J'ai commencé à lire ce topic samedi, parce que je tournais en rond chez moi, que j'alternais avec les sites d'infos, les avis de recherche, et je voulais voir où les autres en étaient.
Vendredi soir j'étais à Nation, je retrouvais des amies pour aller manger chez l'une d'elles. A 22h, celle chez qui on était reçoit un coup de fil de son papa. Fusillade au Bataclan. Sauf que son amoureux y est, au Bataclan. On a passé 3h à attendre, à checker tous les sites d'infos, histoire de savoir, de comprendre, on l'a appelé, jusqu'à l'annonce d'une prise d'otages, on a angoissé de l'avoir fait repérer, on a consolé notre amie, qui hurlait à se casser la voix pendant de longues minutes. Jusqu'à ce qu'il finisse par appeler. 30 secondes, juste pour dire qu'il était en vie, qu'il n'était pas blessé. Il est rentré à 4h du matin. Il a écrit un texte pour parler de ce qu'il a vécu, si ça vous dit d''
y jeter un oeil.
Maintenant j'ai l'impression d'entrevoir l'ampleur de ce qu'il y a à soigner, à réparer, et j'ai mal pour eux.
A mon petit niveau, dans la bulle de cette soirée, je n'oublierai jamais ces heures passées avec cette amie, l'état dans lequel elle était, la détresse, l'incertitude, la douleur. Elle si calme habituellement, elle hurlait aux murs l'impossible. Je n'oublierai pas le regard de son mec quand il est rentré, ses sanglots à elle. J'ai essayé de me mettre à sa place, et je ne pouvais juste pas. Ca me hante depuis.
La plupart de nos amis habitent dans le 11e, ou y sortent, nous compris. Il y a 2 semaines encore, nous étions à un concert, comme son copain vendredi. On s'estime extrêmement chanceux de ne pas déplorer de pertes directes chez nos proches, mais on connaît tous quelqu'un qui a perdu quelqu'un. Si en janvier on a été choqués, là on a la trouille.
Allez, comme dit une de mes collègues, demain est un autre jour.