@Selinde
Perso, je pense que c'est l'avenir.

D'abord pour l'aspect "vivre en dehors de la société", je préfère une approche "philosophique" plutôt que pratique : la société, c'est nous qui la créons. Si on continue à adhérer à la société capitaliste actuelle, on la renforce. En en faisant partie, on la légitime. Le fait de décider d'en sortir, c'est pour en créer une autre, du coup on "fait toujours partie de la société",
une société, celle qu'on décide d'inventer selon des valeurs que l'on considère comme "supérieures" (dans le sens, meilleures pour les êtres vivants et non vivants - la Nature en général). Rares sont ceux qui décident de vivre réellement en ermite, seuls au fond des bois ou en haut d'une montagne. Ceux-là sont souvent dans une démarche spirituelle (méditation, etc.) et non "communautaire".
Pour moi, les communautés autonomes aujourd'hui répondent précisément à un défi qui touche l'humanité entière : comment faire pour continuer à vivre (littéralement, respirer et manger correctement) sur le long terme, de façon réellement durable (et éthique) ? Quand à l'heure actuelle, le moindre pas que l'on fait est dépendant d'une énergie à la fois hyper polluante et qui se raréfie pour finir par disparaître (le pétrole). Les gens qui décident de s'installer de façon autonome ne souffriront pas directement de la disparition du pétrole, non seulement parce qu'ils s'en seront passés depuis un certain temps, mais aussi parce qu'en décidant de ne plus être dépendants de la société, ils développent tout un tas de "compétences" leur permettant de vivre sans besoins extérieurs. Evidemment l'autonomie totale et complète peut sembler utopique, je pense qu'il faut savoir identifier ses limites et, éventuellement, les contourner (typiquement le café : difficile d'en obtenir sans pétrole pour le transporter : dans ce cas, la solution pour moi est de s'en passer, mais tout le monde ne sera pas forcément d'accord).
Je pense que ces communautés qui fleurissent de plus en plus donnent un certain exemple : c'est possible. Tout commence par un premier pas. Aujourd'hui on en compte peut-être 50 en France (chiffre au pif), ça commence comme ça, petit à petit ça va augmenter, les gens sont de plus en plus nombreux à ne plus s'épanouir dans la société capitaliste et le fait de voir des alternatives permet de nourrir l'imaginaire et de commencer à rêver, à s'inventer de nouveaux futurs.
Plus largement, je pense que les gens qui décident de faire ça ont un certain état d'esprit que je considère "positif" : vivre sa vie pour être heureux (et pas pour faire du profit), replacer l'argent comme un moyen (et non une fin), prendre le temps de faire soi-même (moins polluant que tout vouloir vite et immédiatement), encourager les gens à faire eux-mêmes (ce qui évite de "délocaliser" dans les usines esclavagistes des pays pauvres). Je pense que c'est là qu'on peut observer un réel changement des mentalités, qui doit forcément accompagner n'importe quelle "transition" écologique ou énergétique.
On parle un peu de ce sujet (+ dans l'idée d'installation concrète mais pas que) sur
ce topic, si jamais tu ne l'as pas vu (mais la discussion peut continuer ici, c'est complètement le sujet de la décroissance

).
Perso ça me passionne complètement.
