J'ai ma chef de projet (qui partage mon bureau) qui est très proche du burn-out depuis quelques mois...Constamment fatiguée, pâle, parlant très peu à ses collègues, croulant sous les dossiers... Elle ne prend pas de pause déjeuner (elle grignote) et reste des fois jusqu'à 19h le soir...Elle aimerait trouver un autre travail mais elle me dit qu'elle a pas le temps de chercher... Ma boîte lui a payé des cours d'anglais, elle espère enrichir son CV avec ça mais c'est pas pour tout de suite.

Elle a essayé de faire quelques efforts (prendre un peu plus de RTT, manger plus de fruits, aller se balader un peu plus pendant ses pauses, se fixer des limites en heures sup...) mais ça va pas mieux.

Je sais pas comment l'aider, d'autant plus que je pars en congés maternité dans deux mois, et je serai pas remplacée...On est que deux dans mon service : elle et moi (et avec les coupes budgétaires, impossible de recruter quelqu'un...)

qu'est ce que je peux faire? ça me rend triste de la voir comme ça car c'est une personne qui a un tempérament généreux et altruiste. Et c'est pas terrible d'être assise 39 h par semaine à côté de quelqu'un qui fait la gueule..
 
lysithea;4119570 a dit :
En général, les gens ont peur des psys, peur de dire qu'ils vont en voir, parce que ils n'aiment l'idée de passer pour quelqu'un de "fou".
Donc je te dirais, de simplement dialoguer avec elle, la faire un peu parler, parce que ça soulage toujours, et ça aide au moins un peu.
c'est ce que je fais déjà parce qu'elle se plaint de plus en plus... mais des fois elle retourne dans ses dossiers parce qu'il y a urgence...
 
steffie;4119579 a dit :
lysithea;4119570 a dit :
En général, les gens ont peur des psys, peur de dire qu'ils vont en voir, parce que ils n'aiment l'idée de passer pour quelqu'un de "fou".
Donc je te dirais, de simplement dialoguer avec elle, la faire un peu parler, parce que ça soulage toujours, et ça aide au moins un peu.
c'est ce que je fais déjà parce qu'elle se plaint de plus en plus... mais des fois elle retourne dans ses dossiers parce qu'il y a urgence...
Il ne faut pas la laisser y retourner, fais-toi violence.
J'ai vécu un burn-out et je suis allée jusqu'à péter un câble pour de bon.
Il faut l'aider, si tu ne sais pas comment faire et que tu connais un peu son entourage, préviens son entourage (quitte à fouiller dans ses affaires pour trouver les noms/numéros), c'est pour elle, pour son bien. Parce que ce qu'il risque d'arriver c'est qu'elle perde pied lorsqu'elle sera toute seule lors de ton congé mater et là les gens ont différentes façons de perdre pied crois-moi (dépression qui peuvent aller jusqu'au suicide) je ne veux pas te faire peur, je veux juste te faire comprendre à quel point ça peut devenir dangereux.

Si tu apprécies ta collègue pour de vrai, fais tout ce qui est en ton pouvoir (et je te promets que tu peux tout faire) auprès de vos responsables, de ses proches etc.
Courage et ne la laisse pas tomber, aux vues de ce que tu dis elle est clairement sur le point de craquer mais se le refuse, et je sais qu'elle se met la pression car justement tu pars dans 2 mois. Il faut l'aider!!

Au pire envoie-lui les sujets sur le burn-out qui sont ici, mais ne la laisse pas tomber, elle a plus besoin de toi que ce qu'elle laisse penser.
Tu as lu le témoignage justement qui a été posté ici?
 
ori-chan;4119664 a dit :
steffie;4119579 a dit :
lysithea;4119570 a dit :
En général, les gens ont peur des psys, peur de dire qu'ils vont en voir, parce que ils n'aiment l'idée de passer pour quelqu'un de "fou".
Donc je te dirais, de simplement dialoguer avec elle, la faire un peu parler, parce que ça soulage toujours, et ça aide au moins un peu.
c'est ce que je fais déjà parce qu'elle se plaint de plus en plus... mais des fois elle retourne dans ses dossiers parce qu'il y a urgence...
Il ne faut pas la laisser y retourner, fais-toi violence.
J'ai vécu un burn-out et je suis allée jusqu'à péter un câble pour de bon.
Il faut l'aider, si tu ne sais pas comment faire et que tu connais un peu son entourage, préviens son entourage (quitte à fouiller dans ses affaires pour trouver les noms/numéros), c'est pour elle, pour son bien. Parce que ce qu'il risque d'arriver c'est qu'elle perde pied lorsqu'elle sera toute seule lors de ton congé mater et là les gens ont différentes façons de perdre pied crois-moi (dépression qui peuvent aller jusqu'au suicide) je ne veux pas te faire peur, je veux juste te faire comprendre à quel point ça peut devenir dangereux.

