Un ami des envahisseurs est venu déposer des cartons qu'ils lui ont confié. Voilà, y a des cartons chez Pépé et Mémé, avec des croûtes dedans qu'on appelle "tableaux", donc l'appartement est appelé à être modifié...
C'est terrible de te dire qu'il faut enlever tous les trucs de valeur parce que ton oncle et sa bonne femme sont susceptibles de les revendre pour se faire du pognon (même si c'est un héritage familial... Exemple : la chevalière de mon arrière grand père que ma mère a sauvé de justesse), qu'ils iront ensuite claquer au Casino, alors qu'ils ont pas une thune.
J'ai déjà envie qu'ils s'en aillent alors qu'ils sont pas encore arrivés.
Ils vont modifier/bousculer mon quotidien, mon équilibre instable et précaire, que j'ai mis des années à avoir... Et je m'en rends responsable. Parce que je me dis que plutôt que de m'être entêtée dans ce métier qui est un naufrage, j'aurais dû tout plaquer, prendre n'importe quel taf de caissière ou de mise en rayon, juste pour avoir assez pour payer les charges de cet appartement...
Mais après je réfléchis et je me dis aussi que ma mère n'a jamais voulu que j'habite là, parce qu'elle juge que l'appartement est "trop grand pour une seule personne".
Peine perdue dès le début. Mais les boules. Quand même.
C'est dur de voir les derniers repères de son enfance partir comme ça. Ça va pas aider ma dépression.