@Sol Invictus @JAK-STAT après, c'est aussi quelque chose qu eje constate dans pas mal de luttes contre les oppressions... y compris parmi les féministes.
D'ailleurs, un de mes contacts vient de poster le message suivant sur le fameux festival "interdit" aux blanches :
Ce à quoi j'ai répondu (j'en suis assez fière)
D'ailleurs, un de mes contacts vient de poster le message suivant sur le fameux festival "interdit" aux blanches :
La raison ne reconnait rien d'autre qu'elle même, elle ne reconnait aucune couleur de peau, aucun sexe, aucune condition sociale. J'en veux pour preuve les merveilles scientifiques et philosophiques sans cesse formulées par des femmes et des hommes de tout horizon ethnique et social.
Prétendre qu'une lutte sociale donnée doive exclure de fait toute personne en raison de son sexe ou de sa couleur de peau c'est considérer que la lutte sociale n'entre pas dans le cadre de la raison. C'est considérer que, puisque la lutte est noble, tous les moyens le sont aussi, nul besoin de la raison. La domination des uns sur les autres et un état de fait malheureux, celle-ci est le fruit du rejet de la raison et du rejet de l'autre non pour ce qu'il pense mais pour ce qu'il est. En vertu de quel mystère les luttes sociales devraient-elles souscrire à cette logique ?
Ce à quoi j'ai répondu (j'en suis assez fière)
En vérité, c'est quand même un peu plus compliqué que cela. Sur le fond, je suis d'accord avec toi, mais dans les luttes contre les discriminations/oppressions de toutes sortes, les personnes non concernées par ces oppressions sont souvent plus contre-productives qu'autre chose. Dans le cas du féminisme, par exemple, bien des hommes qui s'y intéressent ou souhaitent y apporter leur soutien ont encore tendance à vouloir expliquer aux femmes comment mener leur combat, quelles causes défendre et pourquoi, comme une tentative d'approbation qui n'est ni demandée, ni désirée par des femmes qui veulent sortir de cette domination patriarcale et qui se retrouvent, par de soi-disant alliés bien intentionnés, à devoir encore supporter le mensplaining dans toute sa beauté. Je crois qu'il faut arrêter deux minutes de crier au scandale, alors que ces femmes racisées (i.e. qui cumulent donc le fait d'être des femmes au fait de ne pas être blanches, autant dire qu'elles partent avec un sérieux handicap dans la vie) subissent les oppressions tous les jours de leur vie. Est-ce que ça n'est pas un tout petit peu ridicule de s'indigner du fait que certains ateliers de l'évènement en question aient été réservées spécifiquement à une certaine population, alors que la société dans son entièreté est oppressive au quotidien envers ces femmes ? Pour le coup, est-ce qu'on n'est pas un peu sur du deux poids/deux mesures un peu faiblard et trop facile ? Indignons-nous des femmes insultées, harcelées, agressées tous les jours, de la cinquantaine de féminicides qu'il y a eu en france depuis début 2017, du fait que les femmes pauvres sont plus pauvres que les hommes pauvres, que la précarité féminine est plus violente que la précarité masculine ? Etc, etc.
Je crois qu'on peut tout à fait comprendre que des personnes oppressées ont le droit de pouvoir se retrouver entre elles pour discuter, échanger, sur les oppressions qu'elles vivent, libres de dire ce qu'elles ont sur le cœur sans risquer de se retrouver face à des femmes blanches qui ne comprennent pas forcément que les oppressions des femmes noires sont différentes ?
De quoi est-ce qu'on a peur, exactement ? Que ces femmes noires se disent des secrets ? Qu'elles se montrent capables, ô surprise, de réfléchir seules ?
La seule raison pour laquelle ces femmes se retrouvent à vouloir se retrouver entre elles, c'est parce qu'elles vivent dans une société patriarcale blanche et raciste qui les rejette et les traite comme moins que rien (comme moins que des hommes, comme moins que des femmes blanches, en tout cas), et qui ensuite se surprend, ô scandale, qu'elles s'organisent pour se défendre. Ce sont les conséquences de ce que la société française a produit, alors plutôt que de les emmerder à cause d'ateliers qui de toute façon n'auraient sans doute pas attiré de femmes blanches, peut-être qu'on devrait se demander POURQUOI elles en viennent à raisonner de cette façon.
Bref, le sujet est épineux, et même si dans le fond tu as raison, je crois que parfois il faut se détacher de la philosophie, de la sociologie, de la psychologie (et je pense que tu sais à quel point je suis attachée à ces disciplines, mais notre science ne renferme pas tous les secrets)
) donc : C'était en réponse à l0ryne car je me sentais flattée qu'elle dise qu'on était des personnes chou itou itou.

)
(et oui, OUI, il y'a toujours du positif et tu as clairement bien fait de quitter ce CDI si il te bouffait la vie, et c'est moi qu'il faut croire, je suis psy du travail, BOUM). 