J'aurais préferé ne pas avoir a réagir a cet article, mais ca ressemble tellement a ma situation que c'est impossible de ne rien répondre. Même si ma mère est là pour moi, rien n'empeche que dès qu'elle ne travaille pas, elle a toujours un verre a la main. Quand c'est comme ca, c'est impossible de lui parler sérieusement, elle devient agressive et se met a critiquer tout le monde. Je ne la voit que les weeks ends, mais cette situation me détruit, et j'ai surtout peur pour ma petite soeur, qui n'a que 9 ans.
L'alcool détruit des vies. Et plus qu'on ne le crois, car je pense que beaucoup de personnes qui ont un parent alcoolique n'osent pas en parler. J'ai beaucoup de mal moi même a m'exprimer la dessus, ca fait beaucoup trop mal..
 
Je constate à mon tour que bien des madmoizelles vivent cette situation et pardonnez moi si je n'ai pas eu le courage de lire tous vos messages concernant cet article. Je remercie cette personne de l'avoir publié.

Je pense que comme bon nombre d'entre vous je vais pouvoir m'en servir comme défouloir.

Je suis au courant officiellement de l'alcoolisme de ma mère depuis toujours. Du moins au fond je l'ai toujours su, toujours vu sans réellement pouvoir mettre de mot sur ce qu'il se passait à la maison.
Moi à l'inverse ma mère n'a jamais été violente dans ses paroles, elle était plutot dans son propre monde de malheur et de détresse alors que pourtant, il n'y avait aucun signe distinctif dans sa vie qui pouvait conduire à ce mal être. Evidemment, nous somme tous conscient que les familles contiennent toutes des secrets de polichinelle. C'est alors qu'un processus spécial s'enclenche: on recherche le pourquoi du comment. Pour faire court, un coupable. On passe alors par une fouille approfondie dans le passé obscur de nos parents jusqu'au jours ou l'on en vient à se demander la chose la plus absurde: "Et si c'était de ma faute?" . La culpabilité est la chose primordiale à éliminer de sa tête quand on a un parent malade. Quoi qu'il se soit passé, un enfant n'est jamais responsable de la détresse d'un de ses parents lorsqu'il sagit de cette maladie. Et aujourd'hui je le clame haut et fort. Je suis arrivé à un point de non retour avec ma mère.
Elle a suivi plusieurs cures pour remédier à son problème... à coup de coup de pied dans le cul donné par ses enfants et son mari. A la sortie de sa première cure, elle est restée sobre pendant 6mois. Notre famille était à nouveau unie, heureuse, plus de soucis, plus d'angoisse en rentrant du collège, plus d'envie soudaine de vomir et une nouvelle complicité mère-fille qui s'installait.
Il faut savoir que cette complicité je ne l'avais jamais connue au part avant. Je me sentais à nouveau une fille "normale" avec un mère "normale". Je me souviens du jour ou elle m'a regardé fixement, droit dans les yeux en me disant "c'est fini ma chérie, c'est fini, plus jamais je ne te mentirai, plus jamais je ne retoucherai à ce poison."

Seulement au bout de 6mois, par un doux soir d'octobre, tout s'est effondré autour de moi. C'est comme si un immeuble de 50étages m'était tombé sur la tête. Je ne la trouve pas dans son état normal, je réfléchis, je me dis que non c'est tout bonnement impossible que ce soit ça. La famille est réunie, tout va bien et pourtant je trouve le courage de me lever de table et de fouiller ses anciennes cachettes habituelles. Gagné, panier à linge = bouteille de scotch à moitié vide. Soudain cette envie de vomir, cette sensation d'avoir les jambes coupées.

C'est a partir de là que tout est allé très vite. Les prises de conscience et les pertes de confiance, les états pitoyables et cette maladie impitoyable. Accidents de voiture, disparition lors d'une nuit, pétage de dents sur le carrelage et j'en passe.
Un enfant ne devrait jamais assisté et vivre ce genre de chose, et je parle d'enfant de n'importe quel âge. Voir l'autodestruction de sa mère est la pire des punissions que la vie puisse nous donner.
Aujourd'hui après plusieurs cures, j'ai arrêté d'y croire.
J'ai ce sentiment de haine et de tristesse en même temps. Ce sentiment de se dire "Merde, désormais elle est toute seule et vit seule a des kilomètres, je ne peux pas la laisser comme ça, mais putain je suis à bout de force. Je ne peux plus et ne veux plus y croire. Je n'arrive plus a tenir bon et ça me détruit à petit feu. Est ce que l'alcoolisme est une fatalité en ce qui concerne sa vie?"

Il n'est pas évident de se construire lorsque l'on vit avec un soit disant pilier vacillant.
Heureusement que le reste de la famille est là dans les moments durs. Mais aujourd'hui ce n'est plus suffisant.
J'ai toujours cru être une fille forte, qui ne laisse rien transparaître pour éviter les questions. Mais aujourd'hui je me rend bien compte que je suis à l'opposé de ce portrait. J'angoisse constamment, pas forcément pour ça, mais pour tout. Je me suis construit cette fragilité et cette perte de confiance en moi. J'ai besoin de remonter la pente mais cette dernière reste glissante et vaseuse. C'est l'enlisement total dans ma vie et je cherche maintenant à me faire aider psychologiquement.

Mais après tout ça je me pose une question, comment peut on aller mieux tout en se posant cette question aussi morbide soit elle : "Va t'elle finir par se foutre en l'air?"
 
Cet article est tellement bouleversant, ça m'a pris aux tripes, et j'ai les yeux mouillés.
Je ne peux pas me mettre à ta place, ni meme à la place de toutes ces madz, mais je salue le courage
 
C'est un témoignage qui prend aux tripes. Merci, vraiment, à la Madmoizelle qui a publié ces mots. C'est le genre de texte qui nous font rendre compte de l'envers du décors, au-delà des ragots, des avis. Le premier plan.

Je me suis retrouvée dans ton texte, très bizarrement, pour avoir vécu une situation (certes, très différente), où j'étais au premier plan de l'anorexie de ma meilleure amie. Et à en subir le regard des autres, entendre dire qu'elle n'y peut rien, etc...
D'un côté, sans doute, car l'alcoolisme et le reste, ce sont des pathologies, mais se contenter de ça et ne pas pouvoir comprendre...


Mais je m'égare. Merci infiniment. Je tremble, et j'essaie encore plus de réaliser ce qu'est ta situation. Bravo pour ton courage, ainsi qu'à toutes les Madz dans cette situation.
 
Depuis deux jours j'ai remarqué que ma mère était insupportable après avoir bu ses quelques verres de vin rouge pendant le repas... Elle est agressive, envoie chier sans aucun scrupule... Et je suis tombée sur cet article...un signe ? ....... j'ai transpiré des yeux... Et j'ai réfléchi.
Ma famille se voile la face quant a la situation de mes parents, ils ont la cinquantaine, forment un couple vitrine, mon père à son petit monde... ma mère est une femme dépressive qui amplifie tout sentiment de joie (pour le peu qu'il y a), qui râle pour tout et pour rien à longueur de journée et qui à adopté la réponse "jmen fou jsui chez moi jfai sque jveux". Et les bouteilles de rouges s'entassent dans le garage... Je crois que je vais "surveillé" ça pendant quelques jours... Je ne veux pas être parano mais elle aurait des raisons (bonnes selon elle) pour apprécier cette fameuse bouteille jour après jour...

Cet article était vraiment touchant... Une pensée pour toi Mademoizelle...
 
Merci... Merci Fab et l'équipe de Madmoizelle d'oser éditer un article sur un sujet presque tabou à l'heure actuelle... Merci à toutes les mad qui témoignent si justement, à coeur ouvert sur ces situations si difficiles...

Merci pour ce soutien que vous m'offrez pour mes soirées difficiles à venir, merci pour ces paroles qui me font pleurer de soulagement et qui me donnent pour un moment la force de continuer, merci de briser, meme rien qu'un peu, l'autoccensure que l'on s'inflige et qui nous enferme dans le silence et la solitude...
 
Je n'ai pas pu lire l'article en entier, j'ai juste lu les deux/trois première phrases et du coup j'voulais réagir à "beaucoup diront que ce n'est pas sa faute".
Mon père est mort de l'alcoolisme il y a 4 ans et il a tout simplement foutu ma vie en l'air. Ce n'est peut etre pas vraiment sa faute mais pour moi, le seul responsable de ma descente aux enfers, c'est lui. Sans lui, je n'aurai jamais vécu tout ça et je n'serais pas, aujourd'hui encore, en train d'essayer désespérément de me reconstruire.
Bref, tout ça pour dire qu'effectivement, peu de gens peuvent comprendre. Beaucoup peuvent avoir les larmes aux yeux en écoutant nos histoires mais personne ne saura jamais ce qu'on a vraiment vécu (et heureusement pour eux en fait).
En tous cas, je t'envoie tout mon soutien.
De la part d'un fille qui sait à quel point l'alcoolisme peut ruiner toute une famille ...
 
Je suis très touché par cet article et par les témoignage de toutes celles qui sont dans la même situation. J'ai plusieurs personnes dans ma famille qui sont alcooliques. Et ce qui est le plus triste, c'est que la personne ne fait pas que se détruire elle-même, mais entraîne son entourage avec elle (comme pour les autres addictions).

Le livre Parents toxiques pourra peut-être apporter un peu de soutien à certaines d'entre vous.

Courage à toutes celles qui sont dans cette situation.
 
Je n'ai pas eu le temps de lire tous les articles mais je voudrais juste apporter une note d'espoir.
J'avais toujours connu mon père alcoolique. J'ai mis un mot sur son comportement quand j'avais 6 ans, quand ma mère a commencé à m'en parler (ma soeur aînée était déjà au courant). Il avait commencé l'année de ma naissance. Pour qui pour quoi, on n'a jamais bien su, c'est quelqu'un de très sensible et sa famille l'avait habitué très jeune aux soirées arrosées.

Bref, il était dans un état second et ça empirait au fil des années. Il se détachait de plus en plus de nous, restait dans une indifférence et une mollesse insupportables. Il mentait comme un arracheur de dent même quand il était pris sur le fait, la bouteille de whisky à la main (Ballantine's pour lui). Il nous faisait honte quand on était invités ou les rares fois où allait nous chercher à l'école (sans nous oublier), il sentait l'alcool et parlait à tout le monde avec une familiarité hyper gênante. Quand j'avais 11 ans, ma mère ne supportait plus, elle tenait la famille à bout de bras depuis trop longtemps. Et nous, on supportait plus les soirées passées sous les engueulades et les cris. Alors elle a décidé de divorcer.

Les gens ne nous on pas compris au début, parce qu'il passait toujours pour le bout en train de service pour ceux qui ne le connaissaient pas dans l'intimité. Le mec un peu lourd mais pas bien méchant. C'était dur de subir la famille.
Pendant un temps on a vécues seules avec lui et c'était l'enfer. Ils nous insultait et on répondait sans qu'il réagisse. On aurait pu le frapper il n'aurait rien fait. Il restait là, il ne mangeait même plus. Il a fini par faire une crise de tétanie et un séjour à l'hôpital. Quand on est vraiment parties, il a commencé à comprendre qu'il avait un problème et a enfin accepté d'aller en cure pour se soigner.

Là c'était encore plus dur, après quelques semaines dans un centre où n'importe qui deviendrait dépressif il passait des heures la nuit à pleurer au téléphone avec des "amis" alcooliques. Il a rencontré une femme dans l'est, il allait au cinéma avec ses enfants alors qu'il refusait de faire quoi que ce soit avec nous. Et puis là bas il a replongé avec sa copine, s'est ouvert le crane en tombant. Ca aurait pu être bien plus grave. On l'a poussé tant bien que mal vers une 2e cure. Je crois que quand il a compris qu'on ne serait plus là s'il ne changeait pas ça a été le déclic. Ca a pris à peu près un an mais au final il a tout arrêté.

J'admire son courage parce qu'il n'a jamais repris. Au début c'était difficile parce qu'il était très à fleur de peau et ne supportait rien. On s'en prenait plein la gueule et il avait une copine jalouse de nous. Mais il l'a quittée et c'est progressivement rentré dans l'ordre.
J'admire aussi le courage de ma mère parce qu'elle l'a toujours soutenu et nous a poussées à faire de même, même dans les moments où il était ignoble avec nous.

Aujourd'hui ça fait presque 9 ans qu'il est sobre, ma mère et mon père ont chacun un nouveau conjoint avec qui ça se passe très bien. Et ils conservent une relation très amicale.
Je n'ai pas la même relation avec lui qu'avec ma mère, je pense que quelque chose est quand même resté brisé après toute une enfance dans ces conditions. Avec ma soeur c'est différent. Pendant ses 5 premières années il ne buvait pas et ils étaient très proches, et le lien est resté.

Voilà, il ne faut pas renoncer, c'est tellement déroutant et on a tellement envie de baisser les bras... Ca prend beaucoup de temps et chaque situation est différente car ils n'ont pas tous les même comportements face à l'alcool. Mon père n'a jamais été violent physiquement. Parfois verbalement mais pas plus. En tout cas le jour où il comprennent qu'ils ont un problème, une porte s'ouvre.

J'ai conscience d'avoir eu de la chance mais sachez qu'il y a de l'espoir et je souhaite un énorme courage à cette madmoizelle et à ses soeurs !
 
Aucun de mes parents n'est alcoolique, mais j'en ai quand même quelquesuns dans mon entourage, et j'ai pu constater à quel point cette addiction pouvait être destructrice et pernicieuse.

C'est un mal tellement insidieux.. Il se cache dans les cuites entre amis qu'on prend une ou deux fois par semaine pendant des années, dans l'apéro qu'on sirote tous les soirs en rentrant du travail, dans la bouteille de vin qu'on sert à tous les repas, etc.

Et ce qui est très dur, c'est de percevoir le problème de l'extérieur, mais d'être impuissant. Parce que tant que la personne dépendante n'en a pas conscience elle-même il est absolument vain d'essayer de la mettre en garde. Je m'y suis cassée les dents, et ça a été la fin d'une amitié...

(Ne pas citer, s'il vous plait)
 

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