Si tu apprécies ta collègue pour de vrai, fais tout ce qui est en ton pouvoir (et je te promets que tu peux tout faire) auprès de vos responsables, de ses proches etc.
Courage et ne la laisse pas tomber, aux vues de ce que tu dis elle est clairement sur le point de craquer mais se le refuse, et je sais qu'elle se met la pression car justement tu pars dans 2 mois. Il faut l'aider!!

Au pire envoie-lui les sujets sur le burn-out qui sont ici, mais ne la laisse pas tomber, elle a plus besoin de toi que ce qu'elle laisse penser.
Tu as lu le témoignage justement qui a été posté ici?
merci de tes conseils! dès qu'elle revient mardi de sa semaine de congés je lui en parle!

je vais surtout dire à mes collègues du bureau d'à côté de venir la voir régulièrement pendant mon absence.

Mon directeur n'arrange pas les choses, il est lunatique et a osé lui dire il y a quelques mois "votre service coûte trop cher" euh oui mais c'est du service public qu'on fait...
 
steffie;4119687 a dit :
merci de tes conseils! dès qu'elle revient mardi de sa semaine de congés je lui en parle!

je vais surtout dire à mes collègues du bureau d'à côté de venir la voir régulièrement pendant mon absence.

Mon directeur n'arrange pas les choses, il est lunatique et a osé lui dire il y a quelques mois "votre service coûte trop cher" euh oui mais c'est du service public qu'on fait...
Vraiment, je ne saurais que t'encourager à le faire.
Elle aura plusieurs réactions possibles, la pire c'est le déni, ce qu'elle fait déjà, là il faudra t'accrocher.
Le mieux au final c'est qu'elle craque, si elle pleure laisse la pleurer, il faut que ça sorte, tu peux aussi lui faire un câlin, quand on est fragilisée, un câlin ça fait du bien (même si on n'est pas tactile) et il n'y a plus à avoir de retenue lorsque quelqu'un pleure en face de toi parce que la personne qui pleure elle elle n'en a plus et ça l'aidera beaucoup! (Oui je suis pour le câlin du soutien qui apaise et réconforte).

Ce qu'il faut bien qu'elle comprenne c'est qu'elle n'est pas seule et que ce n'est pas de sa faute (chose qu'elle aura du mal à accepter mais c'est normal ça fait partie du processus), dis-lui de prendre rdv avec son médecin et assure-toi qu'elle le fasse et aussi qu'elle en parle à ses proches, si ce n'est pas déjà fait.

Puis, parle-lui du burn-out, décris-lui ce que tu as lu dans l'article, dis-lui aussi ce que tu ressens vis-a vis d'elle (changement de comportement, humeur, sans l'accuser ni la faire culpabiliser, elle risque de se braquer et là je ne garantis de rien), n'hésite pas à lui poser des questions à savoir comment elle se sent de manière générale, au boulot, sa vie privée, si ses vacances l'ont reposées...
Il faut qu'elle s'exprime, peu importe la manière dont elle le fait.
Tu peux être surprise aussi de la manière dont elle pourrait s'exprimer : larmes, nausées.
Quand le stress prend le dessus, c'est le corps qui s'exprime, chez moi (et c'est horrible) c'est des envies de roter (mon estomac se manifeste dès que ça ne va pas et encore plus lorsque c'est un sujet sensible), la méga classe quoi et les larmes à n'en plus finir! (au cas ou, prévois les mouchoirs, plein!)
Et ça ne me fait sentir que plus lamentable, donc essaie de n'avoir aucun jugement et de lui dédramatiser son sentiment en lui rappelant que "ce n'est qu'un travail et que sa santé est bien plus importante que le reste".

Voilà, je pense avoir fais le tour.
Si besoin, n'hésite pas mais je sais que d'autres madz' seront bourrées de conseils à te donner pour accompagner ta collègue du mieux que tu pourras.

Courage à toi, ce qui s'annonce ne va pas être facile, mais elle t'en remerciera, crois-moi!
 
