C'est la crise, ils disent... - Lettre ouverte d'une chômeuse fatiguée

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Amalia_Okia, le 17 mai 2013.

  1. Amalia_Okia

    Amalia_Okia
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  2. mmebrightside

    mmebrightside
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    Guest

    Ce message m'a beaucoup touchée - je m'y suis complètement reconnue.
    Cette impression que le monde tourne sans nous...

    D'accord, le choix de ma filière n'aide pas (le cinéma, quelle idée prodigieuse), mais tout de même... j'ai eu un bac S, j'ai fait des études, j'aime lire, écrire, je me considère comme quelqu'un de cultivé, et je ne supporte plus d'occuper des jobs alimentaires en bas de l'échelle.

    Courage, collègue, je suis de tout cœur avec toi...!


    http://jeveuxfaireducinema.blogspot.fr/
     
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  3. phlaurianne

    phlaurianne
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    Guest

    C'est ça. C'est tout à fait ça. Choisir son cursus, faire des études, partir à l'étranger (et n'avoir plus vraiment envie de revenir), croire qu'on va trouver un travail qui nous plaît, faire des stages, parce que c'est devenu normal de se faire exploiter pendant un temps indéterminé avant de pouvoir accéder au saint des saints, un CDI, mais ça c'est plus possible non plus.
    Je me suis reconnue dans cette article, parce que j'en ai fait des stages, des biens et des moins biens, de ce qui te donnent plus envie de te lever le matin, qui te filent limite la gerbe à l'approche des bureaux, où on remet en cause ta formation, où on te remet en cause, où on te paie avec du retard, parce que bon faut pas abuser mais tu sers un peu à rien.
    Je suis à Paris depuis un peu plus d'un an, et je suis devenue aigrie. A 22 ans, bientôt 23, je suis devenue défaitiste comme pas possible. L'autre jour, même ma maman m'a dit que si j'avais l'occasion de partir, je devrais partir le plus vite possible, pour un an, deux ans, juste partir. Parce que comme le dit l'article, on est tous et toutes des petites pépites en devenir, et si la France n'en veut pas, peut être que d'autres horizons en veulent.
     
    Lord Griffith a BigUpé ce message
  4. zohra_larousse

    zohra_larousse
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    Desperate Housewives sans les dollars

    Merci pour ton temoignage tellement touchant, oui il m'a touché et meme pour te dire j'en ai versé une larmichette, tellement cela m'a touché et tellement je me suis reconnu la dedans!!
    Je pense meme à imprimer ton temoignage et le mettre en PJ dans toutes les LM et CV que j'envoie pour un job...sans succés.

    Comme toi j'en ai marre qu'on nous donne pas notre chance surtout qd on se sent capable d'occuper le poste pour lequel on postule. Dernierement je postule à un poste que j'ai occupé dans une autre structure pendant un an, avec pour imperatif une experience de 2 ans et bien non j'ai été recalé car il faut 2 ans!! mais merde c'etait mon job, je sais faire ce job!!! GRRRRRR j'en ai marre!!!

    Desolée j'ai un peu laissé exploser ma rage ^^
     
  5. Ysia

    Ysia
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    Hé béh ça me plombe le moral ce genre d'article. Je termine mon master cette année, et je déprime depuis 1 an à chaque fois que je pense à mon métier futur (parce que justement je n'ai aucune idée de ce qu'il sera, ni même de sa nature). Je suis dans le brouillard.
    Ceci dit, je suis quand même parfois optimiste et me dis que 5 ans d'étude ça vaut quand même quelque chose sur le marché du travail. Ai-je à ce point tord? :shifty:
     
  6. Adesta

    Adesta
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    Une moule-frites, svp!

    Cet article fait tellement écho à ce que je vis en ce moment, que ça fait presque du bien!

    Je ne sais pas comment ça marche en France, mais moi, belge, je suis sortie des études depuis moins d'un an. Et chez nous, ça s'appelle "stage d'insertion" (d'insertion dans le chômage, ouais!), l'année entre la fin des études et le chômage. Et donc, entre temps, je n'ai RIEN. Pas un copec, si ce n'est la 100aine d'€ des alloc (à laquelle je n'aurais pas droit si je n'étais pas domiciliée chez ma mère).

    En clair, si je n'avais pas le soutien de ma famille et de mon chéri, je ferais quoi, avec 0€ pendant 1 an? Et comme le dit Une madmoiZelle, si personne ne veut croire en ma motivation et ma bonne foi, c'est le cercle vicieux...

    Enfin voila, tout ça pour dire que ça me donne encore un peu plus la niak :boxing:, tout en étant aussi un peu plus désespérée :tears:
     
  7. Mad_Summers

    Mad_Summers
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    C'est un article vraiment touchant et bien écrit!

    Je continue mes études mais parfois je regrette un peu de pas avoir fait un bac pro et fait un métier avec peu de qualification.
    C'est vrai que c'est embêtant de faire des études qui plaisent mais qui risquent de mener "à rien".
    Et je pense que parfois il faut peut être s'expatrier pour mieux revenir mais bon ce n'est pas normal, on devrait pouvoir rester en France.
     
  8. leonor

    leonor
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    Guest

    Je ne dirai qu'une chose à cette MadmoiZelle, et peu importe qu'on me réponde "oui mais enfiiiiin, c'est pas faciiiiiile, tu saaaais", pars à l'étranger.

