Les textes de Mary-Bèe

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par Mary-Bèe, le 3 octobre 2010.

  1. Mary-Bèe

    Mary-Bèe
    Expand Collapse
    Avaleuse de livres

    Le meurtre parfait.

    Elle était là, sur le sofa, en tenue d'Ève, étalée de tout son long, un simple drap blanc, recouvrant son corps pâle, à moitié sur le sol.
    «*Elle était là, essoufflée par l'effort, encore chaude de plaisir, les yeux clos, peut-être repensant aux moments précédents. Lui, resté à ses côtés, contemplait ses courbes, sa peau si blanche, ses cheveux si longs et sa jeunesse. Sa jeunesse; cause de tout les malentendus, cause des rendez-vous secret, tard le soir, à l'abri d'une haie dans un jardin nocturne, cause des jalousies engendrées par ces derniers, causes des railleries du peu de gens étant au courant et du chantage d'autres. Cause de mon déshonneur. Mais ce soir, tout devait changer. Tout serait fini.
    Leur deux corps nus s'enlacèrent et je sortis de derrière le rideau. La jeunette, dos à moi, s'occupait aux lèvres de son amant, alors que celui-ci levait les yeux. Après un bref instant d'étonnement, son regard se durcit et il suivit à la lettre tout ce que je lui avais dit de faire, plus tôt dans la journée. Il sortit le couteau de sous le coussin et, veillant à ce que les yeux de sa maîtresse reste clos, il lui enfonça sans ménagement la lame au milieu du c?ur, étouffant de sa main un cri surpris et désespéré, mais il était trop tard. Le liquide d'un écarlate brillant, coulant hors de son corps en même temps que la vie le quittait, était pour moi un spectacle qui me réjouissait inexplicablement. Je me disais que je ne devrais pas avoir une telle joie face à la mort d'une pauvre fille, mais je pensais aussi que si je m'ouvrais les veines, son sang aurait l'air plus attrayant que le miens. Et pour cette jeunesse qui avait fait succombé son meurtrier, je la haïssais. Je regardais son corps mort d'un regard froid encore un instant, puis me détourné. Son amant avait encore le couteau ensanglanté en main. C'était si simple, tellement simple ?
    J'espère que tu garderas en mémoire le déshonneur que tu as jeté sur notre nom, maintenant, mon époux, assume.
    Je me laissé tomber à terre et me mis à hurler d'une voix stridente, la surprise fut telle qu'il en fit un bond en arrière, désemparé il se rua vers moi et me cria de cesser de hurler, mais avant qu'il m'atteigne, j'avais déjà eu le temps d'arraché le haut de ma robe, dévoilant mon corsage. Les premiers domestiques qui arrivèrent, tirèrent vite les conclusions de ce qu'ils voyaient. Le corps sanglant abandonné sur le lit, le visage fou du mari et la femme à terre, tout était contre lui et rien ne m'incriminait.
    Après, vous connaissait la suite, il a été rapidement jugé et a été emprisonné. Je pensais que tout rentrerais dans l'ordre, car après tout, j'ai maintenant tout pour moi, l'argent, les terres, les domestiques. Mais, je n'avais pas pensé à l'impact psychologique que ça aurait sur moi. Je reste seule, au milieu de cette étendue de richesse. J'ai tout le monde à mon service, certains donnerait leur or pour côtoyer les mêmes salons que moi. Mais je reste indéfiniment seule. *»
    Elle se tût, vida son verre d'un trait, puis après un court instant, ça main retomba mollement, pendue au dessus du sol. Je me levai et lui fermai les yeux, ses yeux morts torturés par son acte qui n'avait, pourtant, jamais était découvert.

    (Bon, c'est la première fois que je poste par ici, j'espère que ça plaira à quelques unes ^^ )
     
Chargement...
Sujets similaires
  1. Cirrus Minor
    Réponses :
    0
    Affichages:
    2085
  2. Almedia
    Réponses :
    0
    Affichages:
    1362
  3. PatataBanana
    Réponses :
    1
    Affichages:
    1133
  4. Yana
    Réponses :
    236
    Affichages:
    46184
  5. Miss Marine
    Réponses :
    0
    Affichages:
    1053