@Slaw
Comme toi je fais des activités pour passer le temps, voire par devoir (par devoir parce que je ne veux pas coller au cliché de la meuf dépressive qui passe son temps à dormir). Et j'ai beaucoup d'attentes comme toi sur ces activités (est-ce que je vais rencontre un ou une future amie? Un copain? Mon futur mari?). Bien sûr ça n'arrive pas et à mi-parcours je suis déjà déçue, presque angoissée.
ça me rend moyennement satisfaite mais le tableau est trop noirci pour que je me sente réellement bien. Je n'arrive même pas à décrocher ou à tout oublier pendant ces activités. Pour continuer sur mon image de la salle d'attente, je lis un vieux Madame Figaro en trouvant ça amusant mais tout en étant impatiente que le médecin ouvre la porte. J'ai l'oreille tendue en permanence et je ne retiens pas vraiment ce que je lis. Disons que je m'occupe faute de mieux. Peut-être même que je ne suis plus du tout concentrée sur mon article de 2015 parce que je vois les autres filles poser leur magazine et passer en salle d'attente. Alors que j'attends encore et je ne suis même pas sûre de passer au fond.
Moi ma citation préférée c'est "fake it until you make it".
Et j'ai également peur d'échouer. Je crois que c'est parce que je n'ai jamais été valorisée et tout échec était vu comme une tragédie dans ma famille. Échouer ça veut dire prouver qu'on ne vaut rien et qu'on a déçu tous les gens qui portaient espoir en nous, voire qu'on s'est déçue soi-même.
Ajoute à ça le fait qu'elle me comparait à tout le monde et m'obligeait à me comparer et ça fait quelqu'un qui a peur de se prendre des vents, peur de se prendre des "non" et qui reste bloquée dans une situation confortable dès qu'elle a les pieds dedans (pas si confortable au final).
Bon je vais arrêter de porter la faute à ma mère, après tout j'en suis où j'en suis uniquement par ma propre volonté même si ça ne me convient pas. Je ne peux pas accuser les autres de mon malheur.
Rien ne me garantit qu'avoir un mari et des enfants me rendrait heureuse. Le problème c'est que je n'en sais rien et que peut-être ça me rendrait heureuse justement. Peut-être que d'être aimée par quelqu'un me rendrait heureuse. Peut-être que le fait que quelqu'un veuille s'engager avec moi sur un gros projet (famille, maison) me rendrait heureuse car je me sentirais digne d'être choisie pour un truc aussi important. Peut-être que d'être accompagnée au quotidien par quelqu'un m'aiderait à affronter la vie de manière plus sereine. C'est quand même plus facile et plus confortable à deux. Peut-être que le seul fait de savoir que je ne suis pas seule suffirait à me calmer. Comme je le disais, une fois mariés et avec des enfants les amis disparaissent. Ils ont d'autres priorités (c'est normal) et leur vie change, parfois la personnalité change également. On finit par se retrouver seule à un moment et être en couple c'est aussi un palliatif à ça. (Attention je ne veux pas être en couple uniquement pour ne pas rester seule, mais c'est un gros plus disons).
Pour ton boulot je pensais exactement pareil que toi. Quand j'avais un copain, au début, je n'avais pas de boulot et je me morfondais comme pas possible. Plus j'ai trouvé un boulot et je n'étais pas heureuse pour autant bien que je relativisais quand même pas mal. Avoir un boulot me permettait de retrouver mes potes en poste de manière plus sereine (et sans la honte d'être la "sans boulot"), de faire des activités comme aller au resto, au ciné, d'avoir l'impression d'avoir une place dans la société quoi.
Alors je n'étais pas heureuse car je me comparais toujours aux autres et leurs boulots me semblaient toujours meilleurs mais j'étais quand même plus sereine. Et en plus j'avais un copain ! J'étais parfaitement intégrée dans la société, parfaitement dans les temps.
Là je me sens amputée

(belle image!).