Pour ma part, partie du statut de "garçon manqué" à celui de "fille bonne", je découvre seulement ces "délices de la vie estudiantine" en entreprise.

On ne parle pas assez des autres femmes à la socio sexualité faible qui tiennent à faire tenir à carreaux la fille "bonne", la fille jugée à la socio sexualité forte, à base de slut shaming "tes tenues sont trop sexy, les autres hommes m'ont chargé de te dire que tes tenues sont provoquantes", "tu te comportes comme si tu veux séduire tout le monde", "ce sujet de conversation est trop sensible dans un environnement où il y a des hommes mariés". Elles poussent le vice jusqu'à former un clan contre toi, armées du seul outil dont elles disposent : la rumeur.

Les hommes quant à eux se comportent comme si le choix de ton maquillage, de tes vêtements leur etaient specialiement dédiés: des mains sur les hanches, des bisous qui glissent. Tu les sens avancer tout doucement, attendant ton premier faux pas (un afterwork trop alcoolisé peut-être?).

Dans un environnement où on est vite évalué par ses compétences, la solution n'est pas d'en jouer. Cela n'a pas été la mienne en tout cas. Je suis très midinette mais je n'accepte aucune faveur, aucune aide (les garçons se précipitent dès que j'ai le moindre pépin et même si cela me porterait socialement préjudice, je les envoie bouler).

Cett experience inedite me tient en alerte en tant que feministe. Je suis plus woke que jamais après ce slutshaming violent que j'ai subi en entreprise. J'envoie bouler et j'explique que je suis un être humain pas une fragile fleur du fait de mon genre. Je n'accepte aucune faveur du fait de mon genre "les femmes d'abord", "on va porter les meubles car les femmes blabla". Et au fil des mois, le message passe aussi bien chez les hommes que les femmes. Au debut, mon discours ne servait qu'à me proteger mais aujourd'hui, je suis heureuse de savoir que mes collegues sont plus au fait de notion comme le consentement et la culture du viol.

Aucun être humain ne merite d'être traité ainsi et chaque jour, je pense au fait que j'aurais pu ne pas être diplômée d'un grande ecole, ne pas avoir une belle experience derrière moi, ne pas etre performante au boulot. J'aurais alors été la nunuche qui ne sait que minauder et qui a ete pistonnée par un moyen que la rumeur aurait alimenté. Or, meme la nunuche ne merite pas ça ! Ca reste du slutshaming!

PS: Je parle avec beaucoup d'emotion et ne contribue pas vraiment au debat. Mais c'est libérateur.
 
L'autrice n'a pas à être fière de son slut-shaming et de son narcissisme à cette époque, mais j'éprouve de la compassion à son égard parce que ces écoles d'ingés composés à 90% de mecs sont vraiment TOXIQUES et l'effet de groupe en grande école est très très particulier.

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Je n'ai pas l'expérience des grandes écoles.
Mais après une relation toxique à l'adolescence et un gros formatage de trois ans en lycée privée "d'élite" et de harcèlement scolaire parce que j'étais pas du tout dans le moove, j'ai voulu m'intégrer en IUT informatique.

J'y ai passé un an. Pour une fois car nous étions dans une petite ville, il y avait presque la parité. Les profils des autres filles étaient divers. Il n'y avait pas de compétition du tout (j'avais un groupe de copine geek/nerd en même temps). Mais...je me suis trouvée pour la première jolie. J'avais perdu du poids, soigner mon look vestimentaire et j'attirais les mecs. Ayant vécu des (TW) viols dans l'enfance, j'avais intégré que l'hypersexualisation c'était la norme pour s'intégrer.
Alors j'ai joué le jeu, j'étais la première à faire des blagues gravaleuses et sexistes, la dernière en soirée à partir, réputée pour boire beaucoup et tenir super bien. Bref la fille sympa, un peu insolente avec les profs, assez clown et mignonne.
Et surtout sans le vouloir, j'ai choppé the mec de la classe, après deux mois de cours. Et la plupart des filles m'ont tourné le dos par jalousie. J'ai jamais harcelé quiconque ni slutshame cependant. Et ma relation avec ce mec a duré deux ans (avant qu'on ne se sépare pour des bêtises de jeunesse et multiples tromperies de ma part, on est con quand on est jeune).
Pour une fois j'étais intégrée, populaire et j'avais des potes. Je vivais la vie étudiante après des années de harcèlements scolaires. Et tout ça parce que je m'étais hypersexualisee...et même si j'étais dans le top 3 des étudiants en notes, c'est pas pour ça qu'on me reconnaissait.
Après j'ai eu cette chance d'être dans une classe de geeks, où finalement on avait quasiment tous le même vécu du rejet et du harcèlement et donc on tentait de faire comme les autres promos (de commerce, etc).

