Eh bien... il n'y a vraiment que sur Madz que ça surprend. Enfin, j'sais pas, j'ai l'impression que dès que les hommes pourraient avoir, ne serait-ce qu'un petit désavantage, t'as tout de suite une levée de boucliers... Ouais, déso, mais là, vraiment, vous forcez... tout le monde est au courant de leurs méthodes. Là, on parle de méthode et d'analyse qui était déjà étudiée dans les années 60/70. Les liens qu'il peut y avoir entre la consommation et la dépression, le stress, la frustration ou encore les complexes d'une personne... ce genre de chose. Cette appli est chargée en algorithme, ils sont parfaitement capables d'identifier les profils des utilisateurs et en particulier les hommes susceptibles de payer. Parce que ce sont eux la cible. Un site de rencontres il te dit, en gros "Si tu ne veux pas aborder IRL pour X raison, tu peux le faire avec notre appli". Et comme c'est encore majoritairement les hommes qui font le premier pas ou sont poussés à le faire, ils se dirigent naturellement vers des applis pour le faire. D'où ce déséquilibre 25% de femmes pour 75% d'hommes qu'on peut retrouver sur à peu près tous les sites de rencontres, sauf ceux ayant une stratégie commerciale plus ou moins différente, comme Meetic, Adopteunmec, Bumble entre autres. Là, en l’occurrence, ce n'est pas la stratégie des hommes mais celle de Tinder.
Et si Whitney Wolfe herd a quitté Tinder pour créer sa propre appli, c'est parce qu'elle a subi du harcèlement, d'une part, et d'autre part, parce qu'elle s'est vite aperçue que Tinder, c'était de la m*rde et qu'ils avaient accouché d'un monstre. De plus, sa volonté de pousser les femmes à communiquer, ne vient pas de nulle part, elle a complètement revu le fonctionnement de son application. L'idée, c'est aussi de faire d'une pierre deux coups. Déjà en calmant les mecs agressifs, en ôtant plus ou moins cette possibilité qu'ils ont de faire dû rendre dedans lourdingue... mais aussi en poussant les femmes à être plus actives et pas constamment dans l'attente du premier message (original si possible), le tout couplé à un seul match par jour, qui disparaît dans les 24h et donc pousse les gens à communiquer immédiatement. Les objectifs de ce fonctionnement sont à l'exact opposé de Tinder, l'idée c'est d'avoir une application plus humaine, là où Tinder ne l'est pas du tout, je veux dire, on parle quand même d'une appli qui a, en partie, inspiré Black Mirror. Les sites de rencontres ça peut être formidable mais en ayant une telle politique commerciale, c'est juste du délire. Ils ont poussé le truc à un niveau inégalé avec cotation en bourse, actionnaire, vente d'information, utilisation de logiciel développé par l'armée, géolocalisation sur développé et opérationnel pendant plusieurs mois même après une déconnexion, le mise en place d'une surcharge de choix qui pousse à l'insatisfaction et à l'utilisation du site, tout simplement parce que si tu trouves l'amour, c'est un client de perdu, ce qui explique le taux de correspondance d'à peine 2%, pratiquement personne ne se parle, enfin, on peut ajouter l'utilisation de boots féminins pour appâter les mecs (Oui, parce que 3 hommes pour une femme, il y a de facto des mecs qui sont en contact avec personne et si de nombreuses applis mettaient malgré tout un point d'honneur à ne pas développer des faux profils féminins pour alimenter leurs sites, la nouvelle direction de Tinder (Match groupe) ne s'est pas gênée de le faire).
Cette appli c'est du racket organisé, peut-être le paroxysme d'une politique ultra-libéral. En disant que le site rend moins désirable une femme ayant fait des études, bon dans la forme, ça arrange bien la grille de lecture féministe mais dans le fond si elle avait creusé un peu plus, Judith Duportail, aurait obtenu des résultats à peu près identiques à toutes les recherches effectuées sur Tinder.