Votre discussion m'interpelle. Je considère faire partie des parents "chanceux" qui ont un bébé "facile" et ça explique en partie pourquoi je ne poste plus autant que durant ma grossesse (qui n'a pas été la plus idéale possible)... J'avoue m'être souvent posée la question de si je devais poster tel ou tel message, par peur d'enfoncer le couteau dans la plaie en mettant en vis-à-vis les situations, et puis je me posais continuellement la question de si ce que je pouvais raconter allait aider quelqu'un et comme pour moi la réponse était souvent non, je ne postais pas... Du coup, ce que tu dis
@Lilliy sur le fait que ça te fasse du bien de lire du positif me permet de relativiser.
Il est clair que c'est le forum qui me permet de comprendre que notre fille est plutôt très facile à vivre : elle dort plutôt bien (ça oscille entre un réveil tétée et 3 grand max, d'autant plus qu'en ce moment j'essaye de la rendormir en lui caressant un peu la tête quand je pense qu'elle n'a pas faim et ça a l'air de fonctionner, elle se rendort en 5/10 minutes), mange bien (l'allaitement a été laborieux au départ, beaucoup de douleurs et de moments de désespoir mais maintenant ça fonctionne comme sur des roulettes), ne régurgite plus depuis qu'elle a 2 mois et demi, n'a jamais véritablement eu de pics de croissance costauds ou de pleurs de décharge, pas de RGO, pas tellement de coliques, dès qu'on est rentrés de la maternité j'ai pu la poser sur notre lit/dans son transat et elle pouvait rester tranquille plusieurs heures (aujourd'hui elle demande beaucoup plus de présence mais on peut se contenter de faire des trucs dans la même pièce qu'elle et ça lui suffit parfois)... A côté de ça, elle a aussi eu ses moments chiants mais à une fréquence vraiment minime.
Et du coup, même si je compatis vraiment sincèrement à vos posts rageurs/angoissés/énervés (j'en poste aussi, parfois

), vu que je ne sais pas ce que c'est de galérer pour endormir son bébé, ou devoir le tenir à la verticale pendant une demi heure à chaque tétée, je me sentirai un peu hypocrite de réagir en mode "Ouah, ouais, c'est clair que c'est compliqué...". Sans compter que venir poster juste pour dire "Bon ben voilà, 17 semaines que ma fille s'endort sans rechigner, lololol" je trouverai ça plutôt indécent...
Des fois, on galère et je viens dire que ça va pas, ou alors j'en parle par MP et c'est pas pour autant que je m'invente artificiellement des problèmes. Mais comme on a déjà eu des jours meilleurs, on est fatigué/énervé sur le moment mais c'est pas dur à porter mentalement, car on pense que les bons jours vont revenir. On le "sait". C'est là où finalement, je place (pour ma part) la barre du "bébé facile" : ces moments de galère ne sont pas des habitudes.
Mais du coup, comment aborder le positif sans que ça paraisse prétentieux/crâneur/hors de propos/Bisounours ?... Je ne sais pas.

(Voilà, un pavé pour ne pas faire avancer le schmilblick, bravo Fea !

)
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Je voulais aussi rebondir sur les interrogations de certaines sur les sentiments qu'elles pouvaient (ne pas) avoir envers leur bébé, la peur de ne pas aimer autant qu'il le faudrait à la naissance etc.
Pour ce que ça vaut, mon expérience de petite bébé "rejetée" par sa mère biologique et aimée viscéralement par sa mère adoptive me font dire que les sentiments d'amour profond pour son enfant ne sont pas nécessairement liés au sang. Ce n'est pas parce que vous avez porté et accouché de ce bébé que vous
devez l'aimer à la folie dès qu'on vous annonce la grossesse/dès qu'il naît. Je pense que ça se construit (plus ou moins rapidement) à travers le temps. Après tout, durant la grossesse, on "aime" ce bébé pour ce qu'il représente mais on ne le connaît pas encore ; la naissance nous oblige à véritablement prendre en compte un individu tout neuf avec lequel il faut composer (du coup
@Destiel Mok´ ton image du coloc' m'a faite rire car c'est un peu ça). Et c'est comme les amitiés, ça ne se construit pas sur des injonctions type "il faut que tu l'aimes" ni en un jour.
Lorsque Leo est née, j'ai pleuré. Pleuré de soulagement qu'elle soit vivante et en bonne santé, de choc d'avoir mis au monde un enfant après ce marathon de 17 heures, de surprise de l'entendre crier, d'émotion après 9 mois d'attente et "d'angoisse". Mais l'amour est venu après. Je me suis occupée d'elle en mode automatique les premiers jours, même si j'étais tendre avec elle, ça n'a été "ma" fille que lorsque les connections se sont solidifiées graduellement, en la changeant, l'entendant pleurer ou gazouiller, la baignant, l'habillant, la regardant de longues minutes pour l'apprivoiser, etc... Vous pourrez aimer votre bébé dès que votre regard se posera sur lui ou au contraire, mettre plusieurs jours/semaines avant que les sentiments s'ancrent profondément. Dans un cas comme dans l'autre, il n'y a pas de culpabilité ni de honte à avoir... Il n'y a que des bonnes mères sur ce forum.
