Question (pas si) con Comment être un.e bon.ne allié.e?

18 Juin 2016
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Je vous lis sur l'expression de ses sentiments par rapport à une oppression, et ça me fait bien écho. A un niveau différent, je me pose souvent la question de si exprimer une forme de soutien à quelqu'un d'inconnu qui n'en demande pas est une forme de violence ou non. Par exemple, une mère à bout dont l'enfant n'a cessé de hurler suite à un caprice refusé et de faire retourner les gens sur son passage dans le supermarché. Hyper envie de lui dire de pas s'inquiéter des autres et que je peux prendre le relai avec le petit si besoin de souffler. Hyper pas envie de lui faire subir une présence supplémentaire qui pourrait lui faire violence. Autre exemple: dans le train, une femme parle avec vigueur au téléphone que non ce n'est plus possible de rester avec tel homme car il la disqualifie tout le temps, la malmène physiquement, qu'il ne participe jamais aux frais, qu'elle veut autre chose pour elle-même etc. A ses propos on a le très fort sentiment qu'elle se défend et se justifie auprès de quelqu'un qui connaît bien l'homme en question et qui veut qu'elle reste avec lui. Hyper envie de lui adresser un geste/mot/mimique qui dirait quelque de chose de soutenant sans être violent, mais alors quoi. Hyper pas envie d'être une violence de plus et une intrusion dans sa vie privée partiellement exposée par le contexte. Dans les deux cas, je n'ai rien fait, dit. On m'a déjà dit la violence que c'était de vivre des situations pénibles et que personne ne signale son empathie, son soutien, mais j'ai aussi en tête la violence qui peut se cacher derrière une expression aussi bien intentionnée soit elle. Bref, sans vraiment être une alliée ou non d'une cause en soi, parfois, juste de soutenir quelqu'un d'inconnu, ça me démange, mais la peur de mal faire l'emporte (je ne parle pas de situations critiques dans l'immédiateté). Si vous avez des idées ou supports pour m'aider à penser à l'attitude à adopter, ça m'intéresse !
 
15 Juin 2015
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@abricotte peut-être qu'un simple "ça va ?", ou "bonjour, ça va ?", permet de tendre une perche que l'autre peut saisir ou non, et nous permet de voir si l'autre a envie d'en parler, a envie d'être aidé ou pas. Et après, si il y a une volonté de contact, proposer son aide, ou simplement "est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?", sans plaquer notre propre lecture de la situation mais en laissant l'autre poser les termes.
 
17 Septembre 2007
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hfgfd
Venez aux manifestations, marches et autres mais faites attention à la place et au temp que vous prenez forcément à quelqu'un d'autre.
Clairement, on voit très peu d'alliés aux manifestations, vraiment peu. Genre très, très peu.
Et quand ils sont là, je remarque que la plupart ne savent pas se comporter. Non, on ne prends pas le micro ou le mégaphone pour hurler "On est tous des enfants d'immigrés" quand on n'est pas enfant d'immigre (et qu'il y en a à peu près 120 autour qui pourraient le dire). Et on le fait encore moins avec des slogans qui reprennent des termes offensants récupérés par les concernés. On ne parle pas aux journalistes sauf pour dire "Vous devriez parler à quelqu'un d'autre, je ne veux pas confisquer la parole". On peut aussi proposer son aide aux organisateurs pour que les concernés puissent "profiter" pleinement de la manifestation et sans s'imposer c'est mieux. Et aussi, on ne provoque pas la police, on ne provoque pas de bagarre et je suis sure qu'on peut se passer du petard réglementaire en manif', parce que les populations qui ont besoin de manifester pour avoir des droits sont souvent les mêmes que celles sur lesquelles la police frappe.
Et écoutez les débats auxquels vous assistez avant de poser une question bête. Je suis desolee mais passé un certain âge il y a des questions bêtes, souvent ce sont celles qui partent de soi parce que être un bon allié c'est d'abord, ne pas partir de soi, prendre du recul (ce qui n'est pas forcément facile mais normalement la conférence ou le débat qui précède sont là pour ça). Par exemple, véridique l'exemple, quand on vient de passer une heure à expliquer la construction de l'islamophobie en France (racisme, colonisation, universalisme républicain...) tu ne peux pas te lever pour demander innocemment "Est ce qu'on ne peut pas dire que l'islamophobie s'explique par la révolution iranienne de 79 plutot que par la colonisation?" Ceci n'est pas une question (spécialité des alliés, poser une question qui n'est finalement qu'une maniere de vouloir imposer son point de vue) et en plus c'est du temps de parole confisquée aux concernés (à la conférence sur l'obsession du voile, les questions ont viré à la discussion entre hommes alors même que la salle etait pleine de femmes qui portent le voile).
Il se passe plein de trucs intéressants ouverts aux alliés pendant lesquelles on peut faire avancer sa propre reflexion (j'ai appris plus de trucs sur ce que c'est d'être une personne trans en France en allant à l'existrans qu'en lisant n'importe quel article) et c'est dommage de pas y voir les soutiens parce que ça veut un peu dire qu'en vrai ils s'en foutent (pour les manifs je respecte le choix de ceux qui sont les cibles parfaites de la police).

