Marshmallow

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par Marshmallow, le 6 octobre 2010.

  1. Marshmallow

    Marshmallow
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    Etat larvaire

    Ma première contribution sur le thème de l'affiche...
    Et la première fois que j'écris un truc depuis mes histoires de poneys en CM1...
    J'pense que ça se voit ^^
    J'attends les commentaires et les critiques ;)

    5 mois

    « Placez votre main ici. »
    Intriguée, elle s?approcha de l?affiche. Elle effleura lentement le papier, à l?endroit où l?imprimante avait dessiné l?empreinte d?une paume, lisse et nette. Elle pouvait sentir sous ses doigts fins les petites briques irrégulières. Et la poussière du ciment que le temps avait effrité. Sous la surface se révèlent bien des vérités. Sous les apparences convenues se cachent parfois des reliefs insoupçonnés.
    Elle était là, debout, face à un mur... Et toute sa vie lui revenait en pleine figure. Elle baissa la tête et se mit à pleurer, en silence. Des gouttes se mêlèrent bientôt à l?eau salée qui coulait de ses joues. La pluie avait commencé à tomber, résonnant comme un écho dans la rue déserte.
    Elle s?appuya doucement contre l'image. Sa main droite occupait l?espace espéré d'une future rencontre. Mais elle s?en fichait. Aucune main étrangère ne pourrait partager sa peine, et aucune affiche idiote ne serait source de promesse. Personne ne savait ce qu?elle vivait. Personne n?avait cherché à comprendre. Pas un des visages anonymes croisés sur son chemin n?avait pris la peine de la regarder. Elle était invisible pour ces passants trop pressés, comme elle l?était pour lui. En fait, elle n?avait été - et ne serait toujours - que l?erreur d?une nuit de leur amitié trop arrosée. Alors que pour elle, il était bien plus qu?un corps sur le sien. Elle se souvenait de chacun de ses gestes. De l?odeur de sa peau quand elle enfouissait la tête au creux de son épaule. Du goût de ses lèvres lorsqu? ils s?embrassaient.

    « Placez votre main ici. Quand vous n?êtes plus des inconnus, enlevez vos mains. »
    Elle aurait voulu qu?il place sa main sur son ventre, devenu rond. Pour qu?ils ne soient plus des inconnus. Pour qu?il la rencontre enfin?
    Leur future fille.
    5 mois déjà.
     
  2. Marshmallow

    Marshmallow
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    Etat larvaire

    Sous une bonne étoile



    Un pas. La chute libre et libératrice. La vacuité de l’air et de l’esprit.
    La plongée vers ce monde salvateur. Puis la surface ondoyante de l’eau. Le froid. Et le silence.

    ***

    Putain mais j’aurais vraiment du changer de boulot ! Qu’est ce qui m’a pris de jouer les bonnes samaritaines pour se geler les écailles dans la Seine ? Nan mais j’vous jure ! Et tout ça pour être payée trois bulots. Pff t’es vraiment trop bonne ma pauvre… Si au moins on avait un peu de reconnaissance… Mais bon, on peut toujours courir, hein !
    J’vais finir par demander ma mutation au Gulf Stream pour rejoindre ces planquées de sirènes postales ! Moi aussi j’peux transporter des bouteilles à la mer et me dorer la pilule….

    Enfin bon, le top ce serait quand même de quitter ce trou pourri pour rejoindre la terre ferme ! C’est fou ça, les humaines elles connaissent pas leur chance. Qu’est ce qu’elles ont à vouloir envahir le monde aquatique ? Comme si on n’ avait pas assez de problème chez nous.
    Si j’avais la chance d’avoir ne serait-ce qu’un des charmants jeunes hommes qu’elles ont là haut, j’vous le dis moi, je signerais tout de suite. Tu m’étonnes que les ancêtres aient voulu choper le petit Ulysse en poussant la chansonnette ! Dire que nous on doit se contenter de Poséidon et toute sa clique… Merci bien ! Genre ils ont pas compris que le trident c’était plus à la mode depuis l’Antiquité. Et puis c’est toujours pareil avec eux, si t’as pas une grosse paire de nageoires t’es in-vi-si-ble. Et si t’as le malheur d’avoir des courbes généreuses tu te fais harponner par le premier venu.

    « There’s a lot of fish in the sea » qu’elles disent les anglaises… Comme si l’océan c’était un vivier à beaux gosses ! Et puis les femmes elles se noient déjà dans un verre d’eau, alors j’aimerais bien les y voir dans la mer moi !

    Si seulement je pouvais avoir une peau douce et satinée comme elles. C’est vrai quoi, elles font chier ces écailles : d’une ça gratte à mort et de deux ça demande un sacré entretien. En plus je les perds par poignées en ce moment. J’en ai marre moi de dépenser tous mon salaire en graisse de baleine importée !