Ce comportement a continué. Dans ma prépa d'école infirmière (où j'ai changé de voix), dans mes loisirs (je faisais partie d'une asso de cosplay où j'ai cumulé les mecs). Bref je trompais mes exs, je faisais du mal aux autres, je jouais de ma sexualité pour ça. Et j'en étais contente. Mais quand j'ai commencé à m'intéresser au féminisme, je me suis rendue compte qu'on m'utilisait et que je jouais un rôle qui n'était pas moi du tout. Parce qu'au fond je suis une fille réservée, qui aime parler philo et débattre, qui aime les trucs intellectuels qui est introvertie. Et j'avais fait tout le contraire de ce que j'étais vraiment. Et je me sentais très mal sans savoir pourquoi. J'ai commencé à détester quand mes potes (filles comme garçons) faisaient des blagues sur ma tendance "saloppe", mon expérience de la sexualité, sur le fait que je finissais seins nues en soirée (oui j'ai honte de ça) et que j'ai presque coucher avec une copine en étant saoule devant un public et mon ex de l'époque !!!! Je me suis tellement perdue dans cette attitude.
C'est un mec un peu con qui m'a fait comprendre d'où ça venait et pourquoi je faisais ça vers 23 ans. Javais à priori des réactions au lit qui faisait penser à un SDPT. Et l'ex de ce monsieur avait pareil et avait été (TW) violé. Et quand il m'en a parlé, tout mes souvenirs d'enfances sont revenues en force. Ainsi que les nombreuses pratiques hards que je m'infligeais en cachant mes pleures de mes partenaires pour qu'ils m'aiment (alors que la plupart étaient des gars adorables qui arrêtaient dès qu'ils se rendaient compte de mon état et qui n'étaient attirés que par du sexe normal et ne me demandaient rien, sauf un qui en a profité à fond).

Ça a pris du temps que je digère, des années, que je suive une thérapie. Et aujourd'hui même si dans un groupe où je me sens à l'aise j'ai toujours une tendance de mettre l'ambiance et d'aimer faire des bêtises d'ado à presque 30 ans, je sais que je me suis retrouvée et que je suis moi-même.

Alors je comprends que parfois, avec des expériences passées ou non, on peut développer certains comportements influencés par l'environnement qui sont toxiques pour nous, mais aussi pour les autres femmes qui font du coup la même chose (pour s'intégrer).

Par contre là où je deplore ce témoignage, c'est le fait d'avoir slutshammer et harceler. Alors certes on a tous du slut shamer un jour avant de se deconstruire. Mais le faire de manière à harceler les autres non. Ça dénote quand même un certains manques d'empathies envers les autres.

Alors aujourd'hui quand je repenses à ses années qui datent d'il y a 10 ans, je le fais avec le sourire parce que j'ai retenu que les bons moments, que parfois ça me manque même (je suis devenue très mal à l'aise en public que je connais pas et j'arrive plus autant à m'intégrer et à m'amuser). Mais je regrette pas de pouvoir me regarder dans la glace (avec 30kg en plus) et me dire que je suis bien avec moi-même.

Et je me dis que c'est dingue comme la société nous incite à agir ainsi. Et que peu importe ton attitude en tant que femme, que tu sois vue comme la meuf sexy, la coincée intelligente, la moche, la grosse, la fille à l'ouest, celle qui l'ouvre trop, en fait il n'y a aucune façon de faire que sera valider de toute façon. Car la société est imprimé de partriarcat et de paradoxes qui fait que les femmes seront toujours critiquées, peu importe leurs attitudes et leurs physiques. Rien n'ira jamais. On sera toujours trop quelques choses. Et une fois que tu as intégré ça et que ta valeur ne dépend pas de la validité des personnes masculines autours de toi, et ben tu vis vachement mieux.
 
Quelle idée d'aller en école de commerce aussi
Ben ... l’envie d’exercer un métier dans le commerce par exemple ?

Excuse-moi mais je trouve ta remarque complètement déplacée. Pour moi c’est un peu l’équivalent de dire à une victime de viol « quelle idée de sortir en minijupe aussi ». Je n’ai pas envie de m’étendre sur le sujet, mais je pense qu’il serait bon d’apprendre à respecter les choix et la liberté de chacun.
 

skippy01

Peau lisse partout, justice nulle-part.
@Januhairy Je te ferais remarquer que ces situations se retrouvent dans toutes les écoles, et pas uniquement celles de commerce. De plus, ton message fait peser la responsabilité sur la victime et sous entend que c'est bien fait pour elle et qu'elle avait qu'à pas faire ce type d'études. Si il y a bien une fautive dans l'histoire, c'est la culture qui sévit dans les écoles supérieures, et uniquement elles.
 
@skippy01 non pas du tout. Ce n'est pas ce que j'ai pensé en disant ça. Il s'agissait d'une critique de ces écoles de commerce que je trouve puantes en tout point. Après si tu souhaites interpréter mes propos comme bon te sembles en niant l'idée que je veux exprimer libre à toi.
 
  • Big up !
Reactions : Titice and Qiaokeli
@Januhairy
Non mais dans le fond, quand tu dis "Quelle idée d'aller en école de commerce aussi!", tu ne pourrais pas plutôt penser "Quelle société pourrie puante de sexisme, culture du viol..?" à la place? Pourquoi plutôt pas faire une remarque sur les responsables plutôt sur celles qui n'ont pas d'autres choix d'aller en école de commerce... pour faire un métier dans le commerce?
On a qu'a toutes faire des études qui ne nous plaisent pas et gâcher notre vie à cause d'oppressions sexistes? Bah moi, je le refuse, ça me met plutôt en colère.
 
En fait, je pense surtout que ce que tu dis "ne pas oublier le sexisme", "rester dans la sororité", ça peut peut-être paraitre limpide pour quelqu'un de sensibilisé au féminisme comme toi, mais pour une femme de 20 ans sociabilisée dans un milieu hyper masculin (parce que j'imagine qu'entre la prépa et la 1ère/Terminale S, elle n'était pas entourée d'un nombre écrasant de filles depuis au moins ses 16 ans), c'est loin d'être des choses qu'on se dit spontanément dans une société patriarcale qui encourage les femmes à se détester entre elles et chercher l'approbation des hommes.
Bah en fait on ne sait pas du tout quel bac et quelle prépa elle a faits : elle est en école de commerce, c'est son pote qui est en école d'ingé. Donc on ne sait pas, peut-être qu'au moment de son entrée dans l'univers des grandes écoles (je parle au pluriel puisqu'elle a fréquenté sa propre école de commerce ET qu'elle est allée en soirées d'école d'ingé) elle avait plein de copines, y compris féministes et tout.


... ce qui ne m'amènerait pas à la blâmer pour autant. Je ne vais pas mentir cela dit, ce témoignage me déprime. En fait il m'a rappelé le moment où justement mes meilleures copines sont toutes arrivées en école de commerce (chacune dans une différente) en même temps (moi j'ai suivi une autre voie).

Eh ben pendant quelques années j'ai beaucoup pris sur moi pour supporter les conversations à ce sujet, j'avais vraiment l'impression (ça va sonner dur et jugeant mais c'est vraiment comme ça que je le voyais) qu'on leur avait lavé le cerveau : ça parlait d'OB (open bar pour les profanes), d'asso, du journal de l'école, de popularité, de qui a chopé qui, des chants sexistes hurlés dans le car pour aller en soirée, des nobod (les pouilleux qui ne sont pas en asso), de l'élection de la salope du mois, des défis lancés aux meufs qui devaient enlever leur soutien-gorge... (jamais des cours hein). Et je tiens à préciser qu'une de ces copines était à l'époque de notre rencontre (2 ans avant) bieeeen plus féministe que moi, bien plus renseignée et convaincue sur les questions de sexisme. Ça ne l'a pas empêchée de sombrer dans cette logique assez merdique de ragots où on débriefe les OB, qui a chopé qui, où on jauge la réputation d'unetelle (les mecs sont globalement jugés bieeeeen moins sévèrement). Et je le répète c'étaient des écoles de commerce, donc pas du tout un contexte de prédominance masculine qu'on peut avoir en école d'ingé.
Cela dit je pense qu'il faut analyser les écoles de commerce pas uniquement avec le prisme du genre : c'est aussi des milieux, assez souvent, d'entre-soi bourgeois où ce qui est important, c'est la popularité et le réseau (ce qui se fait forcément au détriment d'autrui, par une logique purement concurrentielle) et où les mecs en particulier, globalement assez privilégiés, ont l'habitude de l'impunité, j'en suis assez convaincue. Et c'est entretenu par le fonctionnement pseudo-campus américain souvent cultivé par les écoles de ce genre, où on fait en sorte que l'école soit toute la vie des étudiants pour qu'ils oublient le reste du monde. Ce qui fait que si en tant que meuf tu t'ériges contre l'atroce sexisme qui y règne, c'est toute ta vie qui est affectée : tes études, tes soirées, ta vie sociale, sentimentale et sexuelle...

Et je dis que j'ai pris sur moi, ouais. Parce que je voyais bien que ça avait marché, cet entre-soi, que ce truc là avait pris une importance (démesurée à mes yeux) dans leur vie. Parce que c'était tout un univers extrêmement rigide dont elles devaient acquérir les codes Et parce que si elles avaient refusé de jouer le jeu elles l'auraient sûrement payé cher. Toujours est-il que ça me faisait mal de les entendre adopter (en partie seulement, mais c'était déjà beaucoup) ces codes et ce discours, elles manquaient honnêtement beaucoup de recul dessus. Je crois que c'est ça aussi qui me rendait ouf : qu'elles jouent le jeu dans ce milieu-là, je le comprenais, c'est de la survie, mais ça venait déborder dans d'autres sphères, dans nos conversations entre nous, entre filles, etc. Ça m'inquiétait beaucoup pour elles.
J'ai vraiment été hyper soulagée quand elles sont sorties de leurs écoles respectives, elles m'ont vraiment donné l'impression de retrouver un peu plus le sens des réalités. Maintenant elles parlent de ces expériences avec beaucoup plus de recul.
 
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