Par exemple chers alliés des luttes anti racistes, il y a cette formation ouverte à tous ceux à laquelle vous pouvez vous inscrire par mail.
 
30 Août 2011
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Bonjour bonjour, désolée d'arriver comme ça sur le topic mais j'ai pensé pouvoir trouver des réponses ici.
En fait j''aurais aimé trouver des arguments pour un débat sur le racisme que j'ai avec un ami suite à une "blague" (:stare:) de sa part. Est-ce que c'est quelque chose qui se fait ici ? J'ai déjà amorcé le débat mais je suis plutôt nulle quand il s'agit de verbaliser mes idées et j'ai vraiment pas envie de laisser la conversation comme ça. :goth:
Si mon post ou ma démarche est problématique en quoi que ce soit, surtout dites-le moi :fleur:

Je pense que ce topic est plus approprié :happy:
Tu peux aussi te pencher sur l'étude en question : a-t-elle été réalisé par un institut sérieux, quels étaient les groupes évalués, combien de sujets (nombre adapté pour donner une valeur statistiquement pertinente), méthode statistique utilisée, le résultat est-il statistiquement significatif (intervalle de confiance et valeur-p), si ça se trouve d'un point de vue scientifique c'est juste bullshit.
Aussi, le pousser à réfléchir de l'intention derrière une telle étude : les gens ont-ils rien de mieux à faire ? Pourquoi se pencher sur la taille de pénis des hommes cis noirs ? Est-ce que l'intention serait pas basée sur un stéréotype raciste justement ? A-t-elle été réalisé par des personnes racisées ou ben tiens donc, ce genre de considération n'intéresse que les blancs ?
Creuser du côté de la sexualisation de l'homme noir me paraît pertinent (cf ce post de calliopeonyx qui donne des pistes) et aussi pourquoi un stéréotype raciste positif reste du racisme et entraîne au final des conséquences néfastes pour le groupe visé.
Dans ce cas-ci sexualisation> virilité supérieure à l'homme blanc>homme blanc se sent menacé>discriminations, agressions, meurtres (policier face à un homme noir non-armé)
Ou "les Noirs sont bons au basket/course à pied/etc">on les pousse vers des filières sportives au détriment d'études supérieures> renforcement du stéréotype.
(Reprenez-moi si je dis bêtises)


@Soeur mary clarence Et mais tu sais depuis que j'ai découvert la mysogynoir (qui est fondamentalement un truc que j'ai du mal à comprendre venant d'homme noirs, et cette obsession de la femme blanche en écrasant la femme noire j'ai grave réfléchi pendant des mois sur : pourquoi vous faites de la merde ? :lunette:

Et je crois que la découverte des humilitations des controle au faciès entre autre ça m'a un peu permis d'ouvrir ls yeux.

Je m'explique, Je me surprend à avoir un peu (un petit peu faut pas déconner) de compassion pour eux. Je crois que ce qui différentie les rôle sociaux hommes cis de la femme , c'est que être un homme cis doit se prouver constamment, ce n'est pas suffisant d'être né mâle, il faut prouver que tu es plus fort, plus viril, que ta queue est la plus grande, lutter H24 contre le soupçon "infâmant" d'homosexualté, prouver que tu gagnes de l'argent, prouver que tu es puissant au lit, prouver que tu peux serrer un maximum de femme, prouver que ta femme est super bonne par rapport à celle de ton voisin. Une femme l'ai par défaut parce que ce n'est pas un statut jugé comme valorisant, personne ne demande à une femme de prouver sa féminité,puisque de base c'est pas un statut enviable. Bien sûr elle a des injonctions hein. Mais l'idée n'est pas que son statut de femme est tout le temps mis en soupçon, qu'elle n'est pas "assez femme". J'ai l'impression que pour les hommes c'est une vie de spectacle où tu es jugé constamment par tes pairs masculins. Bon je m'avance il me faudrait l'avis d'homme mais c'est comme ça que je le sens.

Et pour en revenir sur les hommes racisés, l'injonction à la masculinité se double du fait qu'en vivant en occident ils sont encore plus biaisé. Ils ne répondent pas physiquement au standing occidentaux et ils sont même un danger pour les hommes blancs qui voient en eux des rivaux et cherchent constamment à les dévirilisé entre autres en leur refusant des emploi, en les humiliant par les contrôle de police. Ils y a constemment une recherche d'"effeminé les hommes racisé, on le voit très bien pour les asiatiques, les indiens aussi considéré comme peu porter sur le sexe, les hommes arabes pendant toute la période de la colonisation étaient considéré comme éffeminés(cf tous les roman d'explorateurs du 19s ils avaient tous leur serviteur-esclave-sexuel-on-sait-pas-trop arabe), ils sont devenu agressifs à partir du moment où ils se sont mis à se révolter contre les Européens et les expulser de chez eux (cf guerre d'Algérie).

Pour le cas particulier des hommes noirs c'est encore plus complexe... l'homme noir dès le départ dans la culture occidentale étaient vu comme ultra-virile, trop masculin et ça pose un problème dans ce système de pensée : Les hommes blancs qui pourtant se pensent en haut de la hiérarchie admettent en même temps que les hommes noirs sont beaucoup plus virile qu'eux-même sur certain point. L'une des échappatoires est de dire que oui il sont plus virils mais ils le sont comme des animaux et ils avaient l'excuse parfaite pour les utiliser comme bête de somme. Mais dans les faits c'est toujours une concurrence permanente .

Et dans les témoignages des contrôles fait sur les hommes noirs, au delà de la négrophobie, on sent vraiment de la part des policiers cette peur sous-jacente de la soit disante ultravirilité des hommes noirs. On sent vraiment que la noirceur ça les terrorise et qu'il faut absolument les maitriser quitte à les tuer. D'ailleurs vous remarquer qu'il y a rien de plus menaçant qu'un homme noir très foncé, j'ai l'impression qu'on leur impose encore plus qu'aux autre de montrer qu'ils ne sont pas agressifs, qu'ils doivent sourire, faire rire, rassurer quoi.

De ce fait pour les hommes noirs qui vont dans l'assimilation je crois qu'ils en retirent plus d'avantages et de prestiges que les femmes noires.Comme j'ai dis les standards des hommes sont public et les jugements sévère entre ceux qui réussissent et ceux qui échouent. Et une des manière de mieux s'assimiler et d'avoir tout ce que possède les hommes blancs, leur travail, leur richesse,leur mode de vie, et leur femme. Et c'est un in transposable d'un point de vue féminin parce que notre société n'attend pas la même chose d'un homme et d'une femme.

Evidemment quand je dis l'homme noir, l'homme blanc je vous fais confiance c'est pas tous les hommes essentialisés, je parle en terme de concept.
 
10 Avril 2012
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@Lysine_ Merci pour m'avoir montré ce topic et tes pistes de réponse :happy: Pour les intéressé.e.s je cc le post avec plus de précisions sur la situation
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Et du coup entre temps j'ai quand même essayé de lui répondre par moi même et au final on avait quelques arguments en commun : j'ai remis en cause le sérieux de l'étude et lui ai rappelé que c'était à la base un stéréotype utilisé pour rabaisser les hommes noirs au rang de procréateurs, bêtes de sexe, etc. J'ai continué en disant que par le plus grand des miracles ça a apparemment prit pour certains une connotation positive mais que ça n'enlevait rien à la rhétorique que porte la généralisation DONC c'est raciste DONC merci de ne pas minimiser l'impact de ce stéréotype BISOUS.
Et le débat s'est arrêté là donc je ne sais pas si ça l'a convaincu (j'en doute :erf:) mais au moins il aura entendu quelques arguments.

Mais je serais quand même très intéressée si vous aviez des ressources sur le sujet ou même d'autres arguments. Et de mon côté je vais commencer à lire un peu plus sur le sujet parce que je sens que je vais recevoir quelques piques quand on se reverra :boxing:
 
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Réactions : JustDracarysIt
15 Juin 2015
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Vidéo en anglais qui encourage à dépasser le statut d'allié-e pour devenir complice. C'est à dire prendre activement part à la résistance contre la déshumanisation, y compris et surtout quand cela comporte des risques. D'autant que par nos privilièges nous risquons parfois moins que ceux qui luttent contre leur propre déshumanisation.

 
25 Juillet 2015
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Je viens de voir la hashtag pour la journée national des peuples indigènes sur Twitter et ca me fait penser que j'ai lu une thèse récemment qui portait sur l'Amérique Latine et dont l'auteure s'obstinait à utiliser le terme autochtones (comme nom ou adjectif) pour désigner les habitants (en général) d'un pays colonisé par les Européens. C'est une manie de certains francophones européens d'utiliser ce mot comme synonyme de "citoyens" et ca devient bien bien problématique quand ca ne désigne pas des peuples effectivement indigènes...

(Pis tant qu'à parler vocabulaire, si on pouvait arrêter d'utiliser l'expression se faire lyncher pour rien... :pray:)
 
23 Décembre 2015
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J'espère que mon message ne sera pas trop HS .... ^^ N'hésitez pas à me faire des retours et à me dire si vous trouvez mon post maladroit/incomplet ou si vous n'êtes pas d'accord :)

Je souhaite apporter ma vision des choses par rapport aux luttes anti discriminations et à la manière de réagir quand on entend un propos oppressif dans la vie de tous les jours :

J'ai lu il y a plusieurs mois une série d'articles très intéressants sur ce blog (que je recommande absolument, tant les articles sont fouillés, pertinents et approfondis). https://www.hacking-social.com/
Il est tenu par un prof de philo et une femme ayant (au moins) un master de psychologie (ils font également des vidéos sur youtube ultra passionnantes). Je précise que les personnes écrivant ce blog se décrivent comme militantes (sans pour autant adopter les "codes" du militantisme féminisme intersectionnel qu'on retrouve entre autre sur internet et le forum de madmoizelle => les sujets abordés sont variés et ont traits principalement à l'éducation, nos préjugés, notre manière de voir le monde etc). Ce que j'ai beaucoup aimé en découvrant leur blog, c'est leur vision du hacking social : pour eux, cela consiste à changer notre environnement, ce qui commence par se changer soi même, en se questionnant sur ses propres préjugés pour ensuite les modifier. Ils expliquent leur méthode ici : https://www.hacking-social.com/about/). En cela, je trouve que leur vision s'accorde avec celle décrite sur ce topic de """"l'allié""" : une personne étant capable de se remettre en question, de modifier son comportement en fonction du respect et des attentes des concerné.es...

Les articles m'ayant pas mal fait réfléchir concernait le résumé du livre écrit par le psychologue Adorno sur les personnalités autoritaires à potentiel fasciste (je n ai plus le titre en tête) : http://www.hacking-social.com/2017/01/16/f1-espece-de-facho-etudes-sur-la-personnalite-autoritaire/.
Par exemple, dans ses articles sur la personnalité autoritaire (cas extrême puisqu'il s'agit de personnes à potentiel fasciste) , l'auteur expliquait en substance que condamner le comportement de la personne en la qualifiant de sexiste/homophobe/raciste etc risquait de fermer le dialogue et de créer un effet "boomerang" : la personne se sentira en insécurité mentale, et au lieu de modifier son comportement, s'enfoncera encore plus dans ses préjugés. (J’en ai déjà fait l’expérience avec mes parents (que je considère comme des personnes "ouvertes d'esprit" (c'est à dire dont le comportement est modifiable bien plus facilement que celui d'une personne autoritaire) et en fait, c’est très épuisant de se retrouver dans une situation sans issue : nous restons chacun.e sur notre position, car on se sent attaqué personnellement… J’ai par exemple remarqué que plus j’exprimais mon féminisme, mon attachement aux luttes anti homophobie/transphobie/racisme, plus mon père restait camper sur ses positions, il se sent attaqué précisément dans ses privilèges (mais il ne les nomme pas comme ça car il refuse d'en prendre conscience) et donc je trouve que la situation conflictuelle dans laquelle nous sommes par rapport à nos valeurs est emblématique de cet effet « boomerang ».
Et donc je trouve que le principe du hacking social est très intéressant, dans le sens où il donne une autre perspective que celle que j’ai l’impression d’entendre dans les cercles militants et féministes. Quand je réagis directement à un propos discriminant (et que je suis entourée de plusieurs personnes), je le fais non pas pour changer la personne (car je sais qu’elle se sentira braquée et vexée par ma remarque) mais pour signaler aux autres personnes que ce qui vient d’être dit n’est pas acceptable. Mais si je me retrouve seule avec une personne tenant des propos homophobes par exemple, (et si je m’en sens capable à ce moment là), je vais plutôt essayer de tisser un lien de confiance avec elle, pour l'amener progressivement à changer "d'avis".
Pour avoir travaillé l’an dernier avec des collègues n’étant pas féministes (mais ayant quand même une certaine ouverture d’esprit, je qualifierais en fait ces personnes de sexistes ordinaires), je n’ai pratiquement jamais réagi aux petites remarques par ci par là justement pour éviter les conflits. En fait, je pense qu’il y a plus de chances qu’une personne évolue si on lui explique pourquoi nous on est féministes, pourquoi les causes des femmes, des personnes LGBTQ, racisées, handicapées nous importe, plutôt que de pointer du doigt leur préjugés…
Du coup, je ne pense pas qu'il soit toujours utile et pertinent de réagir au quart de tour en disqualifiant le propos de son interlocuteur. J'ai lu les deux textes sur comment être un.e bon.ne allié.e traduits par @Growing Entish (merci bcp pour les trads ), et je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça :

" Les alliés ne prennent pas de pauses
Le fait est que les oppressions sont constantes.
Ceux qui sont opprimés et marginalisés dans notre société n'ont pas droit à des pauses ou du répit.
Donc, si vous voulez vraiment agir de façon solidaire, vous ne pouvez pas simplement vous reposer sur votre privilège quand vous ne voulez pas vous engager dans la situation.
C'est l'une des choses les plus difficile pour moi dans le rôle d'allié.
Parfois je n'ai pas l'énergie de répondre à mon oncle très classiste ou à ce commentaire raciste d'un ami Facebook.
Je n'ai pas envie de me lancer dans une discussion sans fin où ils diront qu'ils « ne voulaient pas dire ça » ou que je suis « juste trop politiquement correct ou sensible ».

Je trouve que cette phrase montre bien le paradoxe : si je réagis à un truc oppressif en disqualifiant directement les propos d'autrui, tout en sachant que la discussion ne changera pas sa vision, alors pourquoi le faire ? (c'est une vraie question, et si vous avez des réponses, je suis preneuse :).)
Mais les gens racisés n'ont pas le choix, ils doivent résister au racisme chaque jour de leur vie. Les femmes n'ont pas le choix, elles doivent subir la merde constante de la misogynie chaque jour de leur vie. Les personnes handicapées n'ont pas le choix, elles doivent gérer et répondre au validisme chaque jour de leur vie.
Et au bout du compte, une partie du privilège de notre identité est que nous avons le choix de résister ou non à l'oppression.
Et se replier dans son privilège, surtout au moment où on a le plus besoin de nous, ce n'est pas être solidaire."


Pour prendre un exemple qui me concerne : je préfère que cet homme cis blanc, s'il entend un propos très misogyne, ait de l'impact sur son interlocuteur en utilisant justement son privilège de mec cis (en mode : "on se parle d'homme à homme"), et donc réussisse petit à petit à amener le mec à modifier par lui même son comportement. Et si, au moment où ce mec cis non concernée par la mysoginie, juge qu'il est préférable de se taire face à un mec ultra sexiste, pour petit à petit gagner sa confiance et l'amener à évoluer, je ne vois pas le souci. Peut être est il dans certains cas plus pertinent de réagir à posteriori à des propos oppressifs (ce qui implique en fait de s'investir dans une relation avec l'autre, d'avoir l'occasion de le revoir et de gagner sa confiance), plutôt que sur le vif (la personne ayant fait des remarques blessantes se taira peut être sur le moment, mais rien ne l'empêche de recommencer dans un contexte où elle ne se sens pas "censurée" (j'utilise ce mot à dessein, car c'est justement l'expression reprise par beaucoup de sexistes/homophobes/transphobes/racistes/validistes, qui se sentent "personnellement attaqué.es" quand on leur fait remarquer que leur propos est problématique).

Après, j'ai conscience que la "technique" du hacking social (telle que décrite sur leur blog) demande beaucoup d'énergie, de temps et de patience, et elle est probablement plus envisageable si on est pas visé directement par les propos de la personne discriminante. Je trouve aussi qu'il s'agit d'une attitude difficile à adopter, et mon commentaire n'a pas pour but de justifier le silence complice des non concerné.es, mais plutôt d'ouvrir une réflexion sur les différents moyens de lutter... J'espère ne pas avoir été trop confuse et maladroite ^^
 
Dernière édition :
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Réactions : Alonso
15 Juin 2015
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@Azurhibis je suis plutôt d'accord avec toi et je vais rajouter quelques éléments auxquels ton commentaire m'a fait penser :

Par exemple, dans ses articles sur la personnalité autoritaire (cas extrême puisqu'il s'agit de personnes à potentiel fasciste) , l'auteur expliquait en substance que condamner le comportement de la personne en la qualifiant de sexiste/homophobe/raciste etc risquait de fermer le dialogue et de créer un effet "boomerang" : la personne se sentira en insécurité mentale, et au lieu de modifier son comportement, s'enfoncera encore plus dans ses préjugés.
- de mon expérience la qualification de sexiste/homophobe/raciste vient assez souvent des personnes critiquées elle-même. C'est pour moi le concept de fragilité : on questionne l'impact politique d'un propos ou d'un acte, et immédiatement la personne questionnée se ferme, parce qu'elle ne supporte pas l'idée qu'elle pourrait être "sexiste/homophobe/raciste". Je pense que ça vient d'un manque total de questionnement politique sur ces sujets dans notre société, qui fait que la seule parole qui est portée sur l'antiracisme, par exemple, c'est qu'il y a d'un côté les méchants racistes et de l'autre les bons antiracistes. Et finalement, il s'agit plus de créer des catégories permettant à certains groupes ou partis (pas moins racistes de mon point de vue) de condamner moralement d'autres groupes ou partis que d'examiner les sources et mécanismes du racisme. Donc il y a déjà pour moi dans la société cette chappe morale qui fait que la discussion est bien souvent coupée parce qu'il est insupportable de se questionner sur son propre sexisme/racisme/homophobie.

Quand je réagis directement à un propos discriminant (et que je suis entourée de plusieurs personnes), je le fais non pas pour changer la personne (car je sais qu’elle se sentira braquée et vexée par ma remarque) mais pour signaler aux autres personnes que ce qui vient d’être dit n’est pas acceptable. Mais si je me retrouve seule avec une personne tenant des propos homophobes par exemple, (et si je m’en sens capable à ce moment là), je vais plutôt essayer de tisser un lien de confiance avec elle, pour l'amener progressivement à changer "d'avis".
- de mon expérience à nouveau, et pour avoir tenté différentes approches avec différentes personnes, je n'ai jamais constaté que j'avais le pouvoir de faire changer les gens d'avis en débattant avec elleux. Je trouve d'ailleurs ce genre de démarche souvent hypocrite (je ne dis pas que ta démarche @Azurhibis est hypocrite, je préfère préciser) : on fait croire à son interlocuteurice qu'on veut avoir une discussion ouverte, entendre son point de vue, mais au final on a bien un objectif qui est de l'amener à adopter notre point de vue. Il me paraît en revanche efficace, à nouveau de mon expérience, de formuler de façon claire et explicite sa position, de signifier aux autres qu'on trouve cette attitude, ce propos, détestable ou inacceptable. Ça rejoint ce que tu disais sur le fait d'expliquer son propre positionnement à mon avis.

Enfin, je pense qu'il y a un vrai intérêt politique à être ferme avec des personnes qui tiennent des propos ou qui ont des comportements oppressifs : leur faire voir que leurs choix ont des conséquences, et que nous n'acceptons pas ces conséquences et que elleux non plus ne devraient pas les accepter. L'oppression a ceci de "formidable" qu'on peut en profiter, la perpétuer, sans faire beaucoup d'effort et surtout sans avoir à voir/assumer les conséquences. Je crois que le fait de vouloir protéger "l'égo" des oppresseurs, même à des fins de lutte contre cette oppression, en voulant les convaincre, amène aussi à protéger l'oppression d'une certaine façon. Parce que ces personnes ont ce pouvoir, parce qu'on veut qu'illes prennent conscience de ce qu'illes font, alors on va leur masquer les conséquences de leurs actes.

En fait je trouve que la démarche que tu décrit est intéressante d'un point de vue psychologique, mais d'un point de vue politique, il me semble que ça se rapproche d'une forme de tolérance à l'oppression, dans une logique de "la fin justifie les moyens".
 
24 Août 2013
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Je me demande comment réagir quand une personne racisée fait preuve de racisme envers d'autres racisé.e.s quand on est soi même non-racisé ?

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