Comprendre l'asexualité en 24 questions

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Miss Lu, le 24 octobre 2015.

  1. Miss Lu

    Miss Lu
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    Des moutons et des nuages, du chocolat et des pandas.

  2. Enae

    Enae
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    « L’asexualité est-elle définie par l’absence d’activité sexuelle ? Non. On peut être asexuel•le et être actif sexuellement. Ça revient tout bêtement à coucher avec quelqu’un sans en avoir envie »
    Euhm... c'est pas un peu... le viol ça ?
     
    Etp, Let_Them_Eat_Cake, Peace&Love&It;3 et 2 autres ont BigUpé ce message.
  3. Ypsilon

    Ypsilon
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    Photographie non contractuelle

    Non. Le viol c'est imposer à l'autre une activité sexuelle à laquelle il/elle n'a pas consenti. Dans la partie que tu as mis en gras, c'est une personne qui, elle même, a une activité sexuelle avec quelqu'un d'autre sans en avoir envie.
    Je suis d'accord, ça peut être terrible pour la personne qui se force (ou alors elle peut le faire pour faire plaisir à l'autre, parce que ça lui fait plaisir de voir son partenaire heureux plus que l'acte mécanique de coucher avec lui/elle, ce qui est tout à fait différent) MAIS le mot de "viol" n'est pas adapté ici.

    Sinon je trouve l'article interessant, c'est très chouette de parler des sexualités/absence de sexualités alternatives !
     
    Cofeesama, elisabellissima, Awdrey et 8 autres ont BigUpé ce message.
  4. Solène.

    Solène.
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    @Symbelmynë Il y a la réponse tout à la fin de l'article.
    Je pense que les gens qui ont ton raisonnement ne se sentent pas différents des autres, ne se posent pas des questions sur pourquoi ils ne ressemblent pas à la norme, s'il n'y a pas quelque chose d'anormal chez eux.
    Quand au contraire on est dans ce cas, savoir qu'il existe un mot qui décrit son expérience personnelle, donc qu'on n'est pas seul et anormal, ça peut être très libérateur. Il ne s'agit pas de se coller une étiquette pour le plaisir d'être différent mais de savoir qu'on peut avoir une expérience différente des autres sans pour autant être une anomalie.
     
    Dysnomia, Awdrey, Illithia et 20 autres ont BigUpé ce message.
  5. Miniza01

    Miniza01
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    C'est exactement ce que j'étais en train de me dire. Pourquoi chercher toujours à définir quelque chose d'aussi variable?...
     
    JuneMay et Symbelmynë ont BigUpé.
  6. SaintSaëns

    SaintSaëns
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    All the world's a stage. And all the men and women merely players.

    @Miniza01 @Symbelmynë je vais prendre mon expérience personnelle pour vous répondre : je n'ai jamais été attirée sexuellement par qui que ce soit, ce qui n'est pas dramatique en soi, cependant j'ai ressenti que ce n'était pas quelque chose de perçu comme normal et ce dès le collège parce que contrairement à mes camarades je n'avais jamais de crush et je n'avais jamais envie de sortir avec quelqu'un.

    Qu'est-ce que ça peut faire vous allez dire ! Je suis d'accord ça n'est pas une chose giga-méga-importante. Maintenant, j'en ai rien à battre sincèrement. Et on peut me dire ce qu'on veut, la plus grande réaction que je vais vous faire le plaisir de recevoir est un soupir exaspéré.

    Mais parce que j'ai grandit. Là je vous parle du collège, de l'enfance. Moment où les personnes cherchent à s'intégrer, à être acceptée par la société. Je vais pas faire un tableau sur la cruauté des enfants face à quelque chose qui sors de l'ordinaire.

    On me pressait pour dire qui était dans mon radar et dès que je disais "personne" on m’accusait de ne pas être bonne joueuse, d'être cachottière etc... jusqu'à ne plus me parler si je ne disais pas le nom de quelqu'un (ce que j'ai fait. Plus d'une fois. Parce qu'être isolée au collège c'est pas la meilleure chose du monde soyons honnête deux minutes). En toute sincérité je l'ai mal vécu . Parce qu'on m'accusait involontairement de ne pas être dans la norme, de mentir. Hors j'étais toujours honnête ! Je me suis sentie déplacée et j'avais l'impression que personne ne comprendrait jamais ce que je vivais. Le fait d'être tombée sur le terme asexuel(le) m'a apporté un soulagement sans mesure.