Dure dure... Moi j'ai craqué il y a un an... un poste où on me demandait de résoudre l'impossible constamment avec très peu d'effectif sous la main et des gros clients agressifs... il est arrivé un jour où je ne me sentais plus de trouver la solution ni l'envie de prendre une décision sur un dossier. Je me sentais seule face à l'insurmontable. Je suis rentrée chez moi, crise d'angoisse, en larmes toute la nuit... fatiguée j'en avez raz le cul de tout. L’arrêt maladie a suivi et depuis je suis sous xanax alors que je ne voulais jamais toucher à ce genre de médicament. Çà m'a affaiblit moralement, même encore aujourd'hui... et moi qui me pensait forte...

Je ne sais pas comment mais tu dois soutenir ta collègue! Mes collègues ont été très compréhensives et m'ont filé des coups de pouces sur des dossiers. L'ambiance est capitale et en ça j'étais plutôt bien tombée. Comme déjà conseillé plutôt, il faut l'entourer, lui éviter l'isolement.
 
L

leonor

Guest
Ah, le burnout, je ne connais que trop bien.

Mon dernier poste, je le passais un jour sur deux en larmes parce que je ne remplissais pas les objectifs, parce que mon manager bac moins cinq se curait le nez et les ongles et prenait 15 pauses clopes dans la journee ("tu n'as pas besoin de pause" qu'il me disait, "car tu ne fumes pas"), et evidemment j'etais a) une femme b) bisexuelle c) feministe, autant dire que pour la bande de collegues sanguins borderline misogynes, ca passait moyen, parce qu'en plus de ca je suis grande gueule. Ils se foutaient quotidiennement de la gueule des gens diplomes ("des intellos"), des trisomiques ("des debiles"), des gens qui lisent des livres ("des coinces du cul"), en gros, une ambiance nauseabonde ou les collegues qui nous volaient des clients etaient felicites en place publique. Immonde.

Oh, et 8h-19h, sans pause. Pour un SMIC, dont 1/4 qui partait en frais de transport tous les mois. Autant dire que je passais mes weekends a dormir.

Et puis un jour y a une reunion avec le manager et son N+1, j'ai attrape la seule collegue avec laquelle je m'entendais bien. Au bout de trente secondes de recriminations (tu ne bosses pas assez tu ne donnes pas assez), j'ai pris mon sac, je me suis levee, et je suis partie sans dire un mot.

Meilleure decision de ma vie. :taquin:
 
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ourchonne;4119988 a dit :
L’arrêt maladie a suivi et depuis je suis sous xanax alors que je ne voulais jamais toucher à ce genre de médicament. Çà m'a affaiblit moralement, même encore aujourd'hui... et moi qui me pensait forte...
Bienvenue au club, je suis également sous xanax youhou!!

Si ça peut te rassurer, tu es forte, la faiblesse aurait été de rester et de ne rien faire pour changer ça, toi tu as eu le courage de t'avouer les choses, de l'accepter et de faire en sorte que tu ailles mieux, tu as repris ta vie en main, si ça ce n'est pas être forte. :mur:

J'ai craqué à cause d'un emploi il y a 4 ans, j'ai repris ma vie en main, j'ai été sous médoc aussi, ça n'a pas été facile de me dire que j'en prenais mais me torturer seule n'était pas la meilleure solution non plus. Les xanax sont là pour te donner un coup de main pour te détendre et aller de l'avant.
Là je suis à nouveau sous xanax, car j'ai abusé, je suis retournée sur ce même type de poste qui m'avait pourtant détruit il y a 4 ans, cette idée de "il faut bien travailler" m'a poussé à faire n'importe quoi cette fois.

On ne guérit jamais complètement mais c'est aussi ce qui fait notre force. Comme on dit le plus dur ce n'est pas la chute mais la relève!! :test

Courage et je te promets que non, tu n'es pas faible!!
 
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Un article intéressant et trés bien construit =) J'étais contente de voir Dejours et Pezé (son film est trés intéressant!!!!).

Moi je suis de l'autre côté, du côté de ceux qui essaient "d'améliorer" les situations et je suis ... ergonome (bientôt). Là vous vous demandez ce que ça fait dans le bordel un ergonome ? Ça change des tables et des chaises, ça fait "une analyse de poste" ? Oui, non, pas que. On travaille aussi et beaucoup quand on le peut sur les organisations du travail. C'est bien de dire "tout le monde est concerné" manager, médecins etc ... mais concrètement quels moyens ont-ils pour agir? Quels outils? Ce sont des problèmes complexes comme le dit l'article, qui ont besoin d'être traité d'une façon complexe, par un regarde extérieur AVANT que les gens en arrivent au burn out. Et ça remonte jusque dans les formations, par exemple des managers qui sont formés à produire et non à l'organisation du travail, sont les premiers à craquer.

