Commentaires sur Droguée à son insu par Joël Guerriau, la députée Sandrine Josso affirme avoir « cru mourir »

6 Février 2023
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Le doliprane codéine a été retiré de la vente libre parce que des ados faisaient n'importe quoi avec (alors qu'il pouvait vachement soulager les grosses douleurs pour ceux qui ne faisaient pas n'importe quoi avec) et la Ritaline pour les personnes atteintes de trouble de l'attention est préscrite sur une ordonnance spéciale qui n'est plus valable au bout de 72h.

J'avais complètement zappé le doliprane codéine mais pour le coup, je pense que c'est un bon exemple (heureusement d'ailleurs qu'il reste disponible sur ordonnance malgré tout).
 
2 Juin 2021
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Je m'immisce sur le sujet des drogues mais je ne vois pas comment les drogues récréatives pourront un jour devenir légales.
Le doliprane codéine a été retiré de la vente libre parce que des ados faisaient n'importe quoi avec (alors qu'il pouvait vachement soulager les grosses douleurs pour ceux qui ne faisaient pas n'importe quoi avec) et la Ritaline pour les personnes atteintes de trouble de l'attention est préscrite sur une ordonnance spéciale qui n'est plus valable au bout de 72h.

Mais en quoi retirer de la vente libre règle quoi ce soit ? Un.e ado qui a décidé de prendre de la codéïne y arrivera par tous les moyens. C'est pas en retirant les dolipranes qu'on changera ça. Aucun·e ado ne passe au pif devant une pharmacie et se dit "ah c'est légal, je vais tester !", non on part toujours du même principe : je veux consommer > comment je me procure la substance. Que l'étape d'après ça soit : j'achète un produit légal et "propre" (comprendre non contaminé et correctement dosé) dans une pharmacie ou je demande à un·e ami·e qui connait quelqu'un·e pour me trouver la substance / j'achète sur internet, je vois pas la différence, c'est même pire dans le second cas.

Vous êtes jamais aller en soirée avec de la drogue sur place ? Vous acceptez ? Non ? Ben voilà vous avez la réponse, avoir une substance à portée ne vous fait pas forcement prendre la substance en question. La majorité des ados/jeunes adultes vont être confronté·e·s aux stupéfiants dans des lieux festifs. C'est pas pour autant qu'une majorité va consommer.

Aux USA l'Adderall tourne partout dans les lycées/universités, c'est pas en vente libre, mais tout le monde connait bidule qui connait bidule qui peut se procurer les pilules. Le risque c'est surtout une personne qui aura non seulement la substance recherchée (ici de la codéine) mais possiblement quelque chose de bien plus fort / dangereux ou simplement un truc mal dosé.

Les drogues récréatives sont déjà légales sinon ça s'appelle les médicaments et on est champion en France. C'est ultra facile de simuler une depression (absolument n'importe qui peut raconter n'importe quoi pour repartir avec des benzos par exemple). Avec les consultations à distance c'est encore plus facile, on va vous prescrire des benzos après la première consultation de 20 minutes. La quantité de médicaments qu'il est possible d'abuser est déjà énorme, même pas besoin de chercher dans les stupéfiants et en plus c'est la sécu qui paye une partie, incroyable.

Ce qu'il faut c'est : rendre les drogues "pas cool" / ringardes et éduquer. Suivre et dissuader (sans réprimer) surtout pendant l'adolescence / le début de l'âge adulte.

Pour celleux qui consomment déjà : réduction des risques, accompagnement vers le sevrage et ne pas stigmatiser (donc plus aucune répression pour l'usage). Et proposer des alternatives légales, abordables et pures.

On voit le désastre aux USA de la crise des opiacés, les 80 000 décès annuels seraient en grande partie évités avec un accès aux substances de laboratoire facilité et à un prix faible. Fabriquer des opiacés ça coute virtuellement rien, une molécule comme l'oxycodone est vieille de plus de 100 ans, il n'y a plus de brevet. Tu peux facilement produire assez d'opiacés génériques pour qu'une personne déjà loin dans l'addiction puisse tenir pour moins de 30€ par mois. Mais comme les gouvernements préfèrent interdire, il faut multiplier ce chiffre par 50~100 pour se procurer l'équivalent dans la rue avec le risque de tomber sur des substances plus toxiques, un dosage aléatoire et de finir à la morgue. (+ augmentation des crimes pour financer son addiction, augmentation de la prostitution / des viols dont sont victimes les femmes consommatrices).
 
4 Juillet 2018
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@Mayushi Je suis d'accord avec le reste de ton message, mais je ne suis pas sûre qu'on puisse affirmer qu'avoir la substance à portée n'incite pas davantage à consommer :hesite:
Les seules fois où j'ai été tentée de consommer de la drogue (autre que de l'alcool ou du tabac), c'est justement dans les cas que tu décris, en soirée, où il y en avait à portée de main. On m'en a proposé et j'ai hésité, s'il avait fallu faire l'effort de se renseigner pour en chercher, je n'aurais jamais ne serait-ce qu'envisagé la possibilité de le faire.