    Pourquoi ? Simplement parce que l'existence de ce terme me prouvait que d'autres personnes étaient concernées. Que je n'étais pas seule. Et qu'on pouvait vivre avec. Et que c'était normal.

    Tout simplement.

    Personnellement je n'ai jamais eu besoin d'un terme pour me définir. J'étais et je suis en accord avec mes sentiments, mes impressions, je ne me suis jamais forcée à faire quoi que ce soit. Par contre j'avais besoin d'un mot face à la société qui avait d'autres vues que moi sur la sexualité. J'avais besoin d'une notion pour expliquer ce que je ressentais, pour que les autres comprennent MA sexualité. Et je l'ai trouvé.
     
    yuyunaâ, Titien, MilkyCakeOh et 36 autres ont BigUpé ce message.
  7. Zute

    Zute
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    Le blog (en anglais) d'un asexuel aromantique, pour celleux que ça intéresse, ou qui se demandent comment c'est que d'être asexuel et aromantique, si on est un monstre de froideur (spoiler : non) ou si peut quand même être affectueux et avoir des relations (spoiler : oui). https://thethinkingasexual.wordpress.com/
    A noter tout de même, il s'agit d'une expérience, son expérience, et probablement bien des ace aro ne se retrouvent pas en tous points dans celle-ci, comme moi par exemple qui contrairement à lui ne ressens pas le besoin d'avoir une "relation principale" avec une personne (car polyamoureuse par dessus le marché) ni d'avoir spécialement des relations platoniques aussi proches et signifiantes qu'il en a besoin lui avec ses partenaires. J’interpréterais ça en disant qu'il est plutôt du côté "attirance émotionnelle" et moi "attirance sensuelle" (et intellectuelle) du spectre mais je serais curieuse si quelqu'un qui en a une idée plus claire me contredit.

    Effectivement ça peut paraître étrange de cartographier aussi précisément une orientation sexuelle, une orientation romantique, mais comme l'ont dit d'autres mads, quand on a grandi en se croyant mal foutu, "en retard" ou seul au monde, ça fait vraiment un bien fou de trouver une "communauté" et de savoir qu'il existe des mots pour désigner ce que l'on vit, que c'est tout aussi "normal" que n'importe quelle orientation sexuelle.
     
    Awdrey, Peace&Love&It;3, Black Phillip et 2 autres ont BigUpé ce message.
  8. gingerfish

    gingerfish
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    En rapport avec les définitions données au début de l'article, je trouve cela plutôt curieux de mêler des définitions d'orientations sexuelles (homosexualité, hétérosexualité, asexualité et autres) et des préférences sexuelles (la fréquence des rapports, les sentiments que l'on éprouve face à l'autre personne, donc demi ou akio par exemple).
    Je sais autant que d'autres le besoin de pouvoir s'identifier à un groupe ou à une idée pour pouvoir se sentir plus en accord avec soi-même et cela peut être une partie importante du développement de soi (ou pas, certains n'en ont pas besoin je pense).
    Mais je trouve tout de même que des préférences telles que les fréquences de rapports sexuels ou les sentiments nécessaires (ou au contraire rédhibitoires) ne devraient pas être mélangés avec les orientations sexuelles. Ce sont deux sujets différents, et les préférences de type demi, akio ou gray sont d'ailleurs si intimement ancrées dans la culture, l'éducation ou la personnalité (et donc peuvent fluctuer) qu'il est plutôt étrange, de mon point de vue, d'en faire des catégories au même titre que l'homosexualité ou l'asexualité (qui est effectivement largement ignorée et mérite d'être mise en lumière).
    L'orientation sexuelle est un trait avec lequel on vivra (le plus souvent) toute notre vie. La préférence sexuelle est une sous-catégorie de la première qui peut changer de façon plus drastique selon le contexte, le moment d'une vie ou la personne en face. Pourquoi les mettre au même niveau ?


    Voilà voilà, désolée pour le pâté mais c'est un sujet qui me taraude depuis plusieurs mois et dont j'aimerais discuter un peu :fleur:
     
    MilkyCakeOh et Satan Moncu ont BigUpé.
  9. Shirley81

    Shirley81
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    Cet article est plutôt complet mais effectivement il n'y a pas qu'une forme d'asexualité... Il y en a autant qu'il y a de personnes asexuelles !

