Je lis Rat Bohemia de Sarah Schulman, récit publié dans le milieu années 80, au plus fort de la vague du sida. Depuis deux mois, je lis énormément de récit de soi ayant comme perspective le monde du sida, et celui-ci change des autres. Il est dans le 'j'accuse', en ce sens qu'il sort du singulier, de l'intime, pour entrer dans un vaste communautarisme : celui des gays mais aussi celui des 'à-part', des undergrounds.
A un moment elle dit, we are Unamericans, et je trouve ça très fort. Il y a de très beaux passages de cul, des plus beaux, il me semble, que j'ai lu. C'est très cynique aussi, très drôle, un peu terrible, si quelqu'un m'avait observé dans le café où je le lisais il aurait pu voir que je passais - et je vais utiliser un beau cliché - mais littéralement du rire aux larmes.