependant, c'est beaucoup plus problématique quand on se dit par exemple : cancer du sein = femme
Chaque maladie peut avoir un effet different selon le sexe de la personne, mais aussi selon les antécédents d'une personne indépendamment de son sexe et le fait que l'on mette les personnes dans cases n'aide pas beaucoup.
Sans parler du genre qui a peu d'impact dans les cas de maladies à tendances sexuées : puisque 99% des personnes atteintes d'un cancer du sein sont de sexe femelle, pourquoi ne pas le relever ? En faire une maladie "individuelle" qui pourrait concerner tout le monde à risques égaux ne fait que flouter un risque médical réel pour 50% de la population.
 

eLLuLa

Ne pas citer svp-LuLa sur Rockie
4 Avril 2013
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Euh, je trouve ça un peu violent de traiter Margaret Atwood de "Terf" et dire qu'elle n'a jamais été féministe. Peut-être qu'elle ne correspond pas à un certain féminisme d'aujourd'hui, mais nier l'apport de sa littérature au mouvement féministe en général, c'est aller un peu loin.

@gingerfish Merci de recontextualiser, ce qui n'a pas été fait dans l'article. Je venais d'ailleurs justement de finir de lire cet article d'une journaliste américaine sur Slate qui aborde le sujet: http://www.slate.fr/story/217596/mo...unis-personne-qui-a-ses-regles-trans-inclusif

L'effacement voire la censure dans certaines situations non médicales du mot "femme" peut être vécu comme une grande violence, qui résonne avec les violences faites aux femmes depuis des millénaires. C'est une chose qu'il faudrait entendre.
 
28 Avril 2015
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@Neverland90

Tu as des sources concernant le cancer de la prostate féminin ?
Je suis juste tombée sur des articles parlant du fait que la femme avait une prostate non développée d’une taille microscopique. :hesite:

Mais sinon je suis d’accord avec @gingerfish , en médecine c’est normal de faire des différences selon les sexes notamment en terme de prévention.
Car comme ça a été dit un cancer du sein chez la femme c’est 1 femme sur 8 alors qu’un cancer du sein chez l’homme concerne seulement 1% des cancers du sein. Ça ne veut pas dire qu il ne faut pas en parler bien évidemment mais tu ne peux pas t’amuser à dépister tout le monde comme si le risque était le même.
D’ailleurs c’est la même chose avec l’âge, on commence pas les mammographies à 20 ans mais à 50 ans (en dehors de gènes augmentant le risque), pourtant ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas attraper un cancer du sein à 27 ans par exemple.
 

Kettricken

Hate is always foolish. Love is always wise
13 Avril 2011
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Dire qu'elle était amie avec l'immense Ursula Le Guin, laquelle a notamment imaginé dans "La main gauche de la nuit" (livre des années 60) un monde rempli d'humains n'étant sexué que pour la reproduction. Et a part la suite regretté de ne pas avoir utilisé le pronom neutre "they" pour ce roman.
Peut-être que Le Guin l'aurait publiquement contredite, comme quand elle avait écrit une tribune pour dire qu'elle déplorait le fait que Atwood considérait ne pas écrire de SF.

Il y a quelques temps j'avais vu des TERFs relayer une vidéo d'une sage-femme qui avait été témoin de l'accouchement long et douloureux d'une femme dont le mari avait dit à la fin de l'accouchement "quelle femme !". Cette sage-femme expliquait que "quelle personne accouchant ! " aurait été ridicule face au courage de cette mère.
C'est quand même dingue cette dififculté à distinguer contexte particulier et général.Là, la personne qui accouchait était une femme. Doncon dit "quelle femme!"
Alors que si on parle médecine, on peut s'interroger sur l'utilité de dire "les personnes accouchant". Mais s'interroger vraiment. Comme pour les menstruations : vaut-il mieux des campagnes de santé publiques parlant de "personnes ayant leurs règles" pour toucher toutes les personnes concernées et que ces personnes ? Ou vaut-il mieux dire "les femmes ayant leurs règles" pour souligner de potentielles éléments sexistes de la question dont on parle ?
Je pense que ça dépent souvent. Le contexte est fondamental en fait
 
9 Mars 2014
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lutinreveurblog.wordpress.com
@gingerfish @PetitePaille

Je parle surtout en terme d'errance médicale. Le fait que des hommes puissent avoir un cancer du sein, c'est très récemment qu'on en parle et il semble que le diagnostic était tardif.

Le point n'est pas de faire des dépistages sur tout le monde mais que les docteurs gardent un esprit neutre sur le sujet. Que si un homme se présente avec des signes, que ça fasse tilt.

Sauf que inconsciemment, ces possibilités sont exclues par les médecins et ça entraîne une errance médicale et une prise en charge tardive.

Oui, pour la prostate, je suis tombée sur le même fait divers mais aussi un cas qui concernait une personne qui avait été mutilée à la naissance pour être dans les standards biologique féminin (je n'ai pas le lien, mais en gros si j'ai bien compris son sexe biologique n'était pas clair et elle avait ce qui ressemblait à un pénis. N'hésitez pas à me corriger si vous avez plus d'infos. )

Alors oui, ce sont des situations parfois individuelle et spécifiques mais des personnes mutilées à la naissance de cette façon, il y en a beaucoup plus qu'on le pense, c'est juste qu'on en parle pas.
 
13 Juin 2014
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La question étant : si le mot "femme" n'est plus utilisé comme description d'une réalité matérielle biologique mais uniquement comme identité et expression de genre, comment définir qui est concerné·e par les questions de sexisme médical et de violence gynécologiques sans utiliser des termes génériques ("people") ou déshumanisant ("bodies with vaginas") ? Un groupe marginalisé a besoin de termes pour se revendiquer et se défendre, pour construire une conscience de classe. Utiliser des termes génériques ou déconnectés de l'humanité ne permet pas une conscience de classe.
Effectivement le terme "bodies with vaginas" est bien déshumanisant et limite. Mais le problème avec l'utilisation du mot "femme" c'est qu'il n'y a pas qu'elles qui sont concernées par les questions de sexisme médical et de violences gynécologiques.
Comment font les personnes trans pour s'en défendre si elles n'existent pas dans les termes médicaux non plus ?
Je ne pense pas que l'existence du mot "personne enceinte" va empêcher les femmes de combattre le sexisme dont elles sont victimes alors qu'avec la situation actuelle je connais beaucoup d'hommes trans qui se mettent en danger en renonçant à des soins dont ils ont besoin ou à qui on refuse des soins parce que les médecins ne connaissent pas leur existence. C'est d'autant plus dramatique que très peu d'études existent sur la santé des personnes trans, les effets des hormones sont peu connus et il est recommandé de faire des rdv réguliers chez le gynéco pour diminuer le risque de cancer des ovaires lié à la prise de testostérone (est-ce qu'il y a vraiment causalité ? pas sûr).

Edit : Pour revenir sur l'article de Slate:
"Un homme trans pourrait donc potentiellement se reconnaître comme «femme» car il a des organes féminins, même si son identité de genre est autre."
Je recommande cette tribune sur comment l'identité de genre crée surtout des arguments cisexistes comme celui-ci. Il y a aussi cette deuxième tribune qui revient sur les arguments biologiques.
Jesse Singal cité dans l'article est connu pour sa transphobie et je trouve ça moyen d'utiliser une personne trans comme "bonne personne trans d'accord avec les cis qui trouvent que les autres membres de sa communauté vont trop loin" surtout quand elle défend des assos très transphobes comme LGBAlliance. Ca me fait penser à la vidéo de Contrapoints sur Blair White...

Edit bis : Je recommande aussi vraiment ce post de Julia Serano (une femme trans biologiste) sur le mythe de sexe biologiste et comment il est utilisé contre les personnes trans
 
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