Choix de vie VS volonté

Sujet dans 'Blabla Général' lancé par AnonymousUser, le 5 juillet 2008.

  1. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Avant toute chose : pardon si un sujet similaire existe déjà, pardon si ce n'est pas le bon forum ! J'ai hésité, puis je n'ai pas réussi à le caser dans les autres, alors j'ai pensé que le forum le plus généraliste saurait accueillir dignement ce sujet.

    J'ai sans arrêt des hésitations épouvantables dans tout ce que je fais, parce que j'ai l'impression que je n'arrive jamais à vivre exactement comme je l'entends et à trouver le juste accord entre mes idéaux et mes pratiques. Mon idéal, dans la vie, c'est de vivre avec RIEN - ou presque ! De ne pas avoir une armoire qui déborde, des objets partout, une grande maison, etc. Je rêve d'un coin presque vide avec juste le minimum et un jardin, et d'être tranquille. C'est une idée qui me hante depuis un moment déjà, quelques années, avoir rien, me contenter de peu, vivre un peu hors de ces envies toujours nouvelles de consommer. La découverte du concept de simpicité volontaire, il y a un an à peu près, m'avait "soulagé" parce que j'avais enfin trouvé un mode de pensée qui correspondait au mien, exactement. (Quoique : je suis plus branchée "posséder moins" que "protéger la nature à tout prix", même si les deux vont ensembles, mais là n'est pas mon propos).

    Mais en même temps, à 19 ans et quelques, en famille, etc, je me vois mal d'une part imposer mes choix à ma famille, et d'autre part ... me les imposer à moi-même ! Je suis sûre de ce que je veux, mais j'ai du mal à résister aux tentations, aux vêtements des vitrines qui crient "achète-moi ! achète-moi !", au gadgets qu'on m'offre et qui encombrent ma chambre, aux livres qui remplissent mes étagères. Je suis en totale contradiction entre ce que je veux, théoriquement, et ce que je fais concrètement. Je fais bien deux-trois trucs, je "limite" mes achats de vêtements (limiter, et non supprimer, hèlas : mon armoire pourrait habiller ma famille entière pendant dix ans ...), mes achats de livres (devant l'étendue de ceux que j'ai déjà sans avoir eu le temps de les lire), de babioles, mais je ne réussis pas à me débarasser de ce qui est déjà là, et à rester totalement raisonnable dans l'achat de nouvelles choses. J'ai l'impression d'étouffer sous mes possessions, et de me contredire complètement quand je pense à un truc et en fais un autre.

    Bref. Ce roman pour vous demander votre avis, vous inciter à discuter, vous demander si vous ne trouvez pas ça "étrange" (j'ai des amis qui me regardent comme un alien quand je dis que je ne veux pas acheter un truc. : "Tu veux que j'te prête dix euros ?" "-Non mais c'est pas ça, j'ai dix euros, mais je n'en ai pas besoin, pas vraiment". "-Et alors, ça fait quoi ?") d'avoir ce genre de désir de vie ; si vous aussi vous avez des trucs comme ça, à la fois pas facile à expliquer aux autres, et pas facile à appliquer soi-même malgrè toute la conviction dont on est pétri, etc ... ?

    Pas de questions fixes, je ne veux pas de réponse laconique, je veux un débat !
     
  2. Zack

    Zack
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    Brand New Me

    Tu n'es pas seule! Sans vouloir vivre sans rien du tout non plus, j'essaie tout de même de ne pas me laisser aller à la consommation inutile qui est, il faut le dire, le concept de notre société. C'est d'ailleurs pas facile. Rien qu'avec les hobbies qu'on peut avoir, il y a forcément consommation. Je couds, donc j'achète du matos, je lis énormément et mes bibliothèques regorgent de livres dont je ne pourrais me passer, j'aime les jeux vidéos et les films, donc j'en ai, forcément. C'est assez dur d'avoir des principes de non consommation et de consommer tout de même. J'ai parfois l'impression de me trahir en achetant.

    Dans la mesure du possible, je n'achète pas si ça n'a pas rapport à mes hobbies. J'ai tout juste de quoi m'habiller, rien de trop, d'ailleurs je suis sûre que beaucoup de filles pleureraient en voyant ma garde robe.:razz: Je ne me laisse pas aller à acheter des bibelots inutiles, des gadgets, etc...
    De plus, l'argent ne m'intéresse pas, je veux juste de quoi me nourrir, me loger, et si j'ai assez, m'amuser. Je n'ai pas besoin du dernier portable à la mode (d'ailleurs je n'ai pas de portable), ni de produits cosmétiques à gogo.
    Mais j'ai besoin et envie de culture, et ça force à consommer plus ou moins.

    Bref, pour résumer, j'ai du mal également à me tenir à mes principes mais je pense que dans une société comme la nôtre, il est difficile de s'y tenir. (ahah, la fille qui essaie de se rassurer) Je suis pas sûre d'apporter grand chose au débat, mais bon, c'était ma toute petite contribution.
     
  3. Russell

    Russell
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    Tête d'ampoule

    C'est vrai que c'est une choses d'avoir des principes, des convictions,et une autre de les appliquer à sa vie.

