Bon, alors, je m'en doutais que la légende qui veut que nos souhaits se réalisent quand on a fait 1 000 grues en origami, ça servait surtout à apprendre aux jeunes padawan la patience, le renoncement, et la relativité de leur désir.
Mais bon, je me suis dit que ça pouvait pas faire de mal d'essayer, comme ça j'envoie des bonnes ondes au soviétique à vol de grue.
Eh bien je commençais à peine la deuxième que je me demandais déjà si c'était une bonne idée, si je pouvais vraiment décider comme ça de ce qui devait arriver dans sa vie; que bien sur c'est aussi ce que lui il souhaite, que je ne fais qu'émettre le voeu qu'il aille bien au final, mais si après tout d'une mauvaise expérience il retirait un truc trop génial qui change sa vie? Ou si les puissances du destin mésinterprétaient mon voeu et qu'il meure? Peut-être que je devrais changer la formulation.
Et puis, en fait, si ça marche pour de vrai, est-ce que j'ai pas plus important à souhaiter?
Le temps de finir la deuxième grue et j'ai déjà oublié ce que je souhaitais, trop occupée à retrouver où est-ce que j'ai loupé une étape.
Bonne leçon de philosophie que tout ça donc. Ils sont fort ces Japonais.
Mais bon, il parait que c'est devenu un symbole de paix la grue, alors je perds rien à en faire. Si ça se trouve je suis en train d'empêcher une résurrection de la guerre froide à la faveur de la crise ukrainienne en faisant des grues en papier.