Du coup je me demande s'il n'y aurait pas un juste milieu entre une criminalisation des consommateurs et une vente libre dans les rayons de la pharmacie. Est-ce qu'il ne devrait pas quand même y avoir un suivi psy ou médical pour les drogues dures ?
 
20 Octobre 2017
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On voit le désastre aux USA de la crise des opiacés, les 80 000 décès annuels seraient en grande partie évités avec un accès aux substances de laboratoire facilité et à un prix faible. Fabriquer des opiacés ça coute virtuellement rien, une molécule comme l'oxycodone est vieille de plus de 100 ans, il n'y a plus de brevet. Tu peux facilement produire assez d'opiacés génériques pour qu'une personne déjà loin dans l'addiction puisse tenir pour moins de 30€ par mois. Mais comme les gouvernements préfèrent interdire, il faut multiplier ce chiffre par 50~100 pour se procurer l'équivalent dans la rue avec le risque de tomber sur des substances plus toxiques, un dosage aléatoire et de finir à la morgue. (+ augmentation des crimes pour financer son addiction, augmentation de la prostitution / des viols dont sont victimes les femmes consommatrices).

Mais tu crois que la crise des opiacés est arrivée comment ?
Bah c'est simple : parce que ceux-ci se sont retrouvés en quasi-vente libre, avec des médecins et des pharmaciens complices qui les distribuaient comme des bonbons. La série "Dopesick" montre très bien tout le mécanisme à l'oeuvre derrière ce fléau.

Sur les drogues en général (j'inclus l'alcool dedans), interdire ne sert à rien effectivement mais il reste un levier sur lequel on n'a jamais agi : le fait d'arrêter de rendre cool ces produits, ou a minima de les banaliser. En France en tout cas, et pour ne parler que de cette substance, l'alcool est "cool". Tu ne bois pas = t'es ringard, tu ne sais pas t'amuser. On a un énorme travail à faire là-dessus. Quand une substance n'est pas attrayante, ou renvoie une image négative, on a tout de suite moins envie de tester. C'est pour ça que la prévention est si importante, mais on ne fait pas le quart de ce qu'on devrait faire en la matière.

Quant au message de @Sealure ("je suis pour le droit de consommer des produits nocifs tant qu’ils ne sont dangereux que pour soi-même et que ça ne fait de mal à personne"), pardon mais je trouve ça incroyablement naïf. La consommation d'alcool et de drogues n'a jamais que des conséquences individuelles : on vit en société, les uns avec les autres, alors évidemment que ça a un impact sur nous toutes et tous. Les conséquences elles sont collectives, et ce sont des violences, des accidents de la route (qui impliquent rarement la seule personne consommatrice :lol: ), etc., sans parler du coût pour l'assurance maladie. C'est massif en fait. J'ai trouvé cet article qui parle du coût social du tabac et de l'alcool : https://www.lemonde.fr/sante/articl...-de-l-alcool-et-du-tabac_4753027_1651302.html
 
9 Mars 2018
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Tu peux facilement produire assez d'opiacés génériques pour qu'une personne déjà loin dans l'addiction puisse tenir pour moins de 30€ par mois. Mais comme les gouvernements préfèrent interdire, il faut multiplier ce chiffre par 50~100 pour se procurer l'équivalent dans la rue avec le risque de tomber sur des substances plus toxiques, un dosage aléatoire et de finir à la morgue. (+ augmentation des crimes pour financer son addiction, augmentation de la prostitution / des viols dont sont victimes les femmes consommatrices).
Je rebondis juste sur ce tout petit bout (parce que je suis d'accord avec le fait qu'il faut surtout faire baisser l'intérêt de la drogue plus que de criminaliser les consommateurs): les médicaments en substitution de drogues ça existe déjà en France. Le souci, c'est que tous les médecins n'acceptent pas de suivre ce type de pathologies d'adiction et que certaines pharmacies refusent d'en fournir. Par préjugés souvent, par crainte de problèmes ptoentiellement réels aussi. C'est un buisson bourré d'épines comme sujet et c'est loin d'être évident de légiférer dessus de manière efficace.
 