Bref je m'emporte ^^ Mais effectivement, les personnes "investissent leur subjectivité" parce que quoi qu'on en pense, on essaie toujours d'atteindre l'objectif et de bien faire son travail. A quel coût ? Des questions que le monde du travail ne se pose pas assez ...

Pour finir, oui parlez en à vos délégués du personnel et surtout au CHSCT qui peut demander une expertise que l'employeur ne peut pas refuser. Cette expertise établira la réalité de la situation de travail, permettra parfois de lancer une démarche d'amélioration, mais dans tous les cas vous protégera puisqu'à ce moment là l'employeur ne peut plus ignorer le risque sous peine d'être condamné pénalement en cas d'accident.
 
Le burnout semble difficile à reconnaître, je vois bien que beaucoup de personnes de mon entourage sont en situation de souffrance au travail, mais difficile à dire s'il s'agit d'un burnout ou d'autre chose :erf:

De manière générale, j'ai l'impression que le climat actuel est propice au burnout. On nous demande de faire des "efforts" supplémentaires pour aider notre entreprise à sortir la tête de l'eau: accepter des réductions ou des stagnations de salaires tout en prenant en charge plus de tâches pour compenser le manque de personnel, reporter la prise de congés pour que les dossiers puissent avancer, etc. On fait le dos rond en attendant que ça passe, mais j'ai bien peur que ces conditions de travail détériorées deviennent une norme à terme.

Et, sans vouloir faire ma réfractaire aux  nouvelles technologies touça, mais ça, c'est vraiment le mal absolu du point de vue du burnout. Comment parvenir à faire une coupure entre le travail et la maison, puisque dans certaines professions, suffit de ramener son ordinateur à la maison en soirée, d'être joignable par téléphone, et "tout va bien, tu m'enverras la présentation par mail dans la nuit"?.
Au début, je voyais ça comme une libération de pouvoir ramener du boulot chez moi pour pouvoir "tranquillement" terminer ce qu'on me donnait à faire, mais maintenant je vois surtout le côté "tout bénéf" pour l'employeur (certes, tu travailles depuis ton canapé, mais tu travailles, c'est donc des heures sup' non payées, en somme)

Le pire dans tout ça, c'est que je vois mal comment on peut refuser ces conditions, puisque soit on sera taxés d'individualistes par le reste de l'équipe (culpabilisation collective, bonjour), soit on sera invités à prendre la porte "si ça nous plaît pas" (ce qui revient à dire que c'est juste toi qui est inapte à travailler, que t'y met de la mauvaise volonté).

C'est pour cela que je comprend pas @ori-chan, quand tu dis que c'est toi qui "a abusé" par rapport à ta rechute, je te trouve très dure avec toi-même!
 
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@Little China Girl  : Comme je le dis juste après c'est parce que "je suis retournée sur ce même type de poste qui m'avait pourtant détruit il y a 4 ans, cette idée de "il faut bien travailler" m'a poussé à faire n'importe quoi cette fois."
Dans ma tête je me suis dit : "oh c'est pas pour longtemps, puis c'est pas la même entreprise, ça sera différent" (pour info je travaillais en centre d'appels (appels entrants), le premier était un sous-traitant pour France Telecom très connu dans le calvados, et l'autre est le centre d'appel d'un groupe bancaire qui soit dit ne passant est une bonne entreprise) sauf que finalement j'avais présumé de mes capacités, d'où le fait que je dis que j'ai abusé.
Sinon, oui je suis de manière générale assez dure avec moi-même!

Sinon pour en revenir à ce que tu disais, personnellement, sur les emplois que j'ai pu faire, mon téléphone portable pro était éteint dès que je sortais du taf, parce que bon j'ai vu des clients m'appeler après 20h, et quand je voyais qu'on m'appelait sur mon portable perso (mon responsable ou mes collègues qui n'avaient pas réussi à me joindre sur le pro), je ne répondais pas et le lendemain quand on me disait qu'on m'avait appelé je disais que j'étais sur mon temps perso ou que je n'avais pas mon portable sur moi.
Mais bon c'est clair que maintenant la coupure entre le taf et la maison, se fait beaucoup difficilement que pour nos parents à l'époque!
 
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