    Perso j'ai 34 ans et j'ai toujours su que le sexe ne m'intéressait pas. Je pense être aromantique, je n'ai jamais ressenti l'ombre d'un sentiment amoureux pour quelqu'un (et par voie de conséquence je suis vierge, et sans aucune honte de l'être ! je me vois bien rester comme ça jusqu'à la fin de ma vie !)... Mais je suis également autiste Asperger, du coup j'ai du mal à savoir si c'est l'asexualité ou l'autisme qui domine chez moi. On retrouve parfois l'asexualité chez les Aspergers, même si c'est loin d'être une généralité...

    J'ai tenté un temps de me rapprocher des sites de rencontres pour asexuels, histoire de voir si en présence d'individus "comme moi" j'aurais une petite curiosité pour la dimension amoureuse, mais au final j'ai été désappointée car j'y ai retrouvé les mêmes travers que sur les sites de rencontres classiques : pas de réponses aux messages, disparition de l'interlocuteur dès échange de photo, profils fantômes, etc.

    Parfois j'ai une petite inquiétude quant à mon avenir (à l'heure actuellement j'adore ma solitude, mais évidemment rien n'est gravé dans le marbre, qu'en sera-t-il dans dix, vingt, trente ans ? sachant que j'ai conscience que ma petite vie tranquille d'ermite me fait perdre les rares capacités sociales que j'avais !) mais je ressens si peu d'intérêt pour la vie de couple (et zéro intérêt pour les câlins, les bisous... je hais le contact tactile, et là c'est bien l'autiste qui parle !) qu'au final je me contente de me focaliser sur le bonheur présent ! c'est d'autant plus facile pour moi que je sais depuis l'enfance que je ne veux pas procréer !
     
    Sarah-in-Wonderland, Diophantienne, Flo0 et 10 autres ont BigUpé ce message.
  10. Kaylie

    Kaylie
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    Tourne en rond avant d'aller dormir.

    @Enae : Ce n'est pas un viol, parce que le sexe est vu comme "sans intérêt". Tu fais l'amour sans en avoir envie, comme si tu mangeais des chips alors que tu n'as pas faim : t'as pas faim, donc c'est pas très intéressant, mais ça fait plaisir à la personne avec qui tu partages le paquet qui, elle, est affamée. @v4dor l'explique très bien :
    Je conseille à celleux qui veulent en savoir plus le topic Asexualité, aromantisme - Spectre ARC : http://forums.madmoizelle.com/sujets/asexualite-aromantisme-spectre-arc.104503/
     
    Black Phillip, Lunafey, Adios Badmoizelle et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  11. Zute

    Zute
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    @gingerfish
    Je ne pense pas que ces choses sont mises au même niveau, je pense qu'il s'agit de "sous-catégories" et qu'il est assez important de les expliquer car une personne grey ou demi aura peut-être moins tendance à se demander si elle est asexuel, alors que l'asexualité c'est pas juste l’absence totale de désir sexuel, mais justement un spectre plein de nuances.
    Désolée si ça ne répond pas ou si je n'ai pas compris le fond de ton questionnement :happy:
     
    #11 Zute, 24 octobre 2015
    Dernière édition: 24 octobre 2015
    Black Phillip et Denderah ont BigUpé.
  12. gingerfish

    gingerfish
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    @Zute
    Oui je vois ce que tu veux dire. A ce moment-là, être demi serait une sous-catégorie de l'asexualité ?

    Ce qui me perturbe c'est que je trouve ces catégorisations plutôt dommages (quoiqu'une suite logique) dans une société très axée sur la sexualité. Si les orientations sexuelles doivent être expliquées et acceptées, les préférences sexuelles ne devraient pas être à ce point-là différenciées puisque cela ramènerait à une idée d'une vie sexuelle ''normale''. Si des termes comme demi sont utilisés, cela voudrait dire qu'ils se différencient de ceux qui ont des relations sexuelles sans forcément avoir des sentiments et trouvent cette deuxième catégorie comme la ''normalité'' ?
    C'est une vision qui découle de cette société suintant le sexe, mais ne vaudrait-il pas mieux ne rendre de compte à personne quant à la fréquence/la préférence/le nombre de partenaires d'une vie sexuelle au lieu de les labelliser ? Une étiquette surgit, comme dit plus haut, non pas pour se sentir spécial.e mais en opposition à une normalité à laquelle on ne s'identifie pas. Cela voudrait dire que ne coucher qu'avec des gens pour qui on a des sentiments est anormal ? Cette idée me choque un peu et me semble opposée à une idée de vie sexuelle sans jugement (autant pour ceux portant l'étiquette que pour ceux demandant des comptes).
     
    #12 gingerfish, 24 octobre 2015
    Dernière édition: 24 octobre 2015
    Symbelmynë a BigUpé ce message
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