    Je sais. Famille, amis. Barrière de la langue. Ou tout simplement aucunement l'envie de changer de pays. Ce que je peux comprendre. Ce qui est naturel.

    Oui, mais, "in this economy" comme disent souvent les anglo-saxons, il vaut mieux prendre sa valise, dire merde, et aller trouver du travail là où il y en a (c'est à dire pas en France.) (Bon, tu me diras, y en a pas beaucoup plus ailleurs.) (Quoique.)

    L'article n'explique pas non plus son parcours - en France, tu ne peux travailler que dans un domaine pour lequel tu as étudié, ce qui explique le taux de chômage monstrueux des jeunes de manière générale. Parce-t'as-pas-le-diplôme-qu'il-faut.

    Trilingue, j'ai quand même eu pas moins d'une dizaine de franchouillards (par définition unilingues) boursouflés de leur importance me demander si je parlais vraiment bien anglais. "Oké, so, let's-euh, you-spik-inglich?" Non, j'ai passé 4 ans en Angleterre à jouer au tennis, connard.

    M'est avis que c'est plus difficile pour une femme. Je ne cherche même plus à comparer l'Angleterre à la France pour le rapport au genre, parce que mon pays natal m'a prouvé à maintes reprises le traitement catastrophique des jeunes femmes diplômées, compétentes et travailleuses qui se voient refuser des postes... attribués à leur congénères masculins objectivement moins qualifiés. Je n'ai jamais jamais jamais eu ce problème en Angleterre. (Le milieu WASP reste radicalement très misogyne, mais fort heureusement on peut facilement l'éviter.)

    J'ai depuis longtemps abandonné mes ambitions carriéristes, non seulement parce qu'elles sont en l'état impossibles, verrouillées par l'élitisme paternaliste bien quinqua et bien beauf, et surtout parce que j'ai réalisé que je ne dérive pas de réel plaisir, d'épanouissement, du travail. Maintenant je comprends bien que ça n'est pas le cas de tout le monde, mais cette "crise" qu'on nous sert pour justifier des stages non rémunérés, et des plein temps payés à mi-temps, est peut être la voie vers un "autre chose", un "ailleurs". Je sais pas quoi encore, et pourtant je parle en état de cause parce que j'ai longtemps été au chômage moi-même, et j'ai vécu chichement ces sept dernières années, et puis un jour y a un truc qui se passe, quelqu'un se met à croire en toi, et puis tes amis, et puis ta famille, et puis de parfaits inconnus, et un truc magnifique et tout à fait inattendu se produit...

    Bref. Je sais, une madmoiZelle, que tu ferais sans doute n'importe quoi pour rester en France, parce que tu n'abordes pas l'éventualité d'une expatriation, mais malheureusement c'est ce qui m'a sauvé, et qui sauve encore nombre de jeunes qui sautent le pas. Sinon, tu peux attendre qu'un truc magnifique et inattendu arrive, mais c'est plus au petit bonheur la chance... certains l'ont, d'autres non.

    Courage! Je t'envoie tout mon bon karma.
     
  9. églantineB

    églantineB
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    je me lance !

    Bel article, qui retrace ce que nombre d'entre nous vivent tous les jours. J'ai de mon coté la chance d'avoir trouvé rapidement un emploi (sans savoir si cela va durer) et je mesure tous les jours la chance que j'ai !

    Quelques petites coquilles par contre :

    "On ne t’a jamais appris que tu récolteS ce que tu sèmes, vieillard ?" ( fin §7 )
    "C’est que l’or n’apparaIt pas si tu ne te pencheS pas pour gratter le fond de la rivière…" ( §8 )

    Voilàvoilà...
     
  10. Mymy

    Mymy
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    Member of ze Rédac', membre actif des Croisé-e-s contre l'invocation de Pierre Desproges, et accessoirement beau foufouillon.
    Membre de l'équipe

    C'est corrigé, merci ! :fleur:
     
  11. Denderah

    Denderah
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    Dragon à plumes

    J'aurais pu écrire ce texte... <3

    C'est tellement vrai, tellement ça. Ce ras-le bol de rester sur le banc de touche, de sentir ses capacités inexploitées... capacités qui finissent fatalement par s'émousser avec le temps.

    Toutes ces portes qui restent closes, ou pire semblent ouvertes, mais se referment si on tente de s'en approcher.

    A quoi ça a servi d'être bon à l'école, studieux, de réussir ses diplômes ? On nous rabâchait "travailles, si tu veux un emploi !". On nous leurrait d'illusions, les SDF et les miséreux étaient des cas à part, des pauvres gens qui avaient raté leur vie, forcément d'anciens cancres, voyons.

    La vérité c'est que personne n'est à l'abri.

    Et ce n'est pas forcément mieux ailleurs.
     
    Lord Griffith a BigUpé ce message
  12. Ysia

    Ysia
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    J'adore cette idée également que, si je trouve pas un emploi avant les 310 jours de ce stage "d'insertion", je devrai continuer à vivre avec l'argent de poche que me donnent mes parents! Vive la vie active youhouu :d
    Sérieux, comment font les jeunes qui ne peuvent pas être soutenu financièrement par des proches? J'ai du mal à comprendre le système belge à ce niveau.

    Courage pour ta recherche d'emploi en tout cas, ne te démotive pas  :hugs:
     
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