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Réactions : Papillon Bleu
30 Janvier 2009
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Putain en parlant d'alcool, sur France Info ce midi il y avait les représentants du monde viticole qui étaient là pour défendre leur bout de gras: ouin ouin les français ne boivent plus de vin, ouin ouin les viticulteurs souffrent, ouin ouin la loi Evin nous contraint et on voudrait pouvoir parler positivement du vin, ouin ouin le vin c'est notre culture française, ouin ouin c'est l'essence de la convivialité.
Ca se sentait que le journaliste était très dubitatif sur le discours tenu, et j'étais furax dans ma voiture: c'est très bien si la consommation de vin diminue, c'est très bien si convivialité devient différent de boire de l'alcool, c'est très bien de ne pas faire de distinction entre les alcools pour la pub (pourquoi pouvoir parler positivement du vin et pas de la bière, du pastis, du rhum, du genièvre, eux aussi produit dans nos territoires par des gens passionnés qui ont à coeur de bien faire leur travail). Et si les vignerons souffrent, ils peuvent toujours ouvrir leur gamme au vin sans alcool. Ca intéressera peut-être tous ces gens qui consomment moins de vin! (mais non, ça n'a pas été une piste évoquée)
 
Dernière édition :
23 Octobre 2017
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@Mayushi
Pas tout le monde n'est prêt à faire des pieds et des mains pour obtenir une substance. Il faut soit être déjà accro, soit très très déterminé.

Pour les gens qui ne sont ni accros ni déterminés le retrait de la vente libre limite les risques.

Par exemple quand j'ai goûté pour la première fois à du Doliprane codéiné je me suis sentie très bien, très apaisée. C'était mon copain de l'époque qui m'en avait donné car j'avais mal ai ventre.
Et après ça je suis allée m'en acheter en pharmacie.
Dès que j'avais mal à la tête, au lieu de prendre un doliprane normal ou de l'aspirine, j'allais direct sur le codéiné (plus puissant et en plus apaisant).
J'aurais pu devenir accro mais très peu de temps après il a été retiré de la vente. J'ai pas eu le temps de développer une addiction.
J'étais dégoûtée mais bon, s'il était resté en vente libre peut-être qu'aujourd'hui je serais accro, qui sait?

Tout ce qui est difficile d'accès peut dissuader les moins farouches. Les autres de toutes façons iront sur le marché noir. Mais si pour avoir des benzos tu dois prendre rendez-vous, aller à la pharmacie, devoir gruger (parce que pour un effet récréatif c'est pas 1 cachet qu'il faut prendre, tu dois donc jouer avec plusieurs ordonnances), risquer de te faire choper etc. A mon avis t'as déjà écrémé 50% des potentiels futurs addicts.

Concernant l'effet cool des drogues, il n'a jamais été aussi fort. Je ne compte plus le nombre de séries ou des personnages deviennent badass en décidant de se lancer dans le marché de la drogue (Breaking Bad, Ozark, Good Girls, et bien d'autres séries).
Certes les personnages se retrouvent face à des situations difficiles (le gang adverse, un méchant bien relou, un policier trop suspicieux...) mais au final c'est quand même présenté comme excitant et presque innovateur de se lancer dans le business de la drogue.
On est bien loin des représentations de la drogue de Requiem For a Dream (qui était peut-être exagéré pour un effet dramatique mais c'était peut-être pas plus mal, en tous cas moi ce film m'a bien marquée, 0 glamour sur la drogue).

On est clairement dans une autre époque où se droguer ça fait partie des expériences de tous les jours et que TOUT le monde le fait probablement (hum ok...) et "imagine si tu lançais ton business de drogue tranquillement".
 
9 Mars 2019
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Je viens de recevoir le dernier numéro de Carnets de sciences (la revue du CNRS), il est justement consacré aux addictions, ça peut en intéresser parmi vous.
 
22 Juin 2018
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Le problème des drogues (toutes) selon moi c'est qu'elles rendent toutes dépendant. Or devenir dépendant d'un produit modificateur de comportement c'est un problème social.
Je débarque parce que je suis tombé là-dessus et ça m'intrigue.
Je ne suis pas sure de ne pas mal interpréter mais le problème des addictions n'est pas QUE un problème social.
Il y a une forte composante sociale dans toute addiction, je suis totalement d'accord et je suis persuadée qu'agir sur cette composante est un TRES gros levier d'action pour la prévention. Mais le problème de l'addiction est aussi très individu-dépendant :

- Individu dépendant sur la capacité à résister à la pression sociale (la conso d'alcool, de tabac et de toute substance "récréative" est encouragée par certain groupe sociaux. Faut avoir le bagage psy pour y résister. C'est dépendant du contexte socio-éducatif mais aussi il y a aussi une part d'"innée" là-dedans)

- Individu-dépendant "génétiquement" : il y a des gens qui sont plus susceptible d'être dépendant parce qu'ils ont tiré le mauvais numéro à la loterie des gènes.

- Individu-dépendant "à la substance" : certaines personnes vont être plus sensible à une substance qu'à une autre.
 
30 Janvier 2009
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Lille
@Arsinoée Je pense que la phrase était à prendre dans l'autre sens: on peut tous être dépendant à une drogue (comme tu le dis, ça dépend de notre éducation, génétique, environnement) et que chaque personne dépendante devient un problème social (à son échelle: elle a moins d'argent pour vivre, elle se bousille la santé et à une échelle globale: elle peut devenir un danger pour autrui si la drogue consommée fausse ses perceptions, elle va engendrer des frais supplémentaires à la sécu...)
 

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