    Et puis comment les appliquer entièrement ? Je veux dire, ca serait un changement radical de ne plus rien acheter de vraiment superflu, donner une grande partie de ton armoire et de tes objets, et ne plus acheter.
    C'est comme pour l'écologie : peut on vraiment vivre totalement écolo ? N'utiliser que du papier recyclé, récuperer les eaux de pluie, faire du compost, manger bio, porter du coton bio, faire attention à l'eau, ne pas utiliser de detregents nocifs, ne pas trop chauffer/climatiser, ect... Qui fait vraiment ça ?
    C'est comme pour la politique, ou l'humanitaire, je suis desesperée par la politique de ce pays, mais pourtant je ne veux pas faire des études politiques pour changer les choses. Ou on compati aux epidemies dans des pays pauvres par exemple, mais on ne partirait pas en mission humanitaire avec MSF.

    A mon avis, il faut faire ce qu'on peut, et avoir conscience des choses. Et je me sens lâche de dire ça.
     
  4. Amiral Moth

    Amiral Moth
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    1984

    Artefac, je m'incline devant ta réponse. Je l'ai trouvée bien claire :worthy:

    Je pense que pour changer vraiment ton mode de vie pour arriver à ton idéal il faudrait carrément changer d'environnement. Tu peux avoir cet idéal de consommation très basse mais dans une société de sur-consommation non seulement tu es tentée par tout mais je dirais aussi, presque "empêchée" de mener à bien ce mode de vie. C'est parce que le milieu culturel dans lequel nous avons évolué depuis notre naissance ne nous pousse pas du tout dans cette voie et tu l'as dit toi même, tu te heurtes souvent à l'incompréhension de tes ami/es / proches etc.

    Donc en gros, la solution que je verrais c'est d'aller dans un pays moins développé en fait, changer radicalement de milieu. Mais ça existe en plus, j'avais vu un reportage sur des Mongoles (de Mongolie hein) et ça m'avais émerveillé de voir leur mode de vie tellement SIMPLE, naturel et sain. Ils vivent dans une sorte de yourte, 2 - 3 meubles et des tapis partout et ils ne connaissent pas Auchan ni McDo. Enfin vous avez déjà vu ce type de reportage aussi je ne vais pas tout décrire.

    Ma réponse va peut-être paraître stupide maintenant que je me relis mais je ne vois pas comment réaliser complètement cet idéal dans notre société Occidentale capitaliste et surconsommeriste. Sinon, tout ce que tu peux faire c'est culpabiliser comme les autres Mad l'ont souligné !
     
  5. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Eh, je ne veux pas émigrer en Mongolie, moi, aussi cools soient les Mongols ! Je crois qu'on avait vu le même reportage (sur France 2 ?), mais il y avait aussi une immense pauvreté. Ils n'ont peut-être pas le choix.
    C'est aussi un truc qui me "titille" : rejeter la consommation, ça marche à échelle individuelle ou les gens qui font ce genre de choix ont vraiment un idéal utopique ? Je suis POUR le libéralisme, pas comme il se pratique en général, mais pour le libéralisme tout de même ; je me sens plus proche de Sarkozy que de Besancenot (je devrais peut-être quitter le PS, merde :redface:), bref. Je vois ce genre de trucs comme "quelque chose à vivre pour moi", un choix ... moral, plus que politique.

    Je pensais à un autre truc, je dérive du thème culpabilisant, mais je pensais aux types d'idéologies (je n'ai pas "fait mon choix", si on "choisit" vraiment une idéologie ...) qui accompagnent ces modes de vie : certains sont plus partisans du "t'achète rien et après quand t'as des sous parce que tu t'es privé à mort, tu mets 2000? dans un sac à main que tu savoures parce que tu t'es privé pour ça" ; d'autres sont partisans du "tu te prives et t'achète un sac H&M parce que t'as les goûts simples qui vont avec ta vie". J'ai essayé de réfléchir au problème, théoriquement, mais je n'ai pas vraiment d'avis. Et vous ? Je ne suis pas partisane des toilettes sèches à la sciure et autres ... Et en même temps pas complètement partisane des sacs à main Prada dans une maison vide, ça me semble presque un snobisme.

    Parfois je me demande si ce genre d'idéal n'est pas aussi un snobisme de gens qui n'ont besoin de rien ... ce qui me semble très probable.
     
  6. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    C'est un truc dont je pourrais parler des heures, en fait. Bizarrement, quand je lis des sites là-dessus, j'ai souvent l'impression que c'est accompagné de tout un mode de vie alternatif et différent, les gens sont tous fans de médecine chinoise, de qi gong, de feng shui, de développement personnel, en fait ... et ça, ce sont un peu des choses qui me passent à côté. Je ne vois pas le lien entre posséder moins et rejeter la médecine allopathe. Je n'ai pas l'impression que ça doive s'accompagner d'une philosophie particulièrement exotique ; je vois ça comme un refus de consommer, point. Le reste, c'est différent. Je ne vois même pas ça comme un enjeu politique, mais vraiment moral, privé. Pas comme si ça allait avoir un impact sur l'économie, à terme, comme on le lit sur certains sites. En fait, je ne vois pas ça comme un engagement militant, pas du tout ...
     
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