Anthony, victime de violences sexuelles, raconte son histoire

@Magna Carta

Oui mais violences conjugales veut dire violences au sein du couple. Quand on est un homme et qu'on est littéralement victime de violences au sein du couple, si on vient nous dire que non, on n'est pas victime de violences conjugales, on a le droit de trouver que 1) c'est absurde et 2) c'est bien nier le statut de victime.

Pour le cas de ton exemple, c'est comme si on disait que l'enfant roi n'a pas de "comportement agressif" (terme que tu as utilisé), parce que ces mots doivent être réservés aux enfants reproduisant le schéma familial. Alors qu'il s'agit littéralement d'un comportement agressif.

J'y vois une différence avec le "sexisme contre les hommes" parce que dans ce cas-là, un homme est attaqué pour sa ressemblance au groupe femme, qui est de fait attaqué aussi. Donc ça a du sens de dire que le sexisme est toujours dirigé contre les femmes.

Mais là pour les violences conjugales, c'est détourner le sens des mots pour en faire un concept sociologique (auquel on n'est en plus pas obligé d'adhérer). Je comprends que ce procédé irrite et je pense qu'il n'aide pas les novices à prendre le féminisme au sérieux.
Si l'on veut qualifier les violences conjugales faites aux femmes (et qui sont effectivement majoritaires), s'approprier les termes génériques de "violences conjugales" et décider que tout le monde doit faire comme nous ne suffit pas.
 
Puisque beaucoup parlent de cet article de "mythe de l'homme battu", je trouve que le "nous ne nions pas la violence" est complètement décrédibilisé par le reste de l'article, le passage avec "tendre le micro avec avidité" n'a rien à faire dans une analyse (considération subjective) et est tout simplement un exemple du mépris des auteurs pour cette catégorie de victime, tout comme le fait de dire que Maxime Gaget est immédiatement cru - en sous-entendant que toutes les victimes le sont alors que ce n'est pas le cas, (le 3919 fait par exemple état de moins de 2% d'appelants hommes alors qu'ils sont enregistrés à 10-12% chaque année par les enquêtes de victimation de l'ONDRP, facilement vérifiables) ou le fait de dire qu'ils n'existent tout simplement pas, (avec 10-12% du total des victimes, c'est fort de dire qu'ils n'existent pas) en invoquant le fait que "ce n'est pas systémique donc ça ne compte pas ou c'est "une autre violence", histoire de bien les écarter du sujet et de les silencier.
Et cela, c'est sans compter qu'avant les statistiques officielles, le discours était "0 statistiques = ces hommes n'existent pas".
Les hommes victimes qui liraient un tel article seraient "ravis" d'apprendre qu'ils n'ont en fait pas été victimes de violence conjugale, de même que les femmes auteures de ces violences seront réellement ravies (cette fois, pour de vrai) d'apprendre qu'elles n'ont pas exercé de violence conjugale non plus. (car nier ces hommes victimes, c'est aussi quelque part encourager les femmes auteures à continuer).

Or ce n'est pas en invoquant la magie du "c'est pas symétrique/systémique" que ça va les faire disparaître.
Ce n'est pas parce qu'on avance que ce n'est pas systémique que les actes des personnes ne sont plus, comme par magie, de la violence conjugale (bien que par certains côtés - du genre la société qui accuse les hommes victimes de ne pas être des hommes, je trouve que ce n'est quand-même pas 100% non-systémique... ça sent quand-même assez mauvais le patriarcat; la société est très loin de soutenir les femmes, mais également très loin de soutenir les hommes victimes, vu que pour la société patriarcale, "homme victime" n'est pas "homme").
Je vois pas en quoi utiliser le même mot, quand il s'agit d'un même fait, empêche de trouver des causes différentes. Rien n'empêche d'utiliser le même mot mais d'y trouver des explications différentes. Une agression demeurera une agression, quelles que soient les raisons. Je ne vois pas où est le problème. Et je ne vois pas par quelle magie on devrait changer de terme parce que le viol/l'agression a été commise par une femme et que "les raisons ne sont pas les mêmes". Je pense qu'on ne peut pas séparer le système de l'individu. Victimiser les femmes en tant que groupe opprimé ou criminaliser les hommes en tant que groupe oppresseur, sans tenir compte des comportements individuels, je suis contre.
Par contre, en changeant la dénomination de ce que subissent la minorité de victimes, on change aussi la définition de ce qu'elles vivent, et c'est une manière de les mettre à l'écart. Ce à quoi je m'oppose.