    Et puis j’suis sûre que c’est cette eau dégueu qui les fait tomber. Avec tous ce que les parisiens foutent dedans je serais pas étonnée ! On dirait une décharge là-dessous… Nan mais allez-y vous gênez pas, donnez nous vos déchets, c’est vrai que ça nous fera une super déco. Les sculptures contemporaines en métal rouillé c’est très tendance en ce moment ! Ah, ces Hommes, ils sont vraiment pas civilisés c’est dingue.

    Tiens en parlant de dingue… Une nouvelle arrivante. Allez, c’est pas tout mais le devoir m’appelle !

    ***

    Des lueurs iridescentes dansant au gré des vagues. Des mèches vaporeuses ondulant vers l’infini. Une sensation de sérénité protectrice. L’apesanteur.

    ***

    - Une… Une si… Une sirène ?
    - Heu… Non… Madame, désolé de vous décevoir mais lui c’est Roger et j’peux vous dire que c’est pas franchement ce qu’on pourrait appeler une naïde ! Vous inquiétez pas on vous a sortie de là à temps. Un peu plus et vous y passiez… Faut pas nous faire des coups comme ça hein !
    - Où… où on est ?
    - Dans le camion, en route pour l’hôpital. Y’a pas à dire vous nous avez fait une belle frayeur. Vous avez eu de la chance... On dirait que vous êtes née sous une bonne étoile !
     
  3. Marshmallow

    Marshmallow
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    Etat larvaire

    En voiture

    La voiture, ce n’est pas un moyen de locomotion comme les autres. L’avion, le bateau, le train, le bus… transportent autant de personnes qu’ils sont impersonnels. Le vélo et les pieds quant à eux, sont affreusement égoïstes !

    La voiture, c’est une compagne, une confidente, une amie qui partage chaque petit moment du quotidien. Son espace confiné en fait un refuge transitoire entre deux mondes. Lovés dans les sièges, une sensation de sécurité s’installe, donnant naissance à une intimité nouvelle entre ceux qui partagent le même voyage.
    La destination importe peu, pourvu qu’on sente l’excitation de ce départ vers l’aventure, vers ces territoires inexplorés. Ou le bonheur de reconnaitre les paysages parcourus encore et encore, l'attente des retrouvailles avec ces lieux que nous aimons.
    Au volant, le monde extérieur disparaît, rien n’a plus d’importance. On laisse filer les kilomètres comme la vie, contemplatifs et presque nostalgique de voir le commencement s’éloigner peu à peu.

    La voiture, elle vit au rythme de ses passagers. Elle embarque des personnes seules, des couples ou des familles, et avec eux autant de sentiments. Elle a tout connu : les cris et les rires, les peines et les joies.

    Les virées entre potes. Le rayon de soleil qui, perçant à travers le pare brise, éblouit le cœur insouciant. Les cheveux balayés par le vent qui battent l’air en mèches éparses. Et les pieds, nonchalamment posés sur le tableau de bord, éventails de paresse.

    Les vacances. L’installation laborieuse du coffre de toit, l’angoisse du verdict de Bison Futé (journée noire pour les départs…et merde !), les embouteillages au péage, le mal qu’on prend en patience (ou pas…),les départements qu’on essaie tant bien que mal de deviner (tiens un copain, vas-y klaxonne !). Sans oublier les sempiternels « j’ai faim, soif, envie de faire pipi - c’est quand qu’on arrive ? - c’est lui qu’a commencé - on peut pas changer de CD ? »

    Les disputes. La tension du confinement en vase clos. Les trajets où tout est dit sans mot dire. Le volume de la musique qui monte comme pour couper court à l’escalade des reproches. Le regard fuyant, le coude sur le rebord de la fenêtre, le menton calé dans la paume. Et les lignes blanches et les arbres et les maisons qui défilent, identiques.

    Les matins. Le dégivrage de la voiture, les gants qui se frottent pour réchauffer les petites mains glacées, la buée qui s’échappe des lèvres entrouvertes, l’odeur du café et des tartines encore fraîche aux mémoires, le cartable serré sur les genoux comme le plus précieux des trésors.

    Les nuits. Les retours de dîners, la chaleur enveloppante du véhicule familial, les paupières lourdes de sommeil, l’éclairage intermittent de l’autoroute qui nous berce, et l’oeil qui ose timidement une intrusion dans le monde réel à l'approche de la maison.
    Et qui se referme aussi vite. Pour que cet instant dure toujours.

    Non, pas besoin de route 66. Pas besoin de grand ouest américain. Pas besoin de Ferrari ou de Mercedes. Une Xantia, une ZX, une Maréa Week-end ou bien un Scénic suffiront.
    Toute la magie du road trip réside dans les histoires qu’il raconte. Et les souvenirs qu'il nous reste une fois la portière ouverte.
     
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