Ce que je ne comprends pas dans la position abolitionniste, ou du moins celle du gourvenement, c'est qu'elle s'arrête à une position de principe. C'est à dire qu'on interdit la prostitution, mais sans se soucier derrière de ce qu'il advient des TDS et des prostituées contraintes. On vote quelques budgets, mais on les destine uniquement à des associations pro-abolition, accompagnant les personnes voulant arrêter de se prostituer (avec des résultats plutôt contestables, cf
http://lmsi.net/Le-Parcours-de-sortie-de-la, article de Thierry Schaffauser, militant pro-droits). On interdit la prostitution, mais on ne met rien en place pour lutter contre les violences spécifiques dont sont victimes les TDS et les prostituées de la part de leurs clients. Il me semble qu'il y aurait pourtant amplement matière à ce que les militant-e-s abolitionnistes soutiennent des revendications portées aujourd'hui par les militant-e-s pro-droits, visant à limiter la putophobie, limiter les actes de violences contre les TDS et prostituées, aider à démanteler les réseaux de prostitution forcée, etc.
Pourtant, le débat semble systématiquement se crystaliser sur "Pour ou contre la prostitution", comme si le grand enjeu au niveau politique, c'était de déterminer si la prostution c'est "bien" ou "mal", et si il y a une majorité de personne qui font ça par choix, ou une majorité de personne qui font ça par contrainte (économique, sociale, physique, ...).
@Valentina- parle de pragmatisme. Je pense qu'on peut très bien débattre de la moralité de la prostitution, de sa propre position face à la prositution, mais que c'est un débat entièrement différent de la réalité de la prostitution en France aujourd'hui. De la réalité des besoins des TDS et des personnes victimes de prostitution forcée. Je pense que ce sont deux débats qui peuvent être menés en parallèle, mais à mon avis, bien souvent le premier éclipse le second, et on se retrouve à camper sur des positions morales, en se jettant au visage qu'on parle à la place des autres (tantôt à la place des TDS qui font le choix de se prostituer et qui le cas échéant souhaitent continuer, tantôt à la place des TDS qui y sont contraintes ou qui souhaitent être aidées pour en sortir). Comme si finalement il n'y avait de place que pour
une seule décision : pour la LEGALISATION de la prositution parce que ça aide les TDS à survivre, ou pour l'ABOLITION parce que ça aide les personnes contraintes à la prostitution à s'en sortir. Et finalement ça devient une bataille de chiffres, où on reproche aux autres de ne pas se soucier de 30%, 50%, 70% des personnes prostituées.
Je pense donc pour conclure qu'il y a matière à avoir ces deux débats de front, et qu'il ne faut pas oublier que derrière la question morale et les visions à long terme de l'impact que peut avoir l'interdiction ou l'autorisation de la prostitution sur une société, il y a aussi des questions pragmatiques qui se posent aujourd'hui, comme les conditions de plus en plus dangereuses dans lesquelles les personnes se prostituent (par choix OU par contrainte).