Rien n'empêche d'analyser les phénomènes sans se sentir obligée de changer les mots "car on rentre pas dans les mêmes cases". Un viol reste un viol, une agression reste une agression, de la violence conjugale reste de la violence conjugale. Et rien n'empêche d'en analyser les différences de mécanismes sans en changer le terme. Si les raisons peuvent différer (même s'il faudrait aussi faire du cas par cas, les auteur.e.s de violences conjugales ont quand-même toutes la volonté de dominer/détruire leur conjoint.e), les actes subis/perpétrés demeurent une réalité inébranlable.
Et je ne vois pas par quelle magie un viol ou une agression devrait porter un nom différent sous prétexte que c'est une femme et qu'elle fait partie du "groupe opprimé" et que c'est commis sur un homme qui fait partie du "groupe oppresseur".
Il existe des individus ayant des comportements agressifs et des comportements de soumission/fuite chez tous les genres.
Tout analyser uniquement sous la coupe systémique, sans s'intéresser également à l'aspect individuel, me semble également une erreur d'analyse. C'est également trop réducteur.
Quoi qu'il en soit, "conjugale" = dans le couple. C'est même une circonstance aggravante de la violence quand ça passe au tribunal.

C'est triste car c'est avec ce genre d'article et d'argument que certaines personnes se mettent à se méfier/haïr le féminisme ou à le fuir alors que ça les intéressait.
On devrait au contraire accueillir les victimes sans distinction aucune au lieu de les trier en fonction de leur genre. Mais force est de constater que le chemin est encore très long...
Je remercie d'autant plus Madmoizelle de parler de cette minorité, du coup.

Au niveau du podcast, maintenant. J'ai été également touchée par ce témoignage et on entend à sa voix que témoigner n'a pas été facile. Je reconnais que même si je ne suis pas d'accord avec tout, certaines choses qu'il dit sont intéressantes et font réfléchir, et on peut voir qu'il a un peu réfléchi à certaines de ces questions.
Il a eu également beaucoup de courage pour avoir traversé tout ça, aussi bien les agressions sexuelles que le violent rejet des autres personnes, aussi bien femmes que hommes.
J'ai un ami qui est aussi passé par ce déferlement de haine et qui est passé près du suicide à cause de ça, que j'ai aidé en tant que féministe; et depuis il a un peu changé sa vision du féminisme (le fait de comprendre qu'il y avait plusieurs féminismes l'a pas mal aidé à changer sa vision), mais il demeure toujours très méfiant à chaque fois qu'il entend parler de "féminisme" car il ne sait pas à quoi s'attendre. C'est en tout cas bien triste d'en arriver à refuser systématiquement d'entendre cette souffrance...
Pour la définition du viol, effectivement à présent, la loi, qui a longtemps nié l'existence des hommes victimes/femmes auteures, a reconnu leur existence dans la loi du 3 août 2018.
https://www.village-justice.com/articles/nouvelle-definition-viol-posee-par-loi-schiappa-aout-2018-2018-703,29423.html
En effet également, certains hommes peuvent essayer de parler de leur vécu dans des débats sur les violences faites aux femmes, tout simplement parce qu'ils ont l'impression de n'avoir aucun espace de parole pour en parler : le gouvernement ne les encourage pas à parler, le 3919 est officiellement adressé aux femmes (même si des hommes peuvent appeler; en tout cas ce n'est pas mis en évidence), la "journée contre les violences conjugales" s'est transformée en "journée contre les violences faites aux femmes", les associations de soutien d'hommes victimes qui sont automatiquement estampillées "masculinistes" (parfois à raison, malheureusement) et auxquelles les victimes n'ont généralement aucune envie d'être associées, et si on ajoute à cela les stéréotypes genrés ainsi que la difficulté de se reconnaître victime pour un homme en raison de la masculinité toxique, certaines victimes essaient de parler là où ils peuvent, en espérant qu'une personne les entende.
En tout cas, bravo à lui pour avoir témoigné, et courage à lui.
 
Dernière édition :

C'est effectivement un gros problème, une des principales sources de blocage, une véritable fixation, même, de nombreuses féministes et mouvements féministes (#noustoutes, par ex....)

Alors même que ce déni des hommes victimes de violences (sexuelles et/ou conjugales) entretient une vision binaire des femmes faibles (et victimes), des hommes forts (et prédateurs), autrement dit, contribue à perpétuer les stéréotypes de genre, le machisme, et au final, le sexisme.

[QUOTE="Cépamoi, post: 11072245, member: 334415"][USER=344613]
Pour l'inceste, je pars du présupposé qu'à un tel niveau, ce n'est pas uniquement dû à des raisons individuelles mais j'admets que c'est intuitif. Mais bon, l'exemple n'est pas à recaler pour autant je pense. Il y a vraiment un problème d'abus sexuels sur enfants tout genre confondu.
[/QUOTE]
Malheureusement, le tabou sur les victimes de genre masculin s'étend parfois aux enfants !
France 5 a diffusé (mardi soir) une émission intitulée "Inceste, que justice soit faite", fondée sur des témoignages de victimes. Très bonne initiative. A part que, d'après la chronique de "Télérama" (je n'ai pas vu l'émission), pas l'ombre d'un garçon parmi celles-ci. Lacune regrettable et même choquante.

Revenons à Anthony :
[QUOTE="Cépamoi, post: 11072601, member: 334415"]
Pourquoi crois-tu que les hommes victimes disent que les féministes les rejettent, que c'est violent? A mon avis sûrement à cause de ce type de commentaire.[/QUOTE] ([I]nier l'existence d'hommes victimes de violences conjugales[/I])
[QUOTE="Polaire, post: 11072104, member: 231795"][USER=337793]
Mais il ne hait pas les femmes, il ne pense pas que les femmes lui doivent quelque chose, il a quelques a priori de genre que je trouve problématiques, mais me donne l'impression de respecter les femmes dans leur globalité. Il est même bien moins sexiste qu'une bonne partie des hommes (et femmes) à la vie sexuelle/amoureuse active
[/QUOTE]
C'est tout à fait l'impression que je retire du témoignage éprouvant d'Anthony.
Bravo Anthony pour cela aussi.
[/USER][/USER]
 
@Cépamoi @Hipolito

Derrière un mot, un concept. Et suivant la discussion on utilise le sens commun (définition d’un Larousse disons) ou un sens plus affuté/ universitaire. On a souvent l’exemple ici avec le sexisme/ racisme qu’on utilise communément ou comme un concept au sens plus précis. D’ou La mésentente sur le « racisme anti-blanc » ou le « sexisme anti-homme » qui peut exister pour celleux qui utilisent une définition courte et factuelle (discrimination en fonction de) alors que si on envisage ces mots comme un concept qui parle de système de domination ça n’existe pas.
Personnellement je n’ai pas d’avis sur le terme de « violences conjugales » je tenais juste à montrer qu’aller plus loin dans l’analyse d’un mot « simple » ne retirait rien à la qualité de la victime de violences au sein d’un couple. J’aurai même tendance a dire que plus on précise les causes/ raisons/ paramètres etc plus ça peut être éclairant et important pour toutes les victimes.

Ça ne me semble pas nécessaire de digresser sur le combat autour des mots/ concepts qui est un enjeu de taille et qui concerne toutes les disciplines/ courants de pensée/ mouvements politiques.

D’autre part, et pour finir (je ne m’adresse pas spécifiquement à vous évidemment), je trouve et Anthony mis à part que c’est assez lamentable d’utiliser comme prétexte dàvoir entendu/ lu/ vus quelques féministes qui ne vous plaisez pas pour jeter l’integralite des mouvements féministes à la poubelle. Parce que bon, ça concerne des milliers de groupes répartis partout dans le monde et depuis plus d’un siècle :rolleyes:
 
C'est triste car c'est avec ce genre d'article et d'argument que certaines personnes se mettent à se méfier/haïr le féminisme ou à le fuir alors que ça les intéressait.
On devrait au contraire accueillir les victimes sans distinction aucune au lieu de les trier en fonction de leur genre. Mais force est de constater que le chemin est encore très long...
Je remercie d'autant plus Madmoizelle de parler de cette minorité, du coup.

Tout à fait d'accord ! (et globalement avec l'ensemble de ton post)

@Cépamoi
Le tabou sur la mère incestueuse : effectivement ! Et plus généralement sur les mères maltraitantes
 
@Magna Carta

Je ne vois pas en quoi il s'agit d'une digression. Ca ne te semble pas nécessaire de digresser --> ça ne te semble pas nécessaire qu'on te contredise, ok, mais en fait je ne vois pas en quoi nos messages ont moins leur place ici que ceux qui affirment que les hommes ne sont pas victimes de violences conjugales, dans les commentaires d'un article à propos d'un homme qui témoigne en tant que victime de violences conjugales, mais bon au "sens affûté" du terme hein, ça va de soi.

Et très franchement, pour moi, utiliser sciemment le terme "violences conjugales" et en exclure les hommes alors qu'il suffirait de dire "violences conjugales sexistes" (ou tout autre terme préféré), c'est bien un un détournement idéologique, et c'est aussi refuser de rendre plus accessible le concept en le précisant d'emblée. Du coup c'est bien de dire que les gens qui se font une idée du féminisme sur ce genre de choses sont lamentables, mais ce serait mieux de pas faire en sorte qu'ils n'aient pas accès à la véritable idée en brouillant le langage de l'autre côté. D'ailleurs comme tu dis que tu ne t'adresse pas "spécifiquement" à nous, j'en déduis que tu t'adresses quand même un peu à nous quand tu dis "qui ne vous plaisent pas", et je ne vois pas où tu as vu que nous rejetions le féminisme.
 
@Magna Carta

Personnellement je trouve que le problème en s’appropriant un terme à des fins idéologiques c’est qu’on écarte le reste.
Si on reprend l’exemple du racisme et qu’on décide de changer la définition pour en venir à seulement parler du racisme structurel.
Par exemple en France, le racisme des blancs envers les racisés. On écarte le racisme qui existe entre racisés qui est loin d’etre absent.
 

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