Je suis allée voir La conférence, dont le titre allemand est...Die Wannseekonferenz.
Le 20 janvier 1942, Reinhard Heydrich a convoqué des ministres et des hauts fonctionnaires du IIIème Reich à une conférence quasi secrète. Arrivés sur place, les messieurs découvrent qu'ils vont trancher le sort des Juifs d'Europe en approuvant un plan d'extermination physique.
Il s'agit en effet d'un film sur la conférence de Wannsee (comme son titre allemand le démontre) qui décida de la solution finale.
Waouh ! C'est un film dense, à l'atmosphère pesante et menaçante et aux dialogues ciselés comme une pièce de joaillerie tant ils sont clairs, précis, métaphoriques par moments. Et si le sujet n'était pas aussi grave on pourrait dire que les dialogues sont mâtinés d'un humour noir voire d'un cynisme sans fioritures.
Le film dure 1h50 environ. Vous restez collé.es à votre siège et vous n'en perdez pas une goutte tant c'est prenant et hallucinant. Le film est allemand (une version anglaise avait été tournée avec K.Bragnah qui s'appelait The Conspiration) et je conseille de le voir en VO (même si vous n'êtes pas germanophone). Car entre la reconstitution des décors, les costumes des personnages, la lumière, les extérieurs (réellement tournés à Wannsee) et certaines précisions dans les détails, la langue allemande ajoute à l'Histoire et à l'histoire en soutenant le propos ignoble de la conférence. Alors du coup, les traducteurs ont dû s'amuser à traduire au plus près et au mieux car cela débite. Entre les passes d'arme, les rappels à l'ordre tout en diplomatie, le fait que tout doit être discuté et décidé en 2 heures...Bravo à la traduction pour avoir fait passer excellement bien la teneur des propos.
Le seul bémol (mais bon...c'est un bémol de chipotage) : un effort sur la ressemblance des acteurs avec les personnages historiques qu'ils incarnent auraient pu être bien. Je pense principalement à Heydrich (on aurait pu teindre l'acteur en blond pour coller plus au personnage réel et ce que sa blondeur et ses yeux bleus valaient et représentaient) et Eichmann a un côté un peu massif par rapport au côté fluet voire malingre du vrai bourreau.
Une vraie leçon d'Histoire. magistrale !