Estella;1291294 a dit :
Ah et je lis un truc vraiment cool : L'Heptaméron de Marguerite de Navarre. Déjà, j'aime bien la langue du seizième donc c'est plaisant à lire mais les nouvelles sont vraiment étonnantes : ça parle d'histoire d'amour, dont les acteurs sont pour la plupart lubriques ou carrément pervers, ça parle d'inceste chez les gens de bonne compagnie, ça parle de moines débauchés, ça parle de tromperies complètement tordus, c'est grivois et anticlérical, c'est marrant ! Pas à se tordre en deux, certes, mais quand même. Comme ce sont des nouvelles, je picore aussi, ce qui est parfait car je n'ai pas assez de temps pour lire des choses longues à côté de ce que je lis pour les cours.
Ah, ça a l'air tentant ! C'est quand même marrant de trouver ce genre de textes à une telle époque, non ?
L'ennui ici c'est que je ne trouve pratiquement QUE des auteurs anglophones ; de très rares autres, mais en général assez peu. Puis finalement assez peu de classiques (mais je m'y mets ; Balzac et Zola, c'est bien, maintenant je vais attaquer du côté de Thomas Hardy et ses comparses anglo-saxons que je connais trop peu), les bibliothèques ici regorgent de romans à l'eau de rose. Ou alors, parenthèse civilisationnelle, les couvertures des livres sont telles qu'on imagine un roman fleur bleue à lire sur la plage. Les éditeurs regorgent d'imagination, le design des livres est génial en général, le livre en tant qu'objet est bien plus travaillé ici qu'en France, résultat, on a toujours l'impression qu'on va lire un truc fun et léger. C'est drôle comme on est formatés, en France, à croire qu'un livre est sérieux parce que sa couverture l'est, et vice-versa.
Je vais me remettre à mon
Seamus Heany. Prix Nobel 1995 ! ... et je n'avais jamais entendu parler de lui. Ses poèmes sont assez concrets, assez proches de la nature, avec un côté Virgile parfois : poèmes sur le laboureur, les champs, l'élevage du bétail, etc. Il évoque souvent l'image du père, je trouve. Mais j'en ai lu seulement une douzaine, et je suis loin de tout comprendre.
A propos des auteurs irlandais, en fait je me rends compte en lisant des listes d'auteurs irlandais que j'en ai lu pas mal en ignorant qu'ils étaient irlandais. On réduit si souvent le Royaume-Uni à l'Angleterre (et maintenant l'Irlande à la République d'Irlande - quid du Nord ?), comme
Oscar Wilde, Samuel Beckett (je le croyais français d'origine anglaise, il est en réalité irlandais exilé en France),
Eoin Colfer (
Artemis Fowl - en fait, j'aurais pu m'en douter, avec son nom, et avec son univers !),
James Joyce (oui, lui je savais qu'il était dublinois, on peut difficilement l'ignorer),
Sheridan Le Fanu (lu l'an passé, ça m'apprendra à ne prêter AUCUNE attention aux bio au début des bouquins),
Iris Murdoch,
Bernard Shaw, Laurence Sterne, Bram Stoker (l'Irlande a produit deux maîtres des histoires de vampire, lui et
Sheridan Le Fanu !),
Jonathan Swift, et Yeats. La plupart sont de Dublin plus que de Belfast ou du nord en général, mais tout de même ! ...