Quand au "tri", il n'y en a pour l'instant (et j'espère jamais) vraiment eu. Si il y a besoin d'une place en réa, on la trouvera toujours. Même si ça veut dire transférer un patient à des centaines de kilomètres ou lui mettre un scope et respi dans un service pas fait pour ça à la base. Le "pire" qu'il peut y avoir c'est de laisser un patient un peu critique dans un service normal alors qu'il serait mieux surveillé en réanimation. Ne pas prendre un patient de 85 ans avec plein d'autres pathologies en réanimation, ce n'est pas du "tri", c'est juste ne pas imposer un lourd traitement que la personne ne peut supporter et donc ne pas faire d'acharnement thérapeutique. Dans un monde idéal avec plein de place en réanimation, ces personnes-là n'iraient pas plus en réanimation.
Un big-up ne suffisait pas pour ce message, merci ! Ça m'agace tellement qu'on agite le spectre du "tri", alors que les gens qui travaillent en réanimation prennent des décisions tous les jours et oui, parfois refusent les gens alors qu'il y a des lits de libre. Un séjour en réanimation ça n'a rien d'anodin, c'est douloureux, épuisant, ça laisse des séquelles. L'équipe réfléchit avant d'y accepter qui que ce soit, j'ai envie de dire
heureusement.
Je rappelle juste que le centre du débat, tel qu'il avait été posé dans l'article du Monde, ce n'est pas : faut-il arrêter de soigner les non-vaccinés ? Mais bien :
faut-il déprogrammer les opérations ?
Ça a déjà été dit, mais je rappelle qu'en Plan Blanc, on bloque toutes les opérations dites "non-urgentes" (ce qui implique à peu près tout ce qui n'est pas de la vie ou de la mort donc oui, si ça fait des semaines que tu souffres de l'épaule, que tu attends ta reconstruction mammaire ou qu'une tumeur
a priori bénigne te grignote le genou, tu vas encore attendre) pour laisser des lits de libre en réanimation. Pourquoi ? Parce que quand on est opéré parfois ça ne se passe pas comme prévu, et qu'on a besoin d'être surveillé-e de manière continue dans un service de réanimation / surveillance continue.
On en est à nouveau au stade où il faut se poser la question, alors je la pose : est-ce que c'est une bonne idée ? Qu'en pensent les non-vaccinés ?
Je n'ai pas la réponse, mais il me semble important de recentrer le débat